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Le 23 janvier 2010 par Dean Louder

Jouer au hockey devant les estrades vides: « Ole Miss » c. Alabama

Le hockey est très impopulaire dans le Sud des États-Unis. Pourtant, il y a des équipes de la Ligue nationale du hockey dans six villes différentes : Atlanta, Raleigh, Tampa, Miami, Dallas et Nashville sans parler de celle de Phoenix et des trois équipes de la Californie où ce sport ne soulève pas non plus les passions.

Toutefois, la passion existe bel et bien dans le cœur de certains jeunes sportifs qui concourent ici pour l’honneur de leur université, devant les estrades vides, à des centaines de kilomètres de leurs campus respectifs. Hier, j’ai assisté au Centre civique de DeSoto, en banlieue sud de Memphis, à 10 minutes de Graceland, domicile du défunt Elvis, au match entre l’Université du Mississippi et l’Université de l’Alabama. Ces universités qui réalisent des millions de dollars de profits grâce à leurs programmes de football (le Crimson Tide d’Alabama vient, d’ailleurs, d’être consacré champion national du football—plus fort même que le Rouge et Or de l’université Laval!!) ne donnent pas le moindre sous aux équipes de hockey. Ce sont les joueurs qui ont appris à jouer, tant bien que mal, à notre sport national et leurs « sponsors » qui font fonctionner l’équipe avec des « peanuts ». Très approprié dans une région connue pour sa culture arachidière.

À la mise au jeu, nous étions une vingtaine d’amis et de parents à nous présenter dans la belle aréna de 10 000 places.


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Malgré les habilités limitées des joueurs comparées aux jeunes de leur âge chez nous, l’enthousiasme était à son comble. Après avoir fait le tour du vaste enceinte à observer le spectacle du haut et de loin, je me suis installé en arrière des deux bancs pour mieux écouter les sons uniques du hockey (grincement de l’arrêt brusque, mise en échec contre la bande, rondelle frappant la bande ou, mieux, le poteau…) et pour renifler les odeurs fortes de la sueur qui coule et qui imprègne toutes les pièces d’équipement : casque, épaulettes, coudières, jambières, gants… Ayant élevé trois fils dans le hockey, ce sont des sons et des senteurs que j’adore et qui me manquent!


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En 2002, avec une équipe d’Atlanta, le numéro 71 de l’Université de l’Alabama (Paraliticci) a participé au Tournoi international Pee Wee de Québec—un événement marquant de sa jeune vie!


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À la fin de la deuxième période Alabama menait 6 à 3 et le résultat n’était plus en doute. Avant de quitter le match, je me suis permis un commentaire : une équipe de calibre B (Mississippi) se faisait battre par une équipe de calibre CC (Alabama). N’eut été de la suspension de deux joueurs, la victoire des Rouges auraient pu être encore plus convaincante, l’un suspendu en raison d’un manquement aux règlements de l’équipe (il avait fêté trop fort la veille manquant l’autobus en partance à 7h du matin, parcourant dans sa propre bagnole les 200 km séparant Tuscaloosa de Memphis pour rejoindre son équipe), l’autre pour s’être battu lors du match précédent contre Mississippi State qui alignait un joueur salaud, paraît-il. Il y a des choses qui ne changent pas dans le hockey, peu importe le niveau et peu importe le lieu!


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Pendant que leurs co-équipiers trimaient dur sur la patinoire, les deux « renégats » se régalaient dans les estrades vides du McDo.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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