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Le 6 octobre 2003 par Dean Louder

« The county »

Y a-t-il une route plus ennuyeuse que la 401 entre Montréal et Toronto? Probablement que non, mais le voyage entre les deux villes n’a pas à être aussi ennuyeux que cela. De nombreux « parkways » s’offrent dont celui du Long Sault entre Cornwall et Brockville et celui des Mille Iles avant d’arriver à Kingston. Mais le plus beau, à mon avis, et celui des Loyalistes qui est aussi la route provinciale 33 entre Kingston et Trenton. Tout comme la 138 au Québec qui arrête à l’embouchure du Saguenay, obligeant le voyageur de prendre le traversier pour Tadoussac, il en est de même sur la 33 ontarienne. Avant d’atteindre Picton, le chef lieu de cette pittoresque région, on doit obligatoirement monter à bord du traversier Glenora, avec service gratuit à toutes les quinze minutes.

On est sur la péninsule Quinte, dans le comté du Prince-Édouard, que les Ontariens appèlent simplement et affectueusement « the county ». Il s’agit d’une région où habitent à peine 20 000 personnes, une région qui fut peuplée de Loyalistes après le « grand malentendu »(big disagreement, selon une source rencontrée sur les lieux) entre l’Angleterre et ses colonies américaines. Aujourd’hui, l’identité loyaliste est encore très forte. Les gens de souche la portent fièrement et s’inquiètent de ce qui leur arrive au fur et à mesure que les gens de l’extérieur découvrent la région, avec ses plages (0301), sa « mer » (0302) et ses dunes de sable (0303) et viennent s’installer.

0301 plages.jpg

0302 mera.jpg

0303 sandy.jpg

Les « envahisseurs » dont on entend le plus parler, sont des retraités de Toronto qui, en vendant leur propriété dans la métropole du Canada, ont les moyens d’acheter d’énormes terrains dans l’une ou l’autre des petites municipalités du county et d’ainsi influencer le cours de la vie péninsulaire.

Au lendemain des élections en Ontario, les gens du county semblent bien heureux des résultats. « Après treize ans d’erreurs (NPD) et de terreur (PC), peut-être que les bons temps vont revenir », me disait un vieux cycliste au Parc provincial Sandbank.

Commentaires

Ce blogue est déjà très intéressant. J'ai déjà hâte de continuer la route avec vous.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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