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juillet 29, 2009

Découverte surprenante au cimetière Mont-Hermon, un inuksuk

Selon l’entrée du 3 juin dans ce carnet, un cimetière peut cacher bien des surprises. J’en ai encore eu la preuve aujourd’hui en me rendant au cimetière Mont-Hermon à Sillery, lieu qui recèle l’histoire des Anglais de Québec à partir de 1848.


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En fait, c’est au printemps de cette année que des hommes d’affaires, des marchands et des constructeurs de navires de foi protestante et de langue anglaise convoquent une assemblée publique pour discuter de la possibilité d’aménager, en milieu rural, un cimetière pour recevoir le trop-plein de celui de la ville, situé sur la rue Saint-Jean, autour de l’église St. Mathew’s (aujourd’hui bibliothèque municipale). À l’aide de John Gilmour, la Quebec Protestant Cemetery Association fut créée. Sous la présidence de George O’Kill Stuart, l’association réussit rapidement à amasser les fonds nécessaires à l’achat du terrain. L’année suivante le nom d’une montagne biblique située à la frontière du Liban et de la Syrie dont une partie du versant méridional se trouve aujourd’hui sous contrôle israélien est choisi: Mount Hermon Cemetery.

Louis-Jacques Dorais, ami de longue date and professeur d’anthropologie à l’université Laval, m’a servi de guide pour découvrir aux marges des secteurs Y et Z (coin sud-ouest) de ce vaste espace vert aux arbres bicentenaires le monument érigé en 2003 à la douce mémoire des Inuit inhumés ici entre 1948 et 1975. Il s’agit d’un simple inuksuk, visible aussi de la côte de l’Église si le passant sait où fixer le regard. On estime à une trentaine le nombre d’Inuit décédés à Québec lors un séjour à l’hôpital Laval pour recevoir des soins—le plus souvent pour la tuberculose. À partir de la signature de la convention de la Baie James en 1975, la situation a changé. Le Conseil régional de la santé et des services sociaux formé à l’époque, auquel participaient les Inuit eux-mêmes, exigeait dorénavant le rapatriement de ceux et celles décédés dans les hôpitaux du Sud.


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À quelques mètres seulement de l’inuksuk se trouve la pierre tombale de Meetook, maman bien aimée de Mossee Lewis. De cette pierre, on peut déduire que Meetook venait peut-être de l’ïle de Baffin, de Davis Inlet ou d’ailleurs. Chose certaine, elle n’était pas du nord du Québec. Comment savoir? C’est que devant la difficulté d’épeler le nom des gens du Grand-Nord, le gouvernement fédéral créa un système de nommer qui attribuait tout simplement à chaque Inuit un chiffre identitaire et un code alphanumérique correspondant à sa région d’origine. Pour le nord québécois, deux provenances étaient possibles, les régions E-8 et E-9. Lors des rencontres entre représentants du gouvernement et Inuit, ces derniers devaient porter un collier arborant chiffre et code, ce que l’on appelle communément dans le langage des forces armées en temps de guerre un « dog tag ».


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L’accès au monument Inuit se fait mieux par le Parc des voiliers, où il y a une entrée piétonnière, et non par le Chemin Saint-Louis. En fait, cette parcelle faisait autrefois partie du cimetière, mais en 1964, l’Association du cimetière Mont-Hermon en a fait don à la ville de Sillery. Pour moi, ce tout petit parc a une signification disproportionnée à sa superficie. À tous les deux ans environ, entre 1972 et 1990, l’année de la mort de ma mère, mes parents venaient à Québec nous rendre visite. Jacasseuse ma mère, elle se frustrait vite à Québec en raison de la barrière linguistique. Habituée à parler à tous et à chacun, elle était parfois convaincue qu’il y avait ici une conspiration contre elle. Rien de mieux pour la calmer qu’une promenade du Chemin Gomin (chez nous) au Parc des voiliers. « C’mon, Bert, let’s take a walk », disait-elle à mon père en lui prenant par la main. Seuls, assis sur ce banc faisant face au fleuve, ils regardaient passer pendant de longs moments le trafic fluvial tout en admirant le paysage et la silhouette de la ville de Québec.


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juin 03, 2009

Combattants sud-vietnamiens à l’honneur au cimetière Belmont

Un cimetière peut cacher bien des surprises ! Il s’agit d’y aller pour en découvrir. À la recherche de la nouvelle sépulture des Sœurs dominicaines de la Trinité au cimetière Belmont à Sainte-Foy (voir texte précédent), je suis arrivé face à face avec un soldat sud-vietnamien assis sous son enseigne.


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Rappel inattendu d’un long conflit, 1954-1975.

Sacrilège chez les Sœurs dominicaines de la Trinité

Au 1045, Boulevard René-Lévesque, à Québec se trouve le pavillon Saint-Dominique, centre d’hébergement privé pour personnes âgées et couvent des Sœurs dominicaines de la Trinité, communauté fondée en 1887 par Philomène Labrecque, Mère Marie-de-la-Charité, sous le vocable de Sœurs dominicaines de l’Enfant Jésus. C’est seulement depuis le 18 janvier 1967, à la suite d’un décret de Rome sanctionnant l’union définitive avec les Dominicaines du Rosaire, que la nouvelle appellation est en vigueur.

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Jusque cette année, les jardins autour du pavillon étaient sublimes : une multitude d’arbres de plusieurs espèces, d’innombrables plates-bandes fleuries, des framboisiers produisant des fruits gros comme le pouce et un petit potager. Au cœur de cette scène bucolique, à l’intérieur d’une basse palissade blanche, le cimetière de la communauté. À son centre, le monument à la mémoire de Mère Marie-de-la-Charité et, autour, une centaine de pierres tombales au ras du sol rappelant en toute simplicité le nom de chaque sœur décédée.


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L’automne dernier, les fossoyeurs ont été à l’œuvre. Travaillant en sarrau blanc, gants et masques, ils ont profané cet espace sacré en le vidant de son contenu, le déplaçant au cimetière Belmont. Aujourd’hui, il n’y reste qu’un grand vide—un grand champ en friche, pourrait-on dire.


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Et pourquoi donc? La construction d’une annexe au pavillon pour accueillir un nombre plus grand de personnes âgées en perte d’autonomie? Pour vendre une lisière du terrain pour du développement domiciliaire? L’une ou l’autre des deux hypothèses recueillies sur le terrain pourrait se valider.

Les pauvres Sœurs dominicaines de la Trinité dont le repos éternel vient d’être rompu, que sont-elles devenues? Elles ont été transportées à cinq kilomètres de là et enterrées dans une fosse commune sur l’allée Marie-de-l’Incarnation, aux limites septentrionales du cimetière Belmont.


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Elles y sont entourées d’Eudistes, d’Ursulines et de religieux de Saint-Vincent de Paul, tous trois ayant connu, comme elles, la migration post mortem. Tant qu’il n’y aura pas de monument sur place pour rappeler l’existence de ses femmes engagées ayant consacré leur vie à ce qu’elles croyaient être l’œuvre de Dieu, on pourra parler d’un sacrilège.


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avril 20, 2009

Fusions, défusions et intercommunalité : prétextes pour un séjour au Québec

Sous la direction du professeur François Hulbert, anciennement de l’université Laval, Larbi Meftah prépare une thèse de doctorat à l’université de Metz, en France. Son sujet : « l’intercommunalité ». Il semblerait qu’un séjour au Québec où les fusions forcées de 2002, suivies en 2003, l’année de l’arrivée au pouvoir des Libéraux de Jean Charest qui permit la défusion des municipalités la désirant, puisse contribuer à la réflexion sur les relations entre les « communes » (municipalités) en France. Voilà donc le but du court séjour de Larbi à Gatineau, à Montréal et, bien sûr, à Québec où il a profité de la belle température du printemps pour explorer la vieille capitale et sa région, assister au Salon international du livre de Québec et sentir la fièvre des séries éliminatoires de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Comme boni, il a pu goûter à la merveilleuse cuisine de Mme Charlotte.


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Après une tournée de la rive nord (nouvelle ville de Québec) organisée par Martine Freedman, étudiante au doctorat en géographie à l’université Laval, Larbi, en ma compagnie, emprunta le traversier, Lomer Gouin, pour atteindre la rive sud et explorer la nouvelle ville de Lévis, depuis Beaumont et le site proposé pour l’installation du port méthanier préconisé par les promoteurs du projet Rabasaka et opposé par les chercheurs du GIRAM (Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu), jusqu’à la limite occidentale de la ville à Saint-Antoine-de-Tilly. Le tour comprenait également un arrêt à la Marina de la Chaudière, en face des deux grands ponts, et des visites aux anciennes municipalités fusionnées de l’arrière pays : Saint-Louis-de-Pintendre, Saint-Jean-Chryostome et Bernières.


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Au Salon international du livre, Larbi fit la connaissance de l’animateur Laurent Laplante, bon ami de son directeur de thèse, et de son invité Gaston Cadrin, principal auteur de Rabaska : autopsie d’un projet insensé (Montréal, Fides, 2009). Invités par Cadrin à nous rendre chez lui, à proximité du site du port honni, c’est là que notre tournée s’entama.

Pour permettre à un jeune Berbère de connaître la culture populaire de Québec, quoi de mieux qu’une participation à un match des Remparts, cette équipe de hockey composée de certains des meilleurs joueurs de 16 à 20 ans au pays—d’autant plus que Larbi n’avait jamais vu patiner? Ce soir-là, nous sommes bien tombés, car les « Diables rouges », comme on les appelle, affrontaient, lors de l’ultime match d’une série de sept, en quart de final du tournoi de championnat, les Aigles du Cap-Breton, équipe de Nouvelle-Écosse. Au Colisée de Québec, avec 15 000 autres amateurs, tous de rouge vêtu, nous avons assisté au travail magistral du gardien de but des Remparts, Charles Lavigne, qui a enregistré son deuxième blanchissage de suite de l’adversaire par la marque de 3-0.


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Enfin, autre source de satisfaction pour le visiteur de France que la « fast food » nord-américaine répugne et dont le prix de la gastronomie québécoise peut dépasser ses moyens : repas pris chez Mde Charlotte, situé sur la première avenue à Limoilou. À deux pas du Colisée et à un pas de l’hôpital Saint-François d’Assise, le sourire aux lèvres et la voix chantante, Mme Charlotte reçoit, cuisine et sert. Ce petit restaurant à l’écart des sites touristiques et des voies les plus achalandées de la ville est un havre de paix et l’un des secrets les mieux gardés de Québec. Fermant son restaurant les fins de semaine, du lundi au vendredi de 8h30 à 20h, Charlotte ouvre grandes ses portes pour offrir un menu santé—sans friture aucune—à des prix variant entre 6$ et 12$, comprenant soupe du jour, plat principal et salade, dessert, thé ou café.


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Larbi, grand buveur de thé, comme la plupart des Marocains, trouva celui de Mme Charlotte particulièrement bon et copieux.



Dean Louder est né en Utah. Très marqué en huitième année par sa lecture d’Évangéline de Longfellow, il le fut d’autant plus par les trente mois qu’il a passés en France à partir de l’âge de 19 ans. Après avoir obtenu son doctorat de l’Université de Washington, l’apprentissage de la langue de Molière lui a permis en 1971 d’accepter un poste de professeur de géographie à l’Université Laval. C’est à partir de Québec, à la fin des années 1970, que Dean, le plus souvent accompagné de ses étudiants, explorera la plupart des îles de l’Archipel francophone d’Amérique. À la retraite depuis 2003, sa cadence n’a pas diminué. Il reste encore tant à découvrir en cette Franco-Amérique !

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