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Le 11 novembre 2008 par Dean Louder

Kooskia, ID : l’Amérique de Sarah Palin

Elle est gouverneure de l’Alaska, mais la co-listière de John McCain aux dernières élections présidentielles américaines est née en Idaho le 11 février 1964, à 200 km au nord de Kooskia, où je viens de passer la nuit après une merveilleuse descente de la route 12 (Highway to Heaven) qui relie aujourd’hui les villes de

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Missoula, au Montana, et Lewiston, en Idaho, en suivant plus ou moins le tracé du fameux Lolo Trail emprunté péniblement par l’expédition de Lewis & Clark, à l’aller en 1805 et au retour en 1806. Roulant sur cette route étroite et sinueuse à double voie dont le parachèvement ne remonte qu'aux années 1960, la Lochsa, à ma gauche, je pouvais facilement m’imaginer les difficultés et la misère auxquelles firent face les membres de l’expédition. Décrivant sa traversée de cette barrière quasi infranchissable que constituaient les montagnes Bitteroot, William Clark écrivait :

I have been wet and as cold in every part as I ever was in my life, indeed I was at one time fearfull my feet would freeze in the thin Mockirsons which I wore.

Dans son excellent livre intitulé : America : l’expédition de Lewis & Clark et la naissance d’une nouvelle puissance, 1803-1853, publié chez Septentrion en 2003 à l’occasion du bicentenaire de l’acquisition de la Louisiane par les États-Unis, Denis Vaugeois souligne la signification de la découverte du Lolo.

À Kooskia, population 675, la Lochsa, cette rivière sauvage très prisée de nos jours par des adeptes du rafting et du kayak, se joint à la Selway formant ainsi la fourche mitoyenne de la Clearwater, cours d’eau ayant permis à l’expédition de Lewis & Clark d’accéder à la Snake, puis au Columbia et, éventuellement, à l’océane Pacifique.

Kooskia est un village en déclin. L’incertitude économique se fait durement ressentir dans ce coin isolé des États-Unis. Les scieries ferment les unes après les autres; l’extraction du minerai s’avère de plus en plus coûteuse et improfitable. Le matin, au Café Rivers, les hommes discutent moins de la pêche si abondante, de la chasse à

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l’orignal, au wapiti et au chevreuil que de l’avenir du pays. À Kooskia, huit jours après les élections, l’humeur est massacrante. Nous sommes au coeur de l'Amérique conservatrice qui a produit Sarah Palin et qui a vu naître à Ruby Ridge, en 1992, la confrontation violente, voire meurtrière, entre le clan Weaver, considéré comme subversif, et les forces fédérales !

Et comme pour confirmer ce que j’observais au Café Rivers et pour rappeler le souvenir de Ruby Ridge, cette pancarte plantée bien en évidence à la sortie du village :

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Obamanation (Abomination!)
Moins de liberté
Davantage de « bullshit » gouvernemental coûteux

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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