« Il compte… et fait la passe »
Mme Verner et le PC s'arrangeront avec leurs justifications et les conséquences de leur refus de participer au projet d’amphithéâtre ; leur position n’est pas sympathique, mais leur lecture est exacte sur un point : il n'y a pas de dollars privés dans le projet de construction, mise à part l'obole symbolique de J'ai ma place (qui va plafonner maintenant que l’amphithéâtre est « acquis »).
PKP fait une fleur à Québec en payant sa pub d'avance (33M$ pour le nom) et la ville en profite pour réduire son emprunt; elle prend le beurre tout de suite, ce qui la privera pendant 25 ans de l’argent dudit beurre, soit un revenu annuel moyen de 1,32M$ qui aurait été utile pour l'entretien de la bête.
Une astuce bien planifiée pour donner l'illusion d'une participation « significative » du privé : la quasi-totalité des observateurs locaux et tous ceux qui ont une raison de stigmatiser le gouvernement fédéral ont marché dans le courant. Impressionnés par la passe que le maire a fait à PKP (en lui laissant la tâche d’aller chercher un club), ils n’ont pas voulu voir que ce dernier a réalisé un jeu d’un autre niveau : compter … et faire la passe ensuite.
On a tout su, cette semaine, de certains détails périphériques (dont les mouvements de l’hélico présidentiel dans les derniers moments de la négociation…), mais on a manqué d’analystes indépendants pour décortiquer le match comme l’a fait Pierre-Yves McSween sur Cyberpresse dimanche (http://www.cyberpresse.ca/opinions/201103/04/01-4376227-amphitheatre-pourquoi-pkp-est-un-excellent-homme-daffaires.php).
Cette analyse vient de Montréal (nul n’est parfait…) mais il faut bien s’en satisfaire à défaut de produits locaux. Incidemment, le bon côté de l’entrée en scène de Québecor (en plus de nous épargner un « Rogers Center », par exemple), c'est que, concurrence médiatique aidant, des médias de Québec pourraient connaître un regain de sens critique à l'égard de ce qui se passe dans la Vieille capitale. Le chroniqueur du Soleil voit la possibilité « d une overdose si Quebecor ambitionne sur le pain béni de la convergence ». Souhaitons que la confrérie n’attende pas le delirium tremens avant de penser au sevrage.


Commentaires
PS: dans Le Soleil du 9 mars, le chroniqueur Maurice Dumas écrit: "... les coûts de construction seront entièrement assumés par les contribuables de Québec et du Québec".
Publié par : G. Deschênes