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Le 27 janvier 2010 par Éric Simard

Dolce agonia

Avant de m'exprimer plus en détails sur ce roman de Nancy Huston, je me dois de me situer par rapport à son oeuvre.

Je ne peux pas dire que je suis un inconditionnel de cette auteure même si j'ai toujours apprécié les quelques romans que j'ai pu lire d'elle. Je mets toujours beaucoup de temps à en relire un autre. Elle ne crée pas chez moi le désir de me replonger dans son univers rapidement. Je sais en partie pourquoi. Parce que, chaque fois, je trouve qu'il y a un petit quelque chose de kétaine dans la structure de ses romans ou dans les thèmes abordés. C'est terrible de dire ça et pourtant c'est vrai. Dans Une adoration, entre autres, elle fait parler un cèdre du Liban et dans Dolce agonia, elle fait parler Dieu ! Mais, malgré tout, sous la plume de Nancy Huston, ça fonctionne. Ça fonctionne parce que son propos est intelligent, dense et profond (et je pèse mes mots). Curieux mélange comme si la littérature populaire rencontrait une littérature hautement intellectuelle.

Avec Dolce agonia, je tombe sur le cul et Nancy Huston est en train de m'avoir à l'usure. Elle a un sacré talent cette femme. Ce repas de la Thanksgiving auquel elle nous convie est pour le moins déstabilisant et marquant. À partir des 12 convives, elle nous brosse un portrait réaliste (proche du pessimisme) de ce qu'est l'être humain dans nos sociétés occidentales et de la vie, souvent impitoyable, qui passe (ça m'a d'ailleurs rappelé la teneur des propos du Déclin de l'empire américain). Chaque séquence du repas est entrecoupée par l'intervention de Dieu qui nous explique ce que sera la fin de vie pour chacun d'entre eux... Est-ce nécessaire d'en rajouter ?

Si : Dolce agonia est de la grande grande littérature.

Commentaires

Je ne suis pas un fan de Nancy Huston mais Dolce agonia m'a effectivement accroché. Ça fait déjà un bout de temps que je l'ai lu mais si je relisais mes notes de lecture je suis sûr que j'y trouverais que du positif.

oh-que-oui!!!
Quel repas décadent.

J'avais, moi aussi, ce même sentiment à la lecture de ses livres. Mais celui-ci m'a achevée, toute athée que je suis. Il y a peut-être un truc encore qui m'agaçait quant à la lourdeur des retours dans la mémoire des personnages, je trouvais que le procédé était parfois trop évident et manquait de fluidité... mais bon, uniquement s'il faut me plaindre. J'ai adoré. Même le rythme est une douce agonie.

Huston est effectivement une excellente romancière. J'ai lu tous ses romans, mon préféré étant Instruments de ténèbres.

Réjean, je ne l'ai pas encore lu, mais il sommeille dans ma BAL (bibliothèque à lire).

Mais, c'était un repas très ardu. J'ai quitté la table épuisé en ce Thanksgiving Day.

Dean, c'est certain que ce n'est pas le plus réjouissant des repas.

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Éric Simard est actuellement responsable de la promotion pour les éditions du Septentrion. Il a été libraire pendant plus de quinze ans. Par le passé, il a également travaillé pour une compagnie de disque, une maison d'édition et pour une compagnie de théâtre. Il en est à sa cinquième année à la barre de l'émission littéraire Encrage, diffusée sur les ondes de CKRL à Québec. Il a fait des chroniques littéraires à la télé de Radio-Canada et à TVA ainsi que dans le journal Le libraire pendant cinq ans. Il a deux romans à son actif Cher Émile (Hamac) et Martel en tête - titre épuisé (Intouchables). Il a été scénariste pour la populaire émission jeunesse Macaroni tout garni.

Ouvrage de cet auteur publié au Septentrion

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