Le 10 février 2010 par Éric Simard

Chacun son métier #8

De nos jours, beaucoup de gens écrivent et rêvent d'être publiés. Ce n'est pas une mauvaise chose en soi (il y a pire motivation dans la vie), mais très peu y arriveront. Je ne crois pas que ce soit dramatique. Combien ont rêvé d'être astronautes et combien y sont parvenus ?

Depuis deux ans, depuis que je travaille chez Septentrion, j'ai vu beaucoup de manuscrits défilés sous mes yeux. Plus que mes collègues car je suis la porte d'entrée et de sortie des manuscrits. C'est également à moi qu'on remet les rapports de lecture. Sur le lot, j'en ai également lus plusieurs.

Je vous dirais que, dans l'ensemble, les manuscrits que nous recevons sont d'assez bonne qualité. C'est bien écrit. L'orthographe et la syntaxe se tiennent. Souvent, si on prend le volet essentiellement littéraire, l'histoire n'est pas si mal et c'est raconté correctement. Pourtant, la plupart de ces créations sont refusées.

Il est où le problème vous me direz ? Le problème principal c'est que nous n'évaluons pas des travaux scolaires. Pour qu'une oeuvre littéraire soit publiée, ça prend plus qu'une structure correcte. Ça presque tout le monde peut le faire.

Qu'est-ce que ça prend alors me demanderez-vous ? Ça, c'est plus subtil. Pour mieux y répondre, je prendrai deux exemples concrets en dehors de la littérature qui illustrent bien, je crois, le propos : Silence de Fred Pellerin et J'ai tué ma mère de Xavier Dolan.

Ces deux oeuvres ne sont pas parfaites, mais elles sont vraies. Fred Pellerin n'est pas un grand chanteur. Pourtant, toutes les interprétations qu'il fait sur son album sont justes, poignantes et personnelles. Il a su se les approprier en y mettant ses tripes. On ne peut pas faire autrement que de ressentir quelque chose en les écoutant. Xavier Dolan a fait la même chose avec son scénario et ensuite son film. La base de son scénario n'est pas nécessairement originale, mais par contre la voix l'est. Il y a des défauts dans ce film, mais le cri du coeur est fort et on le reçoit en pleine face. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, J'ai tué ma mère demeure une oeuvre personnelle et authentique.

Il y a de l'âme dans l'une et l'autre. Elle peut prendre diverses formes, mais il en faut pour transcender le côté technique d'un texte. Il n'y a pas vraiment de cours pour apprendre ça.

Le 6 février 2010 par Éric Simard

Le mémorial

J'avais remarqué pour la première fois les livres de Christopher Isherwood il y a quelques années alors que je travaillais encore en librairie. Des rééditions en format poche m'avaient donné envie. J'avais retenu le nom sans rien faire d'autre.

À l'automne, dans une bouquinerie près de chez moi, je suis tombé sur Le mémorial que je me suis empressé d'acheter à un prix dérisoire. Il s'est retrouvé dans mes trop nombreux titres à lire.

Il y a à peine un mois, comme premier film de l'année, je suis allé voir au Clap Un homme au singulier de Tom Ford adapté du roman du même nom signé Christopher Isherwood. Film que j'ai tout simplement adoré qui allie habilement esthétisme et profondeur psychologique.

Habité par ce que j'avais vu et ressenti, il me fallait poursuivre l'aventure en me plongeant dans l'univers romanesque de Isherwood. Je n'ai eu qu'à tendre la main pour lire Le mémorial. Dans ce roman, on suit plusieurs membres d'une même famille après la première guerre mondiale sur une période de neuf ans qui nous est présentés en quatre temps dans un ordre qui ne respecte pas le chronologie. Ils subissent tous, chacun à leur façon, la petite onde de choc laissée par la guerre.

L'ambiance générale qui s'en dégage est très forte et les intentions des personnages finement décrites. Deux aspects qu'on retrouvait également dans le film de Tom Ford. Même si ce n'est pas un grand roman, l'expérience a été suffisamment concluante pour avoir envie de découvrir d'autres oeuvres de Isherwood.

Le 29 janvier 2010 par Éric Simard

Paradis, clef en main

Le 29 août dernier, dans un billet consacré à la rentrée littéraire automnale, je disais ceci de Paradis, clef en main : Plus qu'une curiosité pour moi. J'avais littéralement été happé par l'écriture de Putain et Folle. À ciel ouvert m'avait rendu sceptique. Ce nouveau titre est peut-être un rendez-vous ultime entre elle et moi.

À peine un mois plus tard, Nelly Arcan s'enlevait la vie. Comme des milliers de gens, sa mort m'a beaucoup secoué. Malgré ce tragique événement, j'ai tout de même envie de parler de son dernier roman de la même façon que je l'aurais fait s'il n'était pas survenu.

Le rendez-vous ultime vient d'avoir lieu car je viens tout juste de terminer la lecture de Paradis, clef en main paru chez Coups de tête. Je dois faire un aveu difficile : à part les deux premières pages du roman et une dizaines d'autres vers la fin, le destin d'Antoinette Beauchamp n'est pas parvenu à me toucher. J'ai eu l'impression de tourner en rond autour du bobo sans que je puisse aller dans la plaie. J'étais prêt à y aller, je croyais que j'irais. J'hésitais même à commencer la lecture de ce livre pour cette raison. Finalement, ça s'est fait sans douleur et sans émotion.

Ce n'est pas un mauvais roman pour autant (il est supérieur à À ciel ouvert), mais Nelly Arcan avait mis la barre tellement haute avec Putain qu'il est difficile après de surpasser cette force, cette intensité et cette urgence de dire qu'on y retrouvait.

Si on n'a jamais lu Nelly Arcan, Paradis, clef en main est certes une bonne façon d'entrer dans son univers.

Le 27 janvier 2010 par Éric Simard

Dolce agonia

Avant de m'exprimer plus en détails sur ce roman de Nancy Huston, je me dois de me situer par rapport à son oeuvre.

Je ne peux pas dire que je suis un inconditionnel de cette auteure même si j'ai toujours apprécié les quelques romans que j'ai pu lire d'elle. Je mets toujours beaucoup de temps à en relire un autre. Elle ne crée pas chez moi le désir de me replonger dans son univers rapidement. Je sais en partie pourquoi. Parce que, chaque fois, je trouve qu'il y a un petit quelque chose de kétaine dans la structure de ses romans ou dans les thèmes abordés. C'est terrible de dire ça et pourtant c'est vrai. Dans Une adoration, entre autres, elle fait parler un cèdre du Liban et dans Dolce agonia, elle fait parler Dieu ! Mais, malgré tout, sous la plume de Nancy Huston, ça fonctionne. Ça fonctionne parce que son propos est intelligent, dense et profond (et je pèse mes mots). Curieux mélange comme si la littérature populaire rencontrait une littérature hautement intellectuelle.

Avec Dolce agonia, je tombe sur le cul et Nancy Huston est en train de m'avoir à l'usure. Elle a un sacré talent cette femme. Ce repas de la Thanksgiving auquel elle nous convie est pour le moins déstabilisant et marquant. À partir des 12 convives, elle nous brosse un portrait réaliste (proche du pessimisme) de ce qu'est l'être humain dans nos sociétés occidentales et de la vie, souvent impitoyable, qui passe (ça m'a d'ailleurs rappelé la teneur des propos du Déclin de l'empire américain). Chaque séquence du repas est entrecoupée par l'intervention de Dieu qui nous explique ce que sera la fin de vie pour chacun d'entre eux... Est-ce nécessaire d'en rajouter ?

Si : Dolce agonia est de la grande grande littérature.

Le 24 janvier 2010 par Éric Simard

Le livre brisé

Ça faisait vingt ans que je voulais lire Le livre brisé de Serge Doubrovsky. Il traînait pourtant dans ma bibliothèque depuis tout ce temps. Chaque fois que je le prenais dans mes mains, je finissais par le remettre dans les rayons. Faut croire qu'il me faisait peur.

Dernièrement, l'envie de le lire m'a repris et j'ai sauté sur l'occasion. J'avais raison d'avoir peur. C'est costaud ce livre. Après Proust et sa recherche, c'est peut-être l'exercice de lecture le plus difficile que j'ai fait. Car croyez-moi, il s'agit vraiment d'un exercice de lecture. D'ailleurs, j'ai failli en abandonner la lecture après une centaine de pages (il en fait plus de 400). Je me suis dit que je n'avais pas attendu vingt ans pour en arriver là. Chose que je fais rarement, je me suis donc imposé de le terminer. Ça m'aura pris plusieurs semaines.

Le livre brisé (prix Médicis en 1989), c'est d'abord pour Doubrovsky la volonté de se raconter. Rapidement, Isle, sa femme du moment, s'en mêle. Elle le met un peu au défi de la mettre au centre de son projet. Ce qu'il fait. On assiste alors à un jeu dangereux entre eux deux. En cours de route, rongée par l'alcool, Isle meurt. La gageure prend une tournure tragique. C'est ça le livre brisé.

Dans un style unique, syncopé et déstructuré, Serge Doubrosvky dissèque son couple. Pour la petite histoire, c'est lui qui, à la fin des années 70, a créé le terme "autofiction". Le livre brisé en est éloquent exemple.

Je ne peux pas dire que j'ai aimé cette lecture qui est plus souvent qu'autrement aride. Par contre, ce livre ne laisse pas le lecteur indifférent. Il est marquant en ce sens là. Je comprends pourquoi j'ai mis vingt ans avant de le lire et je ne regrette pas de l'avoir fait.

Le 27 décembre 2009 par Éric Simard

Palmarès 2009 : lectures

Bon an mal an, les belles rencontres littéraires sont au rendez-vous. Avec Emmanuel Carrère en tête de liste avec deux titres et Leméac/Actes sud avec quatre, 2009 ne sera pas en reste. Pour une troisième année consécutive, on y retrouve un Arnaldur Indridason (je dois bien l'aimer on dirait !). On retrouve également un Geneviève Robitaille qui faisait bonne figure dans celui de 2007. Comme j'y travaille, j'ai préféré ne pas mettre de titres publiés chez Septentrion.

Sans plus tarder, voici la liste des dix titres qui ont fait ma joie cette année :

1. Un roman russe, Emmanuel Carrère (P.O.L.)
2. Brooklyn Follies, Paul Auster (Leméac/Actes sud)
3. Désamours, Geneviève Robitaille (Leméac)
4. La femme en vert, Arnaldur Indridason (Points/Seuil)
5. L'étrangleur de Cater street, Anne Perry (10/18)
6. Quartier lointain/Un zoo en hiver, Jiro Taniguchi (Casterman Écritures)
7. La renarde et le mal peigné, Pauline Julien et Gérald Godin (Leméac)
8. Les hommes en général me plaisent beaucoup, Véronique Ovaldé (Babel/Actes sud)
9. D'autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère (P.O.L.)
10. Je jette mes ongles par la fenêtre, Natalie Jean (L'instant même)

Comme d'habitude, je serais curieux de connaître votre liste.

Mon palmarès 2008
Mon palmarès 2007
Mon palmarès 2006


Le 22 décembre 2009 par Éric Simard

Dans l'autobus

En décembre, j'ai opté pour le transport en commun pour me rendre au travail. Le grand avantage que ça représente pour moi, c'est le temps de lecture qui augmente grâce au trajet de 40 minutes que je dois effectuer pour l'aller et pour le retour. 80 minutes de bonheur par jour quand le livre est bon. Depuis trois semaines, j'ai été chanceux dans mon choix de lecture car deux des trois livres lus dans l'autobus ont été de véritables coups de coeur.

Les Jumelles de Highgate, Audrey Niffenegger (Oh ! éditions)
Dès les premières pages, à la fois à cause de la traduction et du contenu, je savais que ce nouveau roman d'Audrey Niffenegger n'égalerait pas tout le bonheur que j'ai eu à lire son impressionnant Le Temps n'est rien. Mon intuition ne s'est hélas pas trompée. Avec Les Jumelles de Highgate, elle a trop voulu suivre de pistes et de personnages en exploitant une autre facette du surnaturel. Ici, le voyage dans le temps (Le Temps n'est rien) fait place à la notion de fantômes. Si le thème était extrêmement bien exploité dans le premier, on ne peut pas en dire autant dans ce dernier. Elle évite à peine les clichés des histoires de fantômes et sa trame, trop alambiquée, tombe à plat. On ne s'attache pas aux personnages et on n'est que très peu partie prenante de l'action. Pourtant, elle avait tout pour arriver à ses fins. Selon moi, la dimension fantomatique est l'élément de trop dans ce roman. Rendez-vous raté donc. Dommage car j'attendais ce nouveau Niffenegger depuis longtemps.

Brooklyn Follies, Paul Auster (Actes sud)
J'ai appris à aimer Paul Auster avec le temps. Je trouve que ses livres sont des oeuvres de maturité qu'on ne peut qu'apprécier davantage à mesure que nous avançons en âge. Ils deviennent alors un écho de notre propre vie. Il y a quelques années, à sa sortie, La Nuit de l'oracle m'avait complètement fasciné et impressionné. J'ai encore en mémoire une scène très forte qui n'est pas prête de quitter mon esprit. En me plongeant dans Brooklyn Follies dernièrement, je ne m'attendais pas à ce que ce livre me fasse autant d'effet car on m'avait dit que c'était un Auster léger. Je ne suis pas d'accord. Il n'a peut-être pas la profondeur existentielle et métaphysique de ses oeuvres phares, mais quel roman puissant ! C'est un livre qui célèbre la vie, rien de moins. C'est touchant du début à la fin. C'est beau, c'est bon et encore plus. Un grand roman. Si vous ne connaissez pas l'univers de Paul Auster, ce serait un très bon titre pour le découvrir.

L'Étrangleur de Cater Street, Anne Perry (10/18)
Ça faisait des années que je voulais lire du Anne Perry pour deux raisons. La première : la gérante chez Pantoute où je travaillais m'en parlait souvent (c'était une invétérée). La seconde : savoir que l'auteure de ses romans policiers victoriens n'était nulle autre que le personnage incarnée par Kate Winslet dans Heavenly Creatures augmentait ma curiosité. Par hasard, je suis tombé sur L'Étrangleur de Cater Street qui est le tout premier qu'elle a écrit. Je dois vous dire que j'ai succombé au charme de l'univers très anglais qu'elle a créé. Elle ne révolutionne pas le genre, mais ça se lit avec énormément de plaisir. C'est plus victorien que policier mais il plaira aux deux publics. Je ne tarderai sans doute pas avant d'en lire un autre de cette auteure que je vous recommande fortement.

Le 29 octobre 2009 par Éric Simard

D'autres vies que la mienne

En ce moment, Emmanuel Carrère est l'écrivain qui m'intéresse le plus. Ça faisait longtemps que je n'avais pas entretenu un tel rapport avec l'univers d'un auteur. C'est la lecture d'Un roman russe qui a tout déclenché ça cet été. Cette lecture m'a tellement fasciné qu'elle est encore très présente à l'intérieur de moi comme une flamme vive qui ne diminue pas. Au risque de me répéter, il y a tout ce que j'aime dans ce livre. À un point tel que j'aurais aimé pouvoir l'écrire.

D'autres vies que la mienne, que je viens de finir de lire, ne fait que raviver cette flamme qui brûle en moi. Moins solide qu'Un roman russe, il n'en demeure pas moins que les thèmes abordés, et surtout la façon qu'ils le sont, donnent à ce roman une force évocatrice peu commune en littérature. En tournant la dernière page, comment ne pas être ému ?

L'écriture d'Emmanuel Carrère a une force de frappe inégalée et presque inégalable. Jamais il ne tombe dans la facilité. Ses mots transpirent la vérité. Ils sont toujours portés par une structure narrative solide qu'il maîtrise extrêmement bien. Quand on le lit, c'est toujours un condensé d'intensité.

En tant qu'auteur, Emmanuel Carrère est en train de devenir un modèle pour moi. Il m'inspire, me stimule et, malgré mes doutes, m'incite à poursuivre ma petite oeuvre littéraire discrète et sincère que j'ai commencée il y a quelques années.

Le 20 octobre 2009 par Éric Simard

Dans mon salon #1

Une partie de ma tâche chez Septentrion consiste à m'occuper des divers salons du livre du Québec, ce qui m'amène à faire ma petite tournée annuelle à travers les différentes villes qui les accueillent. J'aime beaucoup cet aspect de mon travail car il me permet, le temps de quelques jours, de renouer avec mon ancien métier de libraire grâce à ce contact direct avec le public. Il me permet également de faire d'agréables rencontres qui se renouvellent d'événement en événement de sorte que chaque salon est à la fois semblable et différent.

Le côté semblable se situe du côté de ce qu'on propose aux visiteurs où se côtoie le meilleur comme le pire du milieu de l'édition. Depuis quelques années, il s'est développé une catégorie de fabriquants de livres qui profite des salons pour faire de la sollicitation agressive afin de vendre leurs produits pas toujours dignes d'un travail éditorial respectable. Ces éditeurs à la gomme utilisent toutes les techniques de vendeurs de balayeuses pour hameçonner les clients crédules. Ce qui est vraiment navrant, c'est que souvent ça fonctionne. Fort de leur succès de la vente immédiate, ces petits "kings" de bas étage finissent par se prendre au sérieux. On les voit se pavaner dans les allées la tête haute l'air de se dire qu'on a rien compris quant à la façon de vendre un livre. Lorsqu'ils daignent s'intéresser aux livres des autres, c'est pour mieux essayer de vendre les leurs.

C'est l'aspect des salons qui me pue le plus au nez, surtout que le grand public n'y voit que du feu. Le livre méritera toujours un meilleur traitement que celui-là.

Bannir ces vendeurs du temple est impossible. Les salons en ont malheureusement besoin pour faire leur frais car les bons éditeurs n'ont pas toujours les moyens et la structure pour être présents dans chacun de ces événements. Il faut apprendre à vivre avec en ne leur donnant aucune importance et se concentrer sur ce que nous avons nous à offrir au public. Des livres, il y en a pour tous les goûts, et les nôtres, chez Septentrion, finissent par rejoindre leurs lecteurs sans que nous ayons à leur tordre un bras pour qu'ils les achètent.

J'ose croire qu'ils sont davantage satisfaits.

Le 26 septembre 2009 par Éric Simard

Inspirant Japon

J'ai commencé à m'intéresser à la littérature japonaise il y a plusieurs années déjà après avoir lu Geisha d'Arthur Golden (comme quoi la littérature populaire peut avoir du bon). Ce roman m'avait assez intrigué pour que je veuille en connaître davantage sur cette fascinante culture. Depuis, je continue mes explorations à travers la littérature contemporaine japonaise en y revenant régulièrement. Les titres japonais que j'ai lus ne sont pas tellement considérables, mais ils me permettent d'avoir une bonne base. Yoko Ogawa, Hitonari Tsuji et Aki Shimazaki n'ont maintenant plus de secret pour moi.

Cette bonne base me permet actuellement de travailler deux projets de front sur le Japon, avec deux auteurs différents, pour le compte de la collection Hamac. L'un est un recueil de nouvelles à la japonaise écrit par un Québécois. Le résultat sera tout à fait à la hauteur de ce que l'on retrouve habituellement dans la littérature nippone. Les sceptiques seront même confondus. L'autre sera un carnet de voyage d'une Québécoise qui a séjourné au Japon plusieurs mois. Elle nous offre sa passion en nous faisant découvrir ce pays atypique. Un Japon 101 fort sympathique et instructif.

Ces deux projets me ramènent évidement à cette littérature que j'aime tant. Dernièrement, pour la première fois, je me suis plongé dans les romans graphiques de Jiro Taniguchi. J'ai lu Un zoo en hiver et les deux tomes de Quartier lointain. Deux oeuvres inspirées de sa jeunesse pleines de sensibilité et d'âme. Un vrai régal. Je veux lire tout ce qu'il a fait. Dans cette même veine, je me suis laissé tenter par la superbe couverture du recueil de nouvelles Saules aveugles, femmes endormies de Haruki Murakami. Bien que la plupart des nouvelles tombent à plat, une fois qu'on accepte cet état de fait, comme à l'habitude la touche Murakami fait son travail du début à la fin.



Éric Simard est actuellement responsable de la promotion pour les éditions du Septentrion. Il a été libraire pendant plus de quinze ans. Par le passé, il a également travaillé pour une compagnie de disque, une maison d'édition et pour une compagnie de théâtre. Il en est à sa cinquième année à la barre de l'émission littéraire Encrage, diffusée sur les ondes de CKRL à Québec. Il a fait des chroniques littéraires à la télé de Radio-Canada et à TVA ainsi que dans le journal Le libraire pendant cinq ans. Il a deux romans à son actif Cher Émile (Hamac) et Martel en tête - titre épuisé (Intouchables). Il a été scénariste pour la populaire émission jeunesse Macaroni tout garni.

Ouvrage de cet auteur publié au Septentrion

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