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Le 6 août 2009 par Dean Louder

De la grande visite du Dakota du Nord : retour à la mère patrie

Il y a 130 ans, la Mauricie, comme le Québec tout entier se vidait. Exode vers la Nouvelle-Angleterre, exode vers le nord de l’Ontario, exode vers le Midwest américain et vers le Dakota du Nord, en particulier. Les Martel de Trois-Rivières, les Richard de Mont-Carmel, les Brunelle de Batiscan, les Pronovost de Saint-Narcisse et ainsi de suite.


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La semaine du 27 juillet, c’était un retour au pays—à la mère patrie—pour des descendants de ces Canadiens français partis si loin faire fortune. Dans le cadre du programme des Initiatives en français Midwest, organisme fondé en 2004 et dirigé par Virgil Benoît, professeur à l’université du Dakota du Nord, 28 « survenants » se sont pointés aux portes du Québec dans le but de visiter les lieux de leurs ancêtres. En route, afin de renouer avec des Franco comme eux et d'en découvrir d’autres, ils firent escale à Duluth, au Minnesota, à Marquette, au Michigan, à Sault-Sainte-Marie, à Sudbury et à Ottawa.


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Virgil Benoît


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Au Québec l’autobus s’arrêta, tour à tour, à Montréal, à Trois-Rivières et à Québec. La journée du 31 juillet, passée largement à l’Île d’Orléans, fut particulièrement riche en découvertes et en émotion. C’est à Sainte-Famille, à la Maison de nos aïeux, à la suite d’un excellent repas aux mets traditionnels offerts au Relais des Pins, que certains ont pu obtenir de précieuses informations sur l’endroit précis où leur ancêtre eut frôlé pour la première fois le sol canadien.


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Janice Parrow (Perreault) et sa fille, Laska, de Minneapolis, se réjouirent de trouver à quelques centaines de mètres de la Maison le monument érigé à l’honneur de leur ancêtre David Létourneau, le premier à porter ce nom en Amérique.


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Myron Senechal (au Dakota le nom aurait perdu ses accents au cours des décennies), très ému en retrouvant le lieu de son ancêtre, Jean Côté, prononça d’une voix tremblante, ces mots : « I’m home ». Au lendemain matin, lors des adieux, à mon tour d’être ému lorsque Myron s’avança du fond de l’autobus pour m’embrasser en murmurant ces remerciements : « Thank you, Dean, ô thank you for helping me find my family! »


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Les « quatre femmes Savard » (Donna Crawford et Barbara Barth, mère et fille, Barbara Lehman, sœur de Donna et Evelyn Landis, cousine des trois autres), tenaient à visiter la maison des Savard dont elles avaient déjà vu une photo. En soirée donc, elles se rendirent au 170, rue Giroux à Loretteville, résidence habitée sans cesse par un Savard depuis sa construction il y a 250 ans. À l’entrée, les quatre dames se font poser devant le monument de Simon Savard, charron, et son épouse, Marie Hurdouille.


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À la surprise de toutes, Yvette Savard, 85 ans, les reçoit sur le perron, accompagnée de deux autres Savard et leurs conjoints, l’une de Californie et l’autre de l’Ancienne-Lorette, deux sœurs. La visite de cette maison ancestrale, meublée avec goût en respectant l’histoire et la tradition, se fait littéralement de fond en comble. Mme Yvette est si fière de l’ouvrage qu’elle a sur ses deux métiers et de ses albums souvenirs qu’elle partage avec ces femmes venues de loin.


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Les « anciens Canadiens » qui ont rendu visite la semaine dernière à leur mère patrie sont tous partis le cœur rempli de joie, d’amour et de reconnaissance. Qu’est-ce que le Québec et les Québécois peuvent offrir de plus?

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Enjoyed the pictures to go with the story I heard when we talked on the weekend.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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