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janvier 17, 2012

Tim Tebow, un Franco ?

Par ses prouesses sur un terrain de football conjuguées à sa foi religieuse, le quart-arrière des Broncos de Denver, Tim Tebow, garde en haleine, depuis le mois d’octobre, les amateurs de football professionnel aux États-Unis. À l’époque où il jouait pour l’université de la Floride (2006-2009), il s’était fait une réputation de meilleur joueur de football universitaire au pays.


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Tim en prière en milieu de travail

Depuis ses plus récents succès, couronnés le 7 janvier, par une victoire au tournoi de fin de saison de la Ligue nationale de football (LNF) contre les Steelers de Pittsburgh—avant le fiasco du 14 janvier contre les Patriotes de la Nouvelle-Angleterre—la Droite chrétienne du Parti républicain (largement dominé par des « Tea Partistes ») l’a pris comme fétiche et les média ne cessent d’en parler.

Évidemment, la question qui me tracasse depuis que Tim Tebow a commencé à faire les manchettes en tant que quart-arrière des Gators de Floride est la suivante : Est-ce que Tim Tebow est Franco? Est-il descendant de Canadien français ou d’Acadien? Son nom, est-ce une déformation de Thibeault, Thibeau, Thibeaux, Tiebout ou Thibaud?
Le peu de recherche effectué à ce jour m’incite à dire non, mais j’aimerais beaucoup que quelqu’un me corrige en me montrant le contraire! Mais d’abord, un petit mot sur cet athlète aux scrupules irréprochables.

Timothy Richard Tebow est né le 14 août 1987 à Manille, capitale des Philippines, dernier de cinq enfants de Robert Ramsey Tebow II et Pamela Elaine Pemberton, missionnaires évangéliques. La légende veut que Mme Pemberton ait connu, avec Tim, une grossesse particulièrement difficile. Monsieur Tebow aurait, à ce moment-là, promis à Dieu que si les deux parties (mère et bébé) pouvaient avoir la vie sauve, il ferait de cet enfant un prédicateur, un ambassadeur en son nom. Trois ans plus tard, la famille Tebow réintègre l’État de la Floride où sera fondée l’Association évangélique Bob Tebow (http://www.btea.org/) et où s’épanouira un jeune footballeur qui, tout au long de son illustre carrière de quatre ans à l’université de la Floride, prêcherait la Bonne Nouvelle par des gestes publics posés sur le terrain de football. Par exemple, à chaque match, Tim inscrivait au visage, à la vue des opposants et des millions de téléspectateurs, une référence biblique.

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Pour illustrer l’impact du jeune homme sur l’imaginaire américain, je prends le propos de ma nièce—jeune mère de deux enfants habitant l’Ohio—affiché la semaine dernière sur Facebook :
Tim Tebow I love you with all my heart.
Ce à quoi j’ai répliqué :
Pourquoi donc ?
Sa réponse est venue tout de suite :
Haha, Uncle Dean I was just watching something on TV about how, before each game, he singles out a fan with an illness (and their family) and meets and talks to them before and after the games. These are fans of his that usually have terminal illnesses I think, and so he's providing this fun and exciting opportunity for them. But it doesn't seem like he's showy or braggy about it. He just seems like a great guy! Not your typical famous football player!

Donc, bon prince, un gars qui aime son public et qui s’en soucie et qui, selon elle, ne fait pas cela pour mousser son image ni pour vendre des produits…même s’il possède de nombreux contrats signés avec des compagnies d’équipement sportif !

Retournons à ses origines ancestrales, sont-elles canayenne ou acadienne ? Suivons la lignée des Tebow :
Timothy Richard Tebow, né le 14 août 1987 à Manille.

Père : Robert Ramsey Tebow II, né le 27 janvier 1948 en Floride.
Grand-père : Robert Ramsey Tebow, né le 21 mai 1921 en Ohio ; décédé le 4 avril 1977 en Orégon.
Arrière-grand-père : Lee Robert Tebow, né le 27 mai 1895 en Ohio ; décédé en décembre 1979 en Ohio.
Arrière-arrière-grand-père : James Ora Tebow, né le 13 février 1873 en Ohio ; décédé le 28 février 1952 en Ohio.
Arrière-arrière-arrière-grand-père : James O. Tebow, né le 29 janvier 1841 en Ohio ; décédé le 13 décembre 1891 en Ohio.
Arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père ; Peter Tebow, né circa 1803 au New Jersey ; décédé le 20 novembre 1868 en Ohio.
Arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père : Ryer (Uriah) Tebow né le 9 mai 1784 au New Jersey ; décédé le 14 avril 1820 en Ohio.
Arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père : Pieter Tebow, né le 3 août 1755, au New Jersey.
Donc, en remontant à l’année de la Déportation des Acadiens (neuf générations), quatre ans avant la Conquête de la Nouvelle-France, aucune trace des ancêtres de Tim Tebow en dehors du territoire des États-Unis d’Amérique n’est apparente. Et on remarque qu’au baptême de Pieter, en 1755, les deux témoins s’appelaient Pieter et Margargriet Debouw, nom à consonance néerlandophone. Donc, petit indice quant aux origines familiales !

En remontant la filière encore plus loin, mon ami historien, Gaston Deschênes, lui aussi bloggeur chez Septentrion (www.septentrion.qc.ca/gastondeschenes/), réussit possiblement à résoudre l’énigme.
Arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-père : Ryer Tibout, né en 1723/24 au New Jersey.
Arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-père : Peter Tebow, né au New Jersey, marié en 1716 au New Jersey.
Arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-père : Andries Tebow (écrit aussi Thybaut, Tiebaut, Tibout, Thibout, Tebou, Thibou et Tiebout ), date de naissance incomplète ; décédé avant 1705.
Enfin, premier ancêtre de Tim Tebow à frôler le sol américain, son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-père Jan Tiebout (parfois signé Jean Thybaut), né en 1638 à Bruges, en Flandre (Belgique) ; décédé en 1700 à Brooklyn, New Harlem (New York). Pasteur de la religion néerlandaise reformée (Dutch reformed), Jan descendait sans doute des Huguenots réfugiés en Flandre.
Alors, Tom Tebow est-il Franco d’Amérique ? Certainement pas selon la définition conventionnelle du terme élaboré dans les ouvrages publiés au Québec, dont le nôtre, Franco-Amérique. Toutefois, la généalogie de ce méga star américain ouvre sur une réalité historique et culturelle méconnue qui mériterait d’être approfondie et qui en dit long sur la complexité de l’ethnicité française (French ethnicity) aux États-Unis.

janvier 13, 2012

Parole aux aînés de l’AARQ

L’un des défis auquel fait face l’Association acadienne de la région de Québec—et sans doute la plupart des organismes acadiens au Québec—c’est celui de la continuité, autrement dit celui de la relève. L’ensemble des membres est vieillissant. Un coup d’œil sur la photo des cinquante personnes ayant participé au dîner de la fête des rois révèle la pénurie de membres de moins 65 ans (voir billet précédent). Pourquoi cette absence de jeunesse?

Les membres de l’AARQ se divisent en quatre groupes : (1) les gens de souche acadienne nés dans une des « petites cadies » québécoises, comme Maria, Bonaventure, Havre Saint-Pierre, Natashquan, Saint-Grégoire-de-Nicolet, Saint-Jacques-de-l’Achigan, venus en ville depuis le début de la Révolution tranquille (donc des produits de l’exode rural québécois); (2) les immigrants des Provinces maritimes, surtout du Nouveau-Brunswick (ceux de fraiche date sont peu nombreux au sein de l’AARQ, la plupart d’entre eux étant arrivés aux années 60 ou 70); (3) les Québécois de souche, surtout urbain, ayant découvert leur acadienété sur le tard; (4) les époux ou épouses québécois des gens de la première catégorie. Peu importe la catégorie, les enfants de ces gens, nés et élevés pour la plupart au Québec, semblent avoir rompu avec l’identité ancestrale, se considérant avant tout « québécois ». Comme un Lévisien de catégorie 1, qui a fait sa vie d’enseignant à Amqui (autre petite cadie) pendant plus 40 ans avant de se rapprocher, à la retraite, de ses enfants et petits-enfants et des services médicaux de première ligne, me l’a avoué dimanche dernier à ce sujet : « J’ai parlé à mes enfants de l’Association et de nos activités, mais cela ne leur dit rien »!

À la suite du dîner de la fête des rois, la parole fut donnée aux 13 personnes présentes de plus de 80 ans pour qu’elles partagent avec les plus jeunes leur vécu et leur sagesse. Ici, retenons les expériences de six intervenants, un de la catégorie 1, trois de la catégorie 2, un de la catégorie 3 et une de la catégorie 4.

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Jean-Yves Landry est l'ancien président de la Société d’histoire de Sainte-Foy et vice-président de l'AARQ. Originaire de Matane, il est le dernier survivant de sa grande famille. Il vient tout juste de céder sa place au cimetière Belmont à sa sœur. Il se demande maintenant où il se retrouvera au moment du grand départ. La vocation et la passion de cet homme de 81 ans? C’est bien simple : l’histoire des Acadiens…surtout celle de ceux qui sont arrivés au Québec en 1756 à la suite du Grand Dérangement. Jean-Yves faisait remarquer aux convives qu’ils poursuivaient leurs activités de la journée, au 3200, rue d’Amours, sur les terres appartenant autrefois à leurs ancêtres acadiens venus en réfugiés. « Les Acadiens ont pris leur place au Québec », c’est là le témoignage émouvant de Jean-Yves Landry.

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La Reine du jour, Lorraine Arsenault, quitta son île à 14 ans pour étudier à l’École ménagère de Plessisville (EMP). Elle venait de terminer sa neuvième année d’études. À cette époque, à Abraham-Village (I-P-É), les études se terminaient à cet âge-là. Si on voulait poursuivre, il fallait partir, mais comment partir quand on est fille d’une femme devenue veuve à 39 ans? Heureusement, dans sa vie, il y a eu le patriote acadien Henri Blanchard (1881-1968), professeur à l’université de l’Ile-du-Prince-Édouard et président-fondateur de la Société Saint-Thomas d’Aquin, qui se rendait régulièrement au Québec y quêter des places dans les écoles et collèges pour des Acadiens de l’île. Grâce à lui, Lorraine a obtenu une bourse pour étudier à l’ÉMP. À la blague, Lorraine chuchote que cela voulait dire « enfants mal pris ». Pour payer son billet de train de Moncton à Québec, les Sœurs du sanctuaire ont organisé un Bingo. « Ces trois années à Plessisville ont changé ma vie »! conclut Lorraine Arsenault.

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Né à Saint-Quentin, au Nouveau-Brunswick, Albert Gagnon a déménage en Abitibi à l’âge de deux ans et demi. C’est l’époque de la colonisation. C’est l’époque de la Crise économique! Ils seront 16 enfants, 10 garçons et 6 filles. Au début des années 50, en quête d’une meilleure vie, Albert et son frère s’enrôlent. Le Canada est en guerre en Corée. « Cela ne pourrait pas être pire là-bas qu’ici » se sont-ils dit les garçons. Ils se rendent d’abord à Grand-Mère, puis à Montréal où ils apprennent que le pont de Trois-Rivières vient de s’effondrer. De Montréal à Wainwright, en Alberta, pour un peu d’entraînement. Ensuite, Seattle et, enfin, la Corée. Son frère y trouvera la mort et y sera enterré.

Le 7 novembre dernier, Albert faisait partie d’un contingent de huit Canadiens à se rendre en Corée commémorer le soixantième anniversaire de la Guerre de Corée. Il était le seul représentant du Québec et le seul véritable soldat, un petit caporal, accompagné de cinq généraux et de deux majors—tous du Canada anglais.

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Les Allain, c’est une grande famille de Négouac, au Nouveau-Brunswick. Elvine en fait partie. À 16 ans, elle est venue à Québec comme dame de compagnie. Trois ans plus tard, en 1942, elle lie son destin à celui d’un homme avec lequel elle passera les 69 prochaines années de sa vie, surtout à Valleyfield, au bord de l’eau dans une maison de leur propre fabrication, mais plus tard, pour se rapprocher de leur fils, notaire à Québec, à Sainte-Foy, en arrière du Château Bonne Entente. Son mari l’a quittée le mois dernier à la suite d’une vilaine chute dans leur cuisine en rénovation. Ils n’ont donc pas réalisé leur rêve le plus cher, celui de fêter ensemble en 2012 leur 70e anniversaire de mariage.

« J’ai dû lutter pour devenir ce que je suis, une décoratrice », relate Elvine. Heureusement qu’elle s’est toujours trouvée bien entourée. Dans les moments de découragement, les amis et ses patrons lui disaient « Tu peux réussir, tout ce que tu touches, tu as de la facilité… » À 89 ans, après toutes ses années au Québec, et malgré ses nombreuses réalisations, Elvine, comme plusieurs de son pays natal, souffre de ce qu’ils considèrent une inadéquation linguistique : « Je ne me sens pas l’aise en français, je suis bien meilleur en anglais »!

Cela ne paraît pas!

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Ce n’est qu’il y a sept ans, en rencontrant Rita Cormier de la Garde, présidente de l’AARQ, lors des activités paroissiales, que Fernand ait pris véritablement connaissance de ses racines acadiennes. Fils de Francis Boudreau, député Unioniste de Saint-Sauveur de 1944 à 1970, Fernand a grandi avec Duplessis et l’Union nationale. Qu’y avait-t-il de plus Québécois pur que cela?

Marié à Thérèse Benoît depuis 62 ans, ils ont quatre enfants et 13 petits-enfants. « Plus on s’endure, plus on s’aime » dit-il. Fernand Boudreau termine par rendre hommage à ses vaillants ancêtres acadiens des Ïles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord.

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Doyenne de l’AARQ à 92 ans, Renée Falardeau a connu les Acadiens grâce à son mari. Fille de Québec, secrétaire pendant 25 ans et veuve à 45 ans, elle se marie en 1981, en deuxième noces, à Benoît Babin, Acadien né à Maria, en Gaspésie, et décédé à Québec en 2007. « Pendant 26 ans, j’en ai entendu parler de la Gaspésie…et des Acadiens », raconte-t-elle sur un ton résigné.

Insistant sur le fait qu’elle n’ait rien d’Acadien en elle, Renée leur consentit néanmoins beaucoup d'affection et toute son admiration et avoue se sentir bien avec eux.

Tout comme moi d’ailleurs!

janvier 10, 2012

La fête des rois chez les Acadiens de Québec

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Depuis 14 ans, l’Épiphanie est célébrée à Québec par l’Association acadienne de la région (AARQ). La tradition a voulu qu’à chaque année, on fête une des familles fondatrices de l’Acadie : Roy, Arsenault, Boudreau, Cormier, Gallant, Landry, Richard, Thériault, etc. Cette année, la fête s’est présentée autrement. Autour d’un repas somptueux à cinq services, les cinquante convives ont célébré, non des familles, mais des individus. En fait, il s’agissait de rendre hommage aux 33 des 200 membres de l’AARQ ayant plus de 80 ans dont 13 participaient à l'activité.

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Les ainés de l'AARQ: Delphine Gionet, Pierre Ouellet, Lorraine Arsenault, Ulysses Roy, Louise Huot, Thérèse Marois, Fernand Boudreau, Renée Falardeau, Elvine Allain, Thérèse Benoît, Albert Gagnon, Jean-Yves Landry, Raymonde Bourdages.

Comme la tradition le veut, un Roi et une Reine ont été choisis par tirage. Le sort a voulu que Lorraine Arsenault et Ulysse Roy soient couronnés.

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Source : Juliette Goudreau

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Source : Juliette Goudreau

L’Association acadienne de la région de Québec, fondée en 1995, est un organisme parmi d'autres au Québec qui suit les traces de la Fédération acadienne du Québec (http://www.federationacadienneduquebec.org/) qui a vu le jour en 1987 grâce à M. Roger Léger qui croyait en la nécessité de reconnaître l’apport des Acadiens à l’évolution du Québec. M. Léger cherchait à donner une voix et une reconnaissance aux Québécois d’origine acadienne dont il y en aurait aujourd’hui entre 1 et 1,5 millions.

Le fruit des efforts des organismes, tels l’AARQ, la Fédération, les Acadiens en ville et la Corporation du Vieux Moulin de Saint-Grégoire, se manifeste de plus en plus. Par exemple, lors de la fête des Acadiens (15 août) de 2002 fut dévoilé à Québec, en face du Parc de l’Amérique française, le Monument aux Acadiens de la capitale nationale. Ayant pour titre « Vers la lumière », il représente un phare surmonté des couleurs et de l'étoile du drapeau acadien etsymbolise le rôle remarquable que les Acadiens et leurs descendants ont joué dans l'histoire du Québec. À cette occasion, le premier ministre du Québec, Bernard Landry, lui-même de souche acadienne, avait déclaré : « Entre le peuple québécois et le peuple acadien, il y a plus que de l'amitié, il y a de la parenté ».

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Deuxième exemple, le dimanche 14 août 2011, à Saint-Grégoire de Nicolet, autre « petite cadie », avait lieu le dévoilement d'un monument en mémoire des Acadiens qui ont peuplé cette région à la suite de la Déportation de 1755.

À l’heure des coalitions, il existe maintenant la Coalition des organisations acadiennes du Québec (COAQ) (http://acadiensduquebec.org/index.html) qui a pour mission de regrouper des associations du Québec dans le but d'y accroître la visibilité et la promotion de l'identité acadienne. Quatorze associations en sont actuellement membres. L’un de ses objectifs est de susciter et de favoriser les liens et les échanges entre les membres ainsi qu'avec d'autres regroupements d'Acadiens. Un coup fumant a été réalisé dernièrement par l’adhésion de la COAQ à la Société Nationale de l’Acadie dont le siège se trouve à Dieppe, au Nouveau-Brunswick.

À l’horizon, un événement d’envergure organisé par la COAQ dans le but de mettre en relief le patrimoine acadien du Québec : le Grand Ralliement acadien du Québec se tiendra les 29 et 30 juin et le 1er juillet 2012 au Saguenay.

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décembre 19, 2011

Cadeau durable et surtout inoubliable

Bien que de moyens modestes, mes parents, Bert et Bernice Gillman Louder, ne lésinaient pas pour rendre Noël agréable à ma sœur et moi. Je me souviens particulièrement du Noël 1949 lorsqu’ils se sont pris plusieurs mois d’avance afin d’offrir au garçon de six ans que j’étais un train électrique de marque Lionel. En juillet, Papa l’avait vu dans la vitrine d’un grand magasin à Salt Lake City. Il réussit à négocier une entente avec le gérant, selon laquelle il paierait 10$ par mois pendant six mois et viendrait le chercher quelques jours avant la grande fête de fin d’année pour enfin l’apporter chez nous à Park City.

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Bert et Bernice, 1983, à l’occasion de leur 50e anniversaire de mariage

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Jeune Dean, 6 ans.

Imaginez un instant la joie de mes parents le matin de Noël en épiant ma réaction au moment de voir ce train en dessous du sapin et de me rendre compte qu’il était à moi. Je découvris rapidement que je pouvais moi-même le conduire, faire en sorte que la boucane échappe par la cheminée du locomotive, actionner le sifflet et contrôler le gyrophare sur le wagon plateforme!

Lorsque la famille déménagea à Orem en 1952, le petit train nous a suivis. Adolescent, j’ai cessé de jouer avec, mais ne l’ai jamais perdu de vue. Il occupait une place de choix dans un grand placard chez mes parents. Lorsque mon premier fils est né en 1966, Papa sortit le train de sa cache et le bambin recoulait and couinait en regardant tourner en ronde le petit Lionel.

En 1968, les parents déménagèrent à Sandy. Une fois de plus, le train suivit et trouva place dans un placard encore plus grand au sous-sol de la maison. Chaque fois que je revenais visiter, d’abord, de Seattle, puis, plus tard, de Québec, le plus souvent accompagné d’un nouvel enfant ou deux, le train les épatait toujours autant. Chacun de mes enfants conserve un souvenir impérissable de ce jouet durable. Pas plus tard que la semaine dernière, mon fils aîné, Cort, âgé aujourd’hui de 45 ans, m’exclama au téléphone « Hé que j’aimais ce train ». Un autre fils, Mathieu, 31 ans, écrivait par courriel : « Ce que j'aimais le plus étant petit, c'était les petites pilules que l'on mettait dans la cheminée pour faire de la fumée ».

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Ma mère mourut en 1990, victime d’un accident impliquant un camion et une piétonne. Mon père décéda 11 ans plus tard de vieillesse. Avant de mourir, il me demanda quoi faire du petit train. J’ai pesé le pour et le contre et devant l’évidence que ni ma situation géographique, ni celles de mes enfants, n’étaient propices au transport de cet objet fragile qui m’était si cher, j’ai décidé de le donner—mais pas à n’importe qui—seulement à quelqu’un qui l’aimerait et qui en prendrait soin. L’heureux élu, c’est Tyler Wigren, petit-fils de ma sœur. Il naquit l’année du décès de son arrière-grand-mère et eut l’occasion de bien connaître son arrière-grand-père.

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Tyler Wigren, 21 ans

Donc, aujourd’hui, 62 ans après avoir rendu un garçon de six ans si heureux, le petit train continue à rendre d’autres heureux en tournant en ronde autour du sapin chez les Wigren à Bountiful, UT.

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Des trains comme cela, il ne s’en fait plus!

Joyeux Noël à vous tous qui me lisez !

novembre 25, 2011

Le resto Spirale vaut bien la Binerie, la restauration populaire à Montréal

La Binerie Mont-Royal fut rendue célèbre par l’auteur québécois Yves Beauchemin qui en fit le théâtre de son roman Le Matou, publié en 1981. Si je le pouvais, je ferais de même pour le restaurant Spirale, situé au coin des rues Bellevois et Amiens, loin du chic Plateau de Mont-Royal. En fait, il s’agit d’un quartier ouvrier bordant la zone industrielle qui domine Montréal-Nord à l’est du Boulevard Pie IX.

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Ici, de 4h30 à 14h les jours de la semaine viennent nombreux des gens affamés pour goûter aux « délices » d’un menu du jour varié et variable préparé avec amour par Mme Thérèse, propriétaire et unique serveuse et caissière. Dans la cuisine, deux employés vaquent efficacement à leurs tâches de cuisson et de distribution à la fois pour la clientèle sur place, pour celle qui vient chercher et pour celle qui se fait livrer.

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L’histoire de Mme Thérèse ressemble à celle de tant d’autres Québécois des régions venus faire fortune dans la Métropole. Madelinote, elle quitte ses îles en 1986 s’établir à Montréal avec sa fille qui y est déjà aux études. Ce n’est qu’une quinzaine d’années plus tard, après avoir « travaillé pour les autres » qu’elle réussit à ouvrir son entreprise et à développer sa clientèle « régulière ». À l’heure du « rush », la plupart des 30 places assises à table et au comptoir sont prises. L’ambiance est à la fête. Les gens se connaissent et se lancent des salutations, des sarcasmes et des sottises.

« Ici, c’est très familial », dit Thérèse. Oui, ça paraît. Elle a envie de nous parler, de mieux connaître ses nouveaux clients de Québec, mais elle n’a pas le temps. « Désolé, ‘scuse-moé, dit-elle, on n’a pas pu cacasser, la prochaine fois ».

Oui, définitivement, chère Thérèse, il y aura une prochaine fois, mais pas pendant les vacances estivaux quand tu fermeras les portes afin de retourner à Havre-aux-Maisons voir ta maman de 90 ans qui se porte encore bien!

octobre 12, 2011

Josette LeMire, témoin vivant de la diaspora québécoise

Josette LeMire s’est mariée il y a 44 ans avec Brent Nay, un de mes amis d’enfance.

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Brent Nay, 17 ans

Le couple habite Pleasant View, en Utah, dans une grande maison sur une petite parcelle de terre où, en plus de cultiver des pêches, de la vigne et un potager, ils ont élevé leurs sept enfants.

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Brent et Josette aujourd’hui

C’est au conventum des 9 et 10 septembre derniers, alors que nous célébrions les 50 ans de la promotion de 1961, que j’ai fait la connaissance de Josette. Tout de suite, en apprenant son prénom—et surtout son nom—je savais que nous avions des atomes crochus. Le Québec est la mère patrie de Josette LeMire Nay. Il s’agit d’une arrière-petite-fille de la Mauricie dont les racines sont à la fois canadienne (LeMire, Dufresne, Rivard, Blondin…surtout de la rive nord) et acadienne (Comeau, de Saint-Grégoire-de-Nicolet).

Ce serait le grand-père de Josette, Élie LeMire, charpentier, né en 1861, qui aurait décidé de tenter sa chance aux États-Unis, probablement autour de 1880, car il s’est marié en 1884 à Marie Josephine Philamine LaBore (Labord ?) à White Bear Lake, au Minnesota, à proximité du village de Little Canada, les deux endroits situés aujourd’hui en banlieue de Saint-Paul, capitale de l’État et autrefois centre névralgique de l’activité commerciale pour les Métis et Canadiens de l’Ouest.

Avant de mourir en 1922, Eli (transformation de son nom d’origine), avec Philamine, eut neuf enfants dont le sixième, Joseph Charles, né en 1896 et père de Josette, née en 1946 à Seattle, à la suite d’un séjour de son père en Alaska, et avant le retour en 1948 au Minnesota. Pour Joseph Charles, 50 ans, il s’agissait de la seule enfant de son deuxième mariage, les deux ayant été des mariages exogames, l’un avec une femme d’origine ethnique allemande et l’autre suédoise.

Josette se souvient d’avoir, jeune fille, entendu des bribes de conversation en français entre son père, déjà assez âgé, et ses copains canadiens de White Bear Lake et de Little Canada, mais le français ne se parlait pas à la maison, avec le résultat que la fille à Joseph Charles ne l’a appris que sur le tard à l’université, en Utah, où elle a rencontré Brent. Étudiante universitaire, elle avait passé un trimestre à Grenoble dans le but d'apprivoiser cette langue fuyante.

Bien qu’elle le voudrait, Josette n’a jamais mis les pieds au Québec. « Un jour », dit-elle. En attendant, nous essayons de l’encourager en l’alimentant en photos et en paroles. Par exemple, ces quelques images de la cathédrale de Trois-Rivières et de la paroisse de l’Immaculée conception, lieu privilégié des baptêmes et mariages des ancêtres à Josette Lemire Nay, autre témoin de la diaspora québécoise en Amérique !

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Pour qu’elle apprécie à sa juste valeur son héritage franco, j’ai dû lui expliquer au téléphone ce matin la différence entre « French Canadian » et « Acadian » et lui révéler l’existence au Québec de collectivités acadiennes établies à l'époque de la Déportation de 1755 dont elle n’avait jamais entendu parler—des endroits tels que Saint-Grégoire-de-Nicolet, Saint-Jacques-de-l’Achigan, Natashquan, Bonvaventure et les Îles-de-la-Madeleine….pour ne nommer que ceux-là.

juillet 29, 2011

La toponymie française en Amérique du Nord

L’examen des toponymes français en Amérique du Nord, au nombre de plus de 5 000, permet de retrouver les traces des Franco d’Amérique et de constater la dimension continentale de la civilisation canadienne-française/québécoise. Ils sont associés à cinq grands mouvements ou cinq époques marquant l’aventure franco en Amérique :

1.     Découvreurs et explorateurs : Verazzano, Cartier, Champlain, La Salle, La Verendrye, Jolliet, Marquette…

2.     Traiteurs, trappeurs, coureurs de bois : Trudeau, Faribeault, Bottineau, Charbonneau, Tabeau, Trudeau, Larocque…

3.     Missionnaires : Taché, Provencher, Langevin, Ritchot, Morice, Lacombe…

4.     Officiers militaires : frères Le Moyne (d’Iberville et de Bienville), soldats démissionnaires de Napoléon en Louisiane…

5.     Gens du peuple répondant à l’appel du clergé et du continent : colons (agriculteurs), mineurs, travailleurs du textile, etc…. dont le nombre est trop important pour en élaborer.

Le 24 juillet sur les ondes de Radio-Canada, à l’émission « Chemins de travers », j’ai eu l’occasion d’en discuter avec l’animateur bien connu et très apprécié, l’anthropologue Serge Bouchard.

La conversation au complet inter coupée de musique de la Franco-Amérique est disponible sur le site de Radio-Canada :

(www.radio-canada.ca/emissions/les_chemins_de_travers/2010-2011/)

Bonne écoute.

juin 27, 2011

3e Forum des jeunes ambassadeurs de la Francophonie des Amériques

Au collège Ahuntsic se tenait du 17 au 27 juin la troisième édition de cette activité organisée par le Centre de la Francophonie des Amériques. Après y avoir activement participé comme conférencier l’an dernier à Moncton, je n’y ai passé qu’une demi-journée cette année. Une petite saucette pour tâter le pouls et faire connaissance avec les 49 participants dont la répartition se présente comme suit :

Canada : 23 (Québec, 3; Ontario, 4; Manitoba, 1; Saskatchewan, 2; Alberta, 2; Colombie-britannique, 2; Nouveau-Brunswick, 4; Nouvelle-Écosse, 2; Terre-neuve et Labrador, 1; Île du-Prince-Édouard, 1; Territoires du Nord-Ouest, 1)

États-Unis : 8 (Louisiane, 5; Maine, 2; New York, 1)

Caraïbes : 7 (Cuba, 2; Guadeloupe, 1; Haïti, 2; République dominicaine, 1; Sainte-Lucie, 1)

Saint-Pierre et Miquelon : 1

Amérique du Sud et centrale : 10 (Argentine, 1; Bolivie, 1; Chili, 1; Colombie, 2; Équateur, 2; Guatemala, 1; Mexique, 1; Venezuela, 1)

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Étant donné, le peu de ma participation au Forum cette année, je laisserai à d’autres le soin de commenter le déroulement et le contenu des délibérations, Jean-Benoît Nadeau en l’occurrence. Sur le site du Centre de la Francophonie des Amériques, celui-ci a assuré une couverture quotidienne de l’événement (www.francophoniedesameriques.com/).

Le matin du 21 juin, j’ai pu écouter une conférence magistrale prononcée par Louise Beaudoin sur la diversité de la Francophonie. Rien sur les enjeux Canada/Québec—ou si peu. Rien sur les raisons des gestes qu’elle et ses collègues péquistes avaient posés ces derniers jours! Cependant, sa réputation l’avait précédée et aussitôt la période de questions ouverte, une première interrogation sur ce qu’elle pensait de l’ « indépendance » du Québec. Sa réponse a ouvert la porte à une virulente réplique de la part de Mme Marie-France Kenny, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, et observatrice au Forum, qui exprimait le point de vue de la plupart des jeunes ambassadeurs issus des milieux minoritaires canadiens.

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De cette chicane éternelle entre le Québec et le hors Québec, les participants d’ailleurs se sentaient exclus et y comprenaient peu, leur réalité étant tout autre. Jean-Benoît Nadeau l’a bien résumé dans sa chronique du 25 juin :

Or, le français n'a pas la même place et ne joue pas le même rôle que l'on vive en Amérique latine, dans un Département d'outre-mer, au Québec ou dans une communauté minoritaire. La culture de la langue est donc totalement diverse. Par exemple, les Latinos-Américains ont, pour la plupart, une culture très française de la langue, qui est pour eux une identité ultérieure dépourvue de charge politique.

Dans les DOMs et Haïti, c'est le contraire : le français est la langue supérieure, pour ne pas dire conquérante, et c'est elle qui écrase les langues locales - amérindiennes ou créoles.

Dans les autres provinces canadiennes, en Nouvelle-Angleterre et en Louisiane, c'est le français langue maternelle qui se fait écraser par l'anglais. Pour eux, le rôle de la France et du Québec est équivoque, pour ne pas dire ambigu. Enfin, il y a le Québec, qui a sa propre histoire de la langue, et qui vit la situation paradoxale d'être majoritaire et menacé. Ses politiques et ses attitudes en découlent.

Nadeau conclut et j’abonde dans le même sens :

Je crois donc que le Forum gagnerait beaucoup de temps, au premier jour, à offrir une série de quatre conférences (d'une heure) sur la réalité de chacun de ses blocs - en mettant l'accent sur l'histoire, les institutions et la sociologie. Il existe diverses formules à envisager.

J’espère que les jeunes ambassadeurs réunis au Collège Ahuntsic pendant les dix jours qu’ont durés le Forum ont eu l’occasion d’examiner et de contempler la grande fresque montée en 2004 par les Cégepiens pour commémorer les 400 ans de présence française en Amérique. Située à trois pas de la salle d’assemblée et adjacent à la cafétéria, la fresque aborde trois grands thèmes : conquête, résistance et modernité :

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juin 25, 2011

Chemins qui se croisent de nouveau à Ticonderoga, NY

Le 18 janvier dernier, je décrivais dans cette chronique la rencontre à St. George, UT avec les Johnson du Wisconsin:

En février 2010, Kathi a pris sa retraite. John l’a suivie le 15 mai. Le 17 mai, ces Johnson de Dorchester, au Wisconsin, ont enjambé leur vélo tandem pour amorcer une randonnée de 3 600 km, de chez eux à Anacortes, sur l’estuaire Puget, dans l’État de Washington. Parcourant en moyenne 100 km par jour, ils ont réalisé, avec quelques arrêts par çi par là, leur objectif en 47 jours.

A pareille époque en 2011, le couple a entamé un périple dans le sens contraire. Quittant leur demeure le 20 mai, ils envisageaient atteindre Bar Harbor, ME avant le 1er juillet. Suivant quotidiennement cette aventure sur leur blogue, (http://www.pedalingthemidwest.blogspot.com/), j’ai décidé d’aller de nouveau à leur rencontre, cette fois-ci à Ticonderoga, NY, lieu historique sur les rives du lac Champlain. C’était le trentième jour de leur « balade ».

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Je leur ai offert de me rendre à Bar Harbor pour filmer l’arrivée, mais ils ont poliment refusé, préférant savourer et célébrer, seuls, leur réussite. Un couple merveilleux, John et Kathi, dont le rêve est sur le point de se réaliser--rêve qui nous fait rêver !

Ticonderoga fut fondé par les Français en 1755 qui y construisirent le Fort Carillon. Déjà, en 1758, la guerre se poursuivant entre Français et Anglais, 4 000 Français repoussent victorieusement l'assaut de 16 000 soldats britanniques. L'année suivante, les Britanniques chassent une garnison française. En mai 1775,pendant la guerre d'indépendance des États-Unis, la milice du Vermont (Green Mountain Boys) et d'autres s'emparent du fort au cours d'une attaque surprise conduite par Ethan Allen et Benedict Arnold. Les canon capturés sont transportés à Boston, où leur déploiement permet la prise de la ville par les patriotes en mars 1776. Les Américains tiennent le fort jusqu'en juin 1777, lorsque le général britannique John Burgoyne occupe à nouveau les hauteurs entourant le fort, contraignant l'Armée continentale à évacuer Ticonderoga et ses défenses. Peu après, les Britanniques abandonnent Fort Ticonderoga et celui-ci cesse d'avoir une utilité militaire après 1781.

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Sur la ligne de portage entre les lacs Champlain et George, la paisible ville de Ticonderoga compte à peine 5 000 habitants. Les cascades sur la rivière La Chute, la forêt et un gisement de graphite à proximité ont tôt fait du village un centre industriel important. Après la découverte de ce gisement en 1815, le graphite servait surtout à polir les nouveaux poêles qui commençaient à remplacer chez l’habitant les foyers comme source de chaleur et comme cuisinière. Par la suite, Ticonderoga, grâce à la présence de l’American Graphite Company, située près des chutes, a acquis une réputation mondiale pour la fabrication de crayons. Jeunes écoliers en Amérique du Nord, nous avons sans doute tous appris à écrire avec des Ticonderoga, No 2 !

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Aujourd’hui, un vaste parc public centré sur les chutes et sur un vieux pont couvert, le « kissing bridge », fait de Ticonderoga un havre de paix pour les passants et un lieu de recueillement pour les résidents.

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Tout au long des petites routes menant de Plattsburgh à Ticonderoga en passant par Port Henry et Crown Point, un regard attentif jeté sur les boîtes aux lettres et panneaux publicitaires révèle une présence franco : des Drinkwine (Boivin) et Tromblee (Tremblay), des Poulin et la famille Langlais qui est propriétaire d’un bar laitier (Frenchy’s) et d’un restaurant (Frenchman's Restaurant) à Crown Point.

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Gros projet de construction dans la région ! Le nouveau pont à Crown Point qui, une fois terminé, enjambera le lac Champlain à son point le moins large. Date de parachèvement prévu : 2012. Pour le moment, le voyageur se contente du petit traversier, ce qui est fort agréable !

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juin 04, 2011

Pourquoi je vivrais bien à Montréal...

…en deux mots: Marché Jean-Talon, ...et en quelques photos :


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Je fréquente ce magnifique assemblage de fruits et légumes et d’ethnies montréalaises de façon assidue depuis que mon ancien étudiant, devenu collègue, Claude Marois, géographe à l’université de Montréal me l’a fait découvrir il y a 35 ans. À tous les deux, dans le cadre d’un cours " Géographie de la population", moi et mes étudiants venions passer une fin de semaine à sillonner les rues et ruelles de la métropole à la recherche de cet autre Québec que l’on ne voit pas ou si peu de Québec et des régions et que Claude, Pierre Anctil, feu Georges Anglade, décédé lors du séisme à Port-au-Prince, André Carpentier et d’autres hommes de terrain ont bien voulu nous montrer et nous faire comprendre. Quartier chinois, secteurs des Grecs et des Portugais, la Saint-Urbaine de Mordecai Richler et de sa création Duddy Kravitz, les nouveaux quartiers juifs à l’Ouest et le Montréal-Nord des Haïtiens...pour ne nommer que ceux-là.

Pour les étudiants de Québec, venir à Montréal, c’était comme faire un voyage à l’étranger! Et au cœur—toujours au cœur des ces explorations—le Marché Jean-Talon autour duquel s’était développé la Petite Italie avec des institutions comme la Casa d’Italia, construite en 1930 pour desservir la communauté en devenir et la paroisse Notre-Dame-de-la-Défense (Chiesa della Madonna della Difesa), situé au 6800 avenue Henri-Julien, dont l’ombre le matin tombe sur le marché et dont le plafond est orné d’une fresque du grand Benito Mussolini en sellel.

À l’époque, j'avais du mal à comprendre pourquoi le jeune Marois s’était senti si dépaysé et si malheureux à Québec pendant les années qu’il faisait sa scolarité de doctorat à Laval.

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Claude Marois, géographe, Université de Montréal

Aujourd’hui, je comprends mieux. Québec n’est pas Montréal! Heureusement, diraient les inconditionnels de la Vieille Capitale!

mai 20, 2011

Une prise de parole ce soir au Marché Bonsecours, Montréal

Vagabondage savant à travers la Franco-Amérique

Dean Louder

Congrès sur l’Amérique française (séance d'ouverture)

Montréal, 20 mai 2011

Au moment de la Crise d’octobre 1970, je mettais les pieds, pour la première fois, au Québec, île principale de l’Archipel franco d’Amérique. Je n’ai pas eu peur, au contraire! Il s’agissait d’une occasion rêvée pour me plonger dans un nouveau milieu, pour apprivoiser une culture originale et dynamique et pour faire mienne une histoire passionnante qui se poursuit. J’ai choisi d’explorer la dimension continentale des Québécois…et, par ricochet, celle des Acadiens!

Le but de ma courte intervention aujourd’hui est de raconter et de décortiquer cette quête qui s’inspire de la tradition canadienne d’errance telle que manifestée dans les travaux amorcés par le géographe Christian Morissonneau et illustrée dans les œuvres littéraires de Jack Kerouac, de Gabrielle Roy, de Jacques Poulin, de Deni Y. Béchard et, tout récemment, de Michel Tremblay.

La géographie de la Franco-Amérique (Fig. 1)

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Fig. 1

Pour découvrir, comprendre et apprécier la Franco-Amérique, il faut se mettre dans la peau de ceux qui l’ont parcourue, qui en ont jeté les bases : voyageurs, coureurs de bois, missionnaires et gens du peuple. Ils se sont établis au cœur des grands bassins versants du continent, c’est-à-dire le long des fleuves et ensuite le long des axes ferroviaires qui suivaient les voies fluviales et qui privilégiaient l’occupation des basses terres : les vallées du Saint-Laurent, du Mississippi et de là rivière Rouge, en l’occurrence, mais aussi la côte est, la côte ouest et celle du golfe du Mexique.

La Franco-Amérique des recensements

Le point de départ de cette quête est la carte des franco d’Amérique, autant celle de ceux qui parlent français que celle de ceux qui se réclament d’origine française sans nécessairement parler la langue. Dans leur expression la plus récente, ces cartes s’expriment ainsi : (Fig. 2)

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Fig.. 2 (gauche): communauté historique

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Fig. 2 (droite): communauté vitale

Celle à droite dépeint une « communauté vitale », aux prises, sur une base quotidienne et à divers degrés, avec le maintien de la langue. Celle à gauche, cerne une « communauté historique » ne parlant pas toujours français, mais possédant souvent un sentiment viscéral d’identité franco rattaché à une mémoire collective remarquable. Leur lutte est d’un ordre différent, moins linguistique qu’identitaire.

Sur les traces des Franco d’Amérique

Notre exploration de la Franco-Amérique est divisée en deux parties. Pendant un quart de siècle (1977-2002), l’Université Laval a servi de tremplin pour redécouvrir une réalité cachée depuis au moins une génération, celle d’un Québec plus grand que celui visible sur la carte, d’un Québec connu des aînés et oublié ou mis au rancart par les plus jeunes. Depuis 2003, ma quête des franco d’Amérique, de toute origine, continue de plus belle dans la plupart des coins et recoins du continent.

La quête par l’enseignement (Fig, 3)

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Fig. 3

C’est dans le cadre d’un cours, Le Québec et l’Amérique française, offert au Département de géographie de l’Université Laval que les premières « expéditions » eurent lieu. Le cours s’est donné pour la première fois en 1979, sans excursion…et sans succès. Nous avons appris qu’il ne s’agissait pas là d’une matière qui puisse s’enseigner exclusivement dans une salle de cours. Il fallait faire comme les voyageurs : voyager, se rendre en ce que l’on appelle communément aujourd’hui le « milieu minoritaire », les fruits de la Révolution tranquille ayant décrété que le Québec constitue désormais un « milieu majoritaire ». À partir du deuxième cours, un déplacement sur le terrain s’imposa. De 1980 à 2002, à tous les mois d’octobre, pendant la semaine de lecture (de relâche), nous partions trois jours, cinq jours, huit jours—selon le lieu visité—sur le terrain afin de rencontrer chez eux Acadiens, Franco-Ontariens, Franco-Américains, Franco-Albertains, Franco-Terreneuviens, Floribécois, Haïtiens, Créoles ou Cadiens. Nous avons vécu des rencontres sous le signe de l’amitié et de la fraternité en Nouvelle-Angleterre, des confrontations épiques comme au soir du Référendum du 30 octobre 1995 à Sudbury, des manifestions de joie débridée lors de la première levée du nouveau drapeau franco-terreneuvien à Cap-Saint-Georges. Par la même occasion, nous avons été fiers de hisser le 24 juin le drapeau fleurdelisé du Québec sur les hauteurs surplombant Grand’terre. À l’île à la Crosse, dans le nord de la Saskatchewan, les Québécois et les Métis ont trouvé très difficile à se parler et non pas qu’en raison de la différence linguistique. À Edmonton et à Toronto, nous avons été témoins du désarroi des nouveaux immigrants francophones d’Afrique devant les difficultés d’intégrer les communautés franco-albertain et franco-ontarien. La froideur de nos relations avec les hyper capitalistes Québécois en Floride nous a surpris et choqués. Par contre, la chaleur de nos rapports avec les Haïtiens démunis habitant à proximité, mais ayant peu de contact avec les Floribécois, nous a épatés. En Acadie, nous avons connu l’émerveillement devant le coopératisme chez les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard et la créativité des artistes au Centre Aberdeen de Moncton. En Louisiane, nous avons appris que les Cadiens ne sont pas que des Acadiens du Sud et que les Créoles de couleur y sont bien enracinés depuis deux siècles.

Tant d’images! Tant de souvenirs! À la suite de ces expéditions à l’extérieur de la vallée du Saint-Laurent, comme les coureurs de bois d’autrefois, nous revenions à la maison la tête pleine d’idées, les journaux de bord remplis à craquer d’informations et de réflexions et les mallettes et sacs à dos débordant de documents.

La quête en solitaire (Fig. 4)


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Fig. 4: le transport

À partir du 1er septembre 2003, n’ayant plus d’attaches à l’Université Laval, j’ai modifié la nature de ma démarche. À la manière de Jack Waterman, parti de Gaspé pour San Francisco à la recherche de son frère errant, Théo, dans le roman Volkswagen Blues de Jacques Poulin, je me suis installé dans mon Safari Condo (Waterman dans son Volkswagen Westphalia) et j’ai pris la route afin renouer avec les Franco égarés à travers l’Amérique. Trois grands voyages en deux ans, 65 000 km parcourus en 240 jours ! Les observations furent dûment consignées au site Internet du défunt Conseil de la vie française en Amérique (CVFA).

Plus récemment, de mai 2008 à septembre 2010, aux intervalles irréguliers, quatre autres voyages permirent de retraverser les Pays d’en haut, l’Ouest canadien et l’Ouest états-unien. Ces traversées donnèrent lieu à d’autres rencontres fortuites et insoupçonnées. La malheureuse fermeture du CVFA en septembre 2007 a nécessité le transfert des anciens et nouveaux récits de voyage—à l’heure actuelle au nombre de 256—au site internet des Éditions du Septentrion (www.septentrion.qc.ca), sous la rubrique « Blogues des auteurs »).

Que retenir de cette quête amorcée il y a bientôt 30 ans? Beaucoup de choses : des émotions fortes, de l’hospitalité sans borne, des perceptions et des sentiments de ce qui a été, de ce qui est et de ce qui pourrait être, si les forces vives de la Franco-Amérique pouvaient un jour se consolider. Sur les plans géographique et identitaire, la démarche mène à la conclusion qu’il existe aujourd’hui une hiérarchie de manifestations du fait français en Amérique : des lieux d’histoire, de mémoire et de vie.

Hiérarchie de la francité

Lieux d’histoire

D’est en ouest, du nord au sud, il y a les régions et les lieux où la francité se limite à un fait d’histoire, inscrit uniquement sur des plaques commémoratives, sur des affiches publicitaires ou dans les livres. Quel meilleur exemple que l’île Sainte-Croix! (Fig. 5) À peine dix kilomètres au nord-ouest de St. Andrews by the Sea (Nouveau-Brunswick), au milieu de la baie de Passamaquoddy, se situe cette île, si petite en superficie, si grande en portée historique! En 1604, Pierre du Gua, sieur de Monts, gentilhomme et courtisan français, accompagné de Samuel de Champlain, y établit un avant-poste. Cet établissement constitue la première tentative de colonisation permanente réalisée par les Français sur le territoire qu’ils appellent La Cadie ou l’Acadie. Cette expérience leur fait acquérir les connaissances nécessaires pour s’adapter au milieu et pour créer des liens avec les peuples autochtones. Celles-ci serviront de base à l’établissement d’une présence française permanente dans le nord-est de l’Amérique et, par la suite, dans la région des Grands lacs et plus loin encore. Un deuxième exemple d’un lieu d’histoire est celui de Gallipolis (Ohio), (Fig. 6) ville des Gaules, fondée en 1790 par 500 membres de la bourgeoisie française fuyant la révolution dans leur pays. Moins de 20 ans plus tard, victimes de l’arnaque immobilière de la part des promoteurs de la compagnie Scioto, ils étaient déjà partis sans laisser de traces, mais celles-ci ont réapparu symboliquement 200 ans plus tard. Enfin, troisième exemple, French Gulch (Californie). (Fig. 7) En 1848, Pierson Reading a découvert de l’or dans la gorge de la Trinité, à mi-chemin entre Eureka et Redding. La nouvelle s’est vite répandue. L’année suivante, les Canadiens français de l’Orégon fondèrent cette localité située au creux d’un vaste ravin au cœur des montagnes et, en 1856, y bâtirent l’église Sainte-Rose, totalement détruite par le feu en 1998. Aujourd’hui, du français, il ne reste que le nom!


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Fig. 5: Île-Sainte-Croix

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Fig. 6 Gallipolis, Ohio

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Fig. 7: French Gulch, Californie

Lieux de mémoire

Il y a ces lieux où la francité est un fait de mémoire qui s’exprime à travers des sociétés historique et généalogique et par une multitude de gestes isolés, centrés sur ce que les gens appellent leur « héritage ». Cette volonté fragmentaire de remémorer est particulièrement répandue dans le Midwest américain, ainsi que sur la côte ouest. (Fig, 8) Au Missouri, au pied des Montagnes aux arcs (Ozarks), à la Vieille Mine, sous l’égide de la Old Mines Area Historic Society (OMAHS), s’organise deux fois l’an, au printemps et à l’automne, un festival patrimonial, l’un savant, l’autre populaire. Dans la vallée de la rivière Rouge (Fig 9) que partagent les États du Dakota du Nord et du Minnesota, une association culturelle, IF-Midwest (Initiatives en français Midwest), vise une meilleure compréhension du fait français dans la région. Son premier champ d’action est la collecte d’informations auprès des centaines de personnes ayant des connaissances approfondies des communautés se trouvant de part et d’autre de la rivière et étant, à l’origine, entièrement ou partiellement de langue française. Du 24 juillet au 5 août 2009 s’effectua le premier voyage patrimonial des Franco-Américains du Midwest—de la Grande fourche, au Dakota du Nord (Grand Forks) jusqu’à Québec en passant par Duluth, Sault-Sainte-Marie, Sudbury, Ottawa, Vaudreuil, Montréal et Trois-Rivières. En 1827, à French Prairie, en Orégon (Fig. 10), les Canadiens français, voyageurs et trappeurs travaillant pour le compte de la Compagnie de la baie d’Hudson, s’installent dans la vallée de la Willamette. Ici, dans ce « milieu édénique », ils prennent femmes parmi les Kalapuyans. Dix ans plus tard, ils seront entre 60 et 70 familles habitant cinq villages : Butteville, Champoeg, Saint-Paul, Saint-Louis et Gervais. Champoeg fut deux fois détruite par les inondations de 1861 et de 1891, mais son site existe aujourd’hui en tant que parc historique. Les autres villages demeurent et comptent parmi leurs citoyens de nombreux descendants des premiers habitants. À l’arrivée des Américains via le Oregon Trail, ces Canayens étaient déjà là depuis une génération. Devant la pression démographique, culturelle et politique de ces nouveaux immigrés, les Franco-Métis fondèrent d’autres communautés ailleurs sur le territoire qui deviendra, après partition, celui de Washington.

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Fig. 8: Pashia = Pagé, Osia = Auger, Degonia = Desgagnés, Courtway = Courtois

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Fig. 9: Voyage patrimonal : 3 femmes Savard du Dakota chez Yvette Savard à Loretteville, QC

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Fig. 10: Frenchtown, Washington, près de Walla Walla

Lieux de vie, de société

Enfin, il y a de ces lieux où la francité est un fait de vie. Ils sont surtout au Canada, mais se trouvent également, jusqu’à un certain point, ici et là, en Louisiane et en Nouvelle-Angleterre. Dans ces lieux de vie, la modernité est de mise. Toutefois, l’éventail des réalités est vaste, allant de situations où il est surtout question de conserver une gamme réduite d’acquis au niveau institutionnel, comme en Nouvelle-Écosse et en Louisiane, à celle où l’État même et la vie de tous les jours—la vie de société—s’expriment en français.

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Fig. 11: Assemblée nationale à Québec

D’abord, le Québec (Fig. 11), seul État francophone en Amérique—le français étant sa langue officielle—se caractérise par un nationalisme civique, manifeste une culture d’ouverture et de convergence et peut prétendre être la mère patrie d’une population deux fois et demie plus grande que la sienne. Il est indiscutablement la plaque tournante de la Franco-Amérique. Puis, île Madame, (Fig. 12) à peine 15 km de long et 8 km de large, située dans le détroit de Canso, à la porte de l’île-du-Cap-Breton, abrite une population de 4 000 habitants, à majorité acadienne. Lors du Congrès mondial des Acadiens en 2004, l’île a accueilli 1 300 Boudreau et presque autant de Samson, de David et de Fougère. Les symboles acadiens sautent aux yeux dans chacun des village et hameaux aux noms pittoresques : Arichat, Petit de Gras, D’Escousse et Petite Anse. Près du drapeau acadien qui flotte au-dessus de l’école Beau-Port est affiché un poème de Paul D. Gallant :

Mon chez nous, c’est l’Acadie

Ma famille, mon village

Merveilleux héritage

Acadie que j’aime tant.

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Fig. 12: Île Madame, Nouvelle-Écosse

Finalement, en Louisiane (Fig. 13), l’action du Conseil pour le développement du français en Louisiane, fondé en 1968 dans le but de préserver l’héritage français de cet État et de faire revivre le français par sa réimplantation dans certaines écoles, s’inscrit dans la modernité. Les toujours aussi populaires traditions, telle que « courir mardi gras » dans les campagnes du Sud-Ouest, témoignent de la ténacité et de la viabilité de la culture sinon de la langue.

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Fig. 13

Conclusion

Des Franco se trouvent aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Lorsqu’il ne s’agit pas de communautés, il s’agit d’individus obéissant aujourd’hui, comme hier, à l’appel du continent, rencontrés dans les airs, près des mers ou dans les déserts! Dans mon carnet sont consignés les récits de rencontres avec Donald J. Bouchard, chevalier de Colombe de Lewiston (Maine), mon voisin de siège dans un avion de Northwest Airlines, nous transportant de Détroit à Salt Lake City, avec Mike Papineau d’Iowa, en camping à Matagorda Bay, au Texas, à la recherche de son ancêtre Papineau parti du Québec lors de la Rébellion des patriotes, avec Jennifer Michaud de Winslow, dans le Maine, transplantée en Arizona pour ses études et son travail de coordonnatrice de programmes à l’université Arizona State, avec les sœurs Poulin et Charrette, deux jeunes Québécoises prêchant la bonne nouvelle de leur religion en Utah, et avec Ronald Burrell, autrefois de Grand-Sault, au Nouveau-Brunswick, qui a fait carrière dans de le nord de l’île de Vancouver, en vacances à Wickenburg, en Arizona.

Tous font partie de la Franco-Amérique et auraient une histoire à raconter qui devrait nous concerner. En 1974, Clark Blaise, écrivain de grande renommé habitant à présent San Francisco et dont le père, Léo Blais, de Lac-Mégantic, avait fui il y a 80 ans la misère, la pauvreté et la répression de sa famille et de son milieu, à la faveur de l’aventure continentale, d’abord à Manchester (NH), puis un peu partout ailleurs en Amérique, écrivait dans une nouvelle intitulée Tribal Justice, publiée en 1975—donc, dans une œuvre de fiction—ce qui suit (Fig. 14) :

My father told it to me over beers in a bar in Manchester (N.H.) as though he were giving me an inheritance. One of my uncles, the one who’d gone to California had taken the easy northern route across Ontario and the prairies, then down the west coast lumber trails without missing a single French messe along the way. All America is riddled like Swiss cheese with pockets of French. (C. Blaise, Tribal Justice, 1975)

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Fig. 14: La Franco-Amérique est comme un gruyère

Oui, l’Amérique est criblée de pochettes de français! Cré-moé, cré-moé pas, elle n’est pas fictive !

Références :

C. Blaise, I Had a Father : a Post-Modern Autobiography (Toronto : Pearson Higher Education and Professional Group, 1994).

D. Louder et E. Waddell, Du continent perdu à l’archipel retrouvé : le Québec et l’Amérique française (Québec : Presses de l’université Laval, 1983, réimpression en 2007).

D. Louder, J. Morisset et E. Waddell, Vision et Visages de la Franco-Amérique (Québec : Éditions du Septentrion, 2001).

D. Louder et E. Waddell, Franco-Amérique, (Québec : Éditions du Septenrion, 2007).

D. Louder, Carnet de voyage (blogue) : www.septentrion.qc.ca/deanlouder/.

J. Poulin, Volkswagen Blues (Montréal : Québec/Amérique, 1984).

mai 15, 2011

Francophonie et économie


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Le jeudi 12 mai, dans le cadre du 79e congrès de l’ACFAS (anciennement L’Association canadienne pour l’avancement des sciences devenue ces dernières années L’Association francophone pour le savoir), tenu à Sherbrooke, j’ai eu le plaisir d’animer une table ronde organisée par le Centre de la Francophonie des Amériques, sur le thème « La francophonie dans les Amériques : un levier économique pour le développement global des communautés » dont les objectifs furent les suivants : (1) Sensibiliser à la Franco-Amérique et à son importance; (2) Engager une réflexion originale et novatrice sur le lien culture/économie dans le contexte des communautés franco d’Amérique; (3) Démontrer le potentiel de développement économique (et communautaire) en français dans les Amériques.

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D’entrée de jeu, l’animateur cita Zachary Richard qui décrivait la situation des Franco d’Amérique en ces mots : « Notre isolement est plus fort que notre fraternité! » Succinct, mais combien profond et précis! Il renchérit par une deuxième citation, celle d’un Franco-Albertain, Michel Bouchard, qui a réussi à rompre son isolement et à voir plus grand grâce à sa découverte de la Franco-Amérique et à son intégration : « Nous sommes désemparés devant notre histoire. Elle est comme un rêve que l’on oublie en se réveillant le matin, mais qui nous tracasse. Nous sommes incapables de nous en souvenir. Je sais que ma communauté francophone (Rivière-la-Paix, AB) dépasse les frontières de mon village, ma province et même mon pays. Je revendique l’Amérique toute entière comme patrie. Je fais appel à mon histoire—histoire que je crée pour justifier mon appartenance à ce continent »

La table, consistant en quatre membres, visait donc à appuyer l’hypothèse que le fait français en Amérique peut être un levier économique pour le développement des communautés. Là où plusieurs n’y voient qu’une entrave!

D’abord, Dominique Sarny, directeur du Centre canadien de recherche sur les francophonies en milieu minoritaire (CRFM) de l’Institut français de l’Université de Regina, en Saskatchewan, prit la parole pour décrire les défis auxquels font face les communautés fransaskoises, largement rurales : exode rural, industrialisation de l’économie agricole, disparition de fermes familiales, assimilation linguistique, vieillissement, marginalisation… Au lieu de s’apitoyer sur leur sort, certains Fransaskois innovateurs ont imaginé des actions à entreprendre en collaboration avec d’autres populations partageant les mêmes préoccupations. Un projet pilote dans la région de Batoche fut établi dans le but, non de remplacer la production du blé ou l’élevage, activités au cœur de l’économie traditionnelle saskatchewannaise, mais de trouver une alternative ou une valeur ajoutée pouvant séduire, réunir et convertir les habitants et leur donner une marque de commerce. Ils se sont tournés vers l’Aubrac, petite région située dans le sud de la France, où se créèrent des associations regroupant des meilleurs producteurs et artisans du terroir. L’enthousiasme à son comble, les Fransaskois—et leur voisins métis—se mirent à explorer les possibilités qu’offrait le terroir basées sur leurs propres traditions certes, mais aussi sur de nouvelles demandes émanant des nouveaux marchés créés par l’exploitation à proximité des gisements (sables bitumineux, diamants, uranium…) qui eut pour résultat la montée en flèche de la population de la province par le biais de l’immigration de l’est du Canada ou du retour en Saskatchewan des anciens partis vers l’Alberta ou la Colombie-Britannique. Pour le moment, trois types d’activité semblent destinées à s’inscrire dans la mouvance globale de « consommation locale » et de « slow food ». Il s’agit de la mise en marché de produits de bison, de l’apiculture et de la mise en conserve de petits fruits des prairies.

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Sarny a fait sourire l’assistance par sa mise en garde contre le terme « terroir » que les Anglos de l’Ouest confondent avec « terror ». Par conséquent, les Fransaskois et les Métis qui sont à l’avant-garde de ces initiatives en matière de produits du terroir sont des « terroristes ». Pas très populaire de nos jours!

Les Louisianais ont le don d’épater! Charles Larroque ne fait pas exception. Faisant allusion à tous les malheurs qui frappent le sud de la Louisiane depuis cinq ou six ans (Katrina, la nappe d’« huile » BP, les inondations de cette semaine), Larroque exclame : « Les gens restent, mais le pays est déporté! »

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Lors de son intervention intitulée « Réflexions sur un bayou : l’incubation d’une économie culturelle franco-louisianaise », le Cadien prétend que pour le bien-être social et le développement économique en Louisiane, il faudra « réveiller » le français. Pour devenir une force majeure en Louisiane, des priorités s’imposent, chacune soutenue par un objectif précis :

Priorité 1 : Développer une main d’œuvre francophone


Objectif : Privilégier un volet vocationnel à l’enseignement du français en Louisiane afin d’engendrer une autonomie économique au sein de la communauté franco-louisianaise.

Priorité 2 : Soutenir la population franco-louisianaise existante.

Objectif : Tendre la main aux Cadiens, Créoles et aux Indiens francophones pour les aider à reconnaître le potentiel de leur langue d’héritage quant aux possibilités économiques.

Priorité 3 : Étendre les marchés pour la culture franco-louisianaise

Objectif : Collaborer avec des partenaires afin d‘identifier et de multiplier les produits et services provenant de la Louisiane francophone.

Pour illustrer son propos, Larroque prit l’exemple de la communauté créole de Promised Land, située sur le Têche, à mi-chemin entre Pont-Breaux et Saint-Martinville. Ici, le niveau de revenu des gens est faible, mais le sens de communauté est fort. Le développement socio-économique pourrait s’insérer dans une logique d’écotourisme visant des solutions locales, appuyées par les instances internationales de la Francophonie.

Enfin, six moyens pour donner du poids à une « franconomie » en Louisiane : revendiquer, éduquer, « créoliser », s’organiser, collaborer, créer.

Par une communication intitulée « Le EMBA de l’Université de Sherbrooke, un outil de développement endémique », Alain Tremblay et Sébastien Reyt, respectivement directeur adjoint et correspondant à l’international du Centre Laurent-Beaudoin de l’Université de Sherbrooke, présentèrent un projet de coopération répondant aux exigences d’une demande formulée par la partie antillaise aux prises avec une situation politique et sociale inacceptable résultant des rapports avec la France métropolitaine. Le projet vise à donner une formation nord-américaine aux cadres et à réorienter des liens économiques de manière à se rapprocher du Québec et de la Franco-Amérique.

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Jusqu’ici, les retombées du projet s’avèrent favorables pour les deux parties. Grâce à cette antenne à Guadeloupe, le Centre Laurent-Beaudoin est en bonne posture pour étendre son action à la Martinique, à Saint-Martin et en Guyane. Dans les Antilles, il semble y avoir préjugé favorable envers le système d’éducations québécois. Plusieurs étudiants antillais y trouvent leur compte en réalisant des études post secondaires à Sherbrooke. Le nombre de bons candidats dépasse de loin le nombre de places disponibles et personne, à ce jour, ne semble souffrir de dépaysement.

Par contre, tout n’est pas rose. Plusieurs obstacles surgirent en cours de route dont l’approche du financement de la formation en France, la résistance aux changements de la part de certains patrons guadeloupéens, les exigences et le rythme des études au Québec, le climat social volatile à Guadeloupe qui donna lieu en février 2009 à une grève de six semaines qui a paralysé le pays et, enfin, le désir éphémère de changement.

À la suite de cette table ronde, les organisateurs lancent une série de questions qui invitent à la réflexion. Évidemment, ceux et celles qui liront ce billet sont priés, si le cœur leur en dit, d’y donner suite.

•Est-ce que l’économie pourrait être le moyen privilégie pour créer des liens entre les Franco d’Amérique?

•Comment l’économie pourrait-elle être stratégique et bénéfique pour le développement et le maintien des communautés?

•Est-ce que le succès économique de quelques entrepreneurs franco garantit la vitalité de leurs communautés?

•Comment faire de l’économie un véritable levier pour assurer l’épanouissement des communautés?

•En faisant du développement économique et communautaire, quelle stratégie envisager pour assurer le couplé identité/économie?

•Grâce aux produits issus du terroir, serait-il possible de s’insérer dans la mouvance de « consommation locale », de « slow food » , de « franco responsabilité » ?

•Comment prévoir les conséquences, positives ou néfastes, des projets de développement économique?

•Comment faire de l’économie un outil pouvant affermir l’identité et renforcer les communautés, au lieu d’un mécanisme contribuant à l’assimilation et à la perte?

avril 08, 2011

Zachary, retour sur les planches réussi au Petit Champlain

(http://www.zacharyrichard.com/francais/home.html)

M’avouant, dans sa loge 15 minutes après la tombée du rideau, être crevé à la suite de deux spectacles en autant de soirs, au cœur du Vieux-Québec, c’est néanmoins avec brio que Zachary Richard, ce formidable troubadour de la Franco-Amérique, a épaté les amateurs et admirateurs qui faisaient salle comble hier soir au Petit-Champlain pour l’écouter.

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Revenant d’un accident cardio-vasculaire qui l’avait foudroyé en octobre dernier, l’artiste a invité l’assistance—non, a incité—, dès la première chanson, à « pagayer ». Et c’est ce que nous avons fait : ramer fort avec lui, du sud au nord, avec crochet rapide et tragique en Afrique.

À Québec, en ce moment, les jonquilles et tulipes essaient de percer. Le printemps tarde! Le paysage est encore défiguré par des bancs de neige (congères, diraient les Français) sales, gris, glacés, durs et dégoutants! Par sa chanson « Au tour du lac Bijou », Zachary nous rappelait qu’il existait bel et bien un printemps…depuis longtemps…en Louisiane! Puis, arrêts en Acadie, au « Cap Enragé » et à la « Petite Codiac ».

Ensuite, clin d’œil à la littérature québécoise, à l’identité québécoise, au roman du terroir, Maria Chapdelaine, la « Balade de François Paradis ». Perdu dans la tempête son grand amour, François, Maria a dû rester son choix sur l’habitant, Eutrope Gagnon, mais pourquoi pas Lorenzo Surprenant qui lui offrait des attraits d’une nouvelle vie parmi les siens en Nouvelle-Angleterre. Le troubadour n’en fait pas mention ce soir. Faudrait chercher ailleurs dans son répertoire la complainte « Massachusetts ».

Moment fort du spectacle, l’apparition surprise sur scène de Florent Vollant. Ensembles, flanqués du guitariste, Sylvain Quesnel, le Cadien et l’Innu ont mis en émoi le public par leur interprétation passionnante et palpitante de la magnifique « Dans le Nord canadien ».

Troquant guitare contre piano, Zachary, par sa composition « Ô Jésus » rappelait la génocide rwandaise dont il avait saisi l’ampleur seul dans la nuit, devant un téléviseur, lors d’un passage à Paris en 1994. Cette chanson, cri du cœur, s’est alors écrite de manière spontanée! Toujours au piano, pour alléger l’atmosphère génocidaire, l’éternel « Travailler, c’est trop dur »!

Virtuose de la polyvalence, il opte ensuite pour l’accordéon cadien et invite les hommes à se décravater et à repousser les tables. Péché! Pas assez de place pour danser au son de Dancing at Double D’s….même si l’envie nous en dit!

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En rappel, le poète ne pouvait ne pas chanter « La balade de Jean Batailleur » qui a pris, dans sa vie et dans celle de ses « fans », ces derniers mois, plus de signification. Et en deuxième rappel, le batailleur offre, comme seul lui puisse le faire « L’arbre est dans ses feuilles ».

Le printemps et l’été s’annoncent chargés pour Zachary Richard, mais moins qu’avant. Des concerts en plus petits nombres. Des honneurs l’attendent à Ottawa; il en cumule pas mal! Du 1er au 3 juillet 2011, à l’occasion de la Fête fransaskoise, Zachary rendra visite pour la première fois, à Batoche, là où les forces fédérales ont mis fin, une fois pour toute, au rêve métis. Il m’a fait part d’un secret : il voudrait trouver la cloche de Batoche!

mars 31, 2011

La nuit du conte à Québec

Honneur et Respect, Messieurs Dames la Société !

C’est par ces mots que Mimi Barthelemy, cette Haïtienne d’origine, ayant vécu en France, en Amérique latine, à Sri Lanka et en Afrique du Nord, a amorcé une soirée mémorable pour les amants de la langue française venus nombreux à la chapelle du Petit Séminaire de Québec se faire raconter des histoires !

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Il s’agissait de la septième d’une série de huit « nuits du conte » organisée par la Délégation générale de l’Alliance française aux États-Unis et le Centre de la francophonie des Amériques pour marquer la Semaine internationale de la francophonie. Les premières prestations eurent lieu à San Francisco les 16 et 18 mars. Le public québécois eut droit à la dernière, le 29 mars. Entre les deux, les conteurs firent plaisir aux auditoires réunis à Atlanta, New York, Washington D.C., Chicago et Montréal.

Malheureusement, à cause d’un malentendu à Chicago avec les autorités d’immigration canadienne, la petite troupe fut amputée d’un de ses membres, Bienvenu Bonkia, acteur, chanteur, poète, danseur et musicien barkinabé, y étant retenu pour manque de visa. Pas question d’entrer au Canada ! Une situation corsée et désagréable, selon le conteur louisianais, Barry Ancelet, qui me faisait comprendre que les gardiens de notre sécurité ne pouvaient ou ne voulaient pas entendre raison.

En la chapelle du Petit Séminaire, Ancelet lui-même, originaire de Scott, en Louisiane, et professeur d’études francophone à l’Université de Louisiane à Lafayette, épata la gallérie par ses histoires de prêtres. Quel meilleur endroit pour lever le voile sur les secrets de ces hommes saints ?! Ses explications sur les origines louisianaises des pingouins dans l’Arctique firent s’esclaffer les bonnes gens qui anticipent sa prochaine visite pour apprendre comment les pingouins ont réussi le long et pénible voyage du Pôle nord au Pôle sud !

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Quant au troisième membre de l’équipe de conteurs en présence, Myriame El Yamani, exemple parfait du métissage dans un monde moderne et globalisé, que d’éloges ! Née au Maroc d’un père marocain et d’une mère française et d’un grand-père yéménite, elle puise son inspiration dans la mémoire des gens qu'elle côtoie : les secrets de sa grand-mère vendéenne, les couleurs et arabesques du Maghreb et du Yémen, la sagesse africaine et les mystères de la Méditerranée. Plus près de nous, les senteurs salines de l'Acadie, le Montréal multiethnique. Myriame partage avec passion des sons et des images glanés lors de ses nombreuses flâneries à travers des continents à la recherche des cultures et des rêves de toute l’humanité.

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À l’heure de l’internet, de la télévision, du cinéma, le simple conte semble avoir perdu du terrain. Or, mardi soir dernier à Québec, crique craque, ce moyen de communication et de divertissement, vieux comme le monde, a fait de nouveaux adeptes en refaisant ses preuves ! Quelle est belle la langue de Molière, de Senghor, de Glissant, de Vigneault, de Maillet, de Richard… !

mars 21, 2011

Camille accueille Sophie

À la Saint-Valentin 2009 (voir blogue en date du 20 février 2009), j’ai annoncé la réception d’un beau cadeau. Il s’agissait d’une nouvelle petite-fille dans la famille, Camille Maya Soleil. Le 18 mars 2011, Camille, rendue grande, a accueilli sa petite sœur, Sophie (longueur: 53 cm; poids: 3,5 kg).

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Bébé et parents (Geneviève Boudreault et Zachary Louder) se portent bien.

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décembre 31, 2010

Nouvelle année, nouvelles idées!

Demain, je quitterai la capitale nationale, Québec, pour me replonger, pendant deux mois, dans le pays de mes ancêtres, le terroir de ma jeunesse. Histoire d’échapper à la neige et au froid certes, tels que font Michel Tremblay, Marie-Claire Blais et tant d’autres Québécois de nos jours, mais aussi pour renouer avec un passé lointain et explorer une géographie qui ne m’est plus connue. Le mois dernier, j’ai eu la prémonition de ce que pourrait être ce séjour à St. George, dans le coin sud-ouest de l’État de l’Utah.

En fait, du 1er au 5 novembre 2010, s’est tenu au cégep de Sainte-Foy, dans le cadre de la Semaine des sciences de la religion un symposium sur le Mormonisme. Étant donné mes antécédents, les responsables de l’organisation, Daniel Gignac du Cégep et Pierre-Paul Morin de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, m’ont demandé de m’impliquer de deux façons : (1) monter une excursion d’une durée de quatre heures pour montrer Québec aux VIP mormons de passage; (2) prononcer une conférence devant les étudiants inscrits au cours de géographie humaine dont la titulaire est Francine Pelletier, l’une de mes anciennes étudiantes à Laval.


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Parmi ces very important people (VIP), il y en avait des États-Unis (Jeffrey Olsen de New-York, Richard Oman de Salt Lake City), de la région de Toronto (Helen Warner, David Murray) et de Montréal (Eric Jarvis et David Galbraith), tous anglophones. Les uns étaient accompagnés de leurs conjoints, les autres pas. N’oublions pas le président de la Mission canadienne de Montréal, Nelson Cannon, et son épouse qui étaient, eux aussi, du nombre.


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En autobus


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Sur les Plaines d'Abraham

Évidemment, en si peu de temps, il est difficile de faire valoir le cachet unique de Québec, mais j’ai fait mon possible en insistant beaucoup sur ses fonctions administratives et politiques et sur la notion de « capitale nationale », car le mot « nation » porte confusion chez les Canadiens de langue anglaise pour qui LA nation est canadienne—avec capitale à Ottawa—et chez les Américains pour qui il ne peut exister qu’une nation—under God, indivisible—à l’intérieur de leur vaste territoire. En découvrant à Québec l’Assemblée nationale, et non « le parlement », le message était clair.

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Assemblée nationale, le 31 décembre 2010

En ce qui concerne la conférence de 50 minutes, j’ai eu du mal à respecter la minuterie. Tant de choses à dire lors de la conférence intitulée « Le Mormonisme : quatre perspectives géographiques », organisée autour des quatre points suivants :

(1) Quête d’une terre promise;

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« Rassemblement » : la quête d’une terre promise

(2) Peuplement;

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Colonisation

(3) Débordement national au Canada et au Québec;

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Mormonisme au Canada, XIXe siècle

(4) Deux défis de l’heure : l’International et l’Intranational.

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Un Mormon à la Maison-Blanche en 2012? : Mitt Romney

Ces deux mois à l’étranger m’éloigneront de mes préoccupations habituelles, celles de la Franco-Amérique. Toutefois, ils me fourniront l’occasion de faire de nouvelles découvertes à partager et pourront bien me servir pour réfléchir sereinement à la meilleure façon de transformer le contenu de ce carnet (blogue) en livre. Toute idée de la part des lecteurs serait appréciée.

décembre 13, 2010

Salt Lake City : magie et féerie à l’occasion de Noël

Que cette courte chronique tienne lieu de carte de Noël à ceux et celles qui me font le plaisir de me lire.

« Carrefour de l’Ouest états-unien », Salt Lake City compte dans son agglomération urbaine un million d’habitants. Capitale politique et religieuse, siège social de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Tant de choses à visiter. Et non la moindre, Temple Square, occupant un énorme quadrilatère au cœur de la ville et illuminé féeriquement tout au long de la saison festive de milliers de jolies ampoules multicolores

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Temple de Salt Lake City, construit sur une période de 40 ans (1853-1893)


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Temple et Assembly Hall

Très couru, non seulement à ce temps-ci de l’année, mais à tous les dimanches à 9h30, un « concert » gratuit offert par le Mormon Tabernacle Choir. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un « concert », dans le véritable sens du mot, mais plutôt d’une émission radiophonique et télévisuelle d’une durée de trente minutes diffusée en direct depuis1929, elle berce néanmoins l’auditoire composé de 5 000 à 20 000 personnes, dépendant du temps de l’année, dans une ambiance digne des grands Music Hall du monde.

Hier, j’ai assisté à la 4 289e émission consécutive de cette performance ayant simplement pour titre : « Musique et Parole ».

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(www.youtube.com/watch?v=S4BWhvIlFVE)


Sous la direction de M. Mack Wilberg et accompagné de l’organiste, M. Richard Elliott, le chœur, composé de 360 chanteurs bénévoles, nous a servis un menu de musique de Noël riche et varié, comprenant des airs traditionnels et des interprétations nouvelles, y compris—à la surprise de tous—sur un air reggae, « The Virgin Mary… ». M. Lloyd Newell, narrateur à l’émission depuis 20 ans, prêtait concours au plaisir du moment, par la lecture de son billet, « Christmas Offerings »

Au menu musical :

Carol to the King

Baby, What you Goin’ To Be

Bring a Torch, Jeanette, Isabella

How Far Is It to Bethlehem

The Virgin Mary Had a Baby Boy

Silent Night

Je souhaite que tous aient l’occasion, tôt ou tard, de passer par Salt Lake à ce moment magique de l’année, afin de s’y faire rappeler, joyeusement et poliment, le véritable sens de cette fête chrétienne. Que la paix règne sur Terre!

novembre 15, 2010

Oratorio[1] à la mémoire de Louis Riel

Demain, 125 ans se seront écoulés depuis la pendaison de Louis Riel sur l’échafaud de la Police montée à Régina. Cet événement qui a mobilisé plus de 50 000 Canadiens français à Montréal au lendemain de son exécution le 16 novembre 1885 semble laisser aujourd’hui les Québécois plus ou moins indifférents. Heureusement, il y a des exceptions! Le contrebassiste, compositeur et jazzman de grand renom, Normand Guilbeault, est de ce nombre! Se basant sur trois années de recherche intensive sur le leader métis qui l’a amené dans l’Ouest auprès des descendants du martyr et sur les lieux infâmes revendiqués, puis perdus par les Métis au profit du nouveau Canada en expansion, ainsi que sur les documents disponibles au Québec, Guilbeault, dans le cadre du Festival folk de Québec, a dressé un « plaidoyer musical » pour souligner la vie tragique et l’œuvre de ce remarquable oublié et pour lui rendre hommage.

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Samedi dernier, en la chapelle du Petit Séminaire de Québec, aujourd’hui désacralisée, soutenu par une dizaine de musiciens parmi les meilleurs joueurs de jazz au Québec, Guilbeaut, devant une salle comble de 300 « mobilisés » dont plusieurs qui ne savaient rien de Riel ni du sort qui lui avait été réservé, a partagé sa passion ardente pour l’histoire et son immense talent pour la musique en présentant son « spectacle ». Chants autochtones, marches militaires, gigues, reels, jazz contemporain, improvisation, le tout dosé de textes officiels de l’époque, lus par Paul Chaput (Louis Riel) et Fortner Anderson (John A. McDonald entre autres adversaires anglo orangistes).

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Or, le mot « spectacle » décrit mal le déroulement de la soirée. Un « concert » plutôt? Non plus! Au lendemain, le dimanche 14 novembre, lors d’une table ronde organisée au Largo Resto-Club, en face de l’église Saint-Roch, pour débattre et pour discuter de Riel et du « spectacle/concert » en présence de son créateur, les participants s’interrogeaient sur ce dont ils avaient été témoins la veille : une opérette? Non! Une opéra? Encore moins? C’est alors que M. André Juneau a évoqué la notion d’oratorio! Pourquoi pas donc? Compte tenu de ce lieu, cette chapelle au Petit Séminaire où le jeune Louis Riel avait sûrement prié au moins une fois, sinon plusieurs, pendant ses années passées au Québec, de sa vie imprégnée du catholicisme et du discours messianique qu’il tenait à ses heures—et surtout à ses dernières heures, le mot « oratorio » convenait à tous!

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Hommage à Louis « David » Riel, prophète du Nouveau Monde! Je me souviens!



[1] Composition musicale dramatique, à sujet religieux or parfois profane, avec récitatifs, airs, chœurs et orchestres (Petit Robert); Drame lyrique à grand orchestre portant sur un sujet religieux (Multi dictionnaire).

octobre 18, 2010

Secretariat et la « French Connection »

Aimez-vous le cinema? Aimez-vous les animaux? Aimez-vous les courses? Aimez-vous les belles histoires et les intrigues? Aimez-vous la Franco-Amérique? Si oui, vous vous devez de voir le nouveau film, Secretariat, à l’affiche depuis le 8 octobre, partout en Amérique. Lundi dernier (11 octobre) à Calgary, accompagné de huit de mes petits-enfants…et certains de leurs parents, j’ai eu l’occasion de visionner ce long métrage produit par les studios Walt Disney!

Il s’agit d’une dramatisation des événements qui se déroulent entre 1969 et 1973 chez les Chenery, éleveurs de chevaux de course en Virginie dont la fortune est chancelante. Devant des obstacles financiers majeurs, Penny Chenery Tweedie, prend les opérations en mains et risque tout sur un poulain que les uns appelleront « Big Red » et que les autres appelleront Secretariat. Celui-ci deviendra probablement le plus grand et sûrement le plus célèbre cheval de course de tous les temps. Avec Sir Barton (1919), Gallant Fox (1930), Omaha (1935), War Admiral (1937), Whirlaway (1941), Citation (1948), Seattle Slew (1977) et Affirmed (1978), Secretariat (1973) se distingue comme vainqueur de la Triple Couronne, joyau de la course de chevaux en Amérique. Pour accéder aux grands honneurs, il faut qu’en cinq semaines le cheval combine vitesse et endurance en gagnant le Kentucky Derby (sur une distance d'un mille et un quart) à Louisville, le Preakness (sur une distance d’un mille et trois seizièmes à Baltimore) et les Belmont Stakes (sur une distance d’un mille et demi) à New York. Les résultats obtenus par Secrétariat aux trois courses dépassent de plusieurs seconds ceux des huit autres champions. À sa victoire au Belmont, « Big Red » a gagné par 31 longueurs!

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Évidemment, comme tout grand athlète, un cheval de course champion ne gagne pas tout seul, d’où l’importance ici de la « connexion canadienne-française ». Secretariat fut entrainé par Lucien Laurin, né en 1912, près de Joliette, et piloté par Ron Turcotte, né en 1941 à Drummond au Nouveau-Brunswick (voir billet de 15 juin 2005), tous deux francophones ayant fait leur place dans le domaine ultra compétitif et hyper exigeant de la course hippique professionnelle.

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Jusqu’à ce que son poids le trahisse, Laurin, joué par John Malkovich, visait une carrière de jockey. Il est monté en selle pour la première fois à Blue Bonnets (Montréal) en 1929. Après avoir remporté 161 courses, il se donne en 1942 au métier d’entraîneur où il laissera partout sa marque sur le circuit du horse racing aux États-Unis. C’est à lui que Mme Chenery-Tweedie se tournera pour faire du magnifique étalon un grand champion.

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Et c’est Laurin qui dira à Mme Tweedie de faire appel à son compatriote, Ron Turcotte, joué par Otto Thorworth, comme jockey – « un gars qui ne lâche jamais » (never backs down, dit Malkovich/Laurin)—pour conduire le jeune cheval au cercle de la victoire. Issu d’une famille très modeste dont il était le troisième de douze enfants, l’adolescent devait envisager une carrière de bûcheron dans les forêts du Nord-Ouest néo-brunswickois. En 1960, se sachant trop petit pour ce dur métier, Turcotte, prend la voie de Toronto où, par pur hasard, il se retrouvera à Woodbine comme apprenti auprès des chevaux de course. En juin 1961, on lui offre de piloter pour la première fois. Pendant 17 ans, Turcotte gagnera sa vie comme jockey, remportant plus de 3 000 courses un peu partout où le « Sport des Rois » est pratiqué. Connaissant succès sur succès à bord des chevaux de la trempe de Tom Rolfe, Riva Ridge et Secretariat, Ron Turcotte se plaça parmi les Arcaro, Shoemaker et Cauthen, au sommet de la fraternité des jockeys.

Fiers des exploits de leur héros, les édiles municipaux et les concitoyens de la région de Grand Sault (voir billet du 4 mai 2004) prirent la décision à l’automne 1977, malgré une certaine opposition en provenance de la minorité anglophone, de baptiser le nouveau pont enjambant le Saint-Jean, le Pont-Ron-Turcotte.


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À peine six mois plus tard, le13 juillet 1978, à Belmont Race Track, à New-York, près de l’endroit où il avait élu domicile avec sa femme et leurs quatre filles, Ron monta sur Flag of Leyte Gulf. Ce sera sa dernière course. Victime d’une chute terrible, il subira de nombreuses interventions chirurgicales, mais restera tout de même cloué, sa vie durant, à son fauteuil roulant. La famille rentrerait au Canada, retrouvant famille et amis à Drummond.


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En octobre 1999, moi et une quinzaine d’étudiants de l’université Laval, avons eu l’occasion de casser la croûte avec l’ancien jockey, chez Noël à Grand Sault, à deux pas de « son pont », et d’en entendre parler du rançon de la gloire.


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Le soir du 28 octobre 2010, grand événement à Grand Sault. Fraichement rentré d’une tournée de promotion aux États-Unis du film qui le porte au grand écran, Ron Turcotte, entouré de sa famille, de ses amis et des dignitaires de la place, aura droit à une projection spéciale de Secretariat, suivie d’un vin et fromage au cours duquel le principal intéressé aura l'occasion de partager ses souvenirs de « Big Red », mort en 1989, et d’invoquer sans doute le souvenir de son compatriote et ami, Lucien Laurin, porté en terre en l'an 2000. Ensemble, ces deux Canadiens français ont marqué indélébilement leur sport et, sont devenus, par le fait même, des figures sportives emblématiques de la Franco-Amérique.

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août 12, 2010

Commentaire sur le Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques

Le Forum des jeunes ambassadeurs, organisé pour la deuxième année de suite par le Centre de la francophonie des Amériques, avec le concours de l’Institut du Nouveau Monde, se poursuit à Moncton. J’ai eu l’occasion d’y participer en faisant partie d’une table ronde avec mes collègues Réjean Beaulieu, Hanetha Vété-Congolo, et Jean-Claude Redonnet et en observant le déroulement des activités tout aussi intéressantes les unes que les autres.


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Le F minuscule dans le nom du Centre est significatif. Il n’est pas, dans les mots de son directeur et président, Michel Robitaille (deuxième de la gauche), une institution comme les autres. Non, il s’agit plutôt d’un centre axé sur les gens du peuple—au service de ceux-ci. Le forum, dont la présidence d'honneur revient cette année à Marie-Jo Thério, chanteuse populaire d’origine acadienne (au centre de la photo), est une tentative d’aller chercher la jeunesse francophone des Amériques dans le but de briser l’isolement qui caractérise les populations habitant les îles et îlots de l’archipel franco d’Amérique. N’était-ce pas Zachary Richard qui avait dit lors du lancement de son album « Cœur fidèle », en faisant allusion aux Franco d’Amérique : « Notre isolement est plus fort que notre fraternité »?


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Or, la fraternité est de mise à Moncton cette semaine. Une soixantaine de participants de diverses provenances (voir liste à la fin). Organisés en six familles « monoparentales », car chaque famille a un chef qui est un jeune ayant participé l’an dernier au premier Forum, ils travaillent, débattent, jouent, mangent, dorment et se détendent ensemble. Demain, le tout se transportera sur la péninsule acadienne, d’abord à Shippagan, puis à Caraquet, afin de célébrer dimanche la fête nationale des Acadiens et de participer au Grand Tintamarre. Le Forum se terminera le 16 août par une cérémonie d’engagement et une soirée dansante.

Dans le grand dessein du Centre de la francophonie des Amériques, ces jeunes, comme ceux de l’an dernier, rentreront dans leur milieu, riche de leur expérience, et deviendront des catalyseurs pour amorcer une nouvelle compréhension du contexte du français en Amérique et une meilleure appréciation des enjeux.

Les Latino-Américains en présence s’étonnent de découvrir une francophonie hors France. Les Martiniquais et Guadeloupéens éblouissent par leur éloquence. Les Haïtiens inspirent par leur détermination et leur espérance. Les Cubains parlent un français très châtié. Les États-Uniens rêvent de faire une plus grande place pour le français dans leur pays et les Canadiens s’interrogent sans cesse sur l’éternelle question de leur place dans ce pays bilingue.


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Jusqu’ici le fait saillant du Forum a sans doute été la conférence prononcée par Antonine Maillet sur le thème « Les chemins imaginaires des Amériques». Généreuse de son temps et de sa personne, la plus grande des littéraires acadiens nous a fait rire et pleurer par ses propos. En quittant le campus dans sa Volkwagen Cabriolet, elle m'a fait personnellement éclater de rire. Comme j’aurais aimé avoir mon appareil de photo à la main! Le petit bout de femme, octogénaire de surcroît, cheveux au vent, au volant d’une voiture décapotable!

Autre moment fort, la soirée de rock francophone, au bar The Old Cosmo. Le rocker du bayou Terrebonne, en Louisiane, Rocky McKeon, ambassadeur de la première cuvée, et son groupe Isle dernière, démontraient leur savoir faire dans une salle surchauffée de la rue Main, devant un public composé à la fois d’ambassadeurs et de citoyens de la région de Moncton.


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La couverture de l’événement par la presse acadienne et par Radio-Canada Atlantique est généreuse. Ceux et celles qui s’y intéressent vraiment peuvent aussi suivre les activités sur une base quotidienne au site du Centre de la francophonie des Amériques (www.francophoniedesameriques.com).

Provenance des participants :

Canada : Alberta (4); Colombie-britannique (1); Manitoba (2); Nouveau-Brunswick (4); Nouvelle-Écosse (2); Ontario (5); Québec (4); Saskatchewan (3)

États-Unis : Alabama (1), Caroline du Nord (1); Colorado (1); Floride (1); Louisiane (3); Minnesota (1); Texas (2); Utah/Oregon (1)

Amérique du Sud : Argentine (2), Brésil (2); Chili (1); Colombie (1); Guyane française (1); Mexique (2); Pérou (1); Salvador (1)

Caraïbes : Cuba (2); Guadeloupe (2); Haïti (9), Martinique (1)

juillet 01, 2010

À ne pas manquer le 1er août à Zénon Parc, SK

Dans Vision et visages de la Franco-Amérique, Michel Marchildon, chanteur et écrivain de Zénon Parc, petit bled situé à 230 km au nord-est de Saskatoon, témoignait de la vivacité de ce lieu et de la véracité des gens qui l'habitent:

Le fait que je suis né dans le petit village fransaskois de Zénon Parc, au sein des immenses plaines de la Saskatchewan, n’est qu’un détail, un heureux hasard. Par contre, si j’ai réussi à conserver ma langue et ma culture, je crois qu’une partie du mérite revient aux gens qui m’ont entouré tout au cours de ma vie, tout comme ceux qui sont passés avant moi.


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Dans un mois exactement, Michel, résident aujourd’hui du Mile-End à Montréal, sera de retour en Saskatchewan pour fêter avec les siens le centenaire de son village, fondé en 1910 par des Franco-Américains du Massachusetts, exilés auparavant du Québec, auxquels se sont ajoutés, par la suite, des Franco-Ontariens et des Français. Dans le nord de la province, au milieu de vastes et de riches terres agricoles, Zénon se distingue par son acharnement à préserver son identité, son ingéniosité économique et sa passion pour les arts.

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Utilisant l’unique silo à grain du village comme écran géant, Michel et les artistes Véronique Poulin, Zoé Fortier, Renée Sigouin, Jean-Sébastien Gauthier et Stephan Fuch s’inspireront du Moulin à images de Québec pour rappeler le patrimoine franco de Zénon Parc. Seront abordés, lors du spectacle intitulé « Silo à souvenirs » des thèmes tels que la famille, l’histoire, la religion, l’identité et la communauté.

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Ce n’est pas tout! Deux autres événements notoires marqueront les festivités du centenaire : (1) la célébration des 60 ans de mariage des parents de Michel, Léon et Hélène; (2) le lancement de la biographie de l’Abbé Arthur Marchildon (1920-1996), écrit par son neveu, Michel.

Rendons-nous tous nombreux à Zénon Parc!!

juin 18, 2010

Le drapeau acadien flotte au-dessus du Témiscouata

Le 15 juin dernier, on lisait sur le site du Centre de la francophonie des Amériques (http://www.francophoniedesameriques.com) ce qui suit :

Cette semaine marquait l'arrivée officielle du drapeau acadien dans la région du Témiscouata, dans l'attente du Congrès mondial acadien 2014. Le lundi 14 juin, le comité organisateur du CMA 2014 a remis un drapeau acadien aux vingt maires des municipalités de la MRC de Témiscouata. Ces muninicipalités du Québec seront associées au CMA 2014.

Je me suis donc hâté au lac Témiscouata faire du vélo sur la magnifique piste du Petit Témis, ancienne voie ferrée reliant Edmundston à Rivière-du-Loup, et vérifier la présence du drapeau acadien en territoire québécois.

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Satisfaction débordante en ce qui concerne la piste et le vélo. Succès mitigé en ce qui a trait aux drapeaux. Sur les trois plus gros centres du Témiscouta, Cabano, Dégelis et Notre-Dame-du-Lac, les deux premiers arborent fièrement l’étendard bleu-blanc-rouge à l’étoile jaune.

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Cabano

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Dégelis

Par contre, le plus beau village des trois (à mon humble avis !) n’a pas de mâts devant son complexe municipal ultra moderne manquant énormément sur le plan esthétique!


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Ce n’est qu’une question de temps s’est-t-on fait dire.

D’ici la fin de l’été, je reviendrai voir !

mai 26, 2010

« L’Affaire Corrigan » et une balade du côté du « Pays des mines et des lacs »

La Literary and Historical Society of Québec, fondée en 1824, constitua la première société savante au Canada. Sa magnifique bibliothèque est située au cœur du Vieux-Québec dans l’édifice du Centre Morrin (44, Chaussée des Écossais, en arrière de l’église presbytérienne St. Andrew’s).


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Le lundi 17 mai dernier y fut prononcée par Steve Cameron, de Sainte-Agathe-de-Lotbinière, une conférence percutante sur « l’affaire Corrigan », ce meurtre commis entre Irlandais catholiques et protestants implantés, au cours des années 1820, par les Britanniques, dans le cadre de leur politique d’encerclement des Canadiens français, sur le flanc des Appalaches et sur la frange méridionale des seigneuries. Le crime se produit le 17 octobre 1855. La quête du meurtrier et le procès qui s’ensuivit secouèrent la bonne société de Québec et répercutèrent jusqu’à Ottawa, John A. Macdonald sachant en tirer profit pour hausser sa cote.

Aujourd’hui, compte tenu de l’importance de l’amiante à proximité, la région où ces événements eurent lieu s’affiche, à des fins touristiques, comme le « pays des mines et des lacs ». Plusieurs de ses villages longent l’ancien chemin Craig (route 269) : Saint-Patrice-de-Beaurivage, Saint-Sylvestre, Saint-Jacques-de-Leeds, Kinnear’s Mills et Saint-Jean-de-Brébeuf. La présence des premiers habitants est à peine perceptible de nos jours, sauf dans les cimetières anglo-protestants, comme le Parkhurst, à Saint Patrice ou celui des Méthodistes à Leeds ou celui de Bullard Brook à Saint-Jean-de-Brébeuf.


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Centre patrimonial, Saint-Jacques-de-Leeds


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Centre patrimonial, Saint-Jacques-de-Leeds


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Cimetière protestant de Bullard Brook

À Kinnear’s Mills, la diversité confessionnelle de la petite population d’origine se manifeste encore par ses temples, situés côte à côte le long de la rue des églises, artère principale de ce hameau comptant 360 âmes. Ces bâtiments témoignent de l’importance autrefois de Kinnear’s Mills comme centre institutionnel et religieux, en plus d’être un centre industriel à cause de son moulin.


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Église anglicane


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Église catholique


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Église unie, de loin et de près


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Église méthodiste.

Des quatre églises, seules celle des Catholiques et celle de l’Église unie, anciennement l’église presbytérienne et aujourd’hui une amalgame de plusieurs traditions protestantes, sont actives.

mai 25, 2010

Satori à Québec


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Soirée magique le 19 mai au Théâtre Petit Champlain. Après 13 ans d’absence, l’homme invisible était en ville! Évidemment, je fais allusion à Patrice Desbiens, revenu une fois de plus dans la ville qui, pour lui, équivaut Paris. Je l’entends encore, s’adressant à mes étudiants à l’université Laval, en 1988, inscrits au cours « Le Québec et l’Amérique française », dire : « Quand tu viens de Sudbury, Québec, c’est Paris! »


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Dès sa parution en 1981, L’homme invisible / The invisible man consacre Desbiens comme l’une des voix majeures de l’Ontario français, et L’homme invisible comme métaphore du « minoritaire francophone dans la réalité canadienne » : d’un côté, il est Franco-Ontarien, tandis que, de l’autre, he is French-Canadian. Vingt-neuf ans, après sa parution, cette œuvre magistrale de Patrice fut sortie des boules à mites pour « combattre » à l’émission de Christiane Charrette, contre Le Survenant (Germaine Guèvremont), Cantique des Plaines (Nancy Huston), Comment devenir un ange (Jean Barbu) et—hélas—L’énigme du retour (Dany Laferrière) ? Comment espérer en sortir gagnant en cette année marquée par la tragédie du séisme à Port-au-Prince et par les succès littéraires qui se multiplient chez le principal porte-parole d'Haïti au Québec ?

Dans l’un de ses derniers romans, Sartori à Paris, avant d’être emporté par les démons qui le possédaient, Jack Kerouac raconte la quête de son héritage en France, d’où le titre choisi par les organisateurs du spectacle qui ramènerait dans la ville de Champlain un de ses fils spirituels : « Satori à Québec : les mots de Patrice Desbiens ». Dans un premier temps, « les mots » furent lus avec brio par un triumvirat de personnalités étiquetées « ses cascadeurs de l’amour » : Isabelle Blais, Nathalie Lessard et Alix Renaud, accompagnées d’un quartette de jazz de haut calibre comprenant Normand Guilbeault à la contrebasse, Vincent Gagnon au piano, Jean Derome aux flûtes et saxophones et Claude Lavergne aux percussions. Après l’entracte, Blais revint dans une véritable tempête de textes, les uns exprimés avec autant d’émotion que les autres, toujours sur un fond sonore provenant du quartette.

Enfin, le moment tant attendu, l’imprésario, Simon Couillard présente l’invité d’honneur qui monte modestement sur les planches. En lisant ses poèmes—des anciens comme des plus récents—et en badinant à la franco-ontarienne, tantôt en français, tantôt en anglais, avec les membres du quartette et avec ses « fans » dans la salle, Patrice garde l’auditoire dans le creux de sa main pendant une trentaine de minutes.

À la fin, la foule en délire demande l’homme invisible en rappel. L’homme fragile revient ! Autre moment magique avant de quitter la maison de la chanson et de réemprunter la rue illuminée du Petit Champlain, plus vieille rue en Amérique, dit-on !


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avril 20, 2010

Des amis du Colorado à la cabane à sucre...sans neige


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Tandis que des dizaines de milliers de Québécois fuient l’hiver à tous les ans pour passer jusque 182 jours dans les régions les plus chaudes des États-Unis, il y a des vaillants Américains qui s’installent au Québec l’hiver pour goûter aux plaisirs de la saison blanche. Terry Fahy et sa conjointe, Debbie, sont de ceux-là. Nous nous sommes rencontrés récemment, grâce à mon fils, Zachary, au Faks Café, avenue Maguire, à Sillery (voir chronique du 28 décembre 2008).

Pourtant, Terry et Debbie viennent d’un État de l’Ouest réputé pour le ski. Qui n’a pas entendu parler de Vail, d’Aspen et du Parc national des Montagnes rocheuses (Rocky Mountain National Park) ? Aux dires de ces francophiles : « Pas assez de neige, pas assez hivernal, le Colorado ! » Profitant de l’année sabbatique 2009-2010 de Debbie, bibliothécaire et archiviste à l’université du Colorado, située à Boulder, et du fait que Terry occupe une fonction à l’université Ohio State qu’il peut remplir aussi bien à Québec qu’à Denver ou à Columbus (ou à Davos ou à Sopporo), ces aimants de l’hiver choisirent de séjourner à Québec afin de bénéficier d’un véritable hiver. Quelles ne furent pas leur surprise et leur déception d’être témoins de l’un des hivers les plus doux et les moins enneigés dans l’histoire moderne de la vieille capitale : une accumulation de neige (160 cm) trois fois et demie moins élevée qu’en hiver 2007-2008 (550 cm).

Par contre, le printemps précoce qui assura une longue et bonne saison pour les acériculteurs et les propriétaires de cabanes à sucre leur permit de goûter trois fois aux délices de l’érablière—la dernière fois dimanche dernier chez l’En-tailleur à Saint-Pierre-de l'ïle d'Orléans. Jouissant de la musique traditionnelle de leurs hôtes, les visiteurs du Colorado ont démontré leur savoir-faire sur la piste de danse.


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En attendant le versement de la tire sur neige, bon prince, Terry me pose avec ma petite-fille, Camille, pour qui c’était la toute première Cabane. En même temps Debbie, à ma droite, se sucre le bec !


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mars 29, 2010

Un Wal-mart, pas comme les autres!

Si j’ai pu passer une partie significative de l’hiver à Oxford, MS, c’est grâce à Becky Moreton qui me l’a fait découvrir il y a six ans, à la suite d’une fin de semaine pré pascale passée ensemble chez les « gens à l’écart : les Franco de Delisle, au Mississippi » (voir chronique du 4 avril 2004). Sa fille historienne, Bethany, vient de publier un magnum opus sur l’Empire Wal-mart.


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Intitulé To Serve God and Wal-mart : the Making of Christian Free Enterprise, il explore l’évolution de ce géant de la consommation domestique, à partir d’une petite entreprise familiale fondée en 1962, à Bentonville (AK), par Sam Walton, à l’une des plus grandes corporations au monde avec environ 5 000 magasins en 2010. Selon Bethany Moreton, les décennies qui ont suivi la deuxième Guerre mondiale, permirent au Christianisme évangélique de créer aux États-Uniens un culte du capitalisme sauvage. L’analyse de l’empire de Monsieur Sam révèle un réseau complexe reliant des entrepreneurs du Sun Belt, (ce vaste territoire qui forme un large arc à l’envers depuis les Carolines jusqu’en Californie dont sa ville, Bentonville, se situe en plein centre), des employés évangéliques, des étudiants en administration issus des collèges et universitaires chrétiens, des missionnaires d’outre-mer et des militants de la droite préconisant un néolibéralisme à outrance. À l’aide d’un travail de terrain appréciable lui ayant permis de glaner à travers le monde des récits de gens faisant partie intégrante, à diverses échelles, de l’« Empire », Moreton réussit à montrer de manière convaincante comment la Droite chrétienne a encouragé et facilité l’essor d’un nouveau capitalisme, tant aux États-Unis qu’ailleurs.

Au tournant du siècle, l’implantation d’un nouveau magasin Wal-mart au cœur de la Nouvelle-Orléans a soulevé l’ire des défenseurs du patrimoine et de l’environnement. Par contre, le magasin sur Tchoupitoulas semblait répondre à un souhait exprimé par le leadership—surtout religieux--de la communauté noire. Les uns, largement de race blanche et scolarisée, savaient que la venue d’un magasin Wal-mart ne créerait pas d’emploi, éliminerait la compétition et détruirait les petits commerces autour, rendrait plus homogène le quartier et dégraderait le paysage urbain. Les autres, constituant la sous-classe majoritaire de la ville, croyaient aux revenus qui seraient perçus grâce aux taxes de vente prévues. Cette somme de 20 000 000$ devait soutenir la construction de logements sociaux, remplaçant le fameux St. Thomas Project, créé aux années 40 dans le but de régler le sort des pauvres et miséreux. En 1996, devant la montée des pathologies sociales de cet HLM abritant 2 000 Afro-Américains (800 familles largement monoparentales), la décision fut prise de tout jeter à terre, d’où cette première tentative de « urban homesteading » de la part de Wal-mart qui visait, après ses succès dans les petites villes du pays et en banlieue, un nouveau champ d’activités et une nouvelle clientèle.

Un octroi de 25 000 000$ du Fédéral a été obtenu pour raser l’ancien St. Thomas, à condition qu’à sa place soient construites des unités de logement pour les gens à faible et à moyen revenus. Une fois les travaux de démolition terminés, la donne a changé. Rapidement, sur le nouveau terrain vague d'une cinquantaine d'acres se sont érigés seulement 200 unités de logement social, mais 780 condominiums de luxe. Et tout à côté, grâce à une entente signée avec la ville lui permettant de bâtir sur un terrain public sans se faire imposer, le Super Center Wal-mart, conçu pour mieux cadrer dans cet arrondissement historique…mais toujours entouré de l’énorme stationnement en asphalte.


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To Serve God and Walmart se termine sur une note inquiétante… ou encourageante! Lors du passage de Katrina en 2005, c’est ce Wal-mart, sur Tchoupitoulas, sis au cœur de la Nouvelle-Orléans, légèrement en amont du Vieux-Carré, à deux pas de la levée du Mississippi, qui, par les gestes efficaces et généreux de son administration, a fait taire ses critiques en apportant de l’aide aux sinistrés.

On louangeait alors le WEMA (Wal-mart Emergency Management Agency), acronyme calqué sur FEMA (Federal Emergency Management Agency), agence fédérale qui a échoué si lamentablement.

Selon une victime de Katrina citée par Moreton : « Si le gouvernement américain avait répondu comme Wal-mart a répondu, nous ne connaîtrions pas la crise actuelle. »

mars 21, 2010

Rencontre mémorable avec Michael Gisclair

Rocky McKeon (voir billet du 30 octobre 2009) m’avait parlé de son ami, Michael Gisclair, 23 ans, de Cut Off, en Louisiane. Selon Rocky, j’aurais des affinités avec ce jeune Cadien passionné de son héritage franco-louisianais et de la langue de ses grands-parents paternels et dont la mère est originaire de mon État natal. Il avait raison. Aujourd’hui à Houma, j’ai passé trois heures avec ce jeune homme énergique, enthousiaste et sensible. En se quittant, je lui ai offert un exemplaire de Franco-Amérique et une invitation à venir chez nous —aussi longtemps qu’il le voudra—afin de s’immerger dans un milieu de langue française.


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À juger de sa réaction, il y a bon espoir qu’il finira par se pointer à Québec.

novembre 22, 2009

Claude et Loulou Trépanier: 60 ans de mariage

Cécyle Trépanier et Konrad Wolf nous ont reçus à Kingston (ON) cette fin de semaine. Quelle merveilleuse chose que l’amitié. Merci à vous deux!


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Le 13 août dernier, les parents à Cécyle ont fêté leur 60e anniversaire de mariage. Bel exploit de nos jours! Pour le livret commémoratif contenant des mots écrits par parents et amis, je me suis mis à contribution par le texte qui suit :

Hommage aux bons parents

Comme père d’une famille nombreuse, rien ne me fait autant plaisir que de recevoir un compliment au sujet de l’un de mes quatre garçons ou l’une de mes quatre filles. C’est dans cet esprit que j’aborde les 60 ans de vie conjugale de mes amis, Claude et Loulou, que je connais à travers leur fille, Cécyle, qui m’a accepté, tour à tour, comme grand frère, mentor, ami, « parrain » et collègue. Je lui serai éternellement redevable.

Les réalisations de leur fille sont toutes à l’honneur de ses parents qui ont su l’élever avec tendresse, diligence et sagesse. Lorsque je l’ai rencontrée pour la première fois à Québec en 1975, au début de ses études de maîtrise, il était évident que Cécyle avait des valeurs à la bonne place, qu’elle venait d’une famille où les parents s’aimaient passionnément et se souciaient, l’un pour l’autre et pour leurs enfants. Libre enfin des contraintes du milieu paroissial et de la maison paternelle, Cécyle continuait néanmoins, tout au long de ses années de maîtrise à faire la navette régulièrement les fins de semaine entre Québec et Trois-Rivières afin de ne pas desserrer le lien avec Claude et Loulou, certes, mais surtout avec son jeune frère qui l’adorait.

À la fin de la maîtrise, une nouvelle étape de la vie s’annonce qui amènera Cécyle loin de Trois-Rivières, loin du Québec. Elle a accepté mon offre d’un poste d’adjointe de recherche. Elle m’aiderait à poursuivre des recherches sur le Vieux-Carré à la Nouvelle-Orléans et à publier d’un article qui comparait ce quartier historique et touristique à celui du Vieux-Québec. Ensemble, en parcourant le sud de la Louisiane, Cécyle et moi découvririons la culture cadjine et elle mènerait des enquêtes auprès de la population. Claude Trépanier avait toujours dit à sa fille de bien apprendre l’anglais, car cela pourrait lui être très utile. En Louisiane, elle en a eu la preuve…et des regrets. Son anglais n’était pas tout à fait au point! C’était quand même un mal pour un bien, car les Cadjins qu’elle visitait chez eux n’avaient d’autre choix que de lui parler en français pour se faire comprendre de la Québécoise.

En cette année 1977-78, afin de passer du temps avec sa fille au loin, Loulou, accompagnée de tante Marielle, a fait son premier voyage en avion. Cécyle leur a fait rencontrer ses « parents louisianais », Forrest et Marie Richoux, qui avaient adopté la « fille à mobylette » . Les Richoux trouvaient Céycle bien maigre et l’invitait souvent à manger et la soignait quand elle était malade. Ce merveilleux couple a reçu Loulou et Marielle dans leur petite maison à Westwego. Pour l’occasion, Marie avait préparé un délicieux gombo aux « chrevettes » que Loulou a trouvé délicieux. Pourtant, Loulou déteste des crevettes; elle n’est pas capable d’en manger. Quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre ultérieurement que ce qu’elle avait mangé ce jour-là n’était pas un plat à la viande de chèvre, mais plutôt un ragoût cadjin à la crevette. En voyage, il faut développer son vocabulaire! En français cadjin, « chevrette » veut dire « crevette ».

Deux ans après son escapade louisianaise, Cécyle a entrepris une autre odyssée aux États-Unis, cette fois-ci en Pennsylvanie pour faire son doctorat. Et oui, c’était encore moi qui étais responsable de son éloignement de Claude et Loulou. J’avais reçu une lettre du directeur du Département de géographie de la Pennsylvania State University, l’une des meilleures écoles de géographie aux États-Unis. Monsieur Zelinsky se trouvait en mode de recrutement. Il voulait attirer les meilleurs candidats possibles à son programme de doctorat. J’ai été fier de lui proposer le nom de Cécyle Trépanier qui fut acceptée. Elle y passerait cinq ans, réalisant une thèse sur la Louisiane française qui faisait suite aux travaux réalisés sous ma direction. En Pennsylvanie, Cécyle a plongé dans la culture américaine. Évidemment, on y parlait peu français et l’écrivait encore moins. Il a fallu donc qu’elle écrive sa thèse dans cette langue. Par la force des choses, le souhait de son père fut exaucé. L’apprentissage de cette langue lui servirait beaucoup plus qu’elle ne le croyait, d’abord comme professeure pendant un an à l’université du Manitoba avant de se faire engager comme professeure à l’université Laval où elle a profité de son expérience états-unienne, autant en Louisiane qu’en Pennsylvanie pour offrir un cours très couru sur la géographie historique de l’Amérique du Nord.

Son retour à Laval fit de nous des collègues et de moi son « parrain ». Nous partagions un cours, Le Québec et l’Amérique française qui nous faisait fréquenter avec nos étudiants des communautés francophones en Alberta, en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Angleterre et en Louisiane. Quel plaisir que nous avons eu à enseigner ensemble! Je me trouvais constamment en admiration devant sa bonne humeur, sa compétence et sa capacité d’innover. Elle avait le don de faire comprendre des idées et des concepts en faisant appel à la bonne vieille philosophie de sa mère ou de sa grand-mère : « Comme ma mère disait… » Combien de fois l’ai-je entendu dire cela devant une salle remplie d’étudiants.

Pour revenir au souhait de Claude Trépanier que sa fille maîtrise l’anglais, avouons tout de suite que personne n’aurait pensé que cette langue deviendrait la lingua franca entre Cécyle et l’homme de sa vie que le destin a mis sur son chemin grâce à moi. Mais c’est là une autre histoire que je laisserai Cécyle et Konrad raconter.

Sachez, Claude et Loulou que vous réussi votre mariage et vous avez réussi dans la vie. Je regrette de ne pas mieux connaître votre fils, mais j’ai pu suivre ses progrès de loin grâce à votre fille que j’estime tant. De moi et de ma famille que vous avez eu l’occasion de connaître, je vous félicite en ce grand jour de votre 60e anniversaire de mariage.


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novembre 15, 2009

Camille et William

Journée historique chez nous! William D. Louder de Montréal (fils de Mathieu et Marie-Lou), né le 15 octobre 2009, s’est rendu à Québec aujourd'hui faire la connaissance de sa cousine, Camille Louder (fille de Zachary et Geneviève), née le 14 février 2009.

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Une belle rencontre, the first of many, souhaitons-le.

novembre 14, 2009

Souvenirs d’un voyage en Louisiane et retrouvailles avec Warren Perrin

Au moment où je m’apprête à repartir vers la Louisiane, je me rappelle un voyage que j’y ai effectué il y a neuf ans. En fait, en octobre 2000, Cécyle Trépanier et moi avons emmené en Louisiane la quinzaine d’étudiants inscrits au cours GGR-16527, Le Québec et l’Amérique française. Il s’agissait de la vingtième excursion en milieu francophone minoritaire depuis 1980—des voyages qui nous ont conduits aux quatre coins de l’Amérique, de Terre-Neuve à Rivière-la-Paix, en Alberta, et de Rivière-la-Paix à la Floride avec plusieurs visites en Acadie, en Franco-Américanie et en Ontario français (voir carte des excursions). L’historique de cette extraordinaire expérience pédagogique est consigné à un article intitulé « Sur les routes de l’Amérique française : l’expérience des géographe lavallois », publié en septembre 2002 dans la revue Québec Studies. Si je reproduis ici la partie de l’article consacrée à cette excursion en pays cadien, c’est pour mieux parler d’un lancement de livre qui a eu lieu hier soir dans la Maison Fornel, sous le patronage de l’Association acadienne de la région de Québec, du Centre de la francophonie des Amériques et du Ministère des relations internationales.


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Carte des excursions, 1980-2001

L’année 2000 permet la réalisation d’un rêve : amener nos étudiant en Louisiane, où notre recherche nous avait régulièrement conduits depuis la fin des années 1970. Ainsi, nous prenions la route du sud, à la découverte de la Louisiane contemporaine. Notre port d’attache sera Abbeville, petite municipalité tout près de Lafayette, où nous avons bénéficié de l’hospitalité de Sœur Jeannette, au couvent de la communauté des Dominicaines, et d’Allen LeBlanc, notre ange-gardien, avant et pendant notre séjour. Notre programme de cinq jours visait à illustrer la diversité régionale du sud de la Louisiane et privilégiait quelques thèmes.


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Soeur Jeannette

La première journée, nous avons exploré la région du bayou Tèche (Pont-Breaux, Parks et Saint-Martinville), culturellement et racialement diversifiée, et caractérisée par la culture de la canne à sucre. Le moment fort de la journée a été la visite à Saint-Martnville, au Monument acadien, et au futur site du African-American Museum. Deux jeunes Créoles noirs, francophones, nous accompagnaient lors de cette visite. Ils se sont senti offensés par le nom de la future institution. Celle-ci devait célébrer leur culture créole, mais ne mettait en évidence que leur culture noire. La seconde journée fut consacrée à la découverte de la région des Prairies (Mamou et Eunice), fief de l’identité cadjine, et où l’économie agricole est dominée par la culture du riz et des fèves sojas. Cette journée fut marquée par la musique. D’abord celle de chez Fred’s, un bar à Mamou à partir duquel on diffuse une émission radiophonique, maintenant célèbre, tôt le samedi matin, puis au Lafitte National Cultural Center et au Liberty Theater d’Eunice, où différents orchestres cadjins étaient en vedette… pour le grand plaisir des touristes. Alors que l’on se préparait à aller écouter un orchestre Zydeco, la maladie a frappé. Diagnostic : empoisonnement alimentaire. C’est donc une troupe amoindrie qui, le troisième jour, se dirige vers le Mississippi. Il faut d’abord traverser le bassin de l’Atchafalaya, une barrière naturelle impressionnante entre le sud-est et le sud-ouest de la Louisiane française. Sur les rives du grand fleuve, à St. James, où une plaque historique rappelle l’arrivée des Acadiens, nous avons rencontré les paroissiens, des Créoles noirs, tous endimanchés et célébrant la fête des morts. À la Nouvelle-Orléans, berceau de la Louisiane française, nos étudiants nous ont surpris par leur dégoût du Vieux-Carré, quartier historique transformée en parc d’amusement…pour adultes. Les deux derniers jours étaient consacrés à la visite d’institutions et de différentes associations à vocation éducative (Prairie Elementary School, University of Louisiana at Lafayette), culturelle (Conseil pour le développement du français en Louisiane-CODOFIL, Radio Louisiane) ou économique (Louisiana Convention and Visitor Commission, le Centre international de commerce). Que retenir de toutes ces rencontrse et de toutes ces visites? Le rapport à la langue française est différent de celui observé ailleurs sur le continent. Malgré les efforts de nombreux individus et du CODOFIL, organisme gouvernemental qui fait des miracles avec un financement déficient, l’ensemble de la population soutient peu ses militants. Ici, on est avant tout Américain. Pourtant, l’industrie touristique, elle, reçoit des millions de dollars pour mettre en valeur la culture cadjine, afin de remplir les coffres de l’État. Une culture sans langue, voilà un des plus grands paradoxes louisianais. [Québec Studies, 33, pp. 36-37]

L’un qui travaille contre vents et marées pour minimiser, sinon effacer, les effets de l’américanisation du pays des Cadiens est Warren A. Perrin, président du CODOFIL depuis plusieurs années déjà, que nous avons aussi rencontré en 2000, à son bureau d’avocats, au cœur de Lafayette, où il nous expliquait la démarche qu’il avait entreprise afin d’obtenir des excuses de la Reine d’Angleterre pour la Déportation des Acadiens en 1755—démarche qui porta fruit en 2003 par la Proclamation royale.


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Hier, Warren était de passage à Québec pour le lancement de son livre Une Saga acadienne, de Beausoleil Broussard à la Proclamation royale, traduit par Roger Légère et Guy Thériault et publié aux Éditions Lambda. Il s’agit d’un petit livre en trois parties, ayant paru en anglais en 2005 sous le titre Acadian Redemption (avec le même sous-titre). La première partie du livre rend hommage au résistant acadien, Beausoleil Broussard, celui qui devint un héros, autant en Acadie qu’en Louisiane, pour ses actes de bravoure en face de l’ennemi. Perrin, dont la femme est une Broussard, suit l’ancêtre à la trace de son Acadie natale à sa nouvelle demeure en Louisiane. La deuxième partie n’a que peu à voir avec la première. C’est ici que Perrin décrit sa « démarche vers la justice », fondée sur une pétition présentée au nom des Acadiens à Margaret Thatcher et à la Reine, elle-même, demandant réparation de la part du gouvernement britannique pour les torts infligés aux Acadiens. La dernière partie du livre, composant plus que le tiers du volume (pages 145 à 232), est accessoire à la compréhension. Il s’agit de 15 annexes d’utilité variable : annexe 3, Marquage du bétail dans le Sud-ouest de la Louisiane (peu) ; annexe 10, Proclamation royale de 2003 (beaucoup).


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En prenant la parole au lancement, Me Perrin remerciait le Québec et les Québécois de leur appui constant depuis la fondation en 1968 de l’organisme qu’il préside. Cet appui est d’autant plus important depuis les événements du 11 septembre 2001, car le gouvernement des États-Unis ne permet plus le recrutement par CODOFIL de moniteurs du français et d’enseignants d’immersion en provenance des pays d’Afrique ou du Moyen Orient. Le Canada (Québec/Acadie), la France et la Belgique tiennent seuls le fort.


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À son tour de parler, l’éditeur aux Éditions Lambda a levé le voile sur un secret mal gardé. En ce moment, sur recommandation d’une Sénatrice de Louisiane, Warren Perrin serait dans la mise du président Barack Obama comme possible ambassadeur des États-Unis auprès d'un pays de la Francophonie.

À suivre donc…

octobre 30, 2009

Isle Dernière en spectacle à Québec

Dans le foulée des activités entourant le premier anniversaire du Centre de la Francophonie des Amériques, un groupe rock louisianais, Isle Dernière, mettant en vedette le jeune rockeur cadien (Cajun), Rocky McKeon, de Canal à Robinson (bayou Terrebonne, à 15 km en amont de Cocodrie), s’est produit hier soir au Cercle, bistro/bar/resto de la rue Saint-Joseph. Détendu et souriant avant le spectacle, Rocky s’est transformé vers 22h en bête de la scène. Accompagné de Ethan Jordan, Marc Poirier et Dustin Schultz, cet activiste, défenseur ardent de la langue et de la culture cadiennes, proposait une musique actuelle inspirée de classic rock et de delta blues, chantée tout en français bien sûr!

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La foule, un peu lasse au début, ne pouvait la demeurer longtemps se faisant entrainer par la bonne humeur de l’artiste, les rythmes endiablés et les paroles souvent touchantes.


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En première partie du spectacle de l’Isle Dernière, deux chanteurs guadeloupéens, G’Ny et Smiley. La première est une vedette montante des Antilles offrant une fusion entre les musiques modernes caribéennes et les courants acoustiques traditionnels, tandis que le deuxième se situe entre reggae et couleurs caribéennes—un spécialiste des nouvelles sonorités.


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octobre 18, 2009

Un futur Nordique

Né le 15 octobre 2009, à Montréal, William D. Louder, 7 lbs. 8 oz.


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Les parents: Marie-Lou Desmarais et Mathieu Louder.

Ça fait deux petits-fils en six semaines!

octobre 02, 2009

André Gladu reçu à l’Ordre des francophones d’Amérique

Décerné annuellement par le Conseil supérieur de la langue française, l'Ordre des francophones d'Amérique a pour but de reconnaître les mérites de personnes qui se consacrent au maintien et à l'épanouissement de la langue de la Franco-Amérique. À la cérémonie de la remise des insignes de l’Ordre, tenue le 30 septembre en le Salon rouge de l’Assemblée nationale du Québec, en présence de la Ministre Christine Saint-Pierre, du maire de Québec, Régis Labeaume, et du président du Conseil supérieur de la langue de française, Conrad Ouellon et de nombreux amis, collègues et collaborateurs, ainsi que de son fils, Aléxis, André Gladu, cinéaste dont la profondeur, l’originalité et la sensibilité de l’œuvre sont reconnues au Québec et partout sur le continent dans les milieux universitaires et dans les communautés acadienne, cadienne, franco-américaine, franco-canadienne et métisse, a reçu les honneurs couronnant sa longue carrière de documentariste qui se poursuit inlassablement.


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Régis Lebeaume, Conrad Ouellon, André, Christine St-Pierre


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André et Aléxis Pilon-Gladu

L’octroi des insignes de l’Ordre des francophones d’Amérique signifie que le récipiendaire a travaillé au rayonnement de la francophonie au Québec ou dans les grandes concentrations francophones nord-américaines. Dans le cas d’André, ce n’est pas une question d’avoir travaillé au rayonnement au Québec OU dans les îles de l’Archipel franco d’Amérique. Non, dans son cas, le OU se transforme indubitablement en ET. Aucun artiste ou artisan en Franco-Amérique n’a autant travaillé à la fois sur le Québec ET le hors Québec. Son tout premier documentaire, Le Reel Pendu (1971), consacré aux liens entre les cultures du Québec, de l’Acadie et de la Louisiane, annonçait déjà ce qui serait la couleur de sa carrière. D’ailleurs, une analyse rapide—et probablement partielle—de l’œuvre de Gladu révèle la réalisation de 45 films documentaires. Ils sont de durée variable (10, 30, 60 et 80 minutes) et de thèmes divers (biographie, patrimoine, musique traditionnelle…). Sur ce nombre, 18 ont le Québec comme toile de fond et les Québécois comme sujet. À titre d’exemples : Gilles Vigneault : Portager le rêve (1997), La conquête du grand écran (1996), Gaston Miron : les outils du poète (1994), Marc-Aurèle Fortin (1983), Les dompteurs du vent (1981), Le quêteux Tremblay (1977), « Pitou » Boudreault, violoneux (1974). Vingt-et-un d’entre eux visent à mettre en valeur les autres Francos d’Amérique. Mentionnons Marron : la piste créole en Amérique [Louisiane] (2005), Tintamarre : la piste Acadie en Amérique (2004), Liberty Street Blues [Louisiane] (1988), Zarico [Louisiane] (1984), Les gens libres [Métis du Manitoba] (1979), C’est toujours à recommencer [Ontario] (1979), Le Petit Canada [Nouvelle-Angleterre] (1978), Le dernier boutte [Terre-neuve] (1978), C’est pu comme ça anymore [Missouri] (1976). Enfin, cinq autres films ont été tournés en Europe, quatre en France et un en Ireland : And a bit ou music… (1979), Parler breton, c’était un crime (1979), J’ai chanté, j’ai déchanté et je rechante (1979), Il faut continuer (1978), La terre d’Amitié (1978).

Son passage à Québec a fourni à André l’occasion de rencontrer au bureau des Éditions du Septentrion, lors d’une séance de travail en vue d’un prochain film consacré aux peuples métis du Canada et des Etats-Unis, Robert Foxcurran, chercheur de Seattle en visite chez moi. Celui-ci vient de terminer la rédaction d'un volumineux manuscrit intitulé « Washington Territory’s Tale of Two Frenchtowns » . Foxcurran, à la retraite depuis peu de la grande compagnie d’aviation Boeing, poursuit depuis une quinzaine d’années sa principale passion : le dévoilement—pour ne pas dire le « déterrement »—et la mise en valeur de la présence franco dans sa région. Il s’agit d’un pan d’histoire et d’un espace géographique qui manquent dans les manuels d’histoire, autant aux États-Unis qu’ici. Rob voudrait bien corriger la situation. Tout au long de son court séjour, il nous rappelait que la présence canadienne-française et métisse est historiquement et numériquement plus importante dans l’Ouest américain que dans l’Ouest canadien. Pourtant, on associe toujours ce phénomène aux provinces du Manitoba, de Saskatchewan et d’Alberta et rarement aux États de Dakota du Nord, de Dakota du Sud, du Montana, d’Idaho, de l’Orégon et de son propre État de Washington. Foxcurran insiste sur l’artificialité du 49e parallèle en ce qui a trait aux coureurs de bois et aux voyageurs canadiens du continent et à la nouvelle nation qu’ils ont engendrée, celle des Métis…des Bois-brûlés...des French Breeds !


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Séance de travail chez Septentrion


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Robert Foxcurran devant la Fontaine Tourny

septembre 18, 2009

Claudine, Cannoise de Californie: « French San Franciso »


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Au printemps 2008, dans la région de la baie de San Francisco, la Délégation du Québec à Los Angeles organisa deux activités, l’une universitaire à Berkeley, l’autre culturelle à l’Alliance française de San Francisco. Aux deux, j’ai eu le bonheur de partager la tribune avec Claudine Chalmers, ressortissante française ayant passé le plus clair de sa vie d’adulte en Californie où elle incarne aujourd’hui le patrimoine français perdu de cette région. Collectionneuse, archiviste, conférencière et auteure, Claudine fut de passage à l’université Laval cette semaine afin de participer au Séminaire de la CEFAN (Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord), consacré ce trimestre-ci à l’étude et à la compréhension de la formation associative en francophonie nord-américaine. Sa prestation intitulée « Mouvements associatifs dans la francophonie nord-américaine : cas particulier de San Francisco », copieusement illustrée de photos et de documents historiques a séduit l’auditoire composé d’une vingtaine d’étudiants qui ignoraient, pour la plupart, l’existence d’un fond français à San Francisco et la réalité francophone de la Californie d'aujourd’hui. Grâce à son exposé et au texte intitulé « Les Québécois au ‘pays des rêves’ : nouveaux enjeux, nouvelles tendances en Californie » écrit par Marc Boucher, ancien délégué du Québec à Los Angeles et actuel délégué à Chicago, publié dans le livre Franco-Amérique (Éditions du Septentrion, 2008), et offert aux étudiants comme complément d’informations, ce manque fut comblé.

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Lucille Guilbert, responsable du séminaire, et Claudine

Venue en Californie pour la première fois à l’âge de 17 ans comme l’un des cinq exchange students—la seule de France—dans une excellente école secondaire à Palo Alto, cette Cannoise a eu la piqûre de la Californie, y revenant pour de bon dix ans plus tard pour fonder foyer (deux fils) et poursuivre son rêve.

En plus de French San Francisco, publié en 2007, Splendide Californie!: Selections by French Artists in California History, 1786-1900, un livre haut de gamme publié en seulement 450 exemplaires, vit le jour en 2001. Tel qu’en témoigne l’extrait suivant tiré d’un numéro récent du bulletin de Sierra Writers, ses intérêts ne se limitent pas au fait français. L’engagement local de cette citadine transplantée au pied de la Sierra est exemplaire.

Even from her native Cannes, France, award winning author, Claudine Chalmers had a fascination with California’s Gold Rush and the artists that captured it. Chalmers’ fascination was more than a fleeting fancy. It became a passion prompting not only her doctoral dissertation but many articles and a 2001 Commonwealth Club of California Silver medal winning book.

In her most recent book, Grass Valley, Chalmers draws on her vast research as well as interviews with local families and museum curators to get at the lesser known local history. Chalmers describes this short book as a “memory lane” sort of experience that despite its length provides the first truly comprehensive look at Grass Valley’s transformation from the Maidu settlement to an industrial mining town. Rare photographs along with histories of the lesser known cultural groups such as African-American and Jewish pioneers help “Grass Valley” to find its place on the shelf among the other Gold Rush history books.

Chalmer’s love for the Gold Rush history brought her from France in 1974. After many years in the Bay Area, she moved to Nevada County where she now lives. After renovating several old Grass Valley homes from the 1890s, Chalmers found that the stories of the houses themselves mixed with her life-long interest in early French artists and pioneers. This propelled her search deeper into the history specific to Grass Valley. An historian and historical conservationist, Chalmers hopes that the light she sheds on corners of the past in “Grass Valley” will add more details to what is known about the region and will encourage the on-going efforts to protect local landmarks and cultural heritage.

Whether you are a writer, an art lover, a historian or just want to know a little more about your local history, an evening with Claudine Chalmers will provide a learning experience for all.

Le passage à Québec de la Cannoise de Californie l’a marquée pour la vie. La beauté des lieux en ce début d’automne, l’accueil des gens à l’université Laval, au Centre de la Francophonie des Amériques, dans les restaurants et dans les rues l’a convaincue que cette première visite à Québec ne sera pas sa dernière !

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Claudine au Bois de Coulonge

septembre 02, 2009

Prix de la rentrée: un autre petit-fils

Né le 2 septembre 2009, à Boisé, ID, Jaymus Rausch, 6 lbs 14 oz.

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Les parents: Lysanne Louder et Jeremy Rausch.

Voilà que la vie est belle! ...


septembre 01, 2009

Parc des Grands-Jardins: les « Rocheuses québécoises » valent-elles les Rocheuses canadiennes ?

À chaque lecture du blogue familial (crlouder.blogspot.com) de mon fils aîné qui habite l’Alberta, je m’émerveille devant le choix de ses photos. En voici deux prises la semaine dernière lors d’une randonnée au lac Rawson, situé au cœur du « Kananaskis Country », à l’ouest de Calgary.


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Les regardant, j’ai eu envie de vivre ce que Cort et sa famille venaient de vivre et je suis parti par beau temps le vendredi après-midi pour les « Rocheuses québécoises », à 90 minutes de Québec, dans la région de Charlevoix. Depuis des années, je m’étais promis d’escalader le Mont du lac des Cygnes, en marge du parc national des Grands-Jardins. Ce jour est venu le lendemain matin (le samedi 29 août) à 7h30! Malheureusement, le beau ciel bleu de la veille cédait aux nuages gris et au brouillard que je voyais s’approcher de l’Ouest, de la vallée de la Grande rivière de Canada (autrement connue sous le vocable du fleuve Saint-Laurent) au fur et à mesure que je suivais le sentier étroit de 4,1 km menant au sommet, 440 mètres plus haut.

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Une fois rendu, il a fallu que je me couvre car il ventait à écorner les boeufs! Le paysage était devenu alpin, nordique… Du taïga partout, des roches couvertes de lichens. Il ne manquait que des caribous!

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À 360 degrés à la ronde, des vues à couper le souffle :


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Vers le Nord-Est


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Vers l’Est


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Vers le Sud-Est


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Vers le Nord-Ouest et le lac Georges


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Vers le Sud-Ouest

Nos « Rocheuses » valent-elles les « leurs »? Je ne me prononce pas, mais j’ai ma petite idée. D’une chose, je suis certain. Nous avons quelque chose qu’ils n’ont pas, ce grand fleuve qui pénètre le continent, élément vital de la vie d’ici d’antan et d’aujourd’hui. Depuis les Grands-Jardins, on peut en moins d’une heure se rendre à Saint-Siméon, là où le fleuve est le plus beau, embarquer à bord du Trans-Saint-Laurent. Quittant Charlevoix, 65 minutes plus tard, le traversier accoste à Rivière-du-Loup, porte d’entrée du Bas-Saint-Laurent, du Témiscouata et de Kamouraska.


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août 22, 2009

De la petite visite du Texas: retour à la mère patrie

De passage à Québec pour retracer leur ancêtre et voir le pays dont il était issu, Bertha Leveck-Mendiola de San Antonio et sa fille, Carla de Dallas ont eu recours à mes services. Voici l’histoire qu’elles véhiculent.


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L’ancêtre, Jean-Pierre Lévesque, est né dans la grande région de Kamouraska, probablement près de Rivière-du-Loup vers 1805. Sans doute qu’il était de ces Canayens qui ont décidé au milieu du siècle de s’expatrier dans la très loyaliste province du Nouveau-Brunswick, s’installant dans un premier temps dans la Vallée du Haut-Saint-Jean avant de se marier en 1854 avec Susan Little du comté Queens. Premières noces? Nul ne le sait.

Par contre, on sait que le couple s’est par la suite déplacé aux États-Unis, élisant domicile près de Caribou et de Presque Ile, au Maine. Ils ont eu cinq enfants élevés dans la foi de leur mère, le Méthodisme. L’un d’eux, Coleman, devient le père de Sandy, né en 1900. À 19 ans, l’armistice en Europe signée depuis peu, le soldat Sandy Leveck est posté à McAllen, au Texas, où les forces armées américaines assurent la sécurité le long de la frontière mexicano-américaine. C’est l’époque où Washington se méfie des incursions aux États-Unis du « bandit » Pancho Villa. Sandy y rencontre Elodia McDonald, Mexicaine-Américaine malgré le nom; ils se marient. L’union lui permettra de retrouver sa foi catholique, mais pas son nom Lévesque.


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Bertha, qui garde précieusement dans sa sacoche sa carte de membre de l’Association des Lévesque d’Amérique, est la troisième enfant de Sandy dont elle ne conserve qu’un vague souvenir, car il mort est en 1938, alors qu’elle n’avait que 6 ans. La langue maternelle à Bertha est l’espagnol. Elle trouve formidable de trouver au Québec un pays où tout le monde parle cette autre langue de son patrimoine culture, celle qu’elle ne parle point, le français!

Carla, diplômée de l’université Rice au premier cycle et de l’Université du Texas au deuxième, et inspirée par la vécu de ses ancêtres, poursuit actuellement un doctorat en histoire à Southern Methodist University dont le projet d’étude a pour but d’explorer, dans un cadre comparatif, les relations transfrontalières à micro échelle ayant eu cours dans le sud du Texas et dans le nord du Maine de 1900 à 1930. Autrement dit, elle s’intéresse à découvrir de quelle manière les processus d’ethnicisation et d’internationalisation ont pu jouer dans la vie de tous les jours des habitants des vallées de la Rio Grande et du fleuve Saint-Jean à cette époque charnière.

Le Québec, mère patrie! Faut le dire et le redire, car il s’agit là d’un aspect majeur de sa spécificité.

août 06, 2009

De la grande visite du Dakota du Nord : retour à la mère patrie

Il y a 130 ans, la Mauricie, comme le Québec tout entier se vidait. Exode vers la Nouvelle-Angleterre, exode vers le nord de l’Ontario, exode vers le Midwest américain et vers le Dakota du Nord, en particulier. Les Martel de Trois-Rivières, les Richard de Mont-Carmel, les Brunelle de Batiscan, les Pronovost de Saint-Narcisse et ainsi de suite.


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La semaine du 27 juillet, c’était un retour au pays—à la mère patrie—pour des descendants de ces Canadiens français partis si loin faire fortune. Dans le cadre du programme des Initiatives en français Midwest, organisme fondé en 2004 et dirigé par Virgil Benoît, professeur à l’université du Dakota du Nord, 28 « survenants » se sont pointés aux portes du Québec dans le but de visiter les lieux de leurs ancêtres. En route, afin de renouer avec des Franco comme eux et d'en découvrir d’autres, ils firent escale à Duluth, au Minnesota, à Marquette, au Michigan, à Sault-Sainte-Marie, à Sudbury et à Ottawa.


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Virgil Benoît


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Au Québec l’autobus s’arrêta, tour à tour, à Montréal, à Trois-Rivières et à Québec. La journée du 31 juillet, passée largement à l’Île d’Orléans, fut particulièrement riche en découvertes et en émotion. C’est à Sainte-Famille, à la Maison de nos aïeux, à la suite d’un excellent repas aux mets traditionnels offerts au Relais des Pins, que certains ont pu obtenir de précieuses informations sur l’endroit précis où leur ancêtre eut frôlé pour la première fois le sol canadien.


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Janice Parrow (Perreault) et sa fille, Laska, de Minneapolis, se réjouirent de trouver à quelques centaines de mètres de la Maison le monument érigé à l’honneur de leur ancêtre David Létourneau, le premier à porter ce nom en Amérique.


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Myron Senechal (au Dakota le nom aurait perdu ses accents au cours des décennies), très ému en retrouvant le lieu de son ancêtre, Jean Côté, prononça d’une voix tremblante, ces mots : « I’m home ». Au lendemain matin, lors des adieux, à mon tour d’être ému lorsque Myron s’avança du fond de l’autobus pour m’embrasser en murmurant ces remerciements : « Thank you, Dean, ô thank you for helping me find my family! »


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Les « quatre femmes Savard » (Donna Crawford et Barbara Barth, mère et fille, Barbara Lehman, sœur de Donna et Evelyn Landis, cousine des trois autres), tenaient à visiter la maison des Savard dont elles avaient déjà vu une photo. En soirée donc, elles se rendirent au 170, rue Giroux à Loretteville, résidence habitée sans cesse par un Savard depuis sa construction il y a 250 ans. À l’entrée, les quatre dames se font poser devant le monument de Simon Savard, charron, et son épouse, Marie Hurdouille.


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À la surprise de toutes, Yvette Savard, 85 ans, les reçoit sur le perron, accompagnée de deux autres Savard et leurs conjoints, l’une de Californie et l’autre de l’Ancienne-Lorette, deux sœurs. La visite de cette maison ancestrale, meublée avec goût en respectant l’histoire et la tradition, se fait littéralement de fond en comble. Mme Yvette est si fière de l’ouvrage qu’elle a sur ses deux métiers et de ses albums souvenirs qu’elle partage avec ces femmes venues de loin.


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Les « anciens Canadiens » qui ont rendu visite la semaine dernière à leur mère patrie sont tous partis le cœur rempli de joie, d’amour et de reconnaissance. Qu’est-ce que le Québec et les Québécois peuvent offrir de plus?

juin 15, 2009

L'AARQ: faire flèche de tout bois


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Le soir du 13 juin dernier, les membres de l’Association acadienne de la région de Québec (AARQ), leurs invités et amis montèrent au septième ciel, car il y avait de la belle visite d’Acadie en la salle Wilbrod-Bhrer. Calixte Duguay, légendaire poète, auteur, compositeur et interprète était de passage pour partager son grand talent et faire la promotion de son dernier album, De terre et d’eau. Duguay se joignait au chœur Échos de l’Arcadie, sous la direction musicale de Catherine-Élisabeth Loiselle, pour présenter un spectacle ayant pour titre Mémoires d’Acadie.


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La chorale, issue en 1996 de l’Association acadienne de la région de Québec, fondée, elle, l’année précédente se servit de l’occasion pour mettre la touche finale au répertoire qu’elle présentera au Congrès mondial acadien et pour épater les quelques 300 personnes dans la salle. La tournée estivale de la chorale passera dans sept localités :

            14 août            Église Saint-Simon, Caraquet, NB

            15 août            Village historique acadien, Caraquet, NB

            16 août            Église Saint-Augustin, Paquetville, NB

            17 août            Église de Covedell, Tabusintac, NB

            18 août            Pays de la Sagouine, Bouctouche, NB

            19 août            Église Notre-Dame-de-Mont-Carmel, IPE

            20 août            Chapelle historique, Sainte-Anne-de Beaumont, NB


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Le répertoire de ces chanteurs « acadiens », tous de la région de Québec, est un heureux mélange d’airs traditionnels («Ave Maris Stella», «Partons la mer est belle», «Jos Frédric»…) et d’airs nouveaux («Plus jamais la mer», «De terre et d’eau», «L’Acadie n’a pas de frontières»…), la plupart adaptées par la directrice musicale du groupe.

Le retour en Acadie de ces Québécois d’origine acadienne ou de ces Acadiens de Québec marque une étape majeure dans l’évolution de la chorale. Quelle réception y recevra-t-elle ? Seront-ils reçus comme des Québécois déguisés en Acadiens ou comme des Acadiens hors d’Acadie ? Quelle incidence cette tournée pourrait-elle avoir sur le choix du site du cinquième Congrès mondial acadien qui aura lieu en 2014. Trois régions sont actuellement en lice : la « République » du Madawaska, le sud de la Louisiane et la ville de Québec. Les résultats du concours seront annoncés à Caraquet en août, mais d’ores et déjà, ce dossier a mobilisé, jusqu’à l’épuisement, certains membres du Conseil d’administration de l’AARQ.

Si la question identitaire évoquée au début du paragraphe précédent peut paraître banale, elle pourrait également soulever la polémique, car les avis sont partagés. Les Blanchard, Chiasson, Cormier, Hébert, Landry, Melançon, Richard, Thériault, Vigneault demeurant en grand nombre au Québec depuis l’époque du Grand dérangement, sont-ils encore des Acadiens ou se sont-ils fondus dans le creuset québécois ? Lorsqu’on assiste aux activités de l’AARQ, comme le concert du 13 juin, l’une des fêtes dînatoires mensuelles ou l’assemblée annuelle, un aspect saute aux yeux, la couleur des cheveux. On dirait que pour être Acadien à Québec ou pour être conscient de ses origines acadiennes, à moins d’être nouvellement arrivé des provinces Maritimes, il faut avoir dépassé la cinquantaine !

Sensible à la question identitaire, la constitution de l’AARQ cite comme premier objectif de regrouper les Québécois d’origine ou de descendance acadienne de la région de Québec, sans exclusion quant aux Québécois intéressés aux liens d’amitié avec l’Acadie. Suivent trois autres objectifs : développer des liens avec les autres Acadiens de tous les lieux ; promouvoir le fait acadien dans la région de Québec ; contribuer à la promotion de la Francophonie canadienne et internationale.

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Sous la direction de sa dynamique présidente, Rita Cormier-de la Garde, l’AARQ fait flèche de tout bois, satisfaisant aux quatre objectifs et répondant aux attentes de ses 225 membres.

mai 19, 2009

Le passage d'un « maudit Français »

Le 7 mai dernier se tint le service funéraire à la mémoire de Louis-Charles Bruniau. À cette occasion, sa veuve, Zina, m'a demandé de livrer quelques remarques à son sujet. Les voici:

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Louis Bruniau et moi partagions un certain vécu, celui d’immigrant, lui de France, moi des États-Unis. Louis est arrivé au Québec en 1966, un an après son épouse, Zina. Quant à moi, je me suis installé à Québec en 1971. Dès mon arrivée, j’entendais souvent de la bouche des gens d’ici une expression dont je comprenais les mots, mais pas le sens de ces mots. Ce n’est qu’en 1973, lorsque j’ai rencontré Louis Bruniau pour la première fois que j’ai compris vraiment ce que voulait dire « maudit Français » !

Plus je fréquentais Louis, plus je me rendais compte qu’il y a du vrai dans tous les clichés du genre. Par contre, il y a encore plus de faux, car sous le carapace dur d’un être qui vivait une relation doux-amer avec son pays d’adoption battait le cœur d’un homme généreux, instruit, intelligent, un homme ayant aussi appris les leçons de la vie à la dure école, car Louis, membre de la tristement célèbre, mais glorieuse Légion étrangère avait connu des atrocités des nombreuses conflits de décolonisation que menaient son pays au cours des années 50 : au Vietnam, en Algérie et au Maroc.

« Légionnaire, tu es fait pour mourir et on t’envoie où l’on meurt. »

Voilà la devise qui a défini les contours de la vie de Louis Bruniau des années durant lorsqu’il faisait partie de ce Corps d’élite de l’armée de Terre française.

Après avoir découvert le Québec, Louis, Zina et Éric ont découvert le Canada. Cela s’est fait lors d’un voyage inoubliable qui les a emmenés jusqu’à l’île de Vancouver. Louis me racontait une fois, il y a si longtemps, ce voyage. Il parlait surtout des grands espaces, ces plaines à l’infini, ce grand vide qui sépare l’Ouest de l’Est. Je le traverse souvent ce vide pour me rendre chez mes enfants en Alberta et chaque fois je pense aux peuples autochtones, amérindiens et métis, qui parcouraient, en rois et maîtres, cette vaste région au cours du dix-neuvième siècle et qui gagnaient leur vie de la chasse au bison dont la population était innombrable. Sans doute que Louis y pensait aussi parce que c’était un homme cultivé qui s’intéressait à l’histoire et à la culture. C’est un peu ironique qu’au moment où j’ai appris son décès, je lisais le dernier roman de Jacques Poulin dont l’œuvre fait découvrir pour les uns, et sert de rappel pour les autres, l’importante contribution des Français aux fondements et au développement du continent nord-américain. À la page 86 de L’Anglais n’est pas une langue magique, Poulin cite le grand chef des Pieds-Noirs, Patte-de-corbeau, ami et allié dans l’Ouest des Français et Canadiens français, qui réfléchit sur le sens de la vie :

Qu’est-ce que la vie ? C’est l’éclat d’une luciole dans la nuit. C’est le souffle d’un bison en hiver. C’est la petite ombre qui court dans l’herbe et se perd au couchant.

Autrement dit, dans l’immensité de l’univers et à travers des vastes éternités, la vie est si brève, mais combien marquante.

J’aimerais terminer ces remarques par un poème de Baudelaire, ce poète qui ne fut compris que par quelques uns de ses pairs. En cela, il partageait avec notre défunt ami, Louis. J’ai trouvé trois poèmes de Baudelaire qui traitent de la mort : La mort des amants, La mort des artistes et La mort des pauvres. Je retiens le dernier.

C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ;


C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir


Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,


Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir ;

À travers la tempête, et la neige, et le givre,


C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;


C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,


Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir ;

C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques


Le sommeil et le don des rêves extatiques,


Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,


C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,


C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !

mai 13, 2009

Une mère en mer: Mme Laurette réalise son rêve

Pendant plus d’un demi-siècle, une paire de jumelles sur le rebord de sa fenêtre, la propriétaire de la petite maison jaune regardait passer les bateaux en face de Saint-André-de-Kamouraska…et rêvait. Kayak, chaloupe, goélette, grand voilier, vraquier, pétrolier, porte-conteneur…elle en prenait note dans son petit carnet. À l’arrivée de l’automne, elle faisait venir de la garde côtière à Québec l’horaire des paquebots tels Queen Mary II, Queen Elizabeth II, Explorer of the Sea, Grand Princesse… Et elle les attendait à sa fenêtre se disant, « un jour, je ferai une croisière ».


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Ce jour est enfin arrivé en juillet 2006 quand Laurette, à l’âge de 77 ans, prit le bateau à Rivière-Ouelle pour réaliser une mini croisière de 2 jours qui l’emmènerait à Chicoutimi. Or, ce n’était que l’apéritif. Le plat principal lui serait servi l’année de ses 80 ans. Le 15 février 2009, Laurette, accompagnée de sa fille, Dorothée, eut son baptême de l’air. De l’aéroport Jean-Lesage à Québec, elles se sont envolées vers Miami. À Fort Lauderdale, elles se joignirent aux 2 970 autres passagers pour entreprendre à bord du Carnival Valor une tournée autour de la Caraïbe. Quatre escales prévues avant d’accoster de nouveau à Fort Lauderdale une semaine plus tard.  D’abord, les Iles Caïman, suivi de Roaton (Honduras), du Bélize et de Cozumel (Mexique).

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Le Carnival Valor

En haute mer, comme à la plage, assise par terre ou en VW Coccinelle, Laurette jouit de la plus belle semaine de sa vie. Elle écrivait dans son journal qu’elle conservait religieusement :

Un voyage pour moi, ce n’est pas arriver, c’est partir. C’est la saveur de la journée qui s’ouvre. C’est l’imprévu de la prochaine escale. C’est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose. C’est la curiosité de confronter ses rêves avec le monde. Repos, songeries, bonheurs, on ne vous goûte vraiment qu’en mer, sur un magnifique bateau. Vive l’eau, les bateaux et les capitaines.


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C’est la petite maison jaune qui fit de Laurette Morin et moi des amis. Au moment où elle cherchait à contre cœur à la vendre, je suis passé devant sa porte. N’eut été mon empressement de me rendre au Nouveau-Brunswick ce samedi après-midi-là, je l’aurais achetée sur le champ ! Le mardi, au retour, j’avais envie de visiter ce qui aurait pu être pour moi une maison de retraite formidable. À mon arrivée, la propriétaire, Laurette, arrosait ses fleurs. Ne voyant plus de pancarte, j’exclamai : « Madame, votre belle maison est-elle encore à vendre? » Ce à quoi, elle me répondit, la gorge resserrée d’émotion : « mon cher monsieur, vous arrivez trop tard, je l’ai vendue hier ».

Contrairement au beau rêve de Laurette qui s’est réalisé, le mien d’avoir un pied à terre au bord du Saint-Laurent, dans la douce région de Kamouraska. se fait encore attendre. Cependant, de cette rencontre fortuite, je garde quelque chose de plus précieux, une amitié sûre et durable avec la maîtresse de la petite maison jaune.

mai 12, 2009

La petite maison jaune du Cap Saint-André (Kamouraska)

En 2005, en raison de son âge et en prévision d'une détérioration de son état de santé, Mme Laurette Morin Ouellet a dû se départir de sa petite maison jaune située sur le cap, en face de l'église à Saint-André-de-Kamouraska. Autrefois une maison de rang, elle avait été déménagée au milieu du siècle dernier sur ce site qui domine le village et donne sur le fleuve. C'est ici que la jeune Laurette fraîchement sortie du couvent et nouvellement mariée à un homme de beaucoup son aîné, s'établit et élèvera ses cinq enfants. C'était avec profond regret qu'elle quittait ce « petit coin de son coeur ». Le poème qui suit, écrit de sa propre main, reflète son état d'âme et son enracinement profond:


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Ma petite maison jaune

Ma maison est un endroit chaleureux et plein d'amour.

Ma maison résonne d'échos qui ne quittent jamais mes oreilles

Elle y garde des souvenirs sculptés comme de l'ivoire peint,

Délicatement colorés de nuances éclatantes ou plus douces,

Parfois effacés, presque oubliés, mais jamais rayés de mon existence.

Ma maison excelle d'images, de souvenirs, de rêves, jamais oubliés.

J'appréhende depuis quelque temps

Le jour où elle devra changer de nom.

Mais pour moi, elle sera toujours

Ma petite maison jaune.

Elle a été le témoin de très grands bonheurs.

J'y suis entrée le jour de mon mariage.

L'année suivante un premier fils est arrivé,

Puis trois autres sont venus augmenter ce bonheur.

Et enfin, une fille est venue compléter notre notre famille.

C'était en tes murs le paradis !

Si tu pouvais parler, petite maison jaune,

Que de belles choses tu aurais à dire !

Il me semblait que rien ne pouvait nous atteindre.

Il y eut bien des petits nuages qui laissèrent de le l'humidité,

Juste de quoi alimenter le grand amour que tu abritais.

Soudainement, une grande épreuve nous arriva:

La mort de ton propriétaire, mon mari.

Toi, ma vieille maison, tu es restée...

Je suis toujours très attachée à toi.

Bien que malgré moi,

J'aurai bientôt à prendre la décision de te laisser.

Tu nous a gardés tous... si longtemps dans tes murs,

Bientôt, ce sera nous qui te garderons dans nos coeurs.

Ma grande consolation,

C'est que mes enfants t'aiment et te cajolent

Comme je l'ai toujours fait.

Car notre maison est l'endroit où l'on a grandi...et d'où l'on part...

Et dont pourtant on se souvient et à laquelle on tient.

Pour moi et pour mes enfants, tu seras toujours:

« Notre bonne vieille petite maison jaune ».


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janvier 13, 2009

Rencontre dans les airs avec un Chevalier de Colomb

Comme c'est agréable de ne pas passer par Montréal pour se rendre aux États-Unis par vol commercial. Le 10 janvier, à 8h10, j'ai pris le vol 2869 de Northwest Airlink vers Détroit avec correspondance à Salt Lake City. À 14h10 (MST), je me trouvais déjà dans l'étreinte de ma soeur. Entre temps, assis dans mon siège 17-C de l'airbus 319, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Donald Bouchard, assis, lui, dans le 17-B, à côté d'une Américaine d'origine coréenne, dans le 17-A, qui ne cessait de lire de sa bible en prenant des notes à profusion. Donald partit tôt le matin de Portland, au Maine, à destination de Tucson, en Arizona, afin participer, avec 475 autres agents du KoC de partout aux États-Unis, à l'assemblée annuelle des agents des Chevaliers de Colomb dont Don est membre au quatrième degré. De chez lui, il s'occupe des dossiers des gens de sa région qui se prévalent de ses services pour l'obtention d'assurance vie et autres.


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L'histoire de Don est intéressante et en dit long sur l'évolution récente de cette capitale franco-américaine qui enjambe la rivière Androscoggin, au sud du Maine. Jeune homme, il n'a que 36 ans. Lui et son frère jumeau sont les cadets d'une famille de sept enfants dont le père est décédé en 1990 et la mère en novembre dernier à l'âge de 63 ans seulement. Sa grande soeur, la plus vieille de la famille n'a que 47 ans. Leurs parents sont nés aux États-Unis, enfants d'immigrants de Trois-Rivières, du côté paternel, et de Magog, du côté maternel. Don ne pouvait me dire avec précision la date d'arrivée dans le Maine de ses grands-parents, mais ils devaient faire partie des dernières vagues en provenance du Québec, avant la fermeture de la frontière canado-américaine en 1929. Sa mère était la dernière de douze enfants et a passé une partie de sa jeunesse, avant la fermeture de l'usine, à travailler dans le complexe industriel formé autour du Bates Mill, à Lewiston.

Mes conversations avec Don se poursuivirent évidemment en langue anglaise car son français était fort laborieux, ce qui le mettait visiblement mal à l'aise. Par contre, si j'avais eu affaire à sa soeur, cette situation ne se serait pas produite car elle parle couramment la langue de ses ancêtres. Pourquoi cette différence? Peut-être trois explications: école, relation filiale, société ambiante. D'abord, la grande soeur a eu l'occasion de fréquenter l'école paroissiale au moment où une partie considérable de son cursus s'offrait encore en français (années 1960). L'école paroissiale franco-américaine se trouvait alors dans ses derniers balbutiements, soit qu'elle fermerait soit qu'elle deviendrait une école comme les autres de point de vue langue d'enseignement. Lorsque Donald est arrivé à la même école, sa vocation linguistique avait changé, la langue française avait complètement disparu. Ensuite, la grande soeur, compte tenu du petit écart entre son âge et celui de sa mère jouissait d'une situation privilégiée auprès de celle-ci. Selon Don, leur relation ressemblait davantage à celle entre deux soeurs qu'entre mère et fille. Maman parlait français avec sa fille et l'initiait à une certaine vie française en l'emmenant régulièrement au Québec assister aux concerts de l'un de ses favoris, Johnny Farrago. Maman y achetait des disques qu'elle écoutait par la suite avec sa fille à Lewiston. Enfin, l'anglicisation/américanisation, la disparition de l'industrie du textile et la réussite économique tardive des Franco de Lewiston-Auburn faisaient en sorte que les Petits Canadas, avec leur institutions ethniques, disparaissaient rapidement les unes après les autres.

Le Messager de Lewiston, par exemple, cessa publication en 1966. Donald prétendait l'avoir vu sur la table de cuisine chez eux, ce qui est impossible compte tenu de sa date de naissance. Il reconnaît d'emblée son tort de ne pas parler français: after all, dit-il, it's my heritage. Malgré ce voeu pieux et malgré le fait que bon nombre des vieux Chevaliers de Colomb qu'il dessert en tant que commis de bureau et responsable de leurs dossiers préfèrent obtenir le service en français, sa vie se poursuit exclusivement en anglais. Don connaît le Franco-American Heritage Center, nouvellement aménagé dans la magnifique église Sainte-Marie désacralisée, mais ne sait rien de la Collection franco-américaine, les plus importantes archives franco-amércaines de l'État du Maine, conservées sur le campus de l'University of Southern Maine, Lewiston-Auburn Campus. Il n'en savait pas plus sur l'excellent volume, Voyages: A Maine Franco-American Reader, publié l'an dernier par Barry Rodrigue et Nelson Madore.

Comme je fais toujours dans de pareilles circonstances, j'ai suggère à Donald de se réorienter géographiquement, de penser plus en termes « nord-sud » et moins en termes « est-ouest », et de séjourner au Québec afin de se retremper dans la culture de sa mère patrie. Il m'informe que depuis trois ans, il a fait deux voyages à Québec, une fois seul, une fois accompagné de son épouse d'origine irlando-américaine et de leur fille. Les deux fois, il s'est logé au « Château de Frontenac ». Ses promenades se limitèrent donc au Vieux-Québec où, dit-il, « tout le monde parle anglais ». Hélas...

janvier 08, 2009

Retour sur le Centre de la Francophonie des Amériques

Dans sa chronique du mardi 6 janvier, François Bourque du Soleil prétendait que le legs de la France au 400e : un hall pour le Centre de la francophonie, au Musée de l'Amérique française était un lieu froid, vide et dont on se demande à quoi il va servir. Le Centre lui rappelait l'autre cadeau, celui de la place Royale, qui ne fut jamais déballé.


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Son billet rejoint le mien écrit le 1er octobre dernier et posté sur ce blogue. À ce moment-là, j'avais signalé qu'à 17 jours de l'ouverture, une course contre la montre était engagée pour parachever les cloisons, finir la peinture, aménager les meubles, installer le parc d'ordinateurs et des écrans cathodiques avant l'inauguration par Nicolas Sarkozy le 18 octobre.

Au Centre, on a réalisé le pari. L'ouverture s'est faite. Sarko a eu sa photo-op. Le Centre est alors entré dans une période de rodage qui est loin d'être terminée. Il faut encore du temps pour que le « fine tuning » de tous les équipements informatiques de dernier cri produise des résultats satisfaisants et que les erreurs de conception architecturale (made in France) soient corrigées. Il est encore trop tôt pour porter un jugement aussi sévère que celui de M. Bourque qui semble n'avoir vu que le hall. Donnons encore du temps au directeur général, Michel Robitaille, et à son équipe qui travaillent à l'ombre, aux étages supérieurs du Centre et sur le terrain, dans le but de mettre en valeur et de faire rayonner les cultures de langue française en Amérique.

Dans ma chronique précédente, je posais quatre questions: (1) Est-ce que le Centre va répondre aux attentes des milliers de Franco d'Amérique en quête d'un pied à terre au Québec? (2) Est-ce que ce sera un lieu convivial et accueillant pour eux? (3) Va-t-il permettre au Québec de devenir la plaque tournante véritable de la Franco-Amérique et d'assumer enfin le rôle de mère patrie à une population deux fois et demie plus grande que la sienne? (4) Deviendra-t-il autre chose qu'un centre d'interprétation froid et aseptisé destiné aux touristes?

Pour François Bourque, la décision semble être déjà prise. Je préfère attendre encore. Le succès du Centre s'inscrit dans la durée, non dans l'immédiat. Aux troisième et quatrième étages de la belle bâtisse, située au 2, Côte de la Fabrique, où travaille une équipe jeune, énergique et passionnée, des idées fusent et des projets foisonnent. En ce début de 2009, tous les espoirs sont encore permis !

décembre 27, 2008

Rendez-vous au Faks Café des compagnons d’infortune

Le café préféré du personnel des Éditions du Septentrion est le Faks, situé à deux portes, sur l’avenue Maguire, artère commerciale de Sillery. Les prix sont abordables, la bouffe savoureuse et l’ambiance conviviale. J’ai un parti pris : mon fils, Zac, y travaille!

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C’est au Faks que nous nous sommes donnés rendez-vous aujourd’hui, mon épouse, moi et nos compagnons d’infortune, Pierre et Jo Bonavent de Perpignan, en France.

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Compagnons d’infortune? Hélas, oui! Lors du retour de France le 9 décembre dernier, arrivant à Paris, de Nice et de Perpignan respectivement,.les deux couples ont eu ce rare privilège de se trouver à l’aérogare Charles-De Gaulle sous des rafales de neige suffisamment fortes pour exiger le dégivrage du Boeing 777 qui devait les transporter à Montréal. Peu habitué à ce genre de défi à ce temps-ci de l’année, le personnel des aérogares de Paris a mal répondu à l’appel, avec le résultat que nous avons passé trois heures et vingt minutes sur la piste à faire la queue avant de pouvoir nous faire arroser et décoller.

Impossible pour le gros appareil de combler le retard. Les voyageurs en correspondance à l’aéroport Pierre Elliot-Trudeau, dont les Bonavent et nous qui cherchions à nous rendre à Québec, ont été réaffectés à d’autres vols qui ne partiraient pas au cours de la soirée, car la première vraie tempête de l’hiver se déferlait tout au long de la vallée du Saint-Laurent : neige, pluie verglas!

À 22h50, nous avons appris que le vol de 23h15 sur Québec venait d’être annulé. Rien ne bougerait avant le lendemain matin! Les agents d’Air Canada, sans panique, se dépêchèrent de distribuer le numéro 800 d’un service de dépannage hôtelier. Débordés, les préposés des bagages ne purent ramener nos valises au carrousel domestique qu’à 1h30. Un peu tard pour prendre un hôtel et dormir à peine trois ou quatre heures. Aussi bien trouver un petit coin tranquille à l’aéroport et se coucher sur un banc. Voilà ce que nous avons fait, moi et mes compagnons d’infortune!

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Aujourd’hui, avec Stéphanie, leur fille, et Kenza, leur petite-fille, nous pouvions en rire. Il y a à peine 15 jours, ce n’était pas rigolo! Si tout va bien, si Dame nature collabore, les Bonavent verront arriver la nouvelle année chez eux à Perpignan. Ils auront échappé à ce pays de neige et de glace pour retrouver la douceur de la mer au pied des Pyrénées.

décembre 15, 2008

La disparition d’un autre Renoir (Alain, 1921-2008)

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Les fidèles lecteurs de ce blogue ont découvert avec moi en 2008 quelques « secrets » de la famille étendue de l’artiste peintre, Pierre-Auguste Renoir. Il en est question dans deux entrées:

À la recherche de Victor Charigot, beau-père de Pierre-Auguste Renoir (13 septembre 2008)

Essoyes : une journée en présence d’un Pharisien (20 octobre 2008)

Ce matin, grâce à Bernard Pharisien, j’ai appris le décès d’Alain, petit-fils du grand peintre, et fils de Jean Renoir, cinéaste de renommée internationale. Sur son blogue, Serge Toubiana, directeur de la cinémathèque française, nous fait part aujourd’hui de sa rencontre en 2004 avec cet homme simple et advenant, figure emblématique d'une certaine Franco-Amérique:

http://blog.cinematheque.fr/?p=95

Le propos de M. Pharisien sur le décès d’Alain Renoir peut être lu dans les commentaires qui suivent les deux articles mentionnés ci-haut (Charigot et Essoyes).

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novembre 16, 2008

Deux grands moments en 2008, les mariages de son fils et de sa fille

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Mathieu Louder et Marie-Lou Desmarais, à Saint-Hippolyte, QC, le 5 juillet 2008.

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Mary-Soleil Louder et Jason Krogman, à Boisé, ID, le 15 novembre 2008.

novembre 06, 2008

Franco-Amérique, sujet de conversation à Grand Sault.

Aujourd’hui à Grand Sault, au Nouveau-Brunswick, eut lieu le Café littéraire du mois de novembre organisé par la directrice de la bibliothèque municipale, Émilie Lefrançois. Six personnes, toutes des femmes, se faisaient des comptes rendus de leurs dernières lectures. Laura Beaulieu, du village avoisinant de Drummond, a profité de

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l’occasion pour parler à ses concitoyennes du livre Franco-Amérique, avec des clins d’œil sur Vision et visages de la Franco-Amérique, ainsi que sur le contenu de ce carnet. Étant donné le contexte régional de son intervention, elle a insisté surtout, mais pas exclusivement, sur le chapitre de Franco-Amérique consacré à l’Acadie (« Acadie 101 ») et sur l’encart intitulé « Drummond, NB, pas Drummondville, QC ».

Son propos fut reçu avec émerveillement et enthousiasme par le petit groupe qui découvrait pour la première fois l’étalement des Franco à travers le continent et se rendait compte des ponts à bâtir entre les nombreux îlots de l’Archipel franco en Amérique du Nord.

octobre 25, 2008

La Franco-Amérique sous le soleil de l’Arizona

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Brian Friedman, directeur du département de développement économique de Glendale, là où sont situés le nouveau stade de football des Cardinaux de la Ligue nationale de football et le nouvel aréna des Coyotes de la Ligue nationale de hockey, et époux de Catherine Dubrueil du chemin Royal à Beauport, me le disait clairement hier. L’Arizona, c’est tout à fait l’opposé du Québec : chaud/froid, sable/neige, aride/humide, désert/forêt, cactus/conifère, brun/vert, fusils/fleurs, conservateur/progressiste, Hummer/VW…! Je le savais. En 1985-86, j’avais passé un an comme professeur invité à Arizona State University. C’était donc avec plaisir que je me retrouvais de nouveau sur le campus pour faire connaître notre nouveau livre Franco-Amérique en m’adressant aux étudiants de premier cycle inscrits aux cours de français et aux membres de l’Alliance française. Deux conférences, l’une le mercredi, l’autre le vendredi, chacune suivie de la projection d’un film de Denys Arcand, d’abord L’âge des ténèbres, ensuite Invasions barbares. Donc, deux soirées québécoises sous les palmiers!

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Par mes deux conférences intitulées : La Franco-Amérique : lieux d’histoire, de mémoire et de vie et La Franco-Amérique : perspectives autobiographiques, je pense avoir réussi à créer un certain engouement pour le Québec, Québec et le fait franco en Amérique. Les deux longs métrages, s’ils ont été bien compris par l’auditoire, ont tempéré mon propos plutôt ensoleillé, lui jetant une certaine ombre et le teintant de pessimisme ou de réalisme.

Après San Diego et Los Angeles, c’est Phoenix la grande ville états-unienne la plus loin de Montréal. De toute évidence, la distance amenuise le niveau de connaissance que les jeunes peuvent avoir sur le Québec, voire sur le Canada. À titre d’exemple, en ce 22 octobre, personne dans la salle n’était au courant des élections fédérales tenues au Canada huit jours auparavant. Personne non plus ne pouvait nommer le Premier ministre du Canada. Évidemment, je les ai châtiés ou taquinés, selon la perspective, en leur disant qu’ils devraient avoir honte de leur ignorance, car au Québec et au Canada, nous savons « tout » sur leur course à la présidence qui tire heureusement à sa fin. Chose étonnante : la solidité des appuis au candidat Obama ici en Arizona, État que représente à Washington depuis un quart de siècle le candidat McCain.

octobre 05, 2008

Jubilé au CRCCF

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Selon son dépliant, le Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF) de l’Université d’Ottawa s’intéresse à la société et à la culture des communautés francophones de l’Amérique du Nord d’hier et d’aujourd’hui. Le Centre mène des activités de recherche et de diffusion du savoir en plus de conserver et de mettre en valeur une riche collection de ressources documentaires. Le 2 octobre, il a eu 50 ans. Pour souligner l’occasion, le Centre, fondé en 1958 grâce aux efforts de Bernard Julien, Jean Ménard, Réjean Robidoux et Paul Wyczynski, et dirigé aujourd’hui par Yves Frenette organisa un colloque sur le thème : « La francophonie en terre d’Amérique : les

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grandes questions ». Celles-ci étaient au nombre de quatre : (1) L’Amérique française : réalité historique ou construction de l’esprit? (2) Que reste-il de la littérature canadienne-française? (3) Le projet franco-canadien est-il compatible avec la diversité ethnoculturelle? (4) Quel a été et que devrait être le rôle des gouvernements dans le développement des communautés francophones?

À prime abord très simples, les questions se sont rapidement avérées très complexes sous l’œil critique des spécialistes appelés à en discuter et de l’auditoire fort nombreux qui en débattait avec ardeur et intelligence.

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Intervenants à la séance 1 : Martin Pâquet, Jean-Pierre Pichette, Michel Boch

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Intervenants à la séance 2 : Marie-Frédérique Desbiens, Johanne Melançon, Pamela Sing

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Intervenants à la séance 3 : Dominique Sarny, Monica Heller, Joseph-Yvon Thériault

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Intervenants à la séance 4 : François Charbonneau, Daniel Bourgeois, Marcel Martel

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Intervenants à la séance de synthèse : Olivier Dard, Gratien Allaire, Jean-Philippe Warren (derrière la tribune).

La veille, les membres du CRCCF et une multitude d’invités avaient rempli la salle de l’ancienne chapelle du Pavillon Tabaret pour écouter Monsieur Serge Bouchard, populaire animateur des émissions à la Première Chaîne de Radio-Canada Les Chemins de travers et Les Remarquables oubliés, les entretenir des grands pans d’histoire canadienne-française rélégués aux oubliettes à la faveur de l’histoire « officielle » émanant de la bouche et des écrits des élites

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largement rivées sur les berges du Saint-Laurent, à Montréal et à Québec. Au banquet qui s’ensuivit, le prix du CRCCF 2008 fut attribué à Dean Louder et Eric Waddell. Autant par leur enseignement sur un quart de siècle (cours Le Québec et l’Amérique française offert à l’université Laval) que par leurs publications (Du Continent perdu à l’archipel retrouvé : le Québec et l’Amérique française [1983], repris en anglais en 1992 sous le titre French America : Mobility, Identity and Minority Experience Across the Continent, Vision et visages de la Franco-Amérique [2001] et Franco-Amérique [2008]), ces deux chercheurs auraient joué un rôle de pionnier dans l’étude de la francophonie nord-américaine.

Depuis l’arrivée, il y a trois ans, d’Yves Frenette à la direction du CRCCF, il y a une volonté d’élargir le champ d’études et d’intervention du Centre qui intégrera le mois prochain de nouveaux locaux, plus spacieux et plus harmonieux, au centre du campus. D’une vocation surtout franco-canadienne pour ne pas dire franco-ontarienne, un regard innovateur sur le continent est en train d’émerger, la nouvelle devise du Centre révélant un souci continental : « Comprendre les francophonies nord-américaines ».

Or, la transition du local au continental ne sera pas facile. Les séances et les débats du colloque anniversaire en ont été la preuve. Sur les quatre séances de discussion et de débat, seule la première, avec quelques petits clins d’œil sur les communautés franco de la Nouvelle-Angleterre, évoquait des espaces outre canadiens. Seul parmi les intervenants à ne pas avoir la citoyenneté canadienne, Olivier Dard, de passage à Ottawa de Metz, en France. L’auditoire aussi semblait être tout aussi homogène. Souvent, la discussion s’embourbait dans des questions traditionnelles, mais toujours passionnantes : identité culturelle, relation Québec/hors Québec, rôle du gouvernement dans le maintien des communautés minoritaires…

À plusieurs reprises au cours de la journée, référence fut faite à la politique du Québec à l’égard des Franco-Canadiens et, particulièrement, au nouveau Centre de la francophonie des Amériques (CFA) qui aura, à partir du 18 octobre, pignon sur rue, à Québec. Malgré le refus—ou l’oubli?— du personnel au Secrétariat des Affaires intergouvernementales canadiennes d’accuser réception d’un mémoire qui lui fut destiné le printemps dernier en provenance de MM. Yves Frenette, Gratien Allaire et Rodrigue Landry, directeurs, respectivement, du CRCCF, de l’Institut franco-ontarien (Sudbury) et de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (Moncton), le nouveau CFA à Québec et son directeur, Michel Robitaille, pourront compter sur ces partenaires potentiels. Le mémoire offrait des suggestions d'orientation et identifiait des pistes de collaboration éventuelle. Texte très étoffé, il aurait mérité une réponse!


octobre 01, 2008

Le Centre de la francophonie des Amériques…toujours un chantier

À 17 jours de l’ouverture, la fébrilité règne au nouveau Centre de la Francophonie des Amériques, situé au 2, côte de la Fabrique. Ce matin, après avoir validé le positionnement d’une carte géographique au plafond du hall d’entrée de cette magnifique bâtisse en pleine rénovation, grâce aux fonds fournis par le gouvernement français, en vue de son inauguration le 18 octobre à l’occasion du XIIe sommet de la Francophonie, j’ai eu droit à une visite guidée des lieux. Ouf! Que du travail à réaliser d’ici là : parachèvement des cloisons, peinture, emménagement de meubles, installation d’un parc d’ordinateurs, accrochage aux murs de grands écrans cathodiques, réfection des trottoirs en avant et autour… et j’en passe.

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Pour le moment, il est impossible de dire autre chose que « ça va être beau! ». Est-ce que le Centre va répondre aux attentes des milliers de Franco d’Amérique en quête d’un pied à terre au Québec? Est-ce que ce sera un lieu convivial et accueillant pour eux? Va-t-il permettre au Québec de devenir la plaque tournante véritable de la Franco-Amérique et d’assumer enfin le rôle de mère patrie à une population deux fois et demie plus grande que la sienne. Deviendra-t-il autre chose qu’un centre d’interprétation froid et aseptisé destiné aux touristes circulant dans le Vieux-Québec qui pourront s’y amuser à « pitonner » et à se reposer quelques minutes après une folle course aux « t-shirts »?

Doté d’un Conseil d’administration visionnaire constitué de représentants de toutes les régions de la Franco-Amérique—autant des États-Unis que du Canada— d’une direction enthousiaste et énergique et d’un personnel hautement compétent, tous les espoirs sont permis!

septembre 30, 2008

Willa Cather à Québec

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En juin 1928, la romancière américaine bien connue, Willa Cather (1873-1947), est arrivée à Québec avec sa compagne, Édith Lewis. De leur domicile à New York, elles se rendaient à leur chalet à l’île de Grand Manan, au Nouveau-Brunswick. Malade, Mme Lewis a dû être hospitalisée plusieurs jours à Québec. Cette halte permit à Willa, francophile depuis toujours, de découvrir cette ville perchée sur un rocher, le Cap Diamant, et de s’imaginer la vie d’autrefois. Trois ans, plus tard, parut aux États-Unis Shadows on the Rock, inspiré de ce séjour et de

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ses recherches subséquentes. En 1932, celui-ci y devint le livre le plus vendu. Traduit des années plus tard en France sous le titre Des ombres sur le rocher, Shadows demeure néanmoins très peu connu au Québec, pourtant, il raconte peut-être mieux que toute autre œuvre de fiction la vie en Nouvelle-France, à Québec, au tournant du dix-huitième siècle. D’ailleurs, l’histoire commence par le départ des derniers bateaux pour la France à l’automne de1697 et se termine en 1713, l’année du Traité d’Utrecht qui redéfinissait les frontières franco-britanniques en Amérique du Nord.

Pour palier à ce manque de connaissance et pour contribuer à sa façon aux célébrations du 400e à Québec, la Quebec Literary and Historical Society dont la magnifique bibliothèque se trouve au Collège Morrin, situé sur la Chaussée des Écossais, au cœur du Vieux-Québec, a organisé le samedi 27 septembre une colloque

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consacré à ce livre remarquable qui, par sa préoccupation des rythmes de la vie et de la pérennité de la culture canadienne [française], fait penser, à bien des égards, à cet autre classique « québécois » écrit par un étranger, Louis Hémon, Maria Chapelaine.

Quatre « cathériens » (experts sur l’œuvre de Willa Cather) nous entretenaient de la femme et de son œuvre. John Murphy de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, (extrême droite dans la photo) faisait ressortir la dimension continentale de l'ensemble de l’œuvre de Cather, son souci des « petites cultures » et son désir de faire contre poids à la culture anglo dominante. Selon Murphy, Shadows « celebrates the blossoming of French colonisation and the curious endurance of a narrow culture ». Après avoir publié plusieurs romans sur les cultures immigrantes, scandinaves surtout, situées aux limites de la frontière agricole américaine, au Nebraska et au Kansas ( My Antonia), et sur las Hispaniques du Sud-Ouest ( Death Comes to the Archbishop), elle complète le portrait en rappelant la présence française sur les rives du Saint-Laurent.

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Lors de sa conférence, Robert Thacker de Canton, au New York, (extrême gauche), tenta de trouver dans l’œuvre de Cather les racines de la culture québécoise contemporaine. Certains dans l’assistance lui ont fait remarquer que Cather serait probablement surprise de constater aujourd’hui ce Québec séculaire, matérialiste et avant-gardiste. Ce à quoi Thacker a répondu qu’elle en serait probablement fort aise.

Ann Romines (seule femme), a tracé la biographie de cette jeune fille, née en Virginie huit ans après la fin de la guerre de sécession qui, jeune, s’est déplacée à Red Cloud, au Nebraska, où elle a passé sa jeunesse avant de s’inscrire à l’université du Nebraska. Pour gagner sa vie, Cather est retournée dans l’Est, à Pittsburgh, d’abord, puis à New York où elle a élu domicile pendant 40 ans. Romines a révélé l’influence sur Cather et son œuvre de chacun de ces lieux, ainsi que la nature de sa relation avec son éditrice et amie, Édith Lewis.

Enfin, Guy Reynolds, directeur du Projet Cather à l’université du Nebraska chanta les louanges de celle qu’il considère comme la plus importante « écrivaine ethnographique » de son époque. Par le contenu de son œuvre, elle dépasse les bornes du simple régionaliste, faisant preuve d'un engagement vif envers le continent. Par la portée géographique de son œuvre, Cather crée des liens innovateurs entre plusieurs régions du continent. Dans les années qui suivirent la première Guerre mondiale, l’auteure déplorait les tentatives officielles d’éradiquer la diversité linguistique dans son pays et pleurait les « apparently vanished Americas ». Selon Reynolds, Cather était un parangon de cosmopolitisme.

Avant et après chaque intervention savante, l’auditoire eut droit à la lecture en anglais et en français par de jeunes bénévoles de la Société littéraire et historique de Québec d’extraits du livre à l’étude.

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Notons enfin que cette société fondée en 1824 fut la première société savante au Canada. Son histoire témoigne du développement de la vie intellectuelle du pays. Elle est maintenant le principal promoteur d’un projet de centre culture, le Morrin Centre, qui offre au public une grande variété d’activités : service de bibliothèque et d'archives, visites guidées, conférences sur l’histoire et la littérature, groupes de discussion, ateliers d’écriture et cours de poésie…

septembre 20, 2008

Park City Remembrances…(for English, see below)

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Un récit en anglais? Une aberration sur ce blogue! Mais qui peut me reprocher de « publier » un texte dans ma langue maternelle, d’autant plus qu’il s’agit d’une vérification de l’hypothèse émise précédemment (Wallace Stegner et l'Ouest américain) et reprise ici :

Peu importe où nous voyageons, peu importe le nombre et la distance des déplacements, peu importe les tentatives d’enracinement ailleurs et peu importe notre longévité, les lieux dont nous nous souvenons le mieux sont ceux de notre enfance.

En 1952, à l’âge de neuf ans, j’ai quitté Park City, Utah, une petite ville minière de 3 500 habitants, située au cœur des montagnes Wasatch, à 7 000 pieds d’altitude et à 35 milles de Salt Lake City. Elle était en faillite. Les mines fermaient les unes après les autres. La population chutait. Son destin semblait être celui de tant d'autres petites localités du genre dans l'Ouest : devenir ville fantôme. Une douzaine d’années plus tard, la crise s’était résorbée, le vent avait changé. La ville a découvert une nouvelle vocation, le ski. Les centres de ski foisonnèrent : Treasure Mountain, Deer Valley, Canyons, Westgate… Aujourd’hui, Park City est connue mondialement. Site de compétitions internationales, y compris certains concours des jeux Olympiques d'hiver de 2002, havre de paix pour les riches et célèbres qui y élisent domicile secondaire ou tertiaire, terrain de jeu pour les gens en quête d’émotions fortes et lieu de prédilection pour l’après-ski.

La Park City racontée ici est celle de mon enfance, celle dont je me souvenais encore si limpidement à la fin de l’année 1987. C’était en cherchant un cadeau de Noël pour mes parents que j’ai eu l’idée de leur offrir ces 20 historiettes. Le cadeau a connu un franc succès. Jamais, je ne leur avais offert quelque chose d’aussi personnel. Jamais, un cadeau ne leur avait fait autant plaisir!

Évidemment, le document a connu une diffusion restreinte. C’est pour cela que je le reprends 20 ans plus tard en espérant qu’en le lisant ici, d’autres anciens de Park City s’y retrouveront et des résidents actuels pourront plus facilement se remémorer et commémorer ce milieu de mon enfance. Je dédie ce qui suit à ma sœur, Larna, et sa famille. Je souhaite également que d’autres de ma parenté—oncles, tantes, cousins—ainsi que mes quelques petits enfants qui n’ont pas le bonheur de connaître le français puissent enfin me lire sur internet et ressentir l’affection qui est encore dans mon coeur à l'endroit de mon lieu de naissance.

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Photo de tous les bébés nés en 1943 devant le Park City Miners’ Hospital. Deuxième rangée, au milieu de la photo, gros bonnet sur la tête, regardant vers l’arrière, Dean, dans les bras de sa mère, Bernice.

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septembre 15, 2008

La librairie City Lights et l’Allée Jack-Kerouac

Le 4 septembre dernier paraissait dans les pages du Devoir un article signé Gabriel Anctil (fils de l’un de mes étudiants à Laval en 1971 et aujourd’hui professeur d’histoire et d’études canadiennes à l’université d’Ottawa) et intitulé « Sur le chemin ». Anctil y décrit un roman, rédigé en français par Jack Kerouac en 1952. Inédit et insoupçonné, selon l’auteur, le manuscrit dormait depuis plus d'un demi-siècle dans la noirceur des archives à New York. Sa découverte aujourd’hui jette une lumière tout à fait nouvelle sur l'oeuvre de ce fils de Canadiens français, considéré comme l'un des écrivains les plus importants du XXe siècle.

Cet article m’a rappelé un séjour à San Francisco au début du mois d’avril 2008 lorsque j’ai eu l’occasion de faire connaître notre nouvel ouvrage, Franco-Amérique, aux étudiants et professeurs en études canadiennes à l’Université de la Californie à Berkeley et aux membres de l’Alliance française de San Francisco. Kerouac est l’une des figures emblématiques les plus importantes de la Franco-Amérique et nous faisons souvent allusion à lui dans le livre. Par exemple, à la page 13, Jack nous dit :

I cannot write my native language and I have no native home anymore, and am amazed by the horrible homelessness that all French-Canadians in America have.

Cette préoccupation chez Kerouac de l'errance se reflète dans le titre du manuscrit récemment déterré, Sur le chemin ainsi que dans son roman le plus connu, On the Road, qui n’est pas, malgré le titre, une traduction de l’autre. Aux années 50, son sentiment de déracinement l’a conduit d’un bout à l’autre du continent, jusqu’en Californie, à San Francisco, où il ne pouvait aller plus loin. Ici, il a connu M. Lawrence Ferlinghetti qui fonda en 1955 la librairie City Lights qui devint un lieu de rencontre de Kerouac et d’autres de la « génération des beats ».

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Aujourd’hui, en plus d’offrir un vaste éventail de livres de toutes sortes, la City Lights, toujours dirigé par Ferlinghetti et encore située aux limites de North Beach, quartier italien, et de Chinatown, continue à être un phare pour la contre-culture et pour ceux et celles qui s’opposent au Pouvoir et aux idées reçues.

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Faisant l’angle avec l’avenue Columbus et rejoignant l’avenue Grant, l’allée Jack Kerouac, pavée en pierres dans

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lesquelles sont encastrées une douzaine de « plaquettes poétiques » dont l’une du fondateur de City Lights sur laquelle sont gravés les mots suivants :" La poésie est l'ombre projetée par nos imaginations illuminées"

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Un échantillon des autres inscriptions qui s'y trouvent :

The free exploring mind of the individual human is the most valuable thing in the world (John Steinbeck)

Love lights more fires than hate extinguishes (Ella Wheeler Wilcox).

Without courage we cannot practice any other virtue with consistency (Maya Angelou).

In the company of best friends, there is never enough wine (en caractères chinois).

Brotherhood in all corners of the world (en caractères chinois).

Et, pour terminer sur une note écologique et sur un sujet près du cœur des Québécois, l’eau: une autre « plaquette poétique », elle aussi en caractères chinois :

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Quand tu bois de l’eau, pense à sa source.

août 29, 2008

Mario Dumont à l’école du « ouï-dire »

Voyons Mario! As-tu déjà étudié dans un « high school » américain? Es-tu déjà passé par les portes d’école affichées « Fire arms forbidden » (port d’armes à feu défendu)? As-tu vu le film du grand Michael Moore, Bowling for Columbine ? T’y es-tu déjà levé à tous les matins de l’année scolaire, main sur le cœur, pour prêter serment au drapeau des États-Unis d’Amérique? Sais-tu de quoi tu parles, Mario?

Moi, oui, Mario! J’ai été de ces jeunes hommes qui portaient fièrement le veston bleu de mon école, frappé de la lettre O en or (Orem High School), un vrai Tigre! Car sur mon O se trouvaient cousus de petits écussons, symboles de ma réussite au basket, au football et au baseball. Oui, j’avais un fort sentiment d’appartenance. Cependant, seuls les athlètes avaient le droit d’en porter. Les « bollés » devaient se contenter de certificats, de parchemins, d’un bon mot par ci par là de la part d’un enseignant ou d’une enseignante—rien de trop visible. Leur sentiment d’appartenance s’avérait moins solide.

Nos écoles au Québec sont-elles si mauvaises? En 1985, moi et ma famille avons passé un an en Arizona. Ma fille, Jolyn, venait de finir son Secondaire-IV à l’École de Rochebelle. C’est l’équivalent du « grade 10 » dans le système américain qui exige douze ans d’études pour obtenir le diplôme d’études secondaires. En cette fin du mois d’août 1985, à l’examen de ses relevés de notes des Secondaires III et IV, l’orienteur lui a annoncé qu’elle avait déjà obtenu un nombre suffisant de « crédits » pour se qualifier au diplôme et que ces « crédits » étaient correctement répartis entre sciences physiques, mathématiques, sciences sociales, "humanités" et cours facultatifs. De plus, elle parlait couramment deux langues, ce que la vaste majorité des jeunes de McClintock High School ne pouvaient faire.

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Pour se qualifier au diplôme, il a fallu seulement que Jolyn suive trois cours : histoire des États-Unis, histoire de l’Arizona, institutions politiques locales et fédérales. Sourire en coin, j’ai dit à l’orienteur, « Vous devez lui faire suivre des cours de propagande afin d'en faire une bonne Américaine ». Ce à quoi il a répondu sur un ton narquois, « Ouais, c’est à peu près cela ».

Jolyn fit donc partie des finissants de 1986 de McClintock High School, à Tempe, en Arizona. Elle en a été contente et fière. La cérémonie de « graduation » eut lieu par une belle soirée du printemps dans le stade de football des Chargers de McClintock. Il s’agissait d’un diplôme qui lui a permis d’entrer l’année suivante dans un collège communautaire aux États-Unis et, éventuellement dans un cégep au Québec. Cette année-là, elle a beaucoup appris sur la culture du pays d’origine de ses parents, sur les mœurs des gens de la région de Phoenix et sur l’éducation qu’elle avait reçue au Québec...qui n'avait pas été si pire!

août 23, 2008

La Grand-messe de Céline vécue par un « infidèle »

Je ne peux que joindre ma voix à celle du chroniqueur du Soleil François Bourque qui commentait ce matin la grand-messe du vendredi soir. Lui, comme moi, « …a revu Québec, fébrile et fière d’être un soir encore le centre du monde. Sur la route des Plaines, la procession des fidèles marchait dans l’allégresse…en direction ouest sur Grande Allée, face au soleil couchant, le peuple élu, les appelés de Dieu, détenteurs des billets donnant accès aux meilleures places…dans l’autre direction, les pécheurs sans papiers. Un long pèlerinage vers les lieux saints ». Les fidèles prenaient ainsi place devant l’autel de la diva bien aimée.

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Avec les pécheurs, je me suis retrouvé accroché à la clôture en fer forgé qui borde l’extrême nord des Plaines dans ce secteur, face à face à un « infidèle », un enseignant de la région de Toronto qui avait prolongé les vacances de son couple à Québec d’une journée afin d’assister à la grand-messe. Il se vantait des grandes célébrations auxquelles il avait déjà participé : AC-DC, Rolling Stones, New Orleans Jazz Festival (trois fois), etc. Tout cela, cependant, ne l’avait pas préparé à la spécificité de ce qu’il allait vivre vendredi soir. Jack, un nom de ma fabrication parce qu’il ne m’a pas donné le sien, a dû ressentir dans cette foule un peu ce que j’avais ressenti en 1977, en assistant à un match de football réunissant deux équipes d’universités louisianaises dont la population estudiantine est afro-américaine à plus de 90%, Southern et Grambling. La joute, tenue dans le Super Dome de la Nouvelle-Orléans, constitue possiblement le plus grand « happening » de l’année chez les Afro-Américains qui comptent quand même 32% de la population de l’État. Endimanchés au possible en ce samedi après-midi, ils remplissaient l’enceinte pour encourager leurs équipes respectives. Assise à ma gauche, ma conjointe, à ma droite, un ami, autour de nous 69 997 visages noirs.

Pauvre Jack! Au fur et à mesure que les fidèles arrivaient, il entendait de moins en moins sa langue. Il s’énervait visiblement. Une chance que j’étais là! Par contre, le fait de converser avec « un Américain de Seattle » qui avait choisi d’élire domicile à Québec en 1971 et qui semblait s'en tirer pas mal—car il est encore là—le déboussolait passablement. Dans sa tête de « bloke », un Anglo à Québec ne pouvait que se sentir persécuté, seul et malheureux.

-Quelle est la raison principale pour laquelle vous aimez vivre ici? demande Jack.

Rapidement, j’énumère trois raisons :

1. La qualité de vie ici est supérieure à toute autre ville que j’ai connue.
2. Le rythme de vie ici respecte l’être humain.
3. La ville permet à celui ou à celle qui aime la langue française et qui désire vivre en français de le faire pleinement. C’est la seule grande ville en Amérique du genre.

Les deux premières explications lui ont plu. La troisième était pour lui incompréhensible. À un moment donné, à la suite de mes révélations concernant l’identité des invités de Céline (Garou, Zachary, les Aiëux, Dan, Éric, Jean-Pierre, Ginette, etc.), tous des francophones dont il n’avait jamais entendu parler, Jack m’a chuchoté « mais elle va chanter en anglais, n’est-ce pas? »

« J’espère que non! » lui dis-je. Il me regarde de travers.

Mon nouvel ami a pu « tuffer » la première demi-heure du spectacle, mais c’était plus fort que lui. Il ne comprenait pas les paroles des chanteurs, ni la langue « étrangère » parlée par les gens autour de nous. De plus, il s’inquiétait de sa voiture stationnée à l’université Laval et de comment il ferait pour la retrouver et retourner à son motel à Sainte-Anne-de-Beaupré.

Vers 21h30, il en avait eu assez. « Quel autobus avez-vous dit? »

« Le 800 ou le 801 ».

Sur cela, Jack a empoigné le bras de son épouse et ils ont disparu dans la nuit.

Et les fidèles ont communié jusqu’aux petites heures!.

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août 19, 2008

Jean-Marie Nadeau sur Québec, la magnifique

Jean-Marie Nadeau est chroniqueur à l’Acadie Nouvelle, seul quotidien de langue française des provinces Maritimes. Les textes de cet « autonomiste » acadien publiés tous les mardis matins sont tout aussi intéressants les uns que les autres. Celui d’aujourd’hui, écrit à la suite de son passage à Québec la semaine dernière pour fêter l’Acadie, mérite l’attention des lecteurs québécois. Je vous l’offre donc sur mon blogue. Ceux et celles désirant communiquer directement avec Jean-Marie peuvent le faire à l’adresse suivante : jmacadie@nb.sympatico.ca

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J’étais à Québec la semaine dernière pour fêter l’Acadie qui se présentait en ville avec ses plus beaux habits : un tintamarre retentissant, un spectacle acadien de haut calibre en toute modernité, et une réception fort sympathique organisée par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

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Même s’il y a eu des démêlés inacceptables entourant le 400ième anniversaire de l’établissement permanent de cette ville et celui de notre 404ième comme peuple, Québec mérite la majesté de ses festivités. On ne peut que tomber sous le charme de cette ville, surtout le Vieux-Québec. Québec est en partant un bijou du patrimoine nord-américain et mondial…en français. Et dieu que ça fait du bien de passer quelques jours à entendre parler principalement français, tout en entendant autant d’allemand, d’espagnol, d’italien, de japonais que d’anglais!

Le tintamarre a été un grand succès, débordant d’émotion. Il y avait autant , sinon plus de Québécois tout au long du parcours que d’Acadiens dans le tintamarre. Ce fût donc une activité en dehors du commun, permettant aux deux peuples francophones d’Amérique de se côtoyer enfin dans l’harmonie, la solidarité, et la joie mutuelle de se rencontrer et de s’apprécier.

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Ça donne envie de trouver des moyens, comme cette présence acadienne réussie à Québec cette année, pour faciliter des rapprochements plus conviviaux entre nos deux peuples. Pour briser les murs de la méconnaissance mutuelle. Pour extirper cette acrimonie et ces ressentiments qui existent entre nous depuis que le peuple québécois a entamé un processus pour s’assumer pleinement à part entière, pour ne pas dire souverainement.

Il faut donc célébrer les initiatives des deux gouvernements, qui par le biais d’un organisme communautaire comme le Conseil économique du Nouveau-Brunswick et son homologue québécois, ont organisé des sommets économiques entre les entrepreneurs de chaque province. De tels événements se sont déjà tenus à Edmundston et Rivière-du-loup ces dernières années. Régis Labeaume, maire actuel de Québec et coorganisateur québécois avec Paul Aucoin, son pendant acadien et ancien directeur général du Conseil économique chez-nous, ont été honorés en recevant chacun une médaille de reconnaissance Québec-Nouveau-Brunswick pour leur engagement.

Benoit Pelletier, ministre québécois responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, a également reçu la médaille Léger-Comeau de la Société nationale de l’Acadie pour sa contribution à l’avancement des relations québécoises avec les communautés francophones et acadiennes du Canada. Cet honneur est hautement mérité. Depuis Claude Ryan, le ministre Pelletier est probablement le politicien québécois à avoir la meilleure connaissance et sensibilité face aux réalités que nous vivons comme communautés acadiennes et francophones au pays.

Mais, il ne faut pas se faire d’illusion. Le projet de souveraineté québécoise est loin d’être mort. Il est plutôt en sommeil, et même las pour le moment. Il est fascinant de constater jusqu’à quel point le gouvernement canadien, qui a financé en grande partie les activités du 400ième de Québec, a tenté d’y occulter le drapeau québécois, par exemple. Si les fédéralistes canadiens et québécois continuent à manœuvrer en sourdine pour imposer le Canada aux Québécois de cette façon, plusieurs de ces gestes seront bientôt démasqués et se retourneront contre eux.

Mais, ils ne sont pas les seuls. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick semble avoir aussi tout fait pour occulter d’une certaine manière l’appellation acadienne dans l’organisation de ces activités à Québec. On « pushait » autant le drapeau « NB » que le drapeau acadien. Et il parait qu’on ne devait pas trop utiliser du « bonne fête l’Acadie » dans les activités officielles. Ce n’est pas la première fois qu’on est témoin de tels gestes inconvenants. Comment pense-t-il qu’on puisse troquer le label « acadien » pour celui de « NB », à prononcer à l’anglaise ou à la française, et prendre notre place hors Nouveau-Brunswick? Sans les Acadiens du Nouveau-Brunswick, notre province serait une province anglaise comme les autres, surtout au Québec…Le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne devrait pas trop jouer sur ce terrain de cette façon.

Ces petites gamineries fédérales ne feront que nourrir à la longue la grogne souverainiste au Québec. Quant aux gamineries néo-brunswickoises, elles produiront là aussi un effet de ressac acadien. Ces mesquineries n’ont plus leur place.

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Pour terminer sur une note plus positive, il parait évident que Québec la magnifique a tout de même bien réussi son 400ième , comme elle a réussi en grand son accueil de l’Acadie. Le maire Labeaume a déjà énoncé l’intérêt de Québec à recevoir le Congrès mondial acadien 2014. Le crû 2008 de l’accueil de l’Acadie sera un atout de plus dans son jeu. Merci Québec!

juillet 28, 2008

La Louisiane française perd une partie de son âme... je perds un très grand ami.

En avril 2007, j’ai vu Richard Guidry pour la dernière fois. Sur la terrasse d’un café à Lafayette, j’ai eu le plaisir de lui offrir un exemplaire de la version nouvellement réimprimée de notre premier livre consacré à la Franco-Amérique, Du continent perdu à l’archipel retrouvé : le Québec et l’Amérique française, paru à l’origine aux Presses de l’université Laval en 1983. C’était pour le remercier du manuscrit qu’il venait de me remettre pour publication dans

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le nouveau livre, Franco-Amérique. Le titre de son texte était saisissant, chargé de signification et prémonitoire : « Les mémoires d’un Cadien passionné ».

L’état de santé de ce gros Cadien du bayou Vermillon (c’est ainsi qu’il signait ses courriels) était alors précaire et continuerait de se détériorer. Il a passé de longs mois dans un hôpital de Shreveport, dans le nord de l’État, loin de sa Louisiane et de son monde. Sorti enfin de l’hôpital et de retour chez lui, Richard semblait, pendant un certain temps, prendre du mieux. Lorsqu’en avril dernier, Franco-Amérique a paru et il en a eu sa copie, il l’a célébré en compagnie d’ami(e)s. Debbie Clifton m’a fait part de cette rencontre soulignant que Richard se réjouissait de voir sur la page couverture la photo de son copain de Haute Louisiane (Missouri), Kent Beaulne, et d’y relire ses « mémoires ».

À la page 372 de ce livre se trouve une courte notice biographique de l’auteur de ces mémoires :

Richard Guidry est né à Gueydan, en Louisiane, mais a passé sa vie d’adulte à Lafayette. Ses nombreuses activités professionnelles et créatrices visant à promouvoir la langue française lui ont valu la décoration des Palmes académiques en 1993. En plus d’être auteur de pièces de théâtre et de monologues, Richard est une véritable encyclopédie ambulante en ce qui a trait aux cultures cadienne et créole. Il fut longtemps responsable du recrutement et de la formation des enseignants du français en Louisiane.et a joué un rôle déterminant dans l’établissement, au début des années 1990, d’un réseau d’écoles d’immersion française.

Personnellement, je dois énormément au disparu. Lui, plus que tout autre, m’a initié à la Louisiane française. Je ne pourrai jamais oublier les longues conversations que nous avons tenues dans sa roulotte à Pont-Breaux en 1977 et les nombreuses sorties sur le terrain. J’ai appris à faire abstraction de ses colères et de ses opinions fortes…pour ne pas dire extrêmes. Je restais souvent bouche bée devant sa grande sensibilité vis-à-vis de la culture locale du sud de la Louisiane, mais aussi devant ses connaissances érudites des cultures francophones du reste du continent nord-américain et du monde entier. En 1996, sans le savoir, Richard Guidry a posé un geste qui a transformé ma vie affective et pour lequel je lui serai éternellement redevable.

Oui, la Louisiane vient de perdre un gros morceau, une partie intégrante de son âme et je pleure la perte d’un cher ami.

N.B. La photo qui suit m'a été fournie par Jean Guilbert, l'un des commentateurs de cette note. Elle est de Richard à 25 ans.

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Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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