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Le 11 février 2010 par Dean Louder

Natchez et Natchitoches, deux jolies petites villes sur la frontière franco-espagnole du XVIIIe siècle

Comme le Saint-Laurent à Rivière-du-Loup, le Mississippi, à Natchez, ville de la même dimension, inspire, en amont et en aval, une certaine révérence.


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René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle est passé par ici en 1681 en route vers l'embouchure du Mississippi. Les contacts entre Français et Amérindiens (Notchis) n'ont jamais été au beau fixe. Malgré la présence à partir de 1698 de missionnaires en provenance du Canada et de l’intervention de Pierre Le Moyne, Sieur d'Iberville, et de son frère, Jean-Baptiste Le Moyne, Sieur de Bienville et d’autres, les relations entre Français et Amérindiens se sont détériorés au point où, en 1730, ni l’un ni l’autre ne pouvait maintenir une présence viable dans la région. Les quelques Amérindiens qui ont survécu aux quatre conflits ensanglantés entre 1710 et 1730 se sont réalignés avec d’autres tribus, telles les Chickasaw et Choctaw. Quant aux Français, ils ont dû céder le pas devant les Espagnols, établis à la frontière du Texas (Las Adaes), à quelques kilomètres du Fort Saint-Jean-Baptiste à Natchitoches, et dont la sphère d’influence se prolongeait vers l’est via le camino réal (chemin royal) reliant Tejas et Florida.

Occupée très tôt pendant la guerre de sécession par les Forces du Nord, Natchez a été épargnée des affres de cette confrontation. Les grandes maisons des planteurs et les abris coquettes de la classe commerçante perdurent. Aujourd’hui, le Grand Hôtel est le point de repère le plus en vu dans cette ville de 19 000 habitants.


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Natchitoches, 300 km plus à l’ouest, population 18 000, fondée en 1714 par Louis Juchereau de Saint-Denis, né le 17 septembre 1676 à Beauport, mort le 11 juin 1744 ici même, d’où le jumelage actuel des deux villes et l’hommage au soldat, à l’explorateur et au commerçant qu’était Saint-Denis.


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La rue Front à Natchitoches, tout en briques rouges, longe la rivière à la Canne (Cane River) dont les rives occidentales sont aménagées en allées piétonnières et ornées de maisons d’époque. Les devantures des commerces en fer forgé font penser à l’architecture espagnole du Cabildo au cœur du Vieux-Carré, à la Nouvelle-Orléans, 500 km plus au sud.


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L’emploi de la fleur de lys et des odonymes français sur certains panneaux de signalisation témoignent des origines de la ville.

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Celui-ci rappelle un personnage plutôt méconnu de la Louisiane sous le régime espagnol : Athanase de Mézières. Né à Paris le 26 mars 1719, fils de bonne famille, il est venu en Louisiane vers 1740. Membre de la marine, il fut affecté à Natchitoches où il s’est rapidement intégré à la famille Saint-Denis, se mariant avec Manuela Marie Pétronelle Félicité, fille du fondateur. Après la cession de la Louisiane en 1763, l’Espagne faisait confiance aux hommes sur place. De 1769 à 1779, dans son rôle de lieutenant-gouverneur de la Louisiane, de Mézières, ce noble français, a rendu de fiers services à la couronne espagnole.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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