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Le 1 juillet 2005 par Dean Louder

La fête du Canada à St. John’s, capitale de Terre-neuve

Pour la 26e année consécutive, les festivités entourant la fête du Canada ont commencé à 6 heures sur le célèbre Signal Hill à St. John’s (9301), capitale et ville portuaire de Terre-neuve. St. John’s a également la distinction d’être la

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ville la plus orientale de l’Amérique du Nord. Les patriotes tout de rouge vêtus se sont donné rendez-vous à l’édifice de la Confédération (parlement terre-neuvien) pour ensuite se faire conduire en autobus sur les hauteurs afin d’assister, sans créer d’embouteillage, à cette célébration organisée par Parcs Canada qui gère les lieux, par la ville de St. John’s et par le Ministère du Patrimoine canadien. Une fois arrivés sur place, les lève-tôt furent accueillis chaleureusement par un petit comité qui leur dotait d’un drapeau canadien et par le « Bonhomme Canada » qui se

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faisait poser avec les intéressés. S’étant rassemblés à partir de 4 heures du matin, certains fêtards avaient eu le temps de s’installer devant la tour Cabot, érigée en 1892 pour souligner à la fois l’arrivée de Jean Cabot 400 ans plus tôt et la 65e année du règne de la Reine Victoria, dans le but de faire une déclaration contre l’existence de la pauvreté au Canada et dans le monde. La présence d’un patriote portant le gilet original de Wayne Gretzky, celui des Oilers d’Edmonton, rappelait le dilemme des citoyens riches et célèbres de ce pays qui préfèrent s’exiler au pays de l’Oncle Sam…tout en étant fiers, bien sûr, de se dire « Canadian ».

Parmi les dignitaires se trouvaient d’Ottawa Mme Albina Guarnieri, ministre des Anciens combattants ainsi que des représentants des partenaires organisateurs. M. Lewis, membre de la marine britannique, accompagnée de son épouse, ancien membre de l’armée canadienne, a fait rire la foule en racontant, dans son langage coloré, ses aventures de combattant.

À Terre-neuve, le 1er juillet est une date doublement importante. Étant donné l’entrée tardive (1949) de cette province en Confédération, le Canada n’est célébré ici que depuis un demi-siècle. Or, le 1er juillet 1916 fut une date fatidique pour le Dominion of Newfoundland. Ce jour-là, en France, 801 soldats faisant partie du Royal Regiment of Newfoundland ont participé à la bataille de Beaumont-Hamel. Au lendemain, seulement soixante-cinq d’entre eux pouvaient continuer la lutte, tous les autres ayant été tués ou blessés. Perte dévastatrice pour la petite colonie britannique!

C’est donc pour cela qu’aujourd’hui, jour du Souvenir à Terre-neuve et Labrador, il y a place égale au programme pour le Canada, d’une part, et pour Terre-neuve et Labrador, d’autre part. Donc, en premier, levée du drapeau canadien par deux membres de la gendarmerie royale du Canada, suivie tout de suite de la levée de l’insigne terre-neuvien par deux membres du Royal Newfoundland Constabulary. Au Québec, une telle co-production le Jour du Canada serait impensable !

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Pour rappeler à la foule et aux médias que le Canada est bel et bien un pays bilingue, il y a eu LA phrase de circonstance prononcée par Mme Guarnieri ainsi que la présence de la chorale féminine de Saint-Jean, Rose des vents, qui, en plus de chanter le Ô Canada et l’Ode to Newfoundland au moment des levées de drapeau, a épaté la foule avant la cérémonie en pigeant dans le répertoire folklorique du Canada français : « Le bon vent », « Un Canadien errant », « Chevalier de la table ronde ».

Autre événement soulignant la fête du Canada et le jour du Souvenir : l’ouverture au cœur de St. John’s du Rooms, gigantesque et dispendieux musée et centre d’interprétation des cultures terre-neuvienne et labradorienne.

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Pourquoi le nom « Rooms »? C’est qu’ici, un « room » n’est pas qu’une pièce dans une maison ou un bâtiment. Il s’agit de l’espace le long du quai réservé autrefois aux compagnies de pêche pour décharger et traiter leur prise. Plusieurs « rooms » constituent un « premises ». À Terre-neuve et au Labrador, on entend bien des mots qui ne correspondent pas à la définition webstérienne. D’autres exemples : bawn, flake, stage, tilt et tickle. Au lecteur le soin de visiter cette île solitaire—cette province isolée—et d’y découvrir leur signification.


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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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