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décembre 11, 2011

Noël au Trait-Carré

Après deux concerts en décembre à Saint-Pétronille et à Chateauguay, les Petits chanteurs de Charlesbourg, chorale fondée en 1995, sont rentrés à la maison hier soir pour leur concert annuel de Noël. La maison, c’est l’église Saint-Charles-de-Barromée où le Père Noël, son traineau et ses rennes sont visiblement présents.

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En face, une dizaine de sapins vêtus de leurs plus beaux habits sont « au cœur de la fête », thème cette année de Noël au Trait Carré, site historique instauré par les Jésuites en 1665. Celui-ci constituait en Nouvelle-France la première tentative de colonisation à l’intérieur des terres, c’est-à-dire à ne pas être axée sur une voie d’eau importante. L’implantation d’un nouveau système cadastral en radian étonnait par son originalité. Sa configuration en étoile différait radicalement des modèles connus jusque là et faisait contraste avec le système des rangs arpentés et aménagés ailleurs dans la vallée du Saint-Laurent. Ce système conférait à chaque parcelle une forme trapézoïdale et non rectangulaire.

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À l’intérieur de l’église, les « petits chanteurs », de neuf à 18 ans, sous la direction de Jessica Latouche, elle-même ancienne « petite chanteuse », prenaient place pour interpréter devant une salle comble, 23 chants de Noël en commençant et en terminant par les grands classiques de Handel : Joy to the World et Hallelujah. Entre les deux, un programme varié de chants religieux (Ah, quel grand mystère, Le sommeil de l’enfant Jésus, Les anges dans nos campagnes… et de chansons traditionnelles québécoises (La Bastringue, Dans nos vieilles maisons, La tourtière…). À quatre reprises, la directrice a troqué sa baguette contre sa voix, interprétant elle-même, accompagnée de la chorale, Alleluia de Mozart Adeste Fideles, Gésu Bambino et Noël.

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Devant un public survolté qui les réclamait jusque dans les jubés, la soprano lyrique, Jessica, et ses protégés revinrent en rappel pour clouer la soirée par une interprétation émouvante de Minuit Chrétiens.

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En chaire et autour de la crèche les anges s’émerveillaient de ces douces voix d’enfants !

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décembre 05, 2011

Chapelle des Jésuites à Québec, à ne pas confondre avec le Collège des Jésuites

Quatre de mes enfants ont fréquenté le Collège des Jésuites, devenu en 1982, lors de son transfert à une corporation laïque, le Collège Saint-Charles-Garnier. Il s’agit depuis 1935 d’un point de repère majeur, situé sur le boulevard René-Lévesque, à mi-chemin entre le Vieux Québec et le campus de l’Université Laval.

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Moins connue, la chapelle des Jésuites, sis au 20, rue Dauphine (angle Dauphine/d’Auteuil), face à la porte Kent. Elle a été construite en 1817 par les laïcs de la Congrégation Notre-Dame-de-Québec, d’après les plans de François Baillargé. Différentes modifications y ont été apportées depuis, notamment en 1857, 1900, 1930 et 1949.

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Jouxtant la Maison Dauphine qui fournit aux jeunes de la rue, depuis 1992, la possibilité de reconstituer un milieu de vie proche de leur vécu et de leurs besoins, la chapelle offre également aux fidèles qui le désirent l’occasion de participer à une eucharistie dominicale célébrée chaque dimanche à 16h. Une attention particulière est apportée à la liturgie au niveau de la prédication et de son environnement artistique.

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Hier, nous étions huit « fidèles » à nous réunir à partir de 15h45 dans cette enceinte qui compte parmi ses objets les plus originaux un vitrail d’Abraham nomade d’après les dessins de Steeve Lamonde, une statue de Saint-Ignace, fondateur de la Compagnie de Jésus exécutée par Louis Jobin, un vitrail au détail inusité de la conversion de Saint-Paul réalisé par W.J. Fischer, autrefois (1896-1922) maitre verrier de la maison Bernard Léonard de Québec, deux tableaux du peintre Eugène Hamel (1845-1932) (Apparition du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie Alacoque et Saint-Joseph avec l’enfant) et, au dessus du maitre-autel, un tableau de Théophile Hamel (1817-1870) rappelant la purification de Marie et la présentation de l’enfant Jésus au temple.

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L’avantage de se rendre tôt à la cérémonie, c’est de pouvoir méditer ou prier, de se recueillir, en écoutant les airs solennels, joués à l’orgue par Dany Belisle, également organiste à l’église Saint-Jean-Baptiste et professeur au conservatoire.

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Devant la pénurie de prêtres formés au Québec aujourd’hui et, à plus forte raison, chez les Jésuites, il n’est pas étonnant que le célébrant soit Burkinabé. Accompagné d’une sœur d’origine française, ce Jésuite se fait un plaisir, après la cérémonie, d’offrir le goûter (café, jus et pâtisseries) aux fidèles. Le moment fort de la messe qui n’a duré qu’une quarantaine de minutes fut, pour moi, l’échange de mots de paix et la poignée de main entre nous tous—tous les huit et tous de plus 65 ans!

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Si, un bon dimanche après-midi, il y avait du monde à la messe, il faudrait évidemment, compte tenu du petit nombre habituel, reconstituer le premier miracle de Jésus.

novembre 19, 2011

L'hiver, peut-on se passer de sa voiture?

Au Québec, du 15 décembre au 15 mars, la loi exige que tous les véhiculés motorisés soient munis de pneus d’hiver. Afin d’éviter les doubles dépenses—car, au printemps, ma Volkswagen Coccinelle aura également besoin de quatre nouveaux pneus d’été—la petite voiture rouge sera remisée. Donc, pour le transport intra urbain, pendant le plus dur de l’hiver, on dépendra du Réseau de transport de la capitale (RTC).

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En prévision de ce sevrage, des tests s’imposent! Peut-on, par exemple, se rendre du quartier Saint-Sacrement au cœur du Vieux-Lévis, de l’autre côté du Saint-Laurent, sans gaspiller du temps et de l’effort?

10h30, monter dans l’autobus no 1 à la porte de la maison;

10h53, arrivée à la gare fluviale;

11h00, embarquer à bord du traversier Lomar Gouin;

11h20, descendre du traversier à Lévis;

11h30, monter l’escalier rouge;

11h45, marcher vers l’ouest le long de la très jolie rue Fraser;

11h55, au coin de Fraser et Guenette, monter au centre du Vieux-Lévis;

12h, s’asseoir au restaurant vietnamien/thaïlandais Lévina;

13h30, explorer à pied les charmes du Vieux-Lévis, descendre la Côte du passage vers le fleuve;

15h, embarquer à bord du traversier;

15h15, monter dans l’autobus no 1 vers Charest, Saint-Vallier et la Pente douce;

15h40, retour à la maison.

Oui, la preuve est faite! Cela peut donc se faire. On ne gaspille ni temps ni énergie. Au contraire, on découvre sa ville, on la vit, on s’amuse! Et les choses que l’on observe sont extraordinaires.

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Château Frontenac

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Louis-Jolliet

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N.M. Alphonse-Desjardins (traversier jumeau)

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Escalier rouge

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Navire citerne de la compagnie Mega Chemicals

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Belvédère, coin des rues Fraser et Guenette

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L’Anglicane, ancienne église protestante transformée en salle de spectacle

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Intérieur du restaurant Lévina

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Confiserie du Vieux-Lévis

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Se sucrer le bec à la confiserie du Vieux-Lévis

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Quai de Lévis

Non, la Coccinelle ne va pas manquer. Elle sera au chaud, libre de neige, libre de glace, libre de sel, libre de saleté, libre de rouille. Son conducteur, par contre, sera moins à l’abri des intempéries. Aura-t-il le courage de refaire ce même parcours (Saint Sacrement/Lévis) le 1er février lorsque la température pourra chuter à -25 ? À suivre.

octobre 17, 2011

Montrer sa ville aux gens du désert

Pour les gens du désert, une visite automnale à Québec est salutaire. Peu habitués aux couleurs vives du feuillage, ni à la verdure de l’herbe, ni à l’abondance de liquide dans les cours d’eau, ils restent bouche bée devant la beauté de Québec en octobre.

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Avec un copain, Rémy Tremblay, et son chauffeur attitré, j’ai eu l’occasion vendredi dernier de faire visiter la ville à une dizaine de croisiéristes de l’Utah et deux autres de l’Arizona, tous liés par le sang ou par l’amitié. Il s’agissait de six couples :

Jay et Randy Cornaby, de Spanish Fork, UT

Carl Ray et Wanda Collett, de Vernal, UT

Terell et Sheryl Collett, de Vernal, UT

Guy et Dee Collett, de Vernal, UT

Kenny et Julie Stewart, de Vernal, UT

Travis et Susan Collett, de Tucson, AZ

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Les gens du désert devant la fresque des Québécois, Place Royale

À la gare du Palais s’est ajouté au groupe, un septième couple, Uschi et Harald Cüppers, de Mönchengladbach, en Allemagne. Uschi et Harald cherchaient l’autobus no 800 du Réseau de transport de la Capitale pour se faire transporter à la chute Montmorency. Puisque, nous nous y rendions, je les ai invités à monter à bord et à passer ce qui restait de la journée avec nous, y compris l’avant dernier arrêt de l'excursion, au Jardin Jeanne d’Arc qui revêt un style bien particulier. De forme rectangulaire et légèrement en contrebas, il allie le style classique français aux plates-bandes mixtes à l'anglaise. Pour les Européens habitués à de tels jardins, c’était joli, sans plus, mais pour les gens du désert, c’était ravissant !

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Le groupe, moins Harald, au Jardin Jeanne d’Arc

Ce qui a le plus plu à tous les participants, sans exception, fut l’arrêt à la chute Montmorency, située à l’embouchure de la rivière portant le même nom. Ils ont pu observer cette colossale cataracte, haute de 83 mètres (30 de plus que celles de Niagara) sous tous les angles, que ce soit de la passerelle enjambant la rivière au-dessus de la chute, soit du sentier menant au pied de la chute, soit de différents niveaux du grand escalier qui compte 483 marches et relie pour le piéton le haut au bas.

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L’eau tombe dans un bassin d’une profondeur de 17 mètres avant de couler vers le Saint-Laurent, le rejoignant à proximité du Pont de l’île d’Orléans, construit en 1935.

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Au loin, la silhouette de la ville.

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Avant de ramener les touristes/croisiéristes du désert à leur bateau dont il y en avait cinq en port ce jour-là, ils ont goûté à l’unique hospitalité et la sympathique ambiance de Chez temporel, au cœur du Vieux-Québec, mais à l’écart des sentiers empruntés par les « troupeaux » de touristes.

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octobre 02, 2011

La chapelle Turgeon à Saint-Léonard-de-Portneuf

Me rendant à Rivière à Pierre pour pique-niquer aux chutes de la Marmite, accompagné de Gilles Tremblay, j’aperçois au loin, à l’ouest de la route 367, perchée sur le flanc de la montagne, surplombant le village de Saint-Léonard, une belle petite chapelle. Au retour, on s’y rendra!

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Les chutes marquent la fin du pavé. Les chasseurs et pêcheurs se baladant en véhicule à quatre roues motrices peuvent continuer beaucoup plus loin sur un chemin en gravier parsemé de trous et de fissures à dimension variable. Mais en VW Coccinelle? Pas question!

Les chutes ne sont pas hautes, mais elles sont belles. Couvrant une assez vaste superficie, elles coulent et chantent. Elles invitent à la promenade. Il s’agit de la marche à pied facile dans une forêt enchanteresse saupoudrée de roches massives et de champignons délicats.

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En 30 minutes, le tour est fait!

Du haut de sa colline, la chapelle Turgeon témoigne de la grande dévotion des citoyens d’autrefois et surtout de celle de la famille Turgeon à qui en revint la construction en 1919 et l’entretien jusqu’à nos jours.

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Vu de l’entrée—débarrée en tout temps paraît-il—l’autel richement orné fait contraste avec la simplicité du mobilier, des chaises droites en bois. Les fenêtres sur les des deux côtés de l’édifice permettent une ample pénétration de lumière à toute heure de la journée.

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Vers l’avant à droite se trouve le « coin du Sacré-cœur » et à gauche le « coin de la Madone ».

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Vers l’arrière, près de l’entrée, dans le troisième coin, un vieil orgue à pédales (harmonium) sur lequel se repose un livret pour que signe chaque visiteur. Un regard jeté rapidement sur le livret révèle que les visiteurs ne sont pas si nombreux et qu’ils ne viennent pas de très loin. La petite enceinte est dominée en avant et sur le côté gauche par deux grands tableaux.

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Le quatrième coin porte à confusion. À prime abord, je croyais y trouver le confessionnal. Mais non, ce n’est pas cela! En tirant le rideau, j’y vois balai, vadrouille et porte poussière! Pas très inspirant, mais il faut quand même garder les lieux propres!

septembre 25, 2011

Les chaises de la Gare du Palais

Sauf pour la pénurie de trains qui y passent, la Gare du Palais à Québec n’a rien à envier aux gares ferroviaires des villes de province en France. Entourée de jardins ponctués depuis quelques années d’un magnifique jet d’eau, la gare renaît depuis qu’elle est jumelée avec la gare routière.

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Hormis le jet, ce qui fait le charme de l’espace vert s’étalant devant la gare, c’est ses chaises, mais pas n’importe lesquelles. Il s’agit de l’œuvre de l’artiste Michel Goulet offerte par la ville de Montréal aux citoyens de la ville de Québec à l’occasion du 400e anniversaire de sa fondation.

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Rattache deux chaises, une maquette du Saint-Laurent, avec en amont l’espace montréalais et en aval l’agglomération de Québec. Entre les deux, se démarquent Trois-Rivières et le lac Saint-Pierre

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Pour souligner le thème de son œuvre, « Rêver le Nouveau Monde », Goulet met en évidence sur chaque chaise une idée (un vers) de l’un des grands rêveurs d’ici. Nous en retenons ici quatre : Émile Nelligan, Hector de Saint-Denys Garneau, Gérald Godin et Leonard Cohen, ce qui ne constitue qu’un dixième de l’exposition.

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Que les Québécois se rendent à la Gare du Palais s’asseoir et se faire un festin des paroles de leurs plus grands poètes!

Par une belle journée d'automne à Québec, je m'interroge

De son socle au-dessus du Saint-Laurent, Champlain surveille sa ville. En ce troisième jour de l’automne, ça grouille autour de lui. La terrasse Dufferin est noire de monde.

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Je songe à un article que j’ai écrit en 1978. Ouf, cela fait plus de 30 ans! J’y décrivais des parallèles historique et actuel qui existent entre le Vieux Carré de la Nouvelle-Orléans et le Vieux-Québec, insistant beaucoup sur des valeurs culturelles. En conclusion, je disais :

Certes le Vieux Carré et le Vieux-Québec sont des endroits sans pareils. Constituent-ils des vestiges urbains de l’Amérique française? En dépit de toute la rhétorique d’un « Disneyland nordique », on peut répondre dans l’affirmative pour le Vieux-Québec. Pour l’instant [est-ce encore vrai en 2011?], il est le symbole d’un passé, d’un présent et d’une culture vivante. Bien sûr, il existe des cancers au sein du Vieux-Québec, dont Place Royale, un artefact rappelant le passé mais ne le symbolisant guère et encore moins le présent. Ce diagnostic est encore plus précis pour le Vieux Carré! Ce qui se passe à Place Royale et un peu partout dans les rues et ruelles les plus fréquentées du Vieux-Carré constitue l’appropriation de la culture à des fins commerciales. L’utilisation des formes culturelles vidées de tout rapport organique avec leur contenu est non seulement absurde, mais elle entraîne l’aliénation …

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Aujourd’hui, alors que la population locale du Vieux-Québec diminue toujours sans cesse et que le quartier se trouve de plus en plus envahi par des touristes de tout acabit, y compris des amateurs de croisière qui arrivent chaque automne de plus en plus nombreux, la question reste entière. Évidemment, le tourisme de masse et les événements de sport extrême comme le Red Bull Crushed Ice attirent des sommes énormes pour les commerçants du secteur, mais à quel prix pour les résidents?

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Crown Princess

Aida Aura

Mise en service

2006

2003

Pavillon

Bermudes

Allemagne

Longueur

290 mètres

202 mètres

Nombre de passagers

3 200

1 266

Nombre d’équipage

1 160

418

Tonnage

113 000 t.

42 000 t.

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En 1977, nous avons mené une enquête auprès des résidents du Vieux Carré. Il visait à exploiter cinq thèmes : (1) réseaux sociaux à l’intérieur et à l’extérieur du Vieux Carré; (2) connaissances géographiques et historiques du quartier français et de ses rues et monuments; (3) sentiments des résidences à l’égard des touristes; (4) reconnaissance de l’évolution du quartier et attitude vis-à-vis des politiques régissant non seulement l’aménagement mais aussi la vie du quartier et (5) caractéristiques des résidents eux-mêmes. L’enquête révéla en premier lieu que beaucoup de résidents du Vieux Carré nourrissent des sentiments personnels assez profonds vis-à-vis de leur voisinage qu’ils assimilent à une sorte de village. La presque totalité de leurs activités s’y déroulait, la plupart des services y étant disponibles. Ils ne quittèrent que rarement leur quartier. D’autres jouissaient de l’anonymat que ce quartier leur assurait. Certains adoraient le milieu historico-culturel sans toutefois être en mesure d’en définir le contenu. Étant pour la plupart des locataires, les résidents n’avaient guère de sentiment d’appartenance. Tous se rendaient compte que la préservation et l’aménagement n’étaient pas entrepris pour leur bien, mais plutôt pour celui du visiteur occasionnel. Bref, le French Quarter n’était jamais à eux. Il fallait toujours le partager.

Contrairement à la Nouvelle-Orléans, au Québec il y a l’hiver. Au moment où la température baisse et que la neige tombe, le Vieux-Québec revient temporairement au Québécois. J’ai assez hâte au mois de novembre!

juillet 30, 2011

Deux monuments à la guerre, l’un héroïque, l’autre tragique

Personne ne doute de la vocation militaire de Québec. La présence du Parc des Champs-de- Bataille, autrement connu par le nom des Plaines d’Abraham, et du Parc des braves, les deux encore parsemés de canons silencieux depuis deux siècles, rappellent les guerres coloniales du XVIIIe siècle—guerres qui ont scellé en quelque sorte le destin des Franco d’Amérique.

Au vingtième siècle, la ville fut marquée par des événements reliés aux deux grandes guerres, l’un de manière héroïque, l’autre de manière tragique, les deux commémorés sur le tard, les monuments ne voyant le jour qu’en 1998.

Le premier, situé à l’entrée du Vieux-Québec, à gauche après avoir traversé la porte Saint-Louis, rappelle le souvenir du passage deux fois à Québec, en 1943 et en 1944, du président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt, et du Premier Ministre de la Grande-Bretagne, Winston S. Churchill, qui cherchaient une issue de la deuxième guerre mondiale en Europe. Certains prétendent que c’est ici que la stratégie du débarquement des Forces alliées en Normandie le 6 juin 1944 s’est élaborée.

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À l’occasion de la Conférence de 1943, William Lyon McKenzie King, premier ministre du Canada, aurait émis un souhait : « Ne serait-ce pas magnifique si l’histoire pouvait raconter que c’est ici à Québec que l’on a assuré la libération de la France ! »

Dans un tout autre registre, le monument consacré aux événements du printemps 1918, situé dans la Basse-Ville, pas loin du carrefour du boulevard Charest et de la rue Saint-Vallier, souligne l’un des épisodes les plus tragiques dans les rapports entre le Québec et le gouvernement fédéral.

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Le 28 mars de cette année-là et pendant cinq jours consécutifs, des citoyens de Québec manifestent leur opposition à la mobilisation obligatoire et aux méthodes prises par les autorités fédérales pour rabattre les conscrits. Le 1er avril, tout se gâte lorsque les officiers militaires ordonnent à 1 200 soldats anglophones, venus exprès de l’Ontario et de l’Ouest canadien, de disperser à la baïonnette les gens rassemblés. Les cavaliers chargent la foule concentrée à l’angle des rues Saint-Vallier, Saint-Joseph et Bagot qui réagit en lançant des pierres aux soldats. Après avoir lu en anglais le riot act (l’ordre de dispersion), les soldats mitraillent la foule, tuant quatre personnes et en blessant 70 autres.

Sont morts :

Honoré Bergeron, 49 ans, menuisier

Alexandre Bussières, 25 ans, mécanicien

Georges Demeule, 14 ans, cordonnier et machiniste

Joseph-Édouard Tremblay, 20 ans, étudiant à l’École technique

Morale de l’histoire : quand on a affaire au Fédéral, il vaut mieux comprendre l'anglais !

juillet 28, 2011

Cadeau idéal qu’offre Calgary à Québec

À l’occasion de l’anniversaire de ses 400 ans, Québec a reçu de nombreux cadeaux de diverses provenances. L’un d’eux est bien connu de ceux et celles qui font du vélo sur la nouvelle promenade Samuel-de Champlain, ce grand parc aménagé le long du fleuve Saint-Laurent sur près de 2,5 kilomètres, mais méconnu des gens qui ne fréquentent pas ce coin de la ville qui est le Cap-Blanc. Il s’agit d’un petit « troupeau » de chevaux sauvages.

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Quoi de mieux pour symboliser cette ville albertaine jumelée à Québec depuis 1956 que des chevaux qui courent et qui ruent? Cette œuvre du sculpteur fransaskois Joe Fafard, né à Sainte-Marthe en 1942, intitulé « Do, ré, mi fa, sol la si do » rappellent bien sûr le passé cowboy de l’Alberta et le Stampede de Calgary, rodéo et fête western ayant lieu à tous les mois de juillet, mais elle fait penser également à la présence de chevaux en Nouvelle-France.

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Historiquement, des chevaux présents ici avaient des origines royales, les premiers étant tout juste sortis des écuries du roi Louis XIV en 1665. Leurs descendants devinrent une source d’énergie indispensable à la pratique de l’agriculture et à l’exploitation des forêts et des mines au Québec, ainsi qu’au transport des citoyens.

À la fin du XIXe siècle, au moment où le Canada moderne prenait de l’expansion, de nombreux chevaux furent ici chargés dans des wagons et transportés vers l’Ouest afin de faciliter la transformation des prairies en terres agricoles et des forêts en exploitation forestière.

Cette œuvre de Joe Fafard dévoile l’histoire inédite de la contribution des chevaux à l’édification du Canada tel que l’on le connaît aujourd’hui.

juillet 04, 2011

Le Dekhockey à Québec

Dans le « désert » qui est le boulevard Sainte-Anne entre Estimauville et les chutes Montmorency (au 4178 pour être précis), il y a de l’action à tous les jours! Il s’agit du Centre de Dekhockey de Québec, une nouvelle façon de vivre le hockey en plein été.

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Plus de 60 équipes divisaient en 5 catégories se font face sur la belle surface bleue. Ça lance, ça compte, ça court, ça se bouscule un petit brin, mais ça s’amuse surtout!

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Pendant que les papas se vident pendant trois périodes chronométrées de 10 minutes, les mamans, les blondes, les bébés et même les grand-pères profitent du soleil et encouragent leurs héros.

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Invitation à venir voir jouer quelques matches. L’ambiance est bonne et au chalet la bière est froide !

juin 12, 2011

Tout le monde et son chien viennent au Kiosque Edwin-Bélanger


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Hier soir, avec l’inauguration de la dix-neuvième édition des spectacles gratuits en plein air, au Kiosque Edwin-Bélanger, l’été, pour moi, est arrivé! À partir du 11 juin jusqu’au 21 août, à tous les jeudis, vendredis, samedis et dimanches à 20h—exception faite de trois relâches à l’occasion de la Fête nationale du Québec, de la Fête du Canada et du Festival d’été de Québec, le Kiosque, situé au cœur des plaines d’Abraham, à deux pas du Musée national des beaux-arts du Québec, accueillera, pendant deux mois, sur sa magnifique scène, dans un décor unique—en pleine nature…en pleine ville—des artisans des blues, de la chanson populaire, de l’art lyrique ou des musiques du monde, le tout agrémenté de deux soirées des Variétés, montées sur mesure et exclusivement pour le Kiosque. Pour connaître la programmation au complet : (www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/edwinbelanger.php)


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Pour lancer la saison, la Commission des champs de bataille nationaux, et son responsable de la programmation au kiosque, Martin Duchesneau, ont fait appel à l’ancienne « star-académicienne » (2005), Audrey Gagnon, qui proposait devant un public conquis d’avance un beau mélange de musique acoustique, blues et pop qui mettait bien en évidence le côté joueur, naïf et rieur de l’artiste.

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De son vaste répertoire riche et varié, je retiens deux chansons qui m’ont ému particulièrement. D’abord une nouvelle composition—quasi inédite—qui fait rigoler : « J’aime les bouches ». Ensuite, la grande classique de Leonard Cohen, chantée en deuxième rappel : « Hallelujah » !

Que d'émotion!...pour clore la soirée avant d’enfourcher mon vélo en vue du court retour à la maison.

juillet 29, 2009

Découverte surprenante au cimetière Mont-Hermon, un inuksuk

Selon l’entrée du 3 juin dans ce carnet, un cimetière peut cacher bien des surprises. J’en ai encore eu la preuve aujourd’hui en me rendant au cimetière Mont-Hermon à Sillery, lieu qui recèle l’histoire des Anglais de Québec à partir de 1848.


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En fait, c’est au printemps de cette année que des hommes d’affaires, des marchands et des constructeurs de navires de foi protestante et de langue anglaise convoquent une assemblée publique pour discuter de la possibilité d’aménager, en milieu rural, un cimetière pour recevoir le trop-plein de celui de la ville, situé sur la rue Saint-Jean, autour de l’église St. Mathew’s (aujourd’hui bibliothèque municipale). À l’aide de John Gilmour, la Quebec Protestant Cemetery Association fut créée. Sous la présidence de George O’Kill Stuart, l’association réussit rapidement à amasser les fonds nécessaires à l’achat du terrain. L’année suivante le nom d’une montagne biblique située à la frontière du Liban et de la Syrie dont une partie du versant méridional se trouve aujourd’hui sous contrôle israélien est choisi: Mount Hermon Cemetery.

Louis-Jacques Dorais, ami de longue date and professeur d’anthropologie à l’université Laval, m’a servi de guide pour découvrir aux marges des secteurs Y et Z (coin sud-ouest) de ce vaste espace vert aux arbres bicentenaires le monument érigé en 2003 à la douce mémoire des Inuit inhumés ici entre 1948 et 1975. Il s’agit d’un simple inuksuk, visible aussi de la côte de l’Église si le passant sait où fixer le regard. On estime à une trentaine le nombre d’Inuit décédés à Québec lors un séjour à l’hôpital Laval pour recevoir des soins—le plus souvent pour la tuberculose. À partir de la signature de la convention de la Baie James en 1975, la situation a changé. Le Conseil régional de la santé et des services sociaux formé à l’époque, auquel participaient les Inuit eux-mêmes, exigeait dorénavant le rapatriement de ceux et celles décédés dans les hôpitaux du Sud.


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À quelques mètres seulement de l’inuksuk se trouve la pierre tombale de Meetook, maman bien aimée de Mossee Lewis. De cette pierre, on peut déduire que Meetook venait peut-être de l’ïle de Baffin, de Davis Inlet ou d’ailleurs. Chose certaine, elle n’était pas du nord du Québec. Comment savoir? C’est que devant la difficulté d’épeler le nom des gens du Grand-Nord, le gouvernement fédéral créa un système de nommer qui attribuait tout simplement à chaque Inuit un chiffre identitaire et un code alphanumérique correspondant à sa région d’origine. Pour le nord québécois, deux provenances étaient possibles, les régions E-8 et E-9. Lors des rencontres entre représentants du gouvernement et Inuit, ces derniers devaient porter un collier arborant chiffre et code, ce que l’on appelle communément dans le langage des forces armées en temps de guerre un « dog tag ».


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L’accès au monument Inuit se fait mieux par le Parc des voiliers, où il y a une entrée piétonnière, et non par le Chemin Saint-Louis. En fait, cette parcelle faisait autrefois partie du cimetière, mais en 1964, l’Association du cimetière Mont-Hermon en a fait don à la ville de Sillery. Pour moi, ce tout petit parc a une signification disproportionnée à sa superficie. À tous les deux ans environ, entre 1972 et 1990, l’année de la mort de ma mère, mes parents venaient à Québec nous rendre visite. Jacasseuse ma mère, elle se frustrait vite à Québec en raison de la barrière linguistique. Habituée à parler à tous et à chacun, elle était parfois convaincue qu’il y avait ici une conspiration contre elle. Rien de mieux pour la calmer qu’une promenade du Chemin Gomin (chez nous) au Parc des voiliers. « C’mon, Bert, let’s take a walk », disait-elle à mon père en lui prenant par la main. Seuls, assis sur ce banc faisant face au fleuve, ils regardaient passer pendant de longs moments le trafic fluvial tout en admirant le paysage et la silhouette de la ville de Québec.


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juin 03, 2009

Combattants sud-vietnamiens à l’honneur au cimetière Belmont

Un cimetière peut cacher bien des surprises ! Il s’agit d’y aller pour en découvrir. À la recherche de la nouvelle sépulture des Sœurs dominicaines de la Trinité au cimetière Belmont à Sainte-Foy (voir texte précédent), je suis arrivé face à face avec un soldat sud-vietnamien assis sous son enseigne.


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Rappel inattendu d’un long conflit, 1954-1975.

Sacrilège chez les Sœurs dominicaines de la Trinité

Au 1045, Boulevard René-Lévesque, à Québec se trouve le pavillon Saint-Dominique, centre d’hébergement privé pour personnes âgées et couvent des Sœurs dominicaines de la Trinité, communauté fondée en 1887 par Philomène Labrecque, Mère Marie-de-la-Charité, sous le vocable de Sœurs dominicaines de l’Enfant Jésus. C’est seulement depuis le 18 janvier 1967, à la suite d’un décret de Rome sanctionnant l’union définitive avec les Dominicaines du Rosaire, que la nouvelle appellation est en vigueur.

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Jusque cette année, les jardins autour du pavillon étaient sublimes : une multitude d’arbres de plusieurs espèces, d’innombrables plates-bandes fleuries, des framboisiers produisant des fruits gros comme le pouce et un petit potager. Au cœur de cette scène bucolique, à l’intérieur d’une basse palissade blanche, le cimetière de la communauté. À son centre, le monument à la mémoire de Mère Marie-de-la-Charité et, autour, une centaine de pierres tombales au ras du sol rappelant en toute simplicité le nom de chaque sœur décédée.


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L’automne dernier, les fossoyeurs ont été à l’œuvre. Travaillant en sarrau blanc, gants et masques, ils ont profané cet espace sacré en le vidant de son contenu, le déplaçant au cimetière Belmont. Aujourd’hui, il n’y reste qu’un grand vide—un grand champ en friche, pourrait-on dire.


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Et pourquoi donc? La construction d’une annexe au pavillon pour accueillir un nombre plus grand de personnes âgées en perte d’autonomie? Pour vendre une lisière du terrain pour du développement domiciliaire? L’une ou l’autre des deux hypothèses recueillies sur le terrain pourrait se valider.

Les pauvres Sœurs dominicaines de la Trinité dont le repos éternel vient d’être rompu, que sont-elles devenues? Elles ont été transportées à cinq kilomètres de là et enterrées dans une fosse commune sur l’allée Marie-de-l’Incarnation, aux limites septentrionales du cimetière Belmont.


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Elles y sont entourées d’Eudistes, d’Ursulines et de religieux de Saint-Vincent de Paul, tous trois ayant connu, comme elles, la migration post mortem. Tant qu’il n’y aura pas de monument sur place pour rappeler l’existence de ses femmes engagées ayant consacré leur vie à ce qu’elles croyaient être l’œuvre de Dieu, on pourra parler d’un sacrilège.


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avril 20, 2009

Fusions, défusions et intercommunalité : prétextes pour un séjour au Québec

Sous la direction du professeur François Hulbert, anciennement de l’université Laval, Larbi Meftah prépare une thèse de doctorat à l’université de Metz, en France. Son sujet : « l’intercommunalité ». Il semblerait qu’un séjour au Québec où les fusions forcées de 2002, suivies en 2003, l’année de l’arrivée au pouvoir des Libéraux de Jean Charest qui permit la défusion des municipalités la désirant, puisse contribuer à la réflexion sur les relations entre les « communes » (municipalités) en France. Voilà donc le but du court séjour de Larbi à Gatineau, à Montréal et, bien sûr, à Québec où il a profité de la belle température du printemps pour explorer la vieille capitale et sa région, assister au Salon international du livre de Québec et sentir la fièvre des séries éliminatoires de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Comme boni, il a pu goûter à la merveilleuse cuisine de Mme Charlotte.


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Après une tournée de la rive nord (nouvelle ville de Québec) organisée par Martine Freedman, étudiante au doctorat en géographie à l’université Laval, Larbi, en ma compagnie, emprunta le traversier, Lomer Gouin, pour atteindre la rive sud et explorer la nouvelle ville de Lévis, depuis Beaumont et le site proposé pour l’installation du port méthanier préconisé par les promoteurs du projet Rabasaka et opposé par les chercheurs du GIRAM (Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu), jusqu’à la limite occidentale de la ville à Saint-Antoine-de-Tilly. Le tour comprenait également un arrêt à la Marina de la Chaudière, en face des deux grands ponts, et des visites aux anciennes municipalités fusionnées de l’arrière pays : Saint-Louis-de-Pintendre, Saint-Jean-Chryostome et Bernières.


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Au Salon international du livre, Larbi fit la connaissance de l’animateur Laurent Laplante, bon ami de son directeur de thèse, et de son invité Gaston Cadrin, principal auteur de Rabaska : autopsie d’un projet insensé (Montréal, Fides, 2009). Invités par Cadrin à nous rendre chez lui, à proximité du site du port honni, c’est là que notre tournée s’entama.

Pour permettre à un jeune Berbère de connaître la culture populaire de Québec, quoi de mieux qu’une participation à un match des Remparts, cette équipe de hockey composée de certains des meilleurs joueurs de 16 à 20 ans au pays—d’autant plus que Larbi n’avait jamais vu patiner? Ce soir-là, nous sommes bien tombés, car les « Diables rouges », comme on les appelle, affrontaient, lors de l’ultime match d’une série de sept, en quart de final du tournoi de championnat, les Aigles du Cap-Breton, équipe de Nouvelle-Écosse. Au Colisée de Québec, avec 15 000 autres amateurs, tous de rouge vêtu, nous avons assisté au travail magistral du gardien de but des Remparts, Charles Lavigne, qui a enregistré son deuxième blanchissage de suite de l’adversaire par la marque de 3-0.


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Enfin, autre source de satisfaction pour le visiteur de France que la « fast food » nord-américaine répugne et dont le prix de la gastronomie québécoise peut dépasser ses moyens : repas pris chez Mde Charlotte, situé sur la première avenue à Limoilou. À deux pas du Colisée et à un pas de l’hôpital Saint-François d’Assise, le sourire aux lèvres et la voix chantante, Mme Charlotte reçoit, cuisine et sert. Ce petit restaurant à l’écart des sites touristiques et des voies les plus achalandées de la ville est un havre de paix et l’un des secrets les mieux gardés de Québec. Fermant son restaurant les fins de semaine, du lundi au vendredi de 8h30 à 20h, Charlotte ouvre grandes ses portes pour offrir un menu santé—sans friture aucune—à des prix variant entre 6$ et 12$, comprenant soupe du jour, plat principal et salade, dessert, thé ou café.


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Larbi, grand buveur de thé, comme la plupart des Marocains, trouva celui de Mme Charlotte particulièrement bon et copieux.



Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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