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Le 25 janvier 2005 par Dean Louder

Cape May, NJ

À l’extrême sud du New-Jersey se trouve le phare du Cap-May. Il n’est pas le seul dans ce petit État coincé

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entre deux mégalopoles, New York et Philadelphie. En tout, il y en a dix-neuf qui surveillent les baies et estuaires de la côte déchiqueté du « Garden State ». Celui-ci, le troisième à occuper ce lieu surplombant l’entrée de la baie du Delaware, fut érigé en 1859 et mesure 52 mètres. De nos jours, le phare clignote à toutes les 15 secondes. À une distance de 40 km au large, ce signal est visible.

Henry Hudson est le premier Européen à pénétrer la baie en 1609.En 1620, un capitaine hollandais Cornelius Jacobsen Mey donna au bout de la presqu’île son propre nom dont l’épellation fut modifiée par la suite. Les premiers habitants permanents ne viendront occuper ces côtes que presque cent ans plus tard. Ce seront des baleiniers en provenance de la Nouvelle-Angleterre qui fonderont le village de Cap-May qui deviendra un haut lieu de villégiature pour la classe supérieure du Nord et certains membres de l’aristocratie du Sud. Déjà en 1766, les liens étroits lient le village à Philadelphie, située en amont du Delaware sur l’autre rive. Par la suite, les planteurs bien nantis de la région du Tidewater, zones côtières des actuels États du Maryland, de la Virginie et de la Caroline du nord, découvriront les charmes de cette région à l’air frais et salin, aux plages blanches et à la température plus fraîche que chez eux. Donc, cohabitation jusqu’au moment de la Guerre de sécession par ceux qui deviendront des ennemis pendant ce conflit meurtrier qui marquera l’histoire des États-Unis.

Après la victoire du Nord, les grands industrialistes de cette région firent construire un chemin de fer de New-York à Cap-May. La région connut alors une croissance et une prospérité relative sans précédente qui est reflétée dans

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l’architecture victorienne recherchée par l’élite de l’époque. Mais il y a d’autres influences tout aussi saisissantes, comme la maison de Stephen Smith, homme d’affaires, philanthrope et abolitionniste, d’origine afro-américaine. Smith s’est construit en 1846, au moment où, comme pasteur, il fondait l’église A.M.E. (African Methodist Episcopal). Aujourd’hui, l’église méthodiste du Cap-May, aux allures gothiques, se situe en face de la maison Smith.

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Deux ans après avoir subi les ravages du terrible ouragan de 1962, l’accès à Cap-May à partir du sud s’est amélioré grâce à l’établissement d’un lien avec Lewes, situé à une quarantaine de km, sur l’autre rive, dans l’État du Delaware. Selon la saison, les voyageurs contemporains peuvent être desservis chaque jour aux heures variables par cinq traversiers de dimension appréciable.

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En quittant le quai de Cap-May en plein hiver, un Québécois pourrait se croire à bord du Alphonse Desjardins qui fait la navette entre Lévis et Québec—bouée en moins. Au milieu de la baie, toutefois, la largeur de l’estuaire empêche de voir les deux rives. Par contre, le trafic maritime se dirigeant vers Philadelphie est bien en vue. Quatre-vingts minutes après le départ, les passagers arrivent à Lewes..

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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