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Le 9 novembre 2003 par Dean Louder

Peut-on se lasser des traversiers?

Je ne pense pas. J’adore les traversiers! Ayant pris la traversée à Powell River ce matin à 8h10 pour franchir le détroit de Georgie, je me trouve donc au Paradis ici à Courtenay sur l’ìle de Vancouver--même si je suis en train de faire un lavage (fiouf! j’en avais besoin). Sharon, le propriétaire de BeNu Laundry Services, est en train de me chanter les louanges de la vie insulaire. J’y reviendrai probablement lors d’une autre chronique. Mais revenons aux activités d’hier. Après avoir passé de moments forts agréables avec une amie et collaboratrice de longue date, Dorice Tentchoff qui habite l’endroit, je suis parti de Gibsons.

Juste avant cette rencontre, j’avais passé deux heures à Gomper’s Point à marcher, à regarder la mer et à regarder les habitués faire courir leur chien et nourrir les goélands. Des souvenirs de Seattle, dans l’État de Washington, me

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revenaient dans la tête de façon torrentielle. J’y avais passé quatre ans de ma vie (1967-1971) avant de changer de pays et de langue. Même région, même climat, même mer, mêmes arbres, même verdure! Si mon amie, Dorice a choisi de s’installer à Gibsons, après une carrière universitaire aux Etats-Unis qu’elle avait couronnée à Oregon State University, c’est parce que son frère, sa fille et ses petits-enfants y étaient déjà. Les premiers l’avaient choisie à la fin des années 60 et au début des années 70 en raison de la guerre que menaient les Etats-Unis en Asie du Sud-est. Dorice et moi, au cours de nos conversations, nous demandions si un nouveau courant migratoire protestataires ne pourrait s’enclencher bientôt étant donné l’embourbement de ce pays dans une autre guerre injustifiable.

Pour se rendre à Powell River, on doit obligatoirement prendre le Queen of Chilliwack qui accoste à Earl’s Cove. Le voyage la nuit est tout aussi spectaculaire que celui du jour. L’accostage en soirée à Saltery Bay est tout simplement féerique.

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Powell River. Au risque d’offenser les gens de la place, j’avoue que cette ville m’a déçu, probablement parce que je m’en étais faite une image romantique et parce que je n’y suis pas resté assez longtemps. Il s’agissait, à l’origine, d’une « company town », fondée en 1912 pour réaliser la transformation des forêts en produits de bois. Aujourd’hui, sous l’enseigne de Norske, Powell River, avec sa papeterie massive, est une des capitales canadiennes, sinon mondiales, de la fabrication du papier. Même l’équipe de hockey locale porte le nom de Powell River de « Paperkings ». Près du moulin, les maisons quasi identiques, typiques des villes à compagnie unique, sont bien en évidence.

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La ville moderne s’éloigne de la papeterie et se développe sur les hauteurs au dessus du quai où le Queen of Burnaby vient chercher des milliers de voyageurs chaque année pour les transporter à Comox, sur l’île de Vancouver, ville à partir de laquelle ils peuvent atteindre la partie septentrionale de cette immense île.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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