Le 24 janvier 2012 par Gilles Herman

Retour sur la parution d'un livre numérique

Je parlais dans mon précédent billet du lancement du nouveau livre de Karine Prémont et Élisabeth Vallet, le Petit guide des élections présidentielles américaines 2012.

J'ai suivi avec intérêt le déploiement du livre sur différents sites Internet de librairies. Ça va faire grincer des dents mais voici mes constatations (amis libraires, je vous aime).

L'entrepôt numérique De MarqueLa fiche du livre a été mise en ligne le 18 janvier 2012. À partir de cette date, le livre existe dans les flux de livres à paraître. À ma connaissance, il n'y a que le iBookstore d'Apple qui les intègre avec, en prime, la possibilité de les précommander.

La date de mise en vente était fixée au mardi 24 janvier à 0 h 0 min. Ce mardi matin, je fais donc le tour des librairies en ligne pour vérifier les disponibilités.

Pas de surprise sur le iBookStore, le livre est passé de « à paraître » à « disponible ». À noter que seul le nom d'Élisabeth Vallet est crédité. Problème de fichier ou de données ? À suivre.

Notre livre n'est pas en vente sur le Kindle d'Amazon, leurs conditions commerciales ne nous satisfaisant pas. Nul doute cependant que la grosse machine bien huilée aurait été d'égale qualité (technique) que celle d'Apple.

Kobo vend bien le livre... à qui saura le trouver. Leur boutique est en développement et n'a de français que la façade. Ils présentent le livre comme protégé par un DRM Adobe. Certes, sauf que c'est leur choix et non le nôtre. À noter la possibilité d'offrir le livre numérique en cadeau. Un site à surveiller.

Renaud-Bray ne présente que le livre avec une couverture numérisée depuis le fascicule imprimé et le mentionne à paraître. La version numérique n'est donc pas encore intégrée à leur site.

Chez Archambault, le livre est bien présent dans la section numérique et disponible à la vente. Malheureusement, l'avertissement concernant la protection par DRM est faux, tout comme l'obligation d'utiliser l'application « Mes Livres » sur les appareils iOS. Un peu de désinformation qui leur simplifie la vie, soit, mais qui ne reflète pas notre engagement à fournir des livres numériques non verrouillés et compatibles avec toutes les technologies.

Le livre n'existe pas sur Ruedeslibraires. Ni le fascicule ni la version numérique. Étonnamment, sur Livresquébécois, le livre est bel et bien disponible. Les deux sites étant gérés par les Librairies indépendantes du Québec, il faut croire que leurs bases de données ne se parlent pas. À noter aussi la fâcheuse habitude de concaténer les noms des auteurs. Ainsi « Prémont Karine & Vallet Élisabeth » n'a jamais publié d'autre livre.

Comme à son habitude, la librairie Mosaïque présente la meilleure intégration. Non seulement le site est-il parfaitement synchrone avec l'entrepôt numérique, mais ils sont les seuls à présenter l'œuvre peu importe le format. La fiche de La Dévorante de Lynda Dion en témoigne. Bravo.

En France, nulle trace du livre sur la Fnac, epagine ou encore Immatériel. Il faut aller voir à la librairie Dialogues pour le trouver. Hourra pour les libraires de Brest !

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Deux conclusions :

  1. D'ici deux ou trois jours, le livre sera probablement présent sur tous les sites Internet. Mais pour un processus qui est quasi-automatisé, ça manque encore de fluidité.

  2. Ce sont deux librairies indépendantes, au Québec et en France, qui intègrent et présentent le mieux les livres numériques. Tout n'est pas perdu !

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Le 23 janvier 2012 par Gilles Herman

Le livre numérique fait son entrée en librairie

En ce début d'année 2012, l'édition québécoise n'a pas à rougir de son implication dans le développement du livre numérique. La plupart des nouvelles parutions sont maintenant offertes en version numérique, disponibles dans une grande variété de boutiques en ligne. Sans vouloir crier victoire trop rapidement, on peut tout de même dire que l'aspect technique est derrière nous tandis que les mentalités réfractaire ont été convaincues.

Le défi de 2012 sera d'ordre commercial. Comment faire connaître au public les livres numériques ? Si l'offre commence à s'étoffer, la demande reste tout de même timide. On reproche souvent aux éditeurs de ne pas prendre assez vite le virage numérique, il ne faudrait pas non plus tourner trop sec et perdre nos passagers !

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Ce 24 janvier, le président des États-Unis, Barack Obama, présentera son discours sur l'état de la nation. En cette année électorale, chaque mot sera soigneusement pesé. Les élections présidentielles américaines en déroutent plus d'un, tant leur système semble compliqué. Karine Prémont et Élisabeth Vallet présentent dans leur Petit guide des élections présidentielles américaines 2012 les enjeux liés à la présidence, une présentation de tous les candidats ainsi qu'un survol du système électoral américain.

Parce que le sujet est d'actualité, qu'il doit être régulièrement mis à jour, parce que la durée d'intérêt pour le sujet est assez brève, parce que le sujet est susceptible d'intéresser un lectorat branché, parce que ça nous tentait d'essayer, nous avons décidé de ne publier qu'une version numérique de ce livre. Un fichier EPUB sans DRM a un prix raisonnable (9,99 $), disponible dans toutes les bonnes librairies en ligne ainsi que sur iBooks et chez Kobo.

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Suffit-il pour autant de déposer le fichier dans l'entrepôt numérique, de placer quelques publicités dans des journaux et d'entendre les auteurs à la radio pour que s'envolent les copies numériques ? Que nenni. Les principaux prescripteurs restent les libraires. Or, dans bien des cas, le volet informatique de leurs activités est traité séparément, avec comme résultat que les libraires de plancher ne connaissent pas les nouveautés numériques. D'autant plus quand le livre n'a pas d'équivalent imprimé.

La solution vient alors d'elle-même : pour que le livre numérique existe, pour qu'un libraire puisse le trouver en consultant son inventaire ou son moteur de recherche, il faut lui donner une existence physique. Bien sûr qu'à terme il faudra que les flux numériques et imprimés aboutissent au même endroit, mais il faut travailler dans les contraintes qui nous sont imposées.

Nous avons donc produit un fascicule de 24 pages présentant l'introduction, la table des matières ainsi qu'un lexique. Mais, plus important, chaque fascicule contient sur sa première page un code unique permettant de télécharger le fichier numérique. Ainsi, en se rendant sur www.septentrion.qc.ca/usa2012 , le lecteur néophyte peut se familiariser avec l'univers numérique. Le petit guide sera donc connu des libraires qui pourront à leur tour le conseiller à leurs clients.

Est-ce que la formule obtiendra le succès escompté ? Est-ce que les libraires auront la curiosité de lire le guide ? Au même titre que pour nos ouvrages imprimés, des services de presse sont disponibles pour ceux qui en feront la demande. J'ai bien hâte de voir aller les choses. Ça commence ce 24 janvier.

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Karine Prémont et Élisabeth Vallet traitent du charisme du président actuel, Barack Obama.

Le 20 janvier 2012 par Gilles Herman

Liberté numérique ?

Jeudi 19 janvier 2012, une date à retenir dans l'histoire du monde numérique.

Les autorités américaines décident de fermer MegaUpload (MU), un site de partage de fichiers. Si on a une once d'honnêteté intellectuelle, force est d'admettre que ce site ne servait pas à partager la vidéo de mariage de tantine. Leur modèle d'affaire était grandement basé sur le téléchargement de contenus illégaux. Ils savaient qu'ils jouaient avec le feu, ils se sont brûlés. D'ailleurs, un des sites les mieux garnis en livres numériques piratés se basait presque exclusivement sur MU pour le partage.

Malgré cela, on présente cette fermeture comme une atteinte sans précédent à la liberté.

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La même journée, Apple dévoile, lors d'un événement dont ils ont une grande maîtrise, une nouvelle application gratuite permettant de composer facilement, avec la facilité et l'élégance de leurs produits (oui je suis un fanboy), des livres numériques qui peuvent ensuite être distribués sur leur plateforme pour être lus sur leurs appareils. Pour une fois, les internautes ont pris le temps de consulter la licence d'utilisation qui stipule :

IMPORTANT NOTE:

If you charge a fee for any book or other work you generate using this software (a “Work”), you may only sell or distribute such Work through Apple (e.g., through the iBookstore) and such distribution will be subject to a separate agreement with Apple.

B. Distribution of your Work. As a condition of this License and provided you are in compliance with its terms, your Work may be distributed as follows:

(i) if your Work is provided for free (at no charge), you may distribute the Work by any available means;

(ii) if your Work is provided for a fee (including as part of any subscription-based product or service), you may only distribute the Work through Apple and such distribution is subject to the following limitations and conditions: (a) you will be required to enter into a separate written agreement with Apple (or an Apple affiliate or subsidiary) before any commercial distribution of your Work may take place; and (b) Apple may determine for any reason and in its sole discretion not to select your Work for distribution.

Plusieurs s'énervent sur la clause (ii) exigeant l'exclusivité de la distribution si le fichier produit est payant. Ce n'est pas très élégant mais à la guerre comme à la guerre, c'est à une lutte à mort que les géants de l'informatique vont se livrer pour étendre leurs empires.

Non, moi la clause qui me fait tiquer, c'est la partie (b) : « Apple may determine for any reason and in its sole discretion not to select your Work for distribution. » Pourquoi s'échiner à voter des lois quand la censure peut tout simplement prendre des voies commerciales ?

J'aime Apple d'amour, mais des fois...

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La protection de la liberté, c'est s'assurer de la diversité des canaux de distribution des contenus, gratuits ou payants. Tout en respectant ceux qui produisent ce contenu. Et voilà toute la difficulté du développement du domaine du livre : avancer en gardant l'équilibre.

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Photo : Bibliojeunes.

Le 17 janvier 2012 par Gilles Herman

La quadrature du cercle numérique

Il y a quelques semaines, le site Internet du Septentrion a été vandalisé. Rien de bien terrible, l'équivalent d'un tag sur un mur.


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Le site actuel a été mis en ligne en août 2006 mais il est bâti sur une architecture datant d'avril 2003. Qu'il ait resisté si longtemps tient presque du miracle. Une mise à jour technique serait de mise, autant donc en profiter pour lui ravaler sa façade.

Ce ne sont pas les idées qui manquent : présence accrue des médias sociaux, du livre numérique, des parutions à venir… Non, ce sont les moyens qui font défaut. On ne fera rien en bas de 10 k$, ce sera probablement plus de l'ordre de 15 k$ à 20 k$ (k$ = kilo$ = 1 000 $. Ce sont des petits trucs pour faire paraître l'addition moins lourde).

Ça a l'air de rien comme budget, n'est-ce pas, pour un vénérable éditeur comme le Septentrion. Mais 20 000 $, c'est 4 000 exemplaires de Canada-Québec vendus, ou 11 000 exemplaires des Cœurs Tigrés , ou encore 8 000 exemplaires des Chroniques d'une mère indigne . Ça en fait du livre ! Et, parole d'éditeur, les livres se vendent un par un. Jamais en palettes. C'est aussi, à peu près, une pleine page dans le catalogue Renaud-Bray. Ou Archambault. C'est le quart de notre budget promotionnel global annuel. C'est huit mois de salaire. Bref, vous l'aurez compris, c'est beaucoup d'argent.

Cercle9Carre8.pngParallèlement à ces réflexions, j'entends et, surtout, je lis les spécialistes du web qui trouvent que les livres sont chers. Surtout depuis l'arrivée du numérique ou, subitement, on se met à comparer ce qui ne le devrait pas. Protagoniste omniprésent de ces discussions, le géant Amazon fait souvent figure de défenseur du consommateur, grâce à qui le prix unique est bel et bien une réalité: 9,99 $ ! Je vous fais grâce du calcul du nombre de livre qu'il faut vendre à ce prix pour réaliser un site Internet efficace.

Dans la foulée, ces mêmes personnes se plaignent de la faible présence des produits culturels québécois dans le merveilleux monde numérique, sites Internet en premier... Autant chercher la quadrature du cercle !

Notre site sera donc probablement mis à jour au courant de l'année 2012. Parce que sur l'autoroute de l'information comme sur la 20, on a beau se plaindre du coût de l'essence, on va tinquer quand même.

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Images : Shibuya Tag Wall & La quadrature du cercle

Le 21 décembre 2011 par Gilles Herman

Comment vont les affaires ?

S'il y a bien une question qui me met mal à l'aise, c'est l'inévitable « Alors, comment vont les affaires ? ». Trois choix de réponses s'offrent à l'éditeur averti.

Le très optimiste et un peu fanfaron « Excellent, ça va vraiment bien, nous sommes en expansion, les ventes n'ont jamais été aussi bonnes. Une grande année, et vous n'avez encore rien vu ». Le déprimant « Pas terrible, vous savez, le secteur du livre, c'est difficile, hier encore j'ai dû brûler ma chaise dans le foyer pour me chauffer un peu ». Ou encore le normand « couci-couça, on fait aller, ça monte et ça baisse ».

Je réponds désormais par un « Ça va ». Et laissez-moi vous dire que, en 2011, « aller » est déjà une réussite en soi. Pourtant, quand on regarde les statistiques des ventes de livres au Québec, on se dit que quelqu'un doit bien les vendre tous ces maudits bouquins. Septentrion contribue certes un peu dans ces chiffres, bon an mal an, mais probablement pas à la hauteur de la qualité des livres produits. Évidemment, c'est l'éditeur qui vous le dit ! Quelques titres font la différence. Solites ou insolites, ils nous insufflent l'énergie pour continuer notre route.

« Le livre numérique vous fait beaucoup de concurrence ! » poursuivra immanquablement la conversation. Le quoi ? Ah, ce truc qui nous bouffe la moitié de notre temps pour un maigre pourcent des ventes ? Non pas vraiment. On est même plutôt bien présents de ce côté-là. Enfin, c'est plus compliqué... Difficile d'évaluer le nombre de personnes équipées de ces tablettes, les ventes se faisant en dehors de notre circuit habituel. Et que lisent-ils ? Beaucoup de littérature américaine s’il faut en croire Amazon. Le livre numérique n'est plus la chimère tant redoutée. Il est là, tout simplement. Les réseaux se développent, les technologies s'apprivoisent. Reste à s'atteler à la promotion et de la diffusion de ce nouveau format. Il faut bien s'en garder pour 2012.

« Ça va », tout simplement. Bien ou mal, l'équipage du Septentrion s'accroche au bateau tandis qu'il poursuit sa route. Tout de même de beaux livres publiés. Une meilleure couverture médiatique, indubitablement. Quelques prix qui réchauffent. Une maturité qui s'affirme et s'affiche. Ni pessimiste ni optimiste, je regarde l'avenir avec sérénité. J'ai confiance dans notre travail, dans ceux qui m'entourent, je sais que le ciel est bleu et calme là-bas, devant. Tant pis si quelques tempêtes m'en séparent.

Après tout, la rose des vents en figure de proue, comment pourrions-nous nous perdre ?



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Le 20 décembre 2011 par Gilles Herman

De retour ?

Oula oula oula, ça fait longtemps que je ne suis pas venu faire un tour ici. Pas que je n'avais rien à dire, au contraire, mais ce fut dit en coulisse plutôt qu'en public. Beaucoup de lectures récentes me donnent le goût de revenir donner quelques explications et coups de gueule. À titre personnel, comme toujours.

Dans 3, 2, ...


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Le 14 novembre 2010 par Gilles Herman

Azteca

Johanne Vadeboncœur prouve qu’elle maitrise les rouages de sa profession en répondant sans hésiter à nos deux épineuses questions. Le libraire lui a d’abord demandé quel livre elle offrirait à un libraire qui semble avoir tout lu. Son choix? Azteca, de Gary Jennings : « Ce roman historique de 1000 pages sur l’ère précolombienne est absolument fascinant. C’est un roman parfois cruel, souvent bouleversant et toujours passionnant. Azteca constitue selon moi une belle réussite, littéraire et historique. »
« Portrait de libraire. Johanne Vadeboncœur » Le Libraire n°60, p. 46.

Johanne Vadeboncœur est libraire chez Clément Morin, une librairie du boulevard des Forges à Trois-Rivières souvent décrite comme un modèle. Et avec raison, ne serait-ce que par la qualité de ses employés. Ma conjointe, elle-même libraire, la considère comme SA libraire, ce qui n'est pas peu dire. Étant amateur de roman historique (et non de romans qui se passent dans le temps, mais ça c'est un autre débat), je ne pouvais pas rester insensible à une recommandation de ma [libraire]2. Je tenais d'ailleurs à acheter ce livre directement chez Clément Morin, ne serait-ce que pour vérifier s'ils en gardent toujours une copie. Johanne m'a pourtant devancé en m'en faisant la surprise lors d'un souper entre amis.

AztecaAzteca n'a rien de déroutant dans sa forme pour qui aime ce genre littéraire. On y suit la vie d'un Aztèque, digne représentant de ce peuple qui occupait l'actuelle région de Mexico. Et quand je dis digne, c'est bien en utilisant le code moral des Aztèques et non celui des Européens qui sont venus conquérir ce coin de pays. Car Gary Jennings s'emploie à nous raconter sans fard les us et coutumes de cette puissante nation qui sera confrontée à l'arrivée des conquistadores et, surtout, des maladies qu'ils amenaient avec eux.

Au menu donc, des scènes de torture et de sacrifice à la limite du supportable, des scènes de sexualité assez explicites incluant viol, inceste et domination. Ça, c'est l'avertissement de base pour quiconque veut entreprendre cette lecture. Car c'est avant tout à une fresque grandiose et passionnante que l'auteur nous convie. Jennings arrive à imposer son immense documentation sans jamais ennuyer, provoquant sans cesse son lecteur mais l'obligeant à dévorer les pages jusqu'à la dernière.

Un livre dont on ressort troublé par le contenu mais surtout par l'immense vide qu'il nous fait entrevoir : celui de notre méconnaissance totale des civilisations précolombiennes. Plus qu'un roman, Azteca est donc une porte ouverte sur un monde à découvrir. Quand je croiserai Johanne, je lui demanderai assurément comment compléter cette lecture !

Le 11 novembre 2010 par Gilles Herman

Spécial numérique au Salon du livre de Montréal

Puisque le thème du salon du livre de Montréal est « Livre ouvert sur le XXIe siècle », nous avons décidé d'embrasser le futur en proposant une offre originale. En partenariat avec Livresquebecois.com et donc les librairies indépendantes du Québec (LIQ), vous pourrez obtenir pour 3$ supplémentaires la version numérique d'un livre acheté sur le stand du Septentrion*.

SLM.jpg Concrètement, après avoir réglé votre achat, vous serez invité à visiter le stand 334 des LIQ, situé à quelques pas de Septentrion, où vous pourrez faire ajouter votre livre numérique sur votre compte LivresQuébécois.com. Bien entendu vous serez invité sur place à vous créer un compte si ce n'est déjà fait. Les libraires présents seront aussi disponibles pour vous guider ou vous informer.

Un moyen original de faire rayonner notre littérature sur plusieurs supports, en collaboration avec nos partenaires de toujours, les libraires.

Venez donc nous visiter du 17 au 22 novembre au stand 400 (Dimédia).




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* Pour autant que la version numérique soit évidemment disponible.

Le 26 octobre 2010 par Gilles Herman

L'Affaire Michaud

Dans un précédent billet, je vous disais que deux livres publiés cet automne au Septentrion me touchaient particulièrement. Après Blessures de guerre de Gilbert Lavoie, voici que sort aujourd'hui en librairie L'Affaire Michaud. Chronique d'une exécution parlementaire de Gaston Deschênes.

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Je suis arrivé officiellement au Québec en 1998. Cela prend des années avant de s'imprégner d'une culture étrangère. Au début, les choses les plus simples de la vie peuvent ressembler à un parcours épique. Je ne me suis pas encore tout à fait remis du choc vécu le jour où j'ai réalisé qu'il n'y avait pas « d'allée chocolat » dans les épiceries (non les barres Mars, ça ne compte pas). Alors pour comprendre la scène politique...

Autant dire que, lorsqu'en décembre 2000, les députés de l'Assemblée nationale votaient à l'unanimité une motion de blâme à l'encontre d'Yves Michaud, je ne réalisais pas l'ampleur de ce geste malheureux. Il est facile de crier à l'injustice, à l'atteinte aux libertés. D'ailleurs, à Québec, le mot « Libertéï » a pris une connotation péjorative, plus associé aux autocollants sur les vitres arrières de Honda Civic qu'au fameux poème de Paul Éluard.

Lorsque Gaston Deschênes nous a présenté son projet de livre sur l'affaire Michaud, j'ai eu le même réflexe que bien des gens à qui j'en ai parlé depuis. « L'Affaire Michaud ? Ah oui... c'est quoi déjà ? »

C'est à la lecture du manuscrit que j'ai pleinement pris conscience de toute la malice dont peuvent être capables des politiciens, aidés en cela par des journalistes complaisants et la mère de tous les maux, l'ignorance. Je me permets à ce propos de citer Guy Rocher qui signe un texte en guise de préface :

Je suis un vieux professeur. J’enseigne depuis 50 ans. Cela explique que j’ai depuis longtemps acquis un grand respect pour l’ignorance. Elle m’a fait vivre, elle a fait vivre ma famille. L’ignorance des autres, celle des étudiants, celle de mes collègues, et surtout la mienne ! La maladie fait vivre le médecin et la chicane, l’avocat. Dans mon cas, ce fut l’ignorance. Mais je respecte l’ignorance qui se reconnaît et qui s’efforce de déchirer le voile qui l’enveloppe, de repousser ses frontières. Pas n’importe quelle ignorance !

Le 14 décembre 2000, l’Assemblée nationale a agi dans l’ignorance. Elle a condamné Yves Michaud sur la foi de renseignements partiels et partiaux, sans vérifier ses sources d’information et, comble d’incorrection, sans entendre l’intéressé. Si elle ne se corrige pas, si elle s’enfonce dans son erreur, l’Assemblée nationale passera de l’honnête ignorance à l’ignorance crasse, que le dictionnaire définit comme étant "grossière et dans laquelle on se complaît". Ce ne sont pas seulement les chefs des trois partis qui sont en cause et qui portent une responsabilité particulière. C’est la députation toute entière, au complet, sans une seule dissidence, qui a agi dans l’ignorance et s’est rendue coupable de l’injustice commise.

En traitant depuis longtemps avec l’ignorance, j’ai aussi appris qu’il faut savoir distinguer la vraie ignorance de la fausse ignorance, l’honnête ignorance de l’ignorance hypocrite. Sous le couvert de l’ignorance, le geste de l’Assemblée nationale du 14 décembre 2000 n’était peut-être pas exempt d’hypocrisie. Toute allégeance confondue, sous le couvert de la vertu, on barrait joyeusement la route à un député virtuel appréhendé, trop remuant et trop encombrant pour siéger dans l’enceinte nationale. La faute n’en est qu’encore plus grave, parce que l’institution démocratique de l’État s’est comportée d’une manière anti-démocratique. Je ne m’attends pas à ce que l’Assemblée nationale reconnaisse son hypocrisie. Mais je lui demande au moins de réparer l’injustice engendrée par sa prétendue ignorance.

Lorsque j'eus fini de lire le dernier mot de Gaston Deschênes, j'étais enragé. Enragé devant tant d'ignominie, d'hypocrisie et, surtout, de bêtise. Comment peut-on tolérer que nos députés votent, utilisent le droit de représentation que nous leurs avons confié, sans même prendre connaissance du texte sur lequel ils votent. Doit-on en conclure qu'ils agissent de la sorte constamment ? Quelle crédibilité peut-on encore accorder à cette noble institution que devrait être l'Assemblée nationale ?

L'Affaire MIchaud se lit comme un polar, dixit Éric Simard. La lecture se finit d'ailleurs par la liste des coupables, ces 109 députés qui ont servilement appuyé une motion de blâme condamnant les propos d'un simple citoyen.

Mettons qu'en ces temps où l'on doute, pour toutes sortes de raison, de la qualité et de la probité de nos représentants élus, cette lecture ne redore en rien leur blason. À moins que, dans un geste de grande lucidité, ils ne décident finalement de se racheter ?

FEUILLETEZ CE LIVRE

Démocratie ?

Démocratie, c'est-à-dire souveraineté du peuple.

Omar Kadhr. Loi sur les mesures de guerre. Arrestations et détentions illégales de citoyens à Toronto. Achats militaires sans appel d'offre. Baîllon parlementaire. Prorogation prématurée du parlement. Compagnie minière ayant préséance sur les règlements municipaux. Etc.

Démocratie ? Laissez-moi rire... Il nous faut de nouvelles règles, une nouvelle constitution. Souveraineté du peuple québécois !


+ Belge et fier de l'être
+ Québécois et fier de l'être
+ Éditeur et directeur général au Septentrion
+ Président du GELi

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