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Le 22 juillet 2008 par Dean Louder

Baie Géorgienne : Penetangueshene et Lafontaine

Lorsque l’on traverse le Canada en voiture aussi souvent que je le fais (12 fois depuis quatre ans), on cherche chaque fois un nouveau chemin. Cette fois-ci, en partance de Québec le 19 juillet, j’ai décidé de faire une partie du voyage par bateau! Donc, après être passés par Ottawa et avoir passé la nuit à Renfrew, en route vers le traversier à Tobermory, nous nous nommes rendus à la baie Georgienne en traversant le magnifique Parc Algonquin.

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Penetagueshene, il y a 30 ans, un haut lieu de luttes des Franco-Ontariens. Au printemps de 1980, alors que le Premier ministre de l’Ontario, Bill Davis, faisait campagne au Québec, à côté de Claude Ryan et des forces fédérales, en faveur du « non » au premier Référendum sur le statut politique du Québec, les jeunes Franco-Ontariens de Penetangueshene le talonnait. À chacun des ses arrêts, ils prenaient la parole pour dénoncer l’hypocrisie d’un Premier ministre qui semblait bien aimer les francophones au Québec en leur chantant la pomme, mais qui, dans sa propre province, refusait le bien fondé des demandes des francophones de la région de la baie Georgienne d’une nouvelle école secondaire. Ceux-ci ont fini par avoir gain de cause. En 2008, l’École Caron existe bel et bien, une autre preuve de la ténacité des Franco-Ontariens.

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L’École Le Caron dessert également le village de Lafontaine—à proximité—dont l’École primaire Sainte-Croix alimente la première. Son église et sa Caisse populaire témoignent de la francité de ce magnifique village collé sur les rives de la baie.

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La présence française à Lafontaine remonte loin. Les premiers explorateurs français sont arrivés ici aux environs de 1610. Des commerçants de fourrure, des soldats et des missionnaires s’y sont maintenus de façon intermittente jusqu'en 1650. Un groupe de voyageurs canadiens-français et métis en provenance de l’île Drummond s’y installèrent en 1830. Ces colons ont été suivis de vagues successives d’immigrants du Québec. Les trois principaux groupes d’immigrants québécois venaient de Batiscan, de Joliette et des comtés de Soulanges et de Vaudreuil. L’église et la paroisse de Sainte-Croix ont été fondées en 1856. Le village baptisé porte le nom du grand homme d’État Louis-Hippolyte Lafontaine.

Chose intéressante, l’une des grandes familles de bâtisseurs de Lafontaine est celle des Marchildon, la même issue de Batiscan qui a fait œuvre de pionnier à Zénon Parc, en Saskatchewan!


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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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