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Le 12 mai 2009 par Dean Louder

La petite maison jaune du Cap Saint-André (Kamouraska)

En 2005, en raison de son âge et en prévision d'une détérioration de son état de santé, Mme Laurette Morin Ouellet a dû se départir de sa petite maison jaune située sur le cap, en face de l'église à Saint-André-de-Kamouraska. Autrefois une maison de rang, elle avait été déménagée au milieu du siècle dernier sur ce site qui domine le village et donne sur le fleuve. C'est ici que la jeune Laurette fraîchement sortie du couvent et nouvellement mariée à un homme de beaucoup son aîné, s'établit et élèvera ses cinq enfants. C'était avec profond regret qu'elle quittait ce « petit coin de son coeur ». Le poème qui suit, écrit de sa propre main, reflète son état d'âme et son enracinement profond:


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Ma petite maison jaune

Ma maison est un endroit chaleureux et plein d'amour.

Ma maison résonne d'échos qui ne quittent jamais mes oreilles

Elle y garde des souvenirs sculptés comme de l'ivoire peint,

Délicatement colorés de nuances éclatantes ou plus douces,

Parfois effacés, presque oubliés, mais jamais rayés de mon existence.

Ma maison excelle d'images, de souvenirs, de rêves, jamais oubliés.

J'appréhende depuis quelque temps

Le jour où elle devra changer de nom.

Mais pour moi, elle sera toujours

Ma petite maison jaune.

Elle a été le témoin de très grands bonheurs.

J'y suis entrée le jour de mon mariage.

L'année suivante un premier fils est arrivé,

Puis trois autres sont venus augmenter ce bonheur.

Et enfin, une fille est venue compléter notre notre famille.

C'était en tes murs le paradis !

Si tu pouvais parler, petite maison jaune,

Que de belles choses tu aurais à dire !

Il me semblait que rien ne pouvait nous atteindre.

Il y eut bien des petits nuages qui laissèrent de le l'humidité,

Juste de quoi alimenter le grand amour que tu abritais.

Soudainement, une grande épreuve nous arriva:

La mort de ton propriétaire, mon mari.

Toi, ma vieille maison, tu es restée...

Je suis toujours très attachée à toi.

Bien que malgré moi,

J'aurai bientôt à prendre la décision de te laisser.

Tu nous a gardés tous... si longtemps dans tes murs,

Bientôt, ce sera nous qui te garderons dans nos coeurs.

Ma grande consolation,

C'est que mes enfants t'aiment et te cajolent

Comme je l'ai toujours fait.

Car notre maison est l'endroit où l'on a grandi...et d'où l'on part...

Et dont pourtant on se souvient et à laquelle on tient.

Pour moi et pour mes enfants, tu seras toujours:

« Notre bonne vieille petite maison jaune ».


laurettechezelle


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Comme toute maison où la vie s'est manifestée dans ce qu'elle a de plus grand, cette petite maison jaune continuera de garder son âme, son souffle que n'oublieront jamais ceux et celles qui l'ont habitée.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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