Le 29 octobre 2009 par Éric Simard

D'autres vies que la mienne

En ce moment, Emmanuel Carrère est l'écrivain qui m'intéresse le plus. Ça faisait longtemps que je n'avais pas entretenu un tel rapport avec l'univers d'un auteur. C'est la lecture d'Un roman russe qui a tout déclenché ça cet été. Cette lecture m'a tellement fasciné qu'elle est encore très présente à l'intérieur de moi comme une flamme vive qui ne diminue pas. Au risque de me répéter, il y a tout ce que j'aime dans ce livre. À un point tel que j'aurais aimé pouvoir l'écrire.

D'autres vies que la mienne, que je viens de finir de lire, ne fait que raviver cette flamme qui brûle en moi. Moins solide qu'Un roman russe, il n'en demeure pas moins que les thèmes abordés, et surtout la façon qu'ils le sont, donnent à ce roman une force évocatrice peu commune en littérature. En tournant la dernière page, comment ne pas être ému ?

L'écriture d'Emmanuel Carrère a une force de frappe inégalée et presque inégalable. Jamais il ne tombe dans la facilité. Ses mots transpirent la vérité. Ils sont toujours portés par une structure narrative solide qu'il maîtrise extrêmement bien. Quand on le lit, c'est toujours un condensé d'intensité.

En tant qu'auteur, Emmanuel Carrère est en train de devenir un modèle pour moi. Il m'inspire, me stimule et, malgré mes doutes, m'incite à poursuivre ma petite oeuvre littéraire discrète et sincère que j'ai commencée il y a quelques années.

Le 20 octobre 2009 par Éric Simard

Dans mon salon #1

Une partie de ma tâche chez Septentrion consiste à m'occuper des divers salons du livre du Québec, ce qui m'amène à faire ma petite tournée annuelle à travers les différentes villes qui les accueillent. J'aime beaucoup cet aspect de mon travail car il me permet, le temps de quelques jours, de renouer avec mon ancien métier de libraire grâce à ce contact direct avec le public. Il me permet également de faire d'agréables rencontres qui se renouvellent d'événement en événement de sorte que chaque salon est à la fois semblable et différent.

Le côté semblable se situe du côté de ce qu'on propose aux visiteurs où se côtoie le meilleur comme le pire du milieu de l'édition. Depuis quelques années, il s'est développé une catégorie de fabriquants de livres qui profite des salons pour faire de la sollicitation agressive afin de vendre leurs produits pas toujours dignes d'un travail éditorial respectable. Ces éditeurs à la gomme utilisent toutes les techniques de vendeurs de balayeuses pour hameçonner les clients crédules. Ce qui est vraiment navrant, c'est que souvent ça fonctionne. Fort de leur succès de la vente immédiate, ces petits "kings" de bas étage finissent par se prendre au sérieux. On les voit se pavaner dans les allées la tête haute l'air de se dire qu'on a rien compris quant à la façon de vendre un livre. Lorsqu'ils daignent s'intéresser aux livres des autres, c'est pour mieux essayer de vendre les leurs.

C'est l'aspect des salons qui me pue le plus au nez, surtout que le grand public n'y voit que du feu. Le livre méritera toujours un meilleur traitement que celui-là.

Bannir ces vendeurs du temple est impossible. Les salons en ont malheureusement besoin pour faire leur frais car les bons éditeurs n'ont pas toujours les moyens et la structure pour être présents dans chacun de ces événements. Il faut apprendre à vivre avec en ne leur donnant aucune importance et se concentrer sur ce que nous avons nous à offrir au public. Des livres, il y en a pour tous les goûts, et les nôtres, chez Septentrion, finissent par rejoindre leurs lecteurs sans que nous ayons à leur tordre un bras pour qu'ils les achètent.

J'ose croire qu'ils sont davantage satisfaits.

Le 26 septembre 2009 par Éric Simard

Inspirant Japon

J'ai commencé à m'intéresser à la littérature japonaise il y a plusieurs années déjà après avoir lu Geisha d'Arthur Golden (comme quoi la littérature populaire peut avoir du bon). Ce roman m'avait assez intrigué pour que je veuille en connaître davantage sur cette fascinante culture. Depuis, je continue mes explorations à travers la littérature contemporaine japonaise en y revenant régulièrement. Les titres japonais que j'ai lus ne sont pas tellement considérables, mais ils me permettent d'avoir une bonne base. Yoko Ogawa, Hitonari Tsuji et Aki Shimazaki n'ont maintenant plus de secret pour moi.

Cette bonne base me permet actuellement de travailler deux projets de front sur le Japon, avec deux auteurs différents, pour le compte de la collection Hamac. L'un est un recueil de nouvelles à la japonaise écrit par un Québécois. Le résultat sera tout à fait à la hauteur de ce que l'on retrouve habituellement dans la littérature nippone. Les sceptiques seront même confondus. L'autre sera un carnet de voyage d'une Québécoise qui a séjourné au Japon plusieurs mois. Elle nous offre sa passion en nous faisant découvrir ce pays atypique. Un Japon 101 fort sympathique et instructif.

Ces deux projets me ramènent évidement à cette littérature que j'aime tant. Dernièrement, pour la première fois, je me suis plongé dans les romans graphiques de Jiro Taniguchi. J'ai lu Un zoo en hiver et les deux tomes de Quartier lointain. Deux oeuvres inspirées de sa jeunesse pleines de sensibilité et d'âme. Un vrai régal. Je veux lire tout ce qu'il a fait. Dans cette même veine, je me suis laissé tenter par la superbe couverture du recueil de nouvelles Saules aveugles, femmes endormies de Haruki Murakami. Bien que la plupart des nouvelles tombent à plat, une fois qu'on accepte cet état de fait, comme à l'habitude la touche Murakami fait son travail du début à la fin.

Le 9 septembre 2009 par Éric Simard

Des fleurs pour Cohen

Ceci est un appel de textes pour un nouveau projet né de la belle idée de Charles Quimper.

Dès l’automne 2010, une fois par an, la collection Hamac fera paraître un recueil de textes inédits de différents auteurs à qui nous demanderons de s’inspirer de l’univers d’un artiste d’ici ou d’ailleurs.

Le premier recueil sera consacré à Leonard Cohen. Pourquoi Cohen ? Tout simplement parce que nous l’aimons. Nous croyons que la carrière musicale de celui-ci éclipse trop souvent sa vaste contribution au paysage littéraire pancanadien. Leonard Cohen nous appartient collectivement, au même titre qu’Anne Hébert, que Gabrielle Roy, que Gilles Vigneault ou que Mordecai Richler. Nous croyons qu’il est grand temps que les auteurs d’ici s’approprient son œuvre et le célèbrent enfin comme poète, comme romancier, comme parolier.

Ce projet nous trottait en tête depuis un moment déjà, mais n’ayant que tout récemment obtenu l’approbation de l’équipe de Monsieur Cohen, ce n’est qu’aujourd’hui que nous nous lançons hardiment dans l’aventure.

Si l’œuvre de Leonard Cohen vous inspire, vous pouvez dès maintenant vous mettre à la tâche dans le but de soumettre un texte par la suite. Ils peuvent prendre l’une des quatre formes suivantes : nouvelle, poésie, théâtre ou art graphique (dimensions 5" x 7,5"). Il n’y a aucune contrainte de mots en autant que la longueur soit raisonnable.

La date limite a été fixée au 31 janvier 2010.

Seuls les textes imprimés seront considérés. Il faut les faire parvenir par la poste en une seule copie à l’adresse suivante :

Les éditions du Septentrion
1300, av. Maguire
Québec (Québec)
G1T 1Z3

Le 6 septembre 2009 par Éric Simard

Un temps fou

Pour la quatrième fois, je me suis laissé prendre par l'univers de Laurence Tardieu. Pourtant, d'un livre à l'autre, c'est une variation sur un même thème : les rapports entre les êtres qui, la plupart du temps parlent d'amour. Elle nous surprend chaque fois car l'angle de l'intime est toujours différent. Elle pousse toujours plus loin l'observation du quotidien. Elle le décortique. Souvent au "je", un "je" qui est une autre en même temps le sien. C'est encore plus frappant dans Un temps fou. Elle nous donne l'illusion qu'elle nous raconte sa propre vie. L'illusion est parfaite. Ce titre m'a rappelé Ni toi ni moi de Camille Laurens.

Un temps fou est une histoire d'amour. De celle que l'on fabrique. Peut-être pas non plus. L'illusion, encore. Et ça fonctionne. Laurence Tardieu a l'art de nous ramener à notre propre histoire. C'est peut-être entre les lignes que ça se passe, subrepticement.

C'est ça la force de Laurence Tardieu : l'écriture.
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Un temps fou, Stock 2009
Rêve d'amour, Livre de poche 2009, Stock 2008
Puisque rien ne dure, Livre de poche 2008, Stock 2006
Le Jugement de Léa, Points 2007, Arléa 2004
Comme un père, Points 2008, Arléa 2002

Le 29 août 2009 par Éric Simard

Rentrée littéraire

Même s'il y a toujours trop de publications, j'ai toujours aimé les rentrées littéraires comme si elles annonçaient un avenir meilleur.

Évidemment, depuis que je travaille pour un éditeur, la rentrée littéraire a pris une autre signification. Mais je suis toujours autant excité de découvrir le programme éditorial des autres éditeurs. Curieux aussi de voir ce qu'ils auront à offrir.

Quand j'ai fait le saut du côté de l'édition, j'avais un peu peur de perdre une partie de ce plaisir. Mais il n'en est rien. Je dirais même que c'est peut-être encore plus intéressant. Ça se joue à un autre niveau. Mais revenons à l'essence excitante de cette rentrée et à une perspective plus personnelle : au lecteur que je suis et que je serai toujours.

Voici donc les dix titres qui retiennent mon attention en cet automne 2009 :

- La Vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint (Minuit) : j'avais beaucoup aimé Faire l'amour et Fuir
- Ce que je sais de Véra Candida de Véronique Ovaldé (de l'Olivier) : je viens de la découvrir avec Les hommes en général me plaisent beaucoup et j'ai eu un véritable coup d'affection pour son écriture
- Peaux de chagrins de Diane Vincent (Triptyque) : Épidermes m'avait procuré beaucoup de plaisir. J'espérais une suite. Elle s'en vient.
- La double vie d'Irina de Lionel Shriver (Belfond) : Son Il faut qu'on parle de Kevin m'avait trop "flabergasté" pour que j'ignore cette seconde traduction.
- Le roman de l'été de Nicolas Fargues (P.O.L.) : La lecture de Beau rôle m'a convaincu de poursuivre ma découverte de cet auteur beau et surtout talentueux.
- Les ruines du ciel de Christian Bobin (Gallimard) : Régulièrement, j'ai besoin de me plonger dans la luminosité de son écriture. Ce nouveau Bobin tombe à point car ça faisait longtemps.
- Mais moi je dormais de Pierre Labrie (Trois-Pistoles) : Parce que je le connais. Parce que j'en ai envie.
- Rose Amer de Martine Delvaux (Héliotrope) : Une joie. Après avoir tant aimé C'est quand le bonheur ?, je pourrai enfin me replonger dans la force tranquille de son écriture.
- Âmes en peine au paradis perdu d'Hélène Rioux (XYZ) : Second volet d'une trilogie que j'attendais, celui de Mercredi soir au bout du monde.
- Paradis clef en main de Nelly Arcan (Coup de tête) : Plus qu'une curiosité pour moi. J'avais littéralement été happé par l'écriture de Putain et Folle. À ciel ouvert m'avait rendu sceptique. Ce nouveau titre est peut-être un rendez-vous ultime entre elle et moi.

En terminant, j'attire votre attention sur La Louée de Françosie Bouffière que j'ai eu la chance de diriger. Les amateurs de Sylvie Germain, Agota Kristof et George Sand (entre autres) apprécieront sans doute.

Sur ce, bonne saison littéraire !

Le 1 août 2009 par Éric Simard

Un roman russe

Un roman russe d'Emmanuel Carrère traînait dans mes livres à lire depuis sa sortie en 2007. Malgré tout le bien qu'on m'en disait, et malgré le fait que j'avais beaucoup aimé La classe de neige et L'adversaire, je ne me décidais pas à le commencer. Il aura fallu la sortie de son nouveau D'autres vies que la mienne (que je n'ai pas lu) pour que je me décide enfin.

Je viens tout juste d'en terminer la lecture et j'en suis tout tourneboulé.

Il y a longtemps que je n'ai pas autant été pris par un livre. C'est une autofiction de haut niveau dans laquelle viennent s'ajouter plusieurs trames narratives efficaces dignes des meilleures fictions. Emmanuel Carrère accroche le lecteur du début à la fin. C'est d'une intensité et d'une vérité rare. Ça vous prend aux tripes. Il faut plus que beaucoup de talent pour utiliser aussi bien le réel au service de la littérature car c'est bien de cela qu'il s'agit. Et c'est de la grande dans ce cas-ci.

Un peu comme pour Emmanuel Carrère et les raisons de son séjour en Russie, je ne me suis pas méfié et les dernières pages m'ont rentré dedans d'aplomb alors que je ne m'y attendais pas du tout.

Un roman russe trônera assurément en haut de mon palmarès 2009.
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Un roman russe, Emmanuel Carrère, P.O.L. (2007)

Le 2 juin 2009 par Éric Simard

Tout le monde en parlait

Je viens tout juste d'écouter l'émission Tout le monde en parlait. J'adore cette émission depuis le début de sa mise en ondes. Tous les sujets, même ceux qui au départ semblent moins nous intéresser, sont accessibles, bien documentés et traités avec intelligence. Le format de 30 minutes est parfait. Ni trop long, ni trop court. Pour moi, c'est un modèle type d'une très bonne émission d'information accessible à tous. Son caractère historique ajoute à sa pertinence.

Cette semaine, elle portait sur la grève des réalisateurs de Radio-Canada en 1959. Tout le milieu artistique s'était mobilisé pour appuyer les 74 grévistes. René Lévesque, Pierre-Elliot Trudeau, Jean Duceppe et le milieu syndical étaient de la partie. Un simple événement qui s'est avéré être un moment charnière de notre histoire.

Grâce à Tout le monde en parlait, je découvre ou redécouvre des moments importants de notre histoire nationale. Je vis ou revis de grands moments d'émotion chaque fois que je l'écoute. Cette émission me permet de mieux comprendre d'où je viens et où je vais à titre d'individu appartenant à une société. Ce soir n'a pas fait exception à la règle.

Le 10 mai 2009 par Éric Simard

Désamours

Pour parler du désamour, il faut avant tout que je parle de mon amour pour la plume de Geneviève Robitaille. Mon amour pour elle d'une certaine manière car, livre après livre, j'apprends à connaître qui elle est. Chacune de ses publications a quelque chose d' impudique. Mais lorsque c'est si bien porté par la littérature, ça ne peut pas l'être (ou presque).

Désamours est probablement son récit le plus intime. C'est un aveu qu'elle nous fait à partir des amours qu'elle n'a pas sues vivre. Par peur, tout simplement. La confession est si honnête et directe qu'on la reçoit en plein coeur.

Mon parcours est différent du sien. Je ne suis pas non plus habité par les mêmes peurs, mais je me suis reconnu dans ce désamour que je commence à comprendre et à éviter pour me rapprocher davantage de l'amour. Reste maintenant à le trouver.

Tout comme moi, plusieurs se reconnaîtront à travers cette émouvante confession. En plus, si ce livre et ce billet peuvent être une porte d'entrée dans l'univers de Geneviève Robitaille, j'en serais ravi. L'oeuvre qu'elle peine à construire à coup de détermination hors du commun mérite qu'on s'y attarde. Pour moi, un nouveau Geneviève Robitaille est toujours un événement que je ne veux pas rater.

Pour vous aiguiller, voici ses autres titres :

Chez moi, Triptyque, 1999
Mes jours sont vos heures, Triptyque, 2001
Éloge des petits riens, Leméac, 2005
Chute, J'ai vu, 2006

Le 29 avril 2009 par Éric Simard

Quand la musique est bonne

Ces derniers mois, j'ai recommencé à acheter beaucoup de disques. La plupart de mes choix se portent sur ce qu'on fait chez nous. Ce n'est pas un principe, c'est par intérêt. J'aime depuis longtemps ce que notre culture a à offrir et je me réjouis de ne pas être devenu un ersatz de la culture américaine.

Aujourd'hui, j'aimerais attirer votre attention sur quelques disques québécois qui ont été mis sur le marché cet hiver et ce printemps et que j'ai eu la bonne idée de me procurer. Des disques que je ne me lasse pas d'écouter. Non seulement je ne m'en lasse pas, mais chaque écoute me permet d'en apprécier toute la richesse. On produit vraiment d'excellents disques ici au Québec. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, chacun d'eux bénéficie d'une réalisation impeccable pleine d'inventivité et de créativité. Notre industrie musicale, grâce à une génération en pleine possession de ses moyens, est en santé. Elle mérite notre soutien. Je suis fier de lui donner le mien en posant un geste concret, c'est-à-dire en achetant ce qu'ils font.

Voici les disques qui font mon bonheur depuis quelques mois :

Tu m'intimides de Mara Tremblay (audiogram)
Il aura fallu quatre albums avant que je me décide à acheter un Mara Tremblay. Mais quel album! Un savant mélange contrôlé de tout ce qu'alla avait fait de mieux dans ses précédents. Cet album, on le doit à la maturité de l'artiste. Seul le temps qui passe permet d'offrir ce qu'elle nous a offert cette année. La réalisation d'Olivier Langevin est pesante juste comme il le faut quand il le faut.

Mon top 3:
Tu n'es pas libre
Le printemps des amants
D'un côté ou de l'autre

Donne-moi quelque chose qui ne finit pas de Stéphanie Lapointe (Musicor)
À la première écoute, la voix de femme/enfant toute en retenue du début à la fin déconcerte et déçoit quelque peu. Après plusieurs par contre, l'ensemble finit par faire son effet à notre insu et on tombe sous le charme. On se surprend à fredonner l'une ou l'autre des pièces à tout moment de la journée. Et on remet le disque dans le lecteur. Un choix artistique audacieux pour un pari gagné. Ceux qui aiment le style d'Émilie Simon aimeront.

Mon top 3: :
Eau salée
À quoi (avec Albin de la Simone)
Bang bang

Sentiments humains de Pierre Lapointe (audiogram)
J'avais mis du temps à aimer La forêt des mal aimés. J'ai aimé instantanément Sentiments humains. Je trouve que Pierre Lapointe a de moins en moins peur de mettre ses tripes dans ses chansons. Il se rapproche de ses propres sentiments. Ça fait du bien et ça fait surtout des chansons encore plus prenantes et profondes. C'est un créateur hors pair.

Mon top 3:
Je reviendrai
Les lignes de ma main
Nous restions là

Un serpent sous les fleurs de Yann Perreau (bonsound records)
J'ai hésité avant de me procurer ce nouvel album de Yann Perreau. Je ne me sentais pas dans le mood et j'avais peur de ne pas l'aimer. Comme je me trompais! C'est celui que j'écoute le plus en ce moment. Encore une fois, à la première écoute ce n'est pas évident. Aucune chansons ne se démarque réellement. D'une écoute à l'autre, elles se définissent pleinement. Musicalement, c'est fort. Rien à envier à bien des productions de gros calibres.

Mon top 3:
Beau comme on s'aime
Conduis-moi
Le plus beau rêve

Lhasa par Lhasa (audiogram)
Chaque nouvel album de Lhasa est un événement (c'est l'effet positif de la rareté). C'est également le résultat d'une artiste qui évolue et qui tente continuellement de se redéfinir. En même temps, il y a une ligne directrice. Une ligne qu'elle trace subtilement dont le tracé est tout de même annoncé à travers chacune de ses réalisations. Les couleurs folk et feutré qu'on retrouve dans ce dernier disque l'étaient dans The living road si on prend le temps de bien réécouter les chansons en anglais qu'on y retrouvait. Mais là, c'est l'album au complet qui l'est. C'est planant, émouvant. Verser des larmes à une première écoute ne m'est pas arrivé souvent. Lhasa y est parvenue avec cet album et mon plaisir ne fait que commencer...

Mon top 3:
Rising
Where do you go
Love came here



Éric Simard est actuellement responsable de la promotion pour les éditions du Septentrion. Il a été libraire pendant plus de quinze ans. Par le passé, il a également travaillé pour une compagnie de disque, une maison d'édition et pour une compagnie de théâtre. Il en est à sa cinquième année à la barre de l'émission littéraire Encrage, diffusée sur les ondes de CKRL à Québec. Il a fait des chroniques littéraires à la télé de Radio-Canada et à TVA ainsi que dans le journal Le libraire pendant cinq ans. Il a deux romans à son actif Cher Émile (Hamac) et Martel en tête - titre épuisé (Intouchables). Il a été scénariste pour la populaire émission jeunesse Macaroni tout garni.

Ouvrage de cet auteur publié au Septentrion

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