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mars 07, 2011

Une fin de semaine à Branson, MO

Située dans le coin sud-ouest de l’État du Missouri, Branson, population 6 050, prend des allures d’une ville beaucoup plus imposante en raison de sa fonction de centre de villégiature et de récréo-tourisme pour un quadrilatère défini par Kansas City, St. Louis, Memphis et Oklahoma City, vaste aire dominée largement par les montagnes Ozark (aux arcs à l’origine). Depuis l’aménagement en 1967, par la famille Presley (non pas celle d’Elvis), de la première salle de spectacle sur la route 76, Branson se consacre de plus en plus aux activités ludiques. Aujourd’hui, plus de 50 salles, les unes aussi grandes que les autres accueillent jour après jour le long de la 76, communément appelée « little strip » en référence à la « big strip » de Las Vegas, les meilleurs groupes de musique country et gospel aux États-Unis. Certaines salles de spectacle sont consacrées à des artistes bien connus des « baby boomers » dont Andy Williams, les Osmond et Dick Clark (American Bandstand).

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Que faire de mieux à Branson le jour du Seigneur que d’assister au Sunday Gospel Jubilee? C’est la famille Bacon qui nous prend en charge : papa, maman, trois fils et deux brus, accompagnés de cinq musiciens fabuleux dont la bassiste, Randy Plummer, autrement connu ici comme la légende de Branson, et le pianiste Lance Taylor.

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Quatuor gospel (père et trois fils, Mac, Brad, Doug et Tom)

Pour rendre le spectacle le plus « familier » possible, les petits-enfants vinrent faire leur tour sur la scène.

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Inévitablement, tout spectacle de ce genre se termine par un hommage aux anciens combattants et à ceux et celles qui, en ce moment même, « préservent nos libertés en Afghanistan et en Iraq ». Heureusement, on nous a épargnés une phalange portant des drapeaux étoilés et l’hymne national!

La rue principale de Branson est chargée d’histoire contemporaine qui fait encore appel au « boomers ». On y joue la carte de la nostalgie. Dans Dick’s 5 & 10, un juke-box Wurlitzer de couleur vive diffuse la musique des « bee-bopper » et « bobby soxer » pendant que, dans l’immense magasin, les clients prospectifs manient, manipulent et achètent des bébelles et bidules de leur enfance!

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Par contre, au pied de la Main, sur l’ultra moderne Branson’s Landing, les jeux d’eau et de feu émerveillent aux heures des passants. Évidemment, les eaux qui dansent et les feux qui pètent sur fond musical de Kung Fu attirent davantage les jeunes.

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Les endroits comme Branson, faits sur mesure pour attirer des consommateurs d’ « entertainment » à gros prix me laissent plutôt froid. Ce qui ne me réchauffe le cœur et me vivifie l’esprit, c’est de trouver loin de chez eux des Franco qui poursuivent un rêve. À Branson, j’en connais : Linda Pelletier et Réal Morin, de la région de Grand Sault, au Nouveau-Brunswick, propriétaires et gérants depuis quatre ans du Classic Motor Inn sur le boulevard du Berger des collines (Shepherd of the Hills Expressway).

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Leur expérience ici s’est avérée profitable sur plusieurs plans, mais le couple désire maintenant passer à autre chose. Réal et Linda ont envie de se rapprocher de leur famille, de se partager (six mois/six mois) entre le Nouveau-Brunswick, où habitent parents et amis, et la Floride, où se trouvent enfants et petit enfant. Le motel est donc à vendre. Réal m’a posé une question saisissante : « Tu connais pas un riche Québécois qui serait acheteur…? »

Avis aux intéressés!!

mars 02, 2011

Vingt-trois jours au Paradis: une descente du Colorado au niveau du Grand Canyon

En 1858, un fugitif mormon, John D. Lee, dut s’exiler (voir billet du 30 décembre 2003). Il choisit l’un des endroits les plus rudes et les plus isolés de l’Amérique. Dans ce paysage désertique, coupé et entrecoupé de gorges et de canyons et dénudé de végétation, Lee survécut grâce à un service de traversier sur le Colorado qu’il sut improviser. Le lieu porte encore son, Lee’s Ferry.

En 1869, l’expédition scientifique dirigée par John Wesley Powell qui explorait sur une période de trois mois le Colorado et son principal affluent, la Green, passa par ici. Depuis, la quasi totalité des embarcations descendant le Colorado arrêtent ici avant de pénétrer dans la vaste gorge du Grand Canyon.

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À travers les années, une multitude de différents types d’embarcation ont servi à dompter ce fleuve sauvage. Du grand radeau pneumatique motorisé à 20 places au petit kayak en passant par le simple doris en bois ou le radeau à rames comptant huit passagers.

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Aujourd’hui, un contingent de « river runners » de Portland, en Orégon, s’apprêtait à se lancer à l’eau pour une « croisière » de 23 jours. Quatorze personnes, douze hommes et deux femmes et huit radeaux pneumatiques ou à ponton. Donc, six radeaux à deux et deux radeaux à un seul passager.

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À 9h demain matin, un inspecteur examinera les embarcations, leur chargement et le brevet de chaque cascadeur. Ce n’est qu’à la réception de son approbation que l’aventure de 23 jours au Paradis commencera.

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Descente ! Camping ! Trekking ! Séances de photos ! À juger du nombre de caisses de bière en attente de chargement, le party est aussi au programme !

février 26, 2011

« Jimmer » Fredette : un Franco au sommet du basket universitaire américain

Le 11 décembre dernier, dans l’Aréna Energy Solutions à Salt Lake City, où évolue le Jazz de l’Utah de la NBA (National Basketball Association), j’ai assisté à un match universitaire entre les Cougars de l’université Brigham Young dont le campus se trouve à Provo (50 km au sud de Salt Lake) et les Wildcats de l’université de l’Arizona.

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Les Cougars ont facilement devancé les Wildcats par un pointage de 87-65. Ce qui a retenu mon attention, c’était le petit numéro 32 des Cougars, qui marqua ce jour-là 33 points. L’année précédente, sur le terrain du même adversaire à Tucson, la vedette avait marqué 49 points.

La vedette, Fredette! James de son prénom, « Jimmer » de son surnom. À la fin de la saison en mars, celui-ci sera vraisemblablement couronné « Joueur de l’année » dans les rangs du basket universitaire aux États-Unis, car il est le meilleur scoreur du pays avec une moyenne de 27,5 points par match et a mené son équipe jusqu’ici à une fiche de 28 victoires et deux défaites. Aujourd’hui, les Cougars de BYU, classés septième au pays, ont battu les Aztecs de San Diego State, classés, quatrième, par le pointage de 80 à 67. Jimmer n’a marqué que 25 points!

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Mais d’où est-ce qu’il sort ce jeune homme?

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De Glens Falls, NY, petite ville de 15 000 âmes, située à 260 km au sud de Montréal et à 100 km au nord d’Albany, capitale de l’État. Au tournant du siècle passé, Glen Falls et la grande région des Adirondacks attiraient des bûcherons du Québec pour faire marcher l’importante industrie forestière. Parmi eux, il devait y avoir des Fredette!

Les exploits de « Jimmer » ont fait de lui un héros dans sa ville natale. Au point où le 8 décembre dernier, les édiles municipaux ont organisé un match, dans le Centre civique de Glen Falls, entre la lointaine université où Fredette fait parler de lui et l’université du Vermont, située tout à côté à Burlington. « Jimmer » n’a pas déçu. Les Cougars ont emporté le Hometown Classic 86-58 et le 32 a réalisé 26 points.

Pourquoi « Jimmer » s’est-il rendu si loin de la maison pour jouer et étudier alors qu’il y a tant d’universités dans le Nord-Est des États-Unis qui auraient pu tirer profit de son grand talent? Peut-être qu’à cause de sa petite taille, de sa ville qui se trouve en dehors des grands courants de ce sport plutôt urbain ou de toute autre raison que l’on peut s’imaginer, y compris la couleur de sa peau, ses exploits au Secondaire ont passé inaperçus. Les offres de « scholarships » ne foisonnaient pas! Heureusement pour lui, il y eut une solution de rechange.

Al, son père s’était converti au Mormonisme à l’âge de 18 ans. Marié peu après avec Kay, une catholique, les parents donnèrent à leurs trois enfants le choix de suivre la voie du père ou celle de la mère. Ils optèrent pour les Mormons, d’où l’intérêt de « Jimmer » à s’exiler en Utah faire sa marque à Brigham Young, université comptant 27 000 étudiants et appartenant à l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

février 20, 2011

Balade par temps pluvieux autour du Town Square à St. George

À St. George, il ne pleut jamais…ou presque! En moyenne, 325 journées ensoleillées par année! Aujourd’hui, deuxième journée couverte depuis le 2 janvier! Le tableau suivant s’avère assez révélateur!

Jan

Fév

Mar

Avr

Mai

Juin

Juil

Août

Sept

Oct

Nov

Déc

Ann

Moyenne max. Temperature (C)

12

15,5

19,9

24,8

30,1

35,7

38,7

37,5

33,7

26,8

18,2

12,2

25,4

Moyenne Min. Temperature (C)

-3,4

-0,8

2,4

6,2

10,6

15,1

19,2

18,4

13

6,3

0

-3,6

6,9

Moyenne totale, Precipitation (cm)

2,7

2,6

2,4

1,34

1

0,48

1,7

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Moyenne totale, neige (cm)

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Moyenne, profondeur neige (cm)

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Que faire, donc, aux rares occasions où l’on ne peut participer aux activités de plein air? Une possibilité : assister aux mini concerts organisés deux fois par semaine dans le vieux tabernacle, le mercredi à 19h et le samedi à 12h15.

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Ceux et celles qui assistent à ces spectacles sont largement des hivernants que l’on appelle ici « snowbirds », des gens venus des régions enneigées et froides afin de jouir du soleil et du sable de la région. En grande partie, ils sont du nord de l’Utah, mais pas seulement. On en voit d’Idaho, du Wyoming, du Minnesota, du Wisconsin, d’Alberta, de Saskatchewan, voire du Québec!

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Hier (19 février), ces « têtes grises » avaient droit à un récital d’orgue. En pigeant dans son vaste répertoire les cinq pièces suivantes, Mme Jan Bigler, de Las Vegas, a fait vibrer le vieil édifice et la centaine de personnes qui s'y trouvaient :

Toccata Brevis, de Daniel Gawthrop

Liebster Jesu, wir sind hier, de J.S. Bach

Fanfare, Kenneth Leighton

Cantabile #2, d’Enrico Pasini

Carillon Toccata, de Douglas Wagner

À l’issue du concert, la pluie s’étant arrêtée momentanément, les amateurs d’orgue pouvaient admirer le nouveau Town Square, aménagé avec soin en 2005-2006, à proximité du vieux tabernacle, de l’ancien collège, de l’école Woodward, maintenant désaffectée, et de la nouvelle bibliothèque (construite pour avoir l’air d’époque). De multiples statues embellissent les lieux et célèbrent la famille, la jeunesse et la joie de la lecture.

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Flight Time, de Gary Lee Price

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Flying High, de Dan L. Hill

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Little Explorer, de L’Deane Trueblood

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Breeze, de Blair Boswell

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Little Squirt, de Dan L. Hill

Devant l’école Woodward, quatre sculptures sur le thème « stepping stones » : une étape à la fois vers un avenir brillant.


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En arrière de la bibliothèque, une statue qui m’a fait penser au roman de Jacques Poulin, La Tournée d’automne :

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Book Peddlers, de Jack Morford

Et, à l’entrée de la bibliothèque, The Story Teller, de Ed Hlavka

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À l’époque où j’ai quitté l’Utah (1967), St. George comptait environ 7 500 habitants. En 2007, 40 ans plus tard, elle en comptait 72 718, une augmentation de 22 000 par rapport à l’an 2000 (49 728). La zone métropolitaine de St. George, qui comprend tout le comté de Washington et ses 140 000 habitants, est celle, aux États-Unis, qui, selon le bureau du recensement des États-Unis, arrive deuxième au pays quant à la croissance démographique. En 2050, certaines projections y prévoient une population de 700 000 résidents. Si tel devait être le cas, souhaitons qu’ils sachent conserver, malgré tout, les belles valeurs exhibées au Town Square en 2011.

février 16, 2011

Poursuite de la matriarche, Sarah S. Leavitt, enterrée à Gunlock, UT…une drôle de pierre!

Ma curiosité à l’endroit des Leavitt, originaires des Cantons de l’Est au Québec, devenus pionniers mormons (voir billet précédent) et fort probablement la plus importante famille des colonies de la région de St. George (comté de Washington), a été piquée au vif—au point de me conduire au tout petit bourg de Gunlock (150 habitants). Ici, au cœur du modeste cimetière mal entretenu, parmi une pléthore de pierres tombales marquées « Leavitt », j’ai trouvé celle de la matriarche de la famille, Sarah Sturtevant Leavitt. Évidemment, il ne s’agit pas de la pierre originale, mais d’une nouvelle pierre respectant sans doute l’écriture sur l'ancienne.

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En la lisant, impossible de ne pas pouffer de rire, malgré la gravité et le sérieux de la situation dans laquelle Sarah Studevant [sic] Leavitt se trouvait en 1846, alors qu’à « Boney Parts », en Iowa, son mari, Jeremiah, décéda, laissant la pauvre Sarah seule avec neuf enfants!

Le village de « Bonaparte », en Iowa, avec ces 450 habitants, n’est guère plus grand aujourd’hui que Gunlock. L’année de la mort de Jeremiah à « Boney Parts », y furent construits écluse et barrage sur la rivière des Moines. En peu de temps, sa population atteignait le cap du 1 000 habitants.

février 09, 2011

La famille Leavitt des Cantons de l’Est : pionniers mormons

En mai 1995 se sont pointés chez moi Victor et Monica Mark de Calgary, accompagnés de leurs bons amis de longue date, Clark et Norma Leavitt, eux aussi, du sud de l’Alberta. Après avoir assisté au congrès annuel de la Mormon History Association, tenu cette année-là à Kingston, en Ontario, ils étaient passés par Compton et North Hatley afin de visiter des lieux ancestraux de Clark. Je ne portais pas grande attention. Cela ne m’intéressait pas trop! Hier, à Santa Clara, petite ville comptant 4 800 habitants, située à 10 km de St. George, j’ai enfin saisi la signification de ce retour bouleversant et émotif de Clark au Québec, car c’est à Santa Clara en 1998, l’année du bicentenaire de l’aïeule, Sarah Sturtavant Leavitt, que la Western Association of Leavitt Families a fait ériger un monument patrimonial colossal à la mémoire de Sarah et de toute sa postérité.

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Sarah naquit à Lyme, au New-Hampshire. À 18 ans, elle se marie à Jeremiah Leavitt, fils, chez son père à Barton, au Vermont. Ils s’établissent aussitôt à Hatley, au Québec, où habitait depuis 1800 son beau-père avec sa famille. Pendant une vingtaine d’années, le jeune couple cherchait à gagner leur vie par l’exploitation des champs rocailleux des Appalaches. Et les enfants arrivaient : Mary Ann (1818, décédée aussitôt), Clarissa (1819), Louisa (1820), Jeremiah III (1822), Lydia (1823), Weare (1825), Lemuel (1827), Dudley (1830), Mary Amelia (1832), Thomas Rowell (1834). Par l’entremise de sa belle-sœur, Sarah prit connaissance d’une nouvelle religion qui semblait correspondre à ses valeurs et croyances personnelles. La famille se convertit au Mormonisme et, en 1836, décide de quitter le Bas Canada pour se joindre aux Saints des Derniers Jours qui s’organisaient et se rassemblaient à ce moment-là en communauté à Kirtland, en Ohio, puis, à partir de 1839, à Nauvoo, en Illinois. Le 12 mai de cette année, à Nauvoo, naît une onzième enfant (Betsy Jane) et deux ans plus tard, au même endroit, une douzième, Sarah Priscilla.

Dès 1846, la famille participa à l’exode forcé de Nauvoo qui conduirait des milliers de Mormons vers la vallée du Grand lac salé. Le père de famille, Jeremiah, sera le premier à mourir avant d’atteindre la Terre promise, mourant à Bonaparte, en Iowa, le 20 août 1846. L’année suivante, Lydia, 24 ans, et Weare, 22 ans, trouveraient la mort à Council Bluffs, avant-poste établi en Iowa pour approvisionner les Saints en fuite. En août 1850, Sarah Sturtavant Leavitt et sept de ses enfants survivants arrivèrent à destination (Louisa décéda à Council Bluffs en 1855). Ils participeraient activement au processus de colonisation de l’Ouest. En 1896, au moment où l’Utah devint le 45e État de l’Union américaine, les Leavitt des Cantons de l’Est comptaient parmi les fidèles ayant établi environ 500 colonies s’étendant depuis les prairies de l’Alberta aux déserts inhospitaliers du sud de l’Utah, du Nevada, de l’Arizona et du nord du Mexique. Sur les 12 enfants de Jeremiah et Sarah, sept y ont laissé une nombreuse progéniture :

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Jeremiah Leavitt, fils. Né le 12 février 1822, Hatley, comté Stanstead, Québec; mort le 12 avril 1878, Gunlock, comté de Washington, Utah; marié le 1er février 1845 (Eliza Hanover); 12 enfants.

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Lemuel Sturtavant Leavitt. Né le 3 novembre 1827, Compton, comté Stanstead, Québec; mort le 14 octobre 1916, Santa Clara, comté de Washington, Utah; marié (1) le 15 octobre 1850 (Laura Melvina Thompson), (2) le 13 octobre 1863 (Betsy Amelia Mortensen-Spreckler), (3) sans date (Mary Craig), (4) le 17 novembre 1873 (Mary Ann Morgan), (5) 1881 (Rebecca Gibbins Waite); 14 enfants avec quatre femmes.

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Dudley Leavitt. Né le 30 août 1830, Hatley, comté de Stanstead, Québec; mort le 15 août 1908, Bunkerville, comté de Clark, Nevada; marié (1) le 31 août 1853 (Mary Ann Huntsman); (2) le 12 août 1855 (Mariah Huntsman), (3) le 11 août 1859 (Thirza Riding), (4) le 10 mars 1860 (Janet Smith), (5) le 30 novembre 1872 (Martha Ann Hughes-Pulsipher; 50 enfants avec cinq femmes.

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Mary Amelia Leavitt. Née le 10 février 1832, Compton, comté de Stanstead, Québec; morte le 12 août 1893, Mont Graham, Arizona; mariée le 24 octobre 1850 (William Haynes Hamblin); neuf enfants.

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Thomas Rowell Leavitt. Né le 30 juin 1834, Compton, comté de Stanstead, Québec; mort le 21 mai 1891, Cardston, Alberta; marié (1) le 1er mars 1857 (Anne Eliza Jenkins), (2) le 9 mars 1861 (Antoinette Davenport), (3) le 5 juillet 1883 (Harriet Martha Dowdle); 26 enfants avec trois femmes.

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Betsy Jane Leavitt, Née le 12 mai 1839, Twelve Mile Grove, comté de Will, Illinois; morte le 12 septembre 1917, Safford, comté de Graham, Arizona; mariée le 24 août 1854 (William Haynes Hamblin); huit enfants.

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Sarah Priscilla Leavitt. Née le 8 mai 1841; morte le 23 juillet 1927, Alpine, comté d’Apache, Arizona; mariée le 11 septembre 1857 (Jacob Hamblin); neuf enfants.

Sous la houlette de la matriarche, Sarah Sturtavant, ces Leavitt ont parcouru l’Amérique d’un bout à l’autre ou presque. Répondant aux appels de leurs chefs spirituels, ils ont fait preuve d’une foi inébranlable, multiplié leurs nombres de manière spectaculaire, grâce en partie à l’étrange pratique de la polygamie, et dompté les terres arides par le développement de techniques d’irrigation innovatrices.

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Les Leavitt, originaires des Cantons de l’Est, partis pour Sion en 1836, offrent un bel échantillon de la culture mormone du XIXe siècle. Une descendante de Sarah, Norene Mackley, d’Ivins, Utah, en rend témoignage (http://sarahsturtevantleavitt.com/).

février 03, 2011

Jesse Wentworth Crosby, fin de l'histoire

Las d'entendre parler de cette histoire de Jesse Crosby? Terminons-en donc rapidement…mais en beauté!

C’est la rencontre fortuite à Québec, il y a un quart de siècle, avec son petit-fils et deux de ses arrières petits-fils qui m’a mis sur la piste de cet homme remarquable. Je me promettais d’un jour passer par St. George et d’y creuser ce récit qui me paraissait formidable. En épilogue à mon billet du 31 janvier, j’écrivais :

Un dimanche d’été 1985, un vieil homme et ses deux fils se sont pointés à Québec. J’ai eu le bonheur de les croiser et de leur parler. C’était le petit fils de Jesse Crosby qui, journal du grand-père à la main, retraçait le parcours de la deuxième mission de celui-ci. Avant de mourir, ce vieux résident de St. George tenait à poursuivre ce périple d’environ 10 000 km. Qui était-il ? Malheureusement, 25 ans plus tard, je ne peux me souvenir de son prénom, mais j’aime croire qu’il s’agissait de « Sam » Crosby, auteur de Jesse Wentworth Crosby : Mormon Preacher, Pioneer, Man of God.

Et bien, non, il s’agissait plutôt du frère de Samuel Wallace Crosby, Henry, rancheur et cultivateur de métier, accompagné de ses deux fils, Charles et Jack, tous trois décédés aujourd’hui.

Comment le sais-je ? C’est que le destin a voulu mettre sur mon chemin cette semaine à St. George une autre membre du clan, Linda Lou, l’avant dernière enfant de la famille d’Henry, famille qui comptait trois garçons et deux filles. Elle travaille 14 heures par semaine, comme réceptionniste, au clubhouse du Village des sports, là où je passe les mois de janvier et février. Elle m'a confirmé ce long voyage en voiture de son vieux père et de ses deux frères aînés.

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Ensemble, Linda et moi avons discuté de la vie de Jesse, de la relation avec ses épouses—au nombre de trois—qui semblait plutôt bonne, du rapport parfois orageux et toujours contentieux qu’il tenait avec ses chefs spirituels à Salt Lake et du paupérisme qui a marqué la fin de ses jours. Petite fille, Linda adorait la maison bâtie par Jesse et Hannah. Elle se souvient d’avoir pleuré le jour où elle a changé de mains. Linda prétend que la date de vente de la maison à la famille Pace, inscrite sur la plaque (1957) est imprécise. Cela se serait produit, selon elle, avant 1945, alors que la fillette n’avait pas encore 10 ans.

Que quelqu’un d’aussi loin que le Québec se passionne de son aïeul l’a abasourdie et que cette personne ait pu l’aider à le connaître, à le respecter et à l’aimer encore davantage l’a remuée considérablement. Une belle connivence s’est développée entre nous !

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De Jesse à Linda ! La boucle est bouclée, fin de l’histoire !

février 02, 2011

Deuxième mission de Jesse Wentworth Crosby: observations sur le Bas Saint-Laurent et le portage du Témiscouta

[Pour saisir le contexte complet, voir le billet du 31 janvier]


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Portage du Témisouata, circa 1840

En1844, le missionnaire mormon, Jesse Wentworth Crosby (1820-1893), a séjourné dans les « British provinces of Canada », à savoir le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Pour s’y rendre, il a parcouru la vallée du Saint-Laurent. Voici le récit de son voyage de Québec à Grand Sault, au Nouveau-Brunswick. Crosby a ensuite continué son chemin sur le Saint-Jean jusqu’à Fredericktown.

After a stop of four days, we engaged passage on board a French vessel; not a soul could speak English; set off June 11th with ebb tide and sundown with a fine breeze until flood tide, then down anchor; held on till ebb, thence on. The country below Quebec is gloomy. Lofty and precipitous banks, while blue ranges of mountains are seen in the distances, inhabited by French. Their small white cots, (cottages), are seen along the river; they appear as white spots scattered over the hills and mountains. Arrived at St. Andre [de Kamouraska].

June 12th. This is one hundred miles from Quebec; here the country is rocky and very broken; thence to Riviere du Loup, which is a great place for fishing; the tide rises rapidly and high. Extends one hundred miles above Quebec to Three Rivers; rises at Quebec 15 feet. From Riviere du Loup, proceeded back from the St. Lawrence, crossed the Portage, 36 miles to Lake Temisquata; bought a canoe and crossed the lake 15 miles; thence down the Madwaska to its junction with the St. John at Little Falls [Edmundston], twenty-two miles; thence by means of our canoe to Grand Falls, 36 miles, hired the canoe drawn around the falls; thence on our journey as before. Inhabitants are nearly all French until we reached the Grand Falls below that are English people…

février 01, 2011

Deuxième mission de Jesse Wentworth Crosby: observations sur Québec

[Pour saisir le contexte complet, voir l’avant dernier billet]

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En1844, le missionnaire mormon, Jesse Wentworth Crosby (1820-1893), a séjourné dans les « British provinces of Canada », à savoir le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Pour s’y rendre, il a parcouru la vallée du Saint-Laurent. Voici le récit de ses trois jours passés à Québec.

Arrived in Quebec at 9 :00 A.M., June 7th, and put up at Meriams Hotel. We proceeded to examine the city; the lower town is situated along the water’s edge under a high bluff on which is situated what is called the Upper Town. Besides these, there are three suburbs, entirely French. The Upper Town is surrounded by a wall of twenty or thirty feet in thickness. We passed through Prescott gate; obtained a pass from the commanding officer, and attended by a soldier entered the citadel. It contains military stores, etc.—six thousand stands of arms, three thousand barrels of powder, and provisions for seven years. One thousand five hundred troops are stationed here. The walls are mounted with thirty-two pounders, etc. not only around the citadel, but around the entire Upper Town; two hundred and fifty heavy pieces on the walls, besides hundreds of heavy cannon and scores, if not hundreds, of cords of shot or balls and bombs of all kinds in the citadel ready for use. Magazines, batteries, etc., all numbered in regular order. This fortress is to all appearances impregnable.

After spending some hours in our search, we passed out through a strong gateway. Next we examined the old French ruins, then we proceeded to the Plains of Abraham. The clash of arms; the groans of the dying has long since ceased, all was silence. The roar of cannon, the crack of musketry no longer fill the plains with blood and carnage; here fell two brave warriors, Wolfe and Montcalm. I seated myself beside a monument bearing this inscription: “Here died brave Wolfe.” We passed over the battle ground and descended the bluff where Wolfe and his men ascended, dragging their cannon after them. All was silent and lonely.

June 8th, Spent the day in reviewing the citadel and all military works and public buildings.

June 9th; Being Sunday, attended Catholic Services in the afternoon; thousands of Catholics were assembled, and formed a grand procession displaying much pomp and show. The procession commences their march from the church which was adorned in the greatest splendor. The sanctuary with its images tinged with gold was lighted up with hundreds of wax candles. The priests, some in gilded garment, others in robes of white, were preceeded by boys dressed in white, some with pots of incense, others with baskets of flowers to strew the streets,; then followed the Altar, the Ark of the Covenant, then the Bishop and long train. Smoke issued from the pots and the Altar, as they passed. The streets were adorned with bushes and flowers and filled with thousands of people. We visited two churches in Montreal and two in Quebec. They were all built in similar style, in a very grand and extravagant manner; especially the Sanctuary—thirty or forty feet high, twenty broad, forming a concave front in the middle, standing a the height of twelve feet, the Virgin Mary with the Infant in her arm. Next above is Jesus on a cross; on either side around about stand the Twelve Apostles, while above all, on the top of the Sanctuary stands God on a ball, representing the earth as his footstool, holding a scepter in his hand. The whole front is regularly arranged with candles. When lit up, the whole appears like a mass of gold.

Quebec is a large city but meanly built; quite populous, wealth and poverty, pride and misery abound there. From three to five hundred square rigged vessels were lying in port; the aspect is rather gloomy. Cabs and calashes are in use instead of four wheeled carriages; plenty of dog teams may be seen running to and from through the streets.


Deuxième mission de Jesse Wentworth Crosby: observations sur Montréal

[Pour saisir le contexte complet, voir billet précédent]

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Plan de Montréal, 1840

En1844, le missionnaire mormon, Jesse Wentworth Crosby (1820-1893), a séjourné dans les « British provinces of Canada », à savoir le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Pour s’y rendre, il a parcouru la vallée du Saint-Laurent. Voici le récit de ses deux jours passés à Montréal.

June 5th, 1844

Spent the day in viewing Montreal. Passed through the principal streets, they are narrow and irregular. In the best parts, the buildings are high and covered with tin; all the back parts are inhabited by French. Their buildings are small, irregular and compact. The incorporation extends three miles (three miles square) contains fifty thousand inhabitants, two thirds French.

One trait in the history of this city is that a four wheeled carriage is scarcely ever seen, while calashes and cabs stalk the streets and hedge up the way, we thoroughly examined everything of note, particularly the Parish Church. It is the largest building of the kind in America, 260 by 130 feet; it contains 1363 pews capable of seating 15,000 persons. The Sanctuary is adorned in superior style, tinged with gold. We ascended the tower 260 feet high by means of 25 stairs forming 285 steps. From this observatory the whole city is seen at one glance. Spy glasses, etc. are at hand—the square rigged vessels, about 100 in number, lay along the shore in full view; men, horse, etc. hurry to and fro along he streets and appear like swarms of ants. Having satisfied ourselves in viewing the city, we next examined the monster bell. It weighs about ten tons, cast in London at an expense of twelve hundred pounds sterling. It is suspended in the western tower; the opposite one contains thirteen smaller bells, this fabric is built of hewn stone, and exclusive of bells, cost one hundred and fifty thousand pounds sterling.

June 6th left our lodgings, Mr. Griffis’s Hotel, and repaired to Parish Church; saw High Mass performed and other Catholic ceremonies; great splendor was exhibited. Two or three hundred wax candles were burning, some of them six feet long; one or two hundred priests were present, some of them dressed in garments gilded, others in white robes. Next visited the “Grey Nunnery”; examined it critically; were not permitted to enter the “Black Nunnery.” The day was spent agreeably. At 6:00 P.M. we took passage on board the “Charlevoix” for Quebec; bid farewell to the Catholic metropolis probably forever. I viewed the country very carefully. It is level, inhabited entirely by French, houses white, very compact; along the banks of the river, Catholic steeples and crosses are seen as we pass along. The river is broad and beautiful the whole way—180 miles.

janvier 31, 2011

En 1843, Jesse Wentworth Crosby, missionnaire mormon, visite le Québec

Dans deux livres, Pays et Mensonges et Mots d’ailleurs (Boréal, 1999 et 2004), mon ami, Luc Bureau, examine le rapport imaginaire qu’entretenaient, à diverses époques, certains grands esprits (écrivains) avec le Québec, alias le Canada, alias le Bas Canada, alias le Canada français, alias la province de Québec.

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Mais quelle a été la perception du monde ordinaire—du petit voyageur—qui, en traversant le Québec peu de temps après le soulèvement des Patriotes, consignait dans son journal de bord ses observations, ses idées, ses pensées et ses aspirations? Le journal du jeune Jesse Wentworth Crosby nous en fournit un bel exemple!

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Né à Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, en 1820 et déménagé avec ses parents et frères et sœurs, à Portland, dans le New York, sur les rives du lac Ontario, pas loin du canal Érié en plein essor, Jesse s’est converti au Mormonisme, à l’âge de 18 ans, en 1838.

Pour apprécier la suite, il est essentiel de connaître les antécédents de la famille. Jesse était l’arrière-petit-fils de Lemuel Crosby (1726-1769), parti du Cap Cod, dans la colonie américaine du Massachusetts en 1761 occuper des terres « libérées » par la déportation des Acadiens. Son grand-père, Lemuel, fils, avait quatre ans à l’époque. Son père, Joshua (1783-1874) n’a pas réussi à faire fructifier ces anciennes terres acadiennes, décidant en 1822 de s’expatrier aux États-Unis, s’installant à quelques kilomètres seulement du berceau du Mormonisme, là où, deux ans auparavant (1820), le fondateur de ce nouveau mouvement religieux, Joseph Smith, aurait eu sa première vision ou sa première manifestation divine. L’effervescence et l’agitation religieuses qu’a connues cette région située entre Rochester et Syracuse, au cours des années 1820 à 1840 se sont avérées si intenses qu’elle a reçu comme surnom « Burnt Over District ». La formation légale de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, en présence de Smith et cinq autres personnes, se fit en 1830. En 1838, exception faite du père, Joshua, tous les Crosby acceptèrent d’adhérer au message de Joseph Smith et de le suivre dans sa péripétie vers l’Ouest. Accompagnés de certains de leurs voisins, les Brown, Mumford et Richardson, les Crosby s’établirent en 1839 à la « nouvelle capitale mormone » de Nauvoo, en Illinois, sur les berges marécageuses du Mississippi.

Dès ce moment et jusqu’à la fin de sa vie en 1893, Jesse Wentworth Crosby suivrait à la lettre les exigences imposées par celui qu’il tenait pour prophète, voyant et révélateur. Huit fois, Crosby accepta une mission qui lui fut confiée par son chef spirituel, Brigham Young, successeur à Joseph Smith assassiné. C’est la deuxième qui nous concernera ici, celle qui le reconduira de 1843 à 1845 dans les « British Provinces of Canada and such other places as seemed expédient »—autrement dit dans son pays natal—dans le but de propager le message des Saints des Derniers Jours et d’inciter ceux et celles qui y adhéraient à faire comme lui et sa famille, de se joindre au vaste mouvement migratoire en cours vers Nauvoo et, éventuellement, vers la vallée du Grand lac salé.

Avant d’aborder cette deuxième mission qui voit Crosby quitter Nauvoo, passer par Chicago et les Grands lacs, Kingston, Montréal, Québec, Rivière-du-Loup, le portage du Témiscouata pour aboutir enfin à Fredericton, mentionnons tout de même les sept autres missions qui ont couronné en quelque sorte sa vie.

Mission 1 : 1841-1842. Partir de Nauvoo pour prêcher en Ohio, dans l’État de New York (y compris la ville de New York) et à Yarmouth, dans le Maine. Retour via Boston, New York puis Chicago.

Mission 3 : hiver 1844-45 : Présider la congrégation locale à Lowell, au Massachusetts, et prêcher. Jesse y rencontre Hannah Elida Baldwin, originaire de St. George, au Nouveau-Brunswick, qui, avec sa demi-sœur, était venue à Lowell travailler dans l’industrie du textile. Hannah accepte l’évangile mormon tel qu'enseigné par Jesse. À Nauvoo, en 1845, elle deviendra sa femme.

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Jesse Wentworth Crosby et Hannah Elida Baldwin, circa 1860

N.B. Avant l’arrivée massive de Canadiens français à Lowell, le travail dans les « facteries » s’accomplissait grâce aux « Yankee girls ».

Mission 4 : Après avoir participé à l’odyssée mormon qui l’a conduit en 1847, avec des milliers d’autres Saints des Derniers Jours à la vallée du Grand lac salé, Crosby accepte, avec un pré avis de 16 jours, de partir en 1850 pour l’Angleterre. Il laisse derrière lui une femme et trois enfants. Il sera parti trois ans et aura vu la Reine Victoria !

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Jesse, missionnaire, circa 1850

Mission 5 : En revenant de l’Angleterre en 1852, il repassera encore par les « British Provinces » : par son lieu de naissance (Yarmouth) et par le lieu de naissance de sa femme au Nouveau-Brunswick, où il réussira à convertir au Mormonisme deux de ses tantes. Dans le but de revoir son père, il repassera par la ville de son enfance, Portland, mais ne le rencontrera que plus loin, alors que Joshua revenait d’une visite avec les membres de sa postérité en Utah. Celui-ci, deviendra grand défenseur des Mormons dans l’Est, finira par accepter la foi mormone et s’établira, lui aussi, dans l’Ouest où il meurt en 1874, à l’âge de 91 ans.

Mission 6 : En 1861, avec 300 autres familles, Jesse Crosby s’établit en « Dixie », devenant l’un des principaux fondateurs et développeurs de cette colonie désertique.

Mission 7 : En 1867, il part pour les États du Sud. De retour en 1869. Il décrit les conditions qu’il avait observées dans le Sud en reconstruction.

Mission 8 : De 1877-78, il part pour la Californie du sud dans le but avoué de reconduire les brebis égarées au troupeau. C’est-à-dire de ramener à l’ordre les anciens adeptes qui avaient perdu ou rejeté la foi.

Le 14 juin 1893, sans le sou, chez son fils, à Panguitch, à 150 km de St. George, meurt Jesse Wentworth Crosby: prédicateur, pionnier, homme de Dieu.

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Un dimanche d’été 1985, un vieil homme et ses deux fils se sont pointés à Québec. J’ai eu le bonheur de les croiser et de leur parler. C’était le petit fils de Jesse Crosby qui, journal du grand-père à la main, retraçait le parcours de la deuxième mission de Jesse. Avant de mourir, ce vieux résident de St. George tenait à poursuivre ce périple d’environ 10 000 km. Qui était-il ? Malheureusement, 25 ans plus tard, je ne peux me souvenir de son prénom, mais j’aime croire qu’il s’agissait de « Sam » Crosby, auteur de Jesse Wentworth Crosby : Mormon Preacher, Pioneer, Man of God.

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Alors que je terminais la rédaction de ce billet à la bibliothèque centrale du comté de Washington, la préposée à la collection spéciale est passée me demander ce que je faisais. Je lui explique. Elle me répond, « Regarde par la fenêtre la maison en face, sais-tu à qui elle appartenait ? Jesse Crosby ! C’était la première maison construite en adobe à St. George. Le deuxième étage et le revêtement actuel ont été ajoutés par la suite ! »

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janvier 28, 2011

« Quartier français » à St. George

Aujourd’hui en faisant mes 20 km à vélo, j’ai traversé le French Quarter!

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Hé oui, bien des villes aux États-Unis, grandes comme petites, aiment bien se donner des airs de la haute culture française. St. George ne fait pas exception. Niché au cœur de l’un des nombreux nouveaux terrains de golf de la ville, le « quartier français », de superficie modeste, permet néanmoins de rouler sur la rue Émeraude, devant une demi-douzaine d’immenses maisons de construction récente, et d’avoir accès à la cour Normandie et à la cour Versailles!

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Emeraud (sans E, sans accent)? Oups, pardon my French!

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janvier 25, 2011

Johnson Canyon: son arche, son ruisseau, sa chute

Très courte promenade (2,7 km aller-retour), mais combien fascinant! Le canyon Johnson, situé à 12 km au nord de St. George a ceci de particulier. Il s’agit d’un témoin éclatant de la relation conflictuelle qu’entretient un désert avec de l’eau.

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Un événement érosif massif—comme un déluge résultant d’une grosse averse subite (cloudburst, selon la terminologie locale)—peut modifier radicalement et rapidement le paysage, laissant la paroi rocheuse émiettée et déplaçant allègrement de grosses roches, tandis que des crachins et des ruisseaux sinueux forment le paysage petit à petit, laissant des sculptures lisses et des plantes aux couleurs parfois vives. Les deux phénomènes sont visibles ici.


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Sur le sentier menant au fond de ce canyon sans issue, le marcheur traverse à plusieurs reprises, en zigzag, le ruisseau qui prend son origine au fond du canyon, au pied d’une falaise humide, qui, en temps de pluie, se transforme en véritable chute.

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La formation rocheuse la plus spectaculaire de la promenade est, sans aucun doute, l’arche de Johnson, suffisamment large et haute pour stationner un autobus scolaire en dessous.

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janvier 24, 2011

Un dimanche matin à Pine Valley (UT)


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Signal Peak

À 50 km au nord de St. George (altitude, 800 mètres), sur le versant nord du mont Signal (altitude 3 100 mètres), se trouve le hameau de Pine Valley (altitude 2 200 mètres). Ici, l’hiver, la population compte à peine 300 âmes; l’été il y en a cinq fois plus. L’on pourrait dire qu’il s’agit d’une sorte de transhumance. Afin d’éviter les températures de 42 C. et plus qui sévissent l’été dans les alentours de St. George, un nombre appréciable de résidents maintiennent une résidence secondaire à Pine Valley dont l’origine remonte à 1855 lorsque Isaac Riddle, à la poursuite d’une vache égarée, y a mis le pied pour la première fois et a eu l’idée d’y établir une scierie afin de mettre à profit les étendues de pin et d’épinette si rares dans cette région désertique.

En peu de temps, le site a attiré une petite population composée largement de journaliers, de charretiers et d’artisans. Parmi ces derniers, il y avait un converti au Mormonisme du nom de Ebenezer Bryce, immigrant d’Écosse, dont la femme faisait partie de la famille Gardner, l’une des premières à s’établir à Pine Valley. C’est à lui, à cause de son métier d’ingénieur naval, que les habitants ont donné la charge de élaborer les plans pour la construction d’une église qui est aujourd’hui la plus vielle chapelle mormone en service continu.


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En acceptant la charge, Bryce n’avait de choix que de la construire selon ses connaissances en architecture navale développées en Écosse. Une fois terminée l’église plaisait énormément à la population locale et au prophète Brigham Young lui-même, car elle ressemblait en style aux églises protestantes de la Nouvelle-Angleterre dont Young et la plupart des Saints des Derniers Jours étaient issus. Aujourd’hui le nom d’Ebenenzer réverbère localement en raison de ce magnifique lieu de culte et mondialement grâce au parc national, situé à proximité, qui porte son nom : Bryce Canyon National Park!

Or, les moyens de construction à Pine Valley ne ressemblaient en rien à ceux de ces églises-là, les quatre murs ayant été agencés et assemblés à plat, puis érigés en unisson par un système de poulie, le tout soutenu par d’énormes blocs de granit placés aux quatre coins et par des blocs de calcaire plus petits en juxtaposition en dessous des quatre murs. Une fois érigés et en position verticale les murs, les coins ont été enroulés de lanières qui, en séchant, resserraient les joints et fortifiaient les coins et, par conséquent, solidifiaient les murs. À l’extérieur, de minces bardeaux marins (shiplap, selon Bryce), se chevauchant, assuraient une couverture étanche.

La toiture respectait aussi les règles de l’art de la construction navale, consistant en grande partie de longues membrures assemblées en rainure et languette. L’absence de clous dans l’édifice est remarquable. Fier de sa réalisation, Bryce parlait de son « bateau renversé ».


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Depuis les 143 ans de son existence, la chapelle de Pine Valley a été rénovée à quatre reprises, le dernier projet de rénovation remontant à 2004. Aujourd’hui, tout en respectant les codes de construction modernes, y compris les normes de construction parasismiques, les Saints des Derniers Jours de Pine Valley ont réussi à préserver le cachet de l’époque ancienne. Contrairement à beaucoup de bijoux patrimoniaux de l’Utah qui n’ont plus qu’une fonction muséale, celui-ci continue à remplir sa fonction première, celle de lieu de culte. À tous les dimanches, l’hiver, comme l’été, les fidèles s’assoient sur les bancs d’église taillés en pin pour exprimer et partager leur foi et pour célébrer le riche héritage qui les unit.

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Prédicateur intrus

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Orgue à l’ancienne

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Vieille porte

Et après le service, pourquoi pas un bon repas au seul restaurant de Pine Valley Le Brandin’ Iron?

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janvier 18, 2011

La Patte d’ours (Bear’s Claw) nous tient en haleine

En février 2010, Kathi a pris sa retraite. John l’a suivie le 15 mai. Le 17 mai, ces Johnson de Dorchester, au Wisconsin, ont enjambé leur vélo tandem pour amorcer une randonnée de 3 600 km, de chez eux à Anacortes, sur l’estuaire Puget, dans l’État de Washington. Parcourant en moyenne 100 km par jour, ils ont réalisé, avec quelques arrêts par çi par là, leur objectif en 47 jours. L’aventure est racontée dans leur carnet (http://www.pedalingthemidwest.blogspot.com/).

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Si j’en fais mention, c’est que John et Kathi sont nos voisins à St. George. Comme nous, ils y ont réservé un gîte pour les mois de janvier et février. En plus d’être des cyclistes expérimentés ils sont aussi des « hikers » invétérés. À tous les matins, ils partent à pied pour explorer l’une des nombreuses pistes qui prend sa source à proximité. Hier, je me suis joint à John pour monter à la pointe de la Patte d’ours. Au bout de deux heures et quart au cours des quelles nous avons pu admirer différentes variétés de cactus, des falaises à pic et des paysages sublimes, nous y étions rendus.

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En bon prince, John a insisté pour me poser. Il y a environ 750 mètres de dénivellation entre le point de départ et le point d’arrivée au sommet de la Patte d'ours. En arrivant, chaque marcheur ajoute sa pierre au cairn.

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janvier 15, 2011

« Utah’s Dixie »

Qui ne connaît pas l’air de cette chanson du Vieux-Sud, composée par D.D. Emmett et éditée en 1859 par Phillip Werlein à la Nouvelle-Orléans?

I wish I were in the land of cotton,

Old times there are not forgotten,

Look away, look away,

Look away Dixieland!

Le mot Dixie est le surnom donné aux États sécessionnistes et la chanson « I Wish I Were in Dixie » devint l’hymne officieux des soldats des forces confédérées, en opposition au Battle Hymn of the Republic, adopté par les soldats du Nord lors de la Guerre civile (1861-1865).

Dans le territoire de l’Utah, aux années 1850, à 2 500 km, en moyenne, de Dixie, Brigham Young, leader des Mormons, premier gouverneur du territoire et maître colonisateur de cette vaste région, se souciait des événements qui allaient se produire dans l’Est à partir de 1861. D’expérience, il connaissait la puissance des forces fédérales et prévoyait les ravages qu’elles infligeraient sur le Sud sécessionniste. Et si cela devait se produire, l’Utah, loin des champs de bataille, en subirait quand même des contre coups. Il faudrait que le peuple de Dieu, dirigé par Young, soit à l’abri des soubresauts nationaux, qu’il soit en mesure de s’auto suffire, d’où l’appel le 6 octobre 1861 à 300 familles de fixer feu et foyer à ce qui deviendrait St. George, village portant le nom de l’ami et de l’adjoint de Young, George A. Smith. L’établissement de ces familles dans cette seule région du territoire exemptée de la neige et du froid doublerait sa population repartie déjà entre quelques hameaux : Santa Clara, Washington, Toquerville, Hebron, Virgin… Pour subvenir aux besoins de son peuple, en cas de rupture avec « Dixie », Young et ses conseillers ordonnaient la plantation de coton et, tant qu’à y être, pourquoi pas d’autres produits subtropicaux dont la vigne.

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Résidence de Jacob Hamblin, circa 1857

Depuis, cette région de 6 300 km2, correspondant grosso modo à l'actuel comté de Washington, dans le coin sud-ouest de l’Utah, est connue familièrement comme « Utah’s Dixie ».

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Pour retenir le monde dans ce désert peu susceptible à accueillir une population sédentaire et villageoise, il a fallu rapidement ériger des symboles de permanence et de civilisation. Certains d’entre eux sont encore visibles de nos jours.

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Tabernacle de St. George, circa 1875

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Temple de Saint George, circa 1876

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Moulin à coton, circa 1866

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Théâtre, circa 1875

La fondation de « Utah’s Dixie » illustre à merveille le remarquable don de stratège que possédait Brigham Young, probablement le plus grand des colonisateurs de l’Ouest américain.

janvier 10, 2011

Un dimanche après-midi à Snow Canyon

Snow Canyon, situé à 15 km au nord de St. George, n’a rien à voir avec la neige. Il porte le nom de l’un ou de l’autre des Snow suivants…ou vraisemblablement des deux : Erastus (1818-1888) et Lorenzo (1814-1901). Le premier a été parmi les premiers pionniers mormons à s’établir dans la région, participant à la fondation de St. George en 1861. L’autre, cousin lointain d’Erastus, devint en 1898, à l’âge de 84 ans, le cinquième président et prophète de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. En 1899, dans le tabernacle de St. George, le président Snow a prononcé un discours qui marquerait l’histoire de l’Église. À cette occasion, il incita prophétiquement tous les Saints des Derniers Jours à se dîmer, c’est-à-dire à donner à l'Institution un dixième de leurs revenus en échange des bénédictions du ciel. C’était le début d’une ère nouvelle d’indépendance financière pour l’Église et d’une pratique philanthropique remarquable de la part des fidèles!

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Tabernacle de St. George

Localisé au carrefour de trois grandes régions physiographiques, le désert Mojave, le Désert du Grand-Bassin et le Plateau du Colorado, Snow Canyon possède une histoire d’occupation humaine qui remonte loin. De 200 à 1250 environ, la civilisation amérindienne Anasazi dominait les lieux. À partir du treizième siècle, jusqu’au milieu du dix-neuvième, les Paiutes s’en servaient pour la chasse et la cueillette. À l’arrivée des Mormons, ceux-ci ont découvert le canyon en essayant de récupérer leur bétail errant et égaré. Aujourd’hui, l’endroit, transformé en parc d’État, constitué de 7 400 acres, accueille des équipes de tournage de films hollywoodiens—entre autres, Butch Cassidy and the Sundance Kid et The Electric Horseman—des trekkeurs, naturalistes, photographes, campeurs et cyclistes.

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Des dunes pétrifiées, constituées de graines minuscules de quartzite, transportées par les vents sur une période de 180 millions d’années, puis endurcies jusqu’à une profondeur de 800 mètres d’épaisseur, se présentent à l’heure actuelle telles des mini marches ou telles le dos d’une immense tortue sur lesquels on peut se promener.

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Les tons d’orange vif se mélangent aux tons crémeux du grès Navajo, vestige d’une ancienne mer sablonneuse. Aussi récemment qu’il y a 10 000 ans, des cônes volcaniques, situés ça et là, ont fait éruption, vomissant de la lave coulante, remplissant des fissures et couvrant de basalte noire de vastes étendues du canyon.

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Snow Canyon n’est pas sans danger. Le jour même de mon arrivée à St. George, le dimanche 2 janvier, un jeune homme de 22 ans, gambadant avec deux copains hors sentier, est tombé 27 mètres à sa mort. Les funérailles ont eu lieu avant hier. L’investigation se poursuit!

janvier 03, 2011

Venus à St. George, Utah pour échapper à la neige!


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Surprise ce matin en me levant dans cette contrée sans neige qui est St. George, Utah! Comme vient de me dire en skype un ami, Louis Dupont, qui séjourne en France : « Cette année, le Québec est partout, sauf au Québec! »

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Voici ce que j’aurais dû voir ce matin en regardant vers le nord-ouest:

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Voici ce que j’ai vu

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Voici ce j’aurais du voir en jetant un coup d’œil vers le sud-est :

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Voici ce que j’ai vu :

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Le voyageur en minibus de la Californie semblait désemparé ce matin dans ce quartier parsemé de palmiers et d’eucalyptus.

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Ce 3 janvier, j’étais comme un poisson dans l’eau. L’hiver, la neige, le froid, rien de plus beau! Par contre, ma conjointe, née au Mississippi, élevée en Louisiane et « victime » déjà de plus de 30 hivers québécois, ne voyait pas la chose de la même façon : « This isn’t why I came here! »



Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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