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Le 5 avril 2010 par Dean Louder

Un autre Frenchtown, en Indiana celui-ci


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Lors de mon intervention du 26 janvier 2010 à la bibliothèque d’Oxford (voir chronique du 27 janvier 2010), un monsieur aux allures légèrement ébouriffées ayant un comportement un peu excentrique m’a demandé ce que je savais des Franco ayant immigré au XIXe le long de l’Ohio, dans le sud de l’Indiana. Il s’agissait de William Day, originaire de New Albany, en Indiana, chimiste de carrière, retraité à Oxford, propriétaire d’une Volkswagen coccinelle rouge de l’année 1970 et auteur d’un récit intitulé Stephan’s Shadow, basé sur la généalogie de sa famille. Lecture du livre révèle que certains personnages se sont mariés à l’église catholique de Frenchtown, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de New Albany, qui est à la grande ville de Louisville, KY ce que Lévis est à Québec.


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Puisque je n’en savais rien, je me suis promis d’en apprendre un peu, d’où la visite le jour du Vendredi saint à Frenchtown, anciennement Petit Saint-Louis, peuplé au début des années 1840 par des Français et quelques Canadiens. Jusqu’aux années 80, ils constitutaient une petite collectivité catholique, l’une des rares dans cette région, et française. Jusqu’au moment du départ du Pasteur Jean-Pierre Dion ou possiblement de son successeur, le père Martin Andrès, la vie paroissiale se déroulait vraisemblablement en français.

Depuis, tout a basculé sur le plan linguistique. La paroisse Saint-Bernard s’affiche bien catholique, mais de langue anglaise évidemment.

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Le cimetière reflète bien cette même réalité. Peu de pierres tombales portent des patronymes français. Quelques unes rappellent les habitants originaux :


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Un petit document consulté à la bibliothèque municipale de New Albany (French Immigrants to Clark, Floyd and Harrison Counties in Indiana), raconte que Martin Paté et sa famille sont arrivés à la Nouvelle-Orléans, à bord du International, le 1er mai 1855 en provenance du département de Doubs, en Franche-Comté, près de la frontière suisse. Aussi. à bord du bateau Virgil Deschamps et Hypolite Colin. En montant le Mississippi, puis l’Ohio, ils s’établissent dans le township de Washington (Indiana) sur des terres surplombant l’Ohio. Avec le temps, ils se déplaceront, avec d’autres compatriotes, surtout en provenance d’Alsace et de Lorraine, vers Frenchtown. En plus des noms observés sur les pierres tombales, on pouvait lire dans le document ceux des Troncin, Boncourt, Semonin, Brocard, Thirrion et Lasson.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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