Le 20 septembre 2011 par Denis Vaugeois

Le parlement aux parlementaires.

La minute de vérité? Peut-être.

Le Devoir ( 20 sept. 2011) nous apprend que Charest autorise les parlementaires à entendre Duchesneau. Et Pierre Paradis sort de son mutisme. Après l'erreur de madame Marois qui avait annoncé qu'elle prendrait les présences (!) lors d'un vote sur une question qui n'a rien à voir avec le programme du PQ, la question de la liberté des parlementaires est vraiment à l'ordre du jour. Est-il permis d'espérer que la séparation des pouvoirs redeviendra une réalité?

Dans mon rapport sur la réforme parlementaire en 1981, je proposais le vote libre et secret sauf évidemment sur une motion de confiance, l'approbation du budget et la réponse au discours du trône. Autrement dit, comme le suggère Pierre Paradis, vote libre sauf quand il s'agit de la survie d'un gouvernement. Pour être vraiment libre, le vote doit être secret. Libre à chaque député de dire publiquement dans quel sens il a voté.

Le vote libre et secret signifierait le commencement de la sagesse pour les chefs de parti et leur entourage.

Dans le même rapport sur la réforme parlementaire, je recommandais que les commissions parlementaires puissent se donner des mandats d'enquête ou d'initiative. Ainsi il n'est pas normal que le premier ministre puisse autoriser ou refuser aux parlementaires d'étudier une question ou d'entendre une personne. Apparemment, il faut atteindre le fond du baril pour pouvoir rebondir. On y est; tout espoir n'est pas perdu!

Le 5 juin 2011 par Denis Vaugeois

Retour de Cannes 2011

Cette année, j'ai renoué avec une vieille habitude : mon bilan.

Woody Allen est un inconditionnel de Paris. Il aime cette ville et regrette de ne pas y avoir vécu ou travaillé par le passé. Il se donne une seconde chance en créant son double Gil, jeune scénariste à succès, qui rêve d’écrire un premier roman et cherche l’inspiration dans Paris. Mais pas n’importe lequel Paris. Pourquoi pas celui des années folles?

Woody Allen n’a pas inventé cette bande comique « La Toupie du temps ». Mais il se souvient de son enfance qui est aussi la mienne. Ne rêvions-nous pas d’être Jacques Le Matamore et de pouvoir voyager dans le temps? Le cinéaste troque la toupie pour une ancienne bagnole qui transporte ses passagers à une autre époque. Gil rencontre Hemingway qui lui présente une éditrice géniale Gertrude Stein. Il n’a qu’une idée lui apporter l’ébauche de son manuscrit. Il doit cependant apprendre à refaire le parcours.

Les premières lignes de son roman font tressaillir la jeune maîtresse de Pablo [Picasso], Adriana. Elle a tout ce qu’il faut pour lui faire oublier sa froide et légère fiancée, ses parents qui sont sur leurs talons et des amis de collège rencontrés par hasard. Woody Allen s’en donne à cœur joie et fait défiler Scott Fitzgerald et sa Zelda, plusieurs peintres dont Gauguin, Lautrec, Dali puis le fantôme de Modigliani et l’incontournable Cole Porter qui le conduit vers la gentille Gabrielle. Woody Allen, alias Gil, ne s’ennuie pas et nous non plus. Chaque immersion dans le passé transforme l’apprenti écrivain. Il ne voudra plus quitter Paris.

La magie qui avait joué pour « La rose pourpre du Caire », ce célèbre film dans lequel les personnages sortaient de l’écran, est au rendez-vous.

Comme mise en bouche, les responsables de la Sélection officielle ont eu la main heureuse en nous servant « Minuit à Paris » de Woody Allen.

Cannes en rafale.

2011 est un excellent cru. Le choix est difficile. Pourquoi pas un menu-dégustation en deux temps : les grands et les moins connus. La cote de 1 à 5 s’en tient à l’aspect divertissement. Ne pas rater ceux qui ont 4 ou 5!

1) André Téchiné avec « Les Impardonnables », adaptation d’un roman de Philippe Djian.

Un écrivain, Francis, cherche un pied à terre à Venise pour écrire son prochain roman. Il déniche une jolie maison et s’y installe avec Judith, l’agente d’immeuble. Ils ont tous deux du vécu et sont vite en affaires. L’histoire démarre sur un ton de comédie qui tourne à la tragédie. Mais on n’y croit pas. André Dussolier et Carole Bouquet restent froids et calculateurs. Le film devient un prétexte pour visiter Venise et faire parader autour du couple la famille et les amies. Ici le féminin est important car Judith est bisexuelle.(2/5)

2) Bruno Dumont avec « Hors Satan ».

Tout le film repose sur David DeWaele, le vagabond, et Alexandra Lamatre, la fille de ferme. Ils se parlent peu, mais se comprennent, ce qui n’est pas immédiatement le cas du spectateur entraîné depuis de très gros plans, surtout du visage impassible du garçon, vers des plans très larges qui s’arrêtent sur une zone de mer désolée faite de dunes et de marais. (2/5)

3) Les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne avec « Le gamin au vélo ».

Les deux cinéastes sont-ils sérieux quand ils expliquent qu’ils ont voulu faire un nouveau « Sauvez Willy »? Ils n’ont pourtant pas besoin de modèle pour créer de jeunes personnages qui deviennent quasi inoubliables. Cette fois Jesse devient Cyril et le dauphin a pris la forme d’un vélo auquel le gamin tient par-dessus tout, à l’exception de son père qu’il recherche désespérément. Quand celui-ci lui dit que le vélo n’avait pas été volé mais qu’il l’avait vendu en même temps que sa moto, le gamin répond : « Ce n’est pas grave ». Ce pardon ne suffit pas à attendrir le père. Heureusement que Samantha la coiffeuse est là, capable d’affronter les terribles crises, des fugues à répétition et parfois même la violence du garçon. (Grand prix ex aequo). (5/5)

4) Pierre Schoeller avec « L’exercice de l’État » ou « Le ministre ».

Olivier Gourmet est très convaincant dans le rôle du ministre des transports dans un pays qui pourrait être la France. Son chef de cabinet, Michel Blanc, l’est tout autant. Tout y est : une pression constante, des rivalités impitoyables, des scoops vicieux, mille et une façons de gagner du temps. La politique à son pire. La salle a longuement applaudi. Gourmet se gonflait, souriait, encaissait. Les frères Dardenne, coproducteurs, applaudissaient poliment. En présentant le film, Thierry Frémaux, délégué général du Festival, a murmuré quasi à voix basse : »Heureusement qu’il y a encore une Belgique! » (5/5)

5) Nadine Labaki avec « Et maintenant on va où? »

Le film s’ouvre sur un cortège de femmes qui s’enlacent et se balancent doucement. Parvenues dans un cimetière, elles se partagent en deux groupes, musulmanes et chrétiennes. Deux religieux dominent ce petit village isolé au nord de Beyrouth, un prêtre maronite et un iman. Tout à l’opposé des deux protagonistes du « Petit Monde de Don Camillo », ils sont complices et soutiennent les femmes qui débordent d’imagination pour apaiser leurs hommes. À la fin, ceux-ci forment un nouveau ballet qui a soulevé l’approbation de la salle. (5/5)

6) Joseph Cedar avec « Hearat Shulayim » titre en hébreu qui pourrait se traduire par « Une note de bas de page ».

Le père et le fils sont de très sérieux chercheurs universitaires. La gloire sourit au fils mais non au père qui doit se contenter d’une note de bas de page consentie par un grand maître dans un ouvrage de référence. Pourtant le père méritait davantage si on accepte d’accorder de l’importance à d’interminables études du Talmud. Sur un ton de comédie, Cedar, à qui on doit « Beaufort » (2007) consacré à l’occupation israélienne du Liban, lève le voile sur les valeurs juives dans la société israélienne.( Prix du meilleur scénario). (4/5)

7) Maïwenn, Polisse, ( Prix du jury).

La réalisatrice nous fait pénétrer au cœur de l’action de la Brigade de protection des mineurs de Paris. Elle joue le rôle d’une photographe mandatée pour réaliser un reportage sur ces policiers. Le truc est un peu facile, mais le résultat est là. Ça marche. Les victimes ne sont pas toujours celles qu’on pense. (5/5)

8) Nicolas Winding Refn (Danemark) avec Drive ( Le cascadeur).

Ce genre polar étonne comme choix dans la Sélection officielle. Non seulement le jury s’est rallié, mais il lui a même décerné un prix. Il faut dire qu’on ne s’ennuie pas malgré des effets parfois un peu gros. Les comédiens sont excellents. (4/5)

9) Aki Kaurismäki (Finlande) avec Le Havre.

Un jeune immigré clandestin est protégé par un ex-écrivain devenu cireur de chaussures. Ce qui le rapproche des gens, explique-t-il. La distribution de ce petit film sans prétention est excellente. Monet (Jean-Pierre Darroussin), l’inspecteur de police, est impeccable. (5/5)

10) Lynne Ramsay (G.-B.) avec « We need to talk about Kevin ».

Ce roman a fait fureur au Québec. Qu’en sera-t-il de ce film? Chose certaine, il ne laissera personne indifférent. (3/5)

Pour compléter, voici mon évaluation d’une quinzaine de films de la Sélection officielle et de la section « Un certain regard ».

Juliana Rojas et Marco Dutra (Brésil), Travailler fatigue (2/5)

Gus Van Sant (USA), Restless (3/5)

Gerardo Naranjo, (Mexique) Miss Bala ( 3/5)

Kim Ki-Duk ( Corée du Sud) Arirang ( 0-5)

Cristian Jimenez ( Chili) Bonsai. (2/5)

Robert Guédiguian (France) Les neiges du Kilimandjaro ( 4/5)

Catalin Mitulescu ( Roumanie), Loverboy (2/5)

Joachim Trier (Danemark) Oslo,31 août ( 2/5)

Julia Leigh ( Australie) Sleeping beauty ( 3/5)

Hong Sangsoo ( Corée du sud) The day he arrives (2/5)

Bakur Bakuradze, (Russie), Okhotnik (Le chasseur) (2/5)

Nicolas Winding Refn ( Danemark) Drive (3/5)

Natalia Almada, ( Mexique), El velador ( Le gardien) (2/5).

Bertrand Bonello (France), L’Apollonide ou la maison close (1/5).

Le 12 juillet 2009 par Denis Vaugeois

Correction!!!

Honte sur moi!

En me relisant, je constate que j'ai utilisé Peter au lieu de Pehr. C'est une erreur. Une habitude assez bizarre d'ailleurs puisqu'en français on devrait dire Pierre et non Peter.

Le titre exact de l'ouvrage édité par Pierre Tisseyre est "Voyage de Pehr Kalm au Canada en 1749".

Précision sur Maurice K. Séguin

L'édition du "Voyage de Peter Kalm" est d'une richesse incroyable. Réalisé par Jacques Rousseau, Guy Béthune et Pierre Morisset, ce travail m'impressionne à chaque fois que je le consulte. Cette fois, j'y cherche des informations sur le passage de Français à Canadien. À la page CXXXVI, Rousseau indique qu'il a traduit en français la plupart des titres suédois de Kalm. En note, il précise:" Le professeur M.K. Seguin (sans accent) du Département de géologie de l'Université Laval a eu l'amabilité de vérifier ces traductions et de suggérer plusieurs corrections".

Dans mon texte de présentation du monumental essai de Séguin sur Champlain ( Septentrion, 2008:9), je signalais qu'il avait profiter d'un séjour de deux années en Suède pour se familiariser avec la langue suédoise. Il me restait un petit doute qui se devine à ma façon de raconter la chose.

Me voilà rassurer et vous aussi.

Ce rappel est aussi l'occasion de souligner l'audace de Pierre Tisseyre ( Cercle du livre de France, 1977) qui a relevé avec le "Voyage de Peter Kalm" un véritable défi. J'ai rarement vu un ouvrage aussi complexe et exigeant pour un éditeur.

Je salue avec émotion le souvenir d'un grand éditeur.

Le 17 mai 2009 par Denis Vaugeois

BAnQ. Un siècle d'histoire

À propos d’un livre récent sur BAnQ.

Fides vient de publier sous la signature de mon « compatriote » de Saint-Tite, l’excellent Denis Goulet, un ouvrage consacré à Bibliothèque et Archives nationales du Québec avec en sous-titre « Un siècle d’histoire ». Le livre est très agréable et retrace bien les étapes qui ont conduit à la naissance de BAnQ. Mais aucun ouvrage n’est parfait et il n’était pas facile pour l’auteur de répondre aux attentes des uns et des autres. Il est de notoriété quasi publique que le manuscrit de Denis Goulet a été examiné par diverses équipes de BAnQ. Si j’avais été invité à me joindre à celles-ci voici quelques remarques que j’aurais formulées.

1) Goulet, p.97. "Passionné des livres" dit-on de moi. Je veux bien, mais mon objectif était de développer des lieux d'éducation populaire et permanente. Les bibliothèques et les musées ont été au coeur de mes préoccupations et de mes actions.

2) Goulet p. 97. La légende de la photo n'est pas exacte. J'ai été nommé ministre en février 1978.

3) Goulet p. 97. La situation immobilière de la Bibliothèque nationale. J'aimais cet endroit que j'avais fréquenté. Son état me préoccupait de même que celui du centre d'archives de Montréal (ouvert en 1974). Le problème principal: il n'y avait pas d'entente entre la Bibliothèque et les Archives. Quatre protocoles avaient été préparés pour déterminer par écrit les mandats de chacun. C'était à mourir de tristesse. Brault se faisait tirer dans le dos à qui mieux-mieux. J'ai quand même réussi à faire préparer un projet d'agrandissement. Je me souviens très bien de mes visites et des discussions avec les fonctionnaires des travaux publics. À noter que la collaboration de la ministre des travaux publics, Jocelyne Ouellet, était acquise à tous nos projets. Nous avons siégé ensemble au conseil du trésor et nous voulions réaliser le maximum. Nos cabinets travaillaient main dans la main. En page 107, Goulet mentionne d’ailleurs le dépôt d'un projet de construction. J'ai alors quitté le ministère et je suppose que la chicane a continué et empêché la réalisation du projet.

4) Goulet p. 258. La collaboration de madame Ouellet m'a permis d'ouvrir six centres régionaux d'archives en trois ans et d'installer les Archives nationales dans le pavillon Casault (Goulet, p. 260). On a l'impression que ce déménagement a été une réalisation du Saint-Esprit. À mon arrivée au ministère, les ANQ étaient logées dans le Musée du Québec et occupaient une belle salle d'exposition au rez-de-chaussée. Les fonctionnaires avaient installé leurs bureaux dans d'autres salles. Je les ai fait déménager dans une école située à proximité. Ce ne fut pas une mesure très populaire, mais le Musée a repris peu à peu sa vocation.

5) Goulet p. 98. Dossier de Brault sur les salaires des bibliothécaires. J'ai évidemment lu les mémoires de Jean-Rémi Brault. C'est un homme discret et réservé. Il m'a tout de même appris des choses troublantes, mais ce qu'il ignorait c'est que son mémoire n'aurait pas eu un bien gros impact si je n'avais pas été au Conseil du Trésor avec M. Parizeau. J'ai déjà raconté devant un auditoire de bibliothécaires ce qui s'est passé alors.

6) Une loi des Archives. Dès mon arrivée au ministère, la décision avait été prise de préparer un projet de loi sur les Archives. Historien comme moi, le sous-ministre Noël Vallerand, y tenait et s'en occupait personnellement. Goulet (p. 262) parle "d'indifférence générale". Bien au contraire, le Conseil du trésor voulait en assumer la responsabilité, le ministère des Travaux publics également de même que le ministère des Affaires culturelles, même si François Beaudin montrait à cet égard une certaine mollesse. Vallerand, ami personnel de Robert Tessier, secrétaire du conseil du trésor, était confiant de faire aboutir ce dossier. Il est tombé gravement malade tandis que moi j'échouais dans mes efforts pour convaincre mes collègues du conseil des ministres d'introduire l’obligation de remettre à l'État leurs propres "archives ministérielles". Il y a un livre à écrire sur cette seule question. J'ai refusé de déposer un projet de loi qui ne comprendrait pas une telle obligation. Mon successeur, Clément Richard, a cédé et a fait voter la loi. À noter que c'est moi qui ai amorcé la loi d'accès à l'information. Mais là, ce fut pire encore et la protection des renseignements a pris le dessus. On en souffre encore aujourd'hui. Il aurait fallu que je reste aux Affaires culturelles et aux Communications au moins 2 ou 3 ans de plus.

7) Goulet p. 284 et 347. Le traité de Murray. Vraiment je ne comprends pas le silence de la note 118 à propos de ma recherche sur le traité de Murray. Mon étude ( La Fin des alliances franco-indiennes, Boréal et Septentrion, 1995) m'a valu d'être finaliste au prix du Gouverneur général. C'est moi qui ai établi le texte exact et la découverte d'un original a confirmé mes conclusions. Bien plus, Septentrion a publié l'étude d'André Münch (L’Expertise en écritures et en signatures, 2000) qui a établi l'authenticité du document découvert "par accident".

Évidemment, mes archives de députés et de ministre ont été confiées aux Archives nationales et tout ce que j'écris ici peut être vérifié.

J'ai même déposé dans le temps les archives des éditions du Boréal.

Le 22 janvier 2009 par Denis Vaugeois

Génial

Par curiosité et par fidélité à mes origines, j'ai une alerte Google au nom Vaugeois.

J'ai un lointain cousin qui s'illustre au soccer.

O.K. que j'ai raison d'être fier!

On leur prédit une victoire pour ce soir 22 janvier 2009.

Génial

LaDépêche.fr - Toulouse,France

Paris FC: Lucas, Bennai, Valeri, Weber, Diawara, Vaugeois, Losilla, Macalou, Kiaku, Tangeaoui, Mensah, Sarr, Bono, Mayuma, N'Guema, Yenga. ...

Le 10 janvier 2009 par Denis Vaugeois

Jean Pelletier

Salut Jean!

Jean Pelletier est venu terminer son cours classique au Séminaire des Trois-Rivières vers 1953-54. Il arrive de Québec avec son style un peu grand seigneur. Il a la voix grave et de la prestance. Il s’intègre rapidement et développe de solides amitiés

« On a bien travaillé ensemble, malgré nos divergences politiques », prend-il plaisir à me redire lors de notre dernière conversation, mercredi dernier. « Tu avais manqué quelques cours importants, ceux de Plante et Martel par exemple ». Il éclate de rire en ajoutant : « Jean [Chrétien] les a suivis et ça n’a rien changé! »

Jean a accédé à la mairie de Québec en novembre 1977. Le PQ était au pouvoir depuis un an. En février 1978, je deviens ministre des Affaires culturelles. Nous allions en effet « bien travailler ensemble ». Nous nous remémorons trois cas parmi plusieurs. Un projet de bibliothèque centrale, prévue sans le quartier Saint-Roch, est dans l’impasse depuis des années : conflit avec la commission scolaire qui possède le terrain et montage financier incompatible avec les programmes du ministère. Nous réglons les deux problèmes et la première pelletée de terre de la future bibliothèque Gabrielle Roy est levée en 1980. Cette bibliothèque sera une des premières à profiter de notre plan de développement des bibliothèques publiques. Par la suite, il y aura presque à chaque année une nouvelle bibliothèque dans les divers quartiers de Québec dont St-Andrews dès 1981. Jean Pelletier, homme de grande culture, est un inconditionnel de la lecture.

On parle aussi du Petit Champlain, de notre ami Jacques DeBlois. Le torchon brûlait entre Jean et les promoteurs de ce fabuleux projets. Gerry Paris savait provoquer. Un coup de fil, quelques mises au point et le Petit Champlain redémarre prestement. Jean est bien décidé à faire le maximum dans le Vieux Québec. C’est un dossier difficile. Celui de l’avenir du Musée du Québec l’est aussi. Un consensus se dégage finalement : il y aura deux musées. Nous décidons de choisir sans tarder un emplacement… dans le Vieux Québec. Jean fait préparer les dossiers et un bon samedi matin, avec le ministre Denis DeBelleval, nous arpentons le secteur du vieux port et arrêtons notre choix. C’est Jean qui par la suite le défendra vaillamment, DeBelleval et moi avions été muté ailleurs!

Au cours de l’année du 400e, on a beaucoup vanté les beautés de la ville de Québec. Il est évident que de solides coups de barre ont été donnés par Jean Pelletier. Il aimait sa ville et l’a servi, non seulement comme maire mais aussi dans ses diverses fonctions. C’est bien regrettable qu’il ne soit pas resté plus longtemps à la barre de Via Rail.

Salut Jean,