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Le 28 novembre 2009 par Dean Louder

Métis et Mohawks au National Museum of the American Indian

Le National Museum of the American Indian (NMAI) à Washington D.C. est le dix-huitième musée du grand système des institutions Smithsonian. Ouvert depuis 2004, à proximité du mail national, ce vaste espace vert rectilinéaire dominé au deux bouts par le capitole d’une part, par le Mémorial de Lincoln d’autre part, et au milieu par le Monument de Washington, le musée, contrairement à ce qui pourrait faire croire son nom, interprète du point des aborigènes de toutes les Amériques, leur vie, leur histoire et leur art. L’édifice même est l’œuvre d’architectes autochtones dirigés par Douglas Cardinal (Pied-noir), assisté de JohnPaul Jones (Choctaw/Cherokee) et de Ramona Sakiestewa (Hopi).


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Pour le connaisseur de la Franco-Amérique, ce qui saute aux yeux à l’entrée du NMAI, c’est le drapeau des Métis suspendu au milieu de la myriade de drapeaux qui ornent le plafond du Grand Hall.


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Les expositions permanentes sont divisées en trois catégories et occupent de vastes étendues aux deuxième et troisième étages : (1) Our Universes, consacrée aux croyances; (2) Our Peoples, consacrée à l’histoire; (3) Our Lives, consacrée à la vie contemporaine. Au deuxième se trouve un rappel des peuples algonquiens qui ont occupé la région immédiate de Washington, autour de la baie Chesapeake, ainsi qu’une librairie rendant disponible au public, de manière à la fois attrayante et discrète, des livres, des objets d’art et de la musique. Au rez-de-chaussée, une aire polyvalente et une cafétéria fort originale n’offrant que des mets amérindiens provenant des diverses régions des Amériques.

Sans être nommée, la Franco-Amérique est néanmoins en évidence au deuxième étage où il est question, entre autres, de la nation mohawk de Kahnawake et des Métis de Saint-Laurent, au Manitoba.


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Dans le cas de Kahnawake, on interprète la place des Mohawks au sein du Québec moderne et du nord-est des États-Unis. L’on y fait évidemment allusion aux lois linguistiques et aux événements de l’été 1990.

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Aussi, on souligne la contribution déterminante des Mohawks à la construction du Pont de Québec et la perte de vie encourue au moment de la chute de sa section centrale. Plus important encore, au coeur de cette exposition, est le lien entre les hommes de Kahnawake, ces « marcheurs dans les airs » et la construction du World Trade Centre. Sa destruction le 11 septembre 2001 fut fortement ressentie chez les Mohawks pour qui le WTC avait été depuis son parachèvement un symbole de leur réussite et de leur savoir-faire.

Chez les Métis, l’un des premiers « Bombardiers » occupe le centre de l’exposition. C’est avec ce gros appareil que les Métis pêchaient à travers les glaces dans les eaux du lac Manitoba. En plus de cette pratique qui persiste, la gigue de la rivière Rouge et l’utilisation quotidienne de la langue michif témoignent ici de la vivacité de la culture métisse. D’ailleurs, des extraits sonores de cette belle langue accompagnent un grand panneau : « On va t’vaoir à Saint-Laurent ».


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Deux autres belles surprises au NMAI : (1) l’entrée, comme dans tous les musées du Smithsonian est libre; (2) au crépuscule, la vue saisissante de l’entrée du musée.


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Monument de Washington au crépuscule

Commentaires

Dean, tu me donnes le goût de faire une petite visite éclair à Washington pour voir ce musée! En passant, il se peut que je collabore à écrire une petite histoire des Métis et Iroquois francophones des Montagnes.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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