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Le 22 août 2009 par Dean Louder

De la petite visite du Texas: retour à la mère patrie

De passage à Québec pour retracer leur ancêtre et voir le pays dont il était issu, Bertha Leveck-Mendiola de San Antonio et sa fille, Carla de Dallas ont eu recours à mes services. Voici l’histoire qu’elles véhiculent.


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L’ancêtre, Jean-Pierre Lévesque, est né dans la grande région de Kamouraska, probablement près de Rivière-du-Loup vers 1805. Sans doute qu’il était de ces Canayens qui ont décidé au milieu du siècle de s’expatrier dans la très loyaliste province du Nouveau-Brunswick, s’installant dans un premier temps dans la Vallée du Haut-Saint-Jean avant de se marier en 1854 avec Susan Little du comté Queens. Premières noces? Nul ne le sait.

Par contre, on sait que le couple s’est par la suite déplacé aux États-Unis, élisant domicile près de Caribou et de Presque Ile, au Maine. Ils ont eu cinq enfants élevés dans la foi de leur mère, le Méthodisme. L’un d’eux, Coleman, devient le père de Sandy, né en 1900. À 19 ans, l’armistice en Europe signée depuis peu, le soldat Sandy Leveck est posté à McAllen, au Texas, où les forces armées américaines assurent la sécurité le long de la frontière mexicano-américaine. C’est l’époque où Washington se méfie des incursions aux États-Unis du « bandit » Pancho Villa. Sandy y rencontre Elodia McDonald, Mexicaine-Américaine malgré le nom; ils se marient. L’union lui permettra de retrouver sa foi catholique, mais pas son nom Lévesque.


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Bertha, qui garde précieusement dans sa sacoche sa carte de membre de l’Association des Lévesque d’Amérique, est la troisième enfant de Sandy dont elle ne conserve qu’un vague souvenir, car il mort est en 1938, alors qu’elle n’avait que 6 ans. La langue maternelle à Bertha est l’espagnol. Elle trouve formidable de trouver au Québec un pays où tout le monde parle cette autre langue de son patrimoine culture, celle qu’elle ne parle point, le français!

Carla, diplômée de l’université Rice au premier cycle et de l’Université du Texas au deuxième, et inspirée par la vécu de ses ancêtres, poursuit actuellement un doctorat en histoire à Southern Methodist University dont le projet d’étude a pour but d’explorer, dans un cadre comparatif, les relations transfrontalières à micro échelle ayant eu cours dans le sud du Texas et dans le nord du Maine de 1900 à 1930. Autrement dit, elle s’intéresse à découvrir de quelle manière les processus d’ethnicisation et d’internationalisation ont pu jouer dans la vie de tous les jours des habitants des vallées de la Rio Grande et du fleuve Saint-Jean à cette époque charnière.

Le Québec, mère patrie! Faut le dire et le redire, car il s’agit là d’un aspect majeur de sa spécificité.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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