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avril 21, 2008

Catalogue 2008 : 20 ans déjà ?!



À l'occasion du salon du livre de Québec, Septentrion distribuait son nouveau catalogue 2008. Plus attractif que jamais, il permet de prendre connaissance de nos plus récentes parutions tout en mettant en lumière l'entièreté de notre fonds d'édition.

Ce catalogue est disponible au téléchargement ou par livraison postale sur demande aux Éditions du Septentrion, 1300 av. Maguire, Sillery (QC) G1T 1Z3. Vous pouvez aussi vous inscrire à notre liste d'envoi sur Internet.

Voici comment Denis Vaugeois, président, Gaston Deschênes, conseiller éditorial et Gilles Herman, directeur, ont tenu à illustrer cet anniversaire.

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Denis Vaugeois, président

Vingt ans ! Qui ne veut pas avoir vingt ans ? Pour une maison d’édition, c’est aussi un bel âge et surtout une grande famille. Au total, plus de 500 auteurs ont publié des ouvrages individuels ou collectifs au Septentrion depuis 1988.

Rapidement, la maison, malgré des effectifs fort réduits, a pris un rythme d’environ 25 titres par année avant d’augmenter progressi vement vers une bonne trentaine. À cet égard, il faut souligner que tous les titres n’ont pas le même poids et que le Septentrion est réputé pour offrir de temps à autre des ouvrages qui surprennent.

Le livre a de l’avenir dans la mesure où il est fait avec soin. C’est en quelque sorte l’héritage que nous a laissé M. Réal d’Anjou, imprimeur-éditeur, qui a présidé à notre naissance, nous confiant du même coup ses éditions du Pélican.

Le Septentrion est né de la volonté d’anciens membres de l’équipe du Boréal Express qui s’étaient dispersés au cours des ans : Lévis Martin, Claude Bouchard et Jacques Lacoursière. Viendront s’ajouter Gaston Deschênes et Michel de Courval qui, à l’époque, passent régulièrement me réconforter. Très tôt, Josée Lalancette, infographiste, et Solange Deschênes, réviseure, deviennent des collaborateurs externes. Christian Paradis sera le premier employé permanent et le seul pendant plusieurs mois. Rapidement, il apprend à tout faire, mais il ne peut pas tout faire. Madame Riverin, débrouillarde et « bonne en français », nous rejoint. Des « temps partiels » viennent à la rescousse. Sur la recommandation de Gaston Deschênes, Manon Perron est engagée comme secrétaire. Elle est tellement heureuse qu’elle « tombe enceinte ». Elle nous fera ce coup-là deux fois en une dizaine d’années. Marcelle Cinq-Mars arrive en renfort. On tient le coup. Marcelle est d’une efficacité totale. En archives, elle est imbattable.

Les années passent. J’ai fondé cette maison d’édition à l’âge ou d’autres se mettent au golf. Moi, je garde le tennis, ça exige moins de temps et c’est meilleur pour la forme. Gaston est un partenaire, un associé et l’éventuelle relève à la direction du Septentrion. Rien ne se passe comme prévu. Marcelle, seconde sur la liste, nous quitte.

Gilles Herman est avec nous depuis 1998. Il est arrivé sur la pointe des pieds, surtout pour nous dépanner avec nos ordinateurs. Notre spécialiste bien aimé, Julien Naud, n’était pas revenu de son troisième voyage en Chine. Peu à peu, Gilles s’initie aux secrets du métier. D’origine belge, ingénieur nucléaire de formation, pouvions- nous l’imaginer aux commandes d’une maison spécialisée en histoire des Amériques ? J’aime bien rappeler que j’ai jadis remis les éditions du Boréal Express entre les mains d’Antoine Del Busso, originaire d’Italie, et de Pascal Assathiany, Français d’origine géorgienne.

Pour éviter la censure de « notre » directeur, je vais éviter de faire son éloge. Je dirai seulement qu’il est parfait ou presque. La panne informatique : il ne connaît pas. Le site du Septentrion illustre bien ses capacités et son imagination. Il se joue des divers rapports et nous dépanne les uns après les autres. Petit problème, il le fait trop rapidement et, de ce fait, se rend indispensable. Il connaît mieux l’histoire du Québec que 99,9 % des Québécois de souche et pourrait aisément devenir correcteur d’épreuves ou réviseur. Avis aux concurrents : il n’est pas disponible. Il est l’actionnaire principal du Septentrion.

Gilles a aussi la chance de compter sur une équipe jeune, compétente et enthousiaste. Sophie Imbeault, double maîtrise (histoire et administration publique), est calme, patiente et toujours optimiste. Carole Corno, diplomée en lettres modernes à Aix-en-Provence et en édition à Clermont-Ferrand, seconde Gilles et, pour ainsi dire, tout le monde. Discrète, elle voit tout. Pierre-Louis Cauchon, graphiste de formation, sortait à peine des limbes lorsqu’il a échoué au Septentrion. En peu de temps, il a manifesté un talent indéniable. Le responsable des communications, Éric Simard, auparavant libraire chez Pantoute, est notre plus récente recrue. Il était déjà un de nos auteurs devenu directeur de collection. Il vient d’arriver ; les fleurs viendront plus tard. Pierre Lapointe, comptable à temps partiel, est aussi au service de Multimonde ce qui en fait un spécialiste du monde complexe de l’édition.

Si je m’exclus, la moyenne d’âge est d’un peu plus de 30 ans. Cette équipe fait la démonstration qu’une relève existe, encore qu’il a fallu en recruter une partie à l’étranger. Toujours orienté principalement vers l’histoire, le Septentrion a une production diversifiée qu’illustre bien ce nouveau catalogue. Pour nous, chaque auteur est important, chaque livre est une nouvelle naissance.

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Gaston Deschênes, conseiller éditorial

Le temps passe et on devient vite le plus ancien dans quelque chose, quand on a la chance d’y survivre !

Au milieu des années 1980, je me suis trouvé sur le chemin de Denis Vaugeois au moment où il préparait son retour à l’édition. Curieux hasard, car j’étais fonctionnaire à l’Assemblée nationale pendant ses deux mandats parlementaires et nous ne nous étions jamais parlé. Une employée de la Bibliothèque lui a conseillé de me parler car il cherchait « quelque chose » : le chemin était tracé...

J’ai été de la première équipe, comme responsable de collection, puis associé, et ensuite directeur des éditions à la fin des années 1990. Du « catalogue » de 1988, il ne reste que Denis Vaugeois et moi. J’ai signé le deuxième livre publié par la maison (L’Année des Anglais) mais le sort a voulu que je devienne vite, sans mérite véritable, « son plus ancien auteur vivant » après le décès du premier auteur, monsieur Balcer.

Le Septentrion a été une école extraordinaire. Le patron-fondateur était probablement le meilleur de la profession et, dans une maison où l’équipe de soutien était réduite au minimum, il fallait tout faire, de la lecture des manuscrits aux communiqués de presse, en passant par les formulaires du Conseil des arts et ceux d’Orléans express. Qu’elles soient adressées au « comité de lecture », au « responsable du recrutement » ou au « directeur des communications », les lettres tombaient toutes dans le même casier. Le Septentrion donnait l’impression d’avoir des soldats à tous les créneaux et les concurrents se demandaient parfois comment on pouvait produire autant de livres…

Treize ans à lire des manuscrits en nombre croissant et à rencontrer des auteurs, en fin d’après-midi (car je travaillais ailleurs à temps plein), les soirs et les fins de semaine. Dix, douze, et même, une année, dix-huit manuscrits accompagnés personnellement jusqu’à l’imprimerie et au-delà, sur le marché. Périodiquement, un samedi après-midi était consacré à faire le ménage dans les manuscrits accumulés : c’était le « massacre des saints Innocents ».

Vint le jour, à l’aube du présent siècle, où il fallut lever le pied. Heureusement, la relève se pointait.

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Gilles Herman Directeur

En 1996, le Québec n’évoquait pour moi qu’une exotique contrée outre-Atlantique où fleurissait une langue française sans nulle autre pareille. Une rencontre allait bouleverser ma vie et m’amener à m’établir de façon permanente à Québec deux ans plus tard.

Mes 10 ans au Septentrion sont aussi mes 10 ans de découvertes d’une culture et d’une histoire méconnue – bien souvent des Québécois eux-mêmes. Tandis qu’on m’abreuvait de Michel Tremblay, Jacques Poulin, les oreilles bercées par Daniel Bélanger ou Jean Leloup, j’apprivoisai ce pays par son histoire grâce à Jacques Lacoursière. Je dévorai en un été les quatre premiers tomes de son Histoire populaire du Québec, m’appropriant ainsi les acteurs d’une saga à laquelle j’allais pouvoir, à ma mesure, ajouter quelques lignes. Quel plaisir que de publier le cinquième tome en 2008 !

Ma formation en génie nucléaire allait m’ouvrir de façon surprenante les portes d’une maison d’édition. J’étais comme beaucoup fasciné par cet univers conjuguant savoir et artisanat. Et j’appris au fil des ans tout le travail que nécessite l’édition d’un livre. En portant des boîtes, en développant un système informatique de gestion, en concevant des maquettes puis en dirigeant toutes ces étapes, avec le soutien de Manon Perron, alors au centre des activités. Je fis mes armes avec l’immigration des Belges, le Pont de Québec mais surtout avec Canada-Québec, 1534- 2000. J’avais dès lors envie de continuer à faire connaître au plus grand nombre l’histoire extraordinaire de ce pays.

Tout cela ne serait rien sans la passion que m’ont communiquée les acteurs de ce milieu. Les auteurs d’abord, chacun avec leur histoire, leur personnalité. Que de rencontres ! Ensuite les électrons libres gravitant autour du Septentrion qui ont su s’armer de patience, dont le clan Deschênes.

Et puis il y a Denis Vaugeois. Dire qu’il aime les livres ne serait qu’une faible formule. Il y consacre toutes ses énergies. C’est avec beaucoup de fierté mais aussi d’humilité que je saisis le flambeau qu’il me cède. Pas loin de 500 titres publiés au Septentrion jalonnent son chemin. Tandis que nous naviguons dans cette vingtième année, le vent dans les voiles, je dois aussi reconnaître l’excellence de l’équipage qui forme le Septentrion. Merci Sophie, Carole et Éric pour votre soutien et votre dévouement, ainsi qu’à la cohorte de collaborateurs externes.

Que nous réserve l’avenir ? Plusieurs prédisent la fin du livre avec l’avènement du numérique. C’est pourtant en nous appropriant les nouvelles technologies que nous ferons le meilleur travail. Le livre ne meurt pas, il se transforme. Le papier se conjugue au passé, au présent mais surtout au futur. Papier électronique ou papier recyclé respectueux des forêts anciennes, seul compte le résultat et le lecteur saura faire ses choix.

Bonnes lectures à toutes et à tous !

août 30, 2007

Du colophon

Colophon (ou achevé d'imprimer) : Texte placé à la fin d’un ouvrage pour indiquer la date et le lieu d’impression. Certains éditeurs en profitent pour préciser le caractère utilisé et sa grosseur, la sorte de papier, les noms du typographe et de l’imprimeur, parfois d’autres renseignements comme le tirage.
Denis Vaugeois, L'Amour du livre, Sillery, Septentrion, 2005, p. 202.

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Le colophon est souvent la dernière occasion pour l'éditeur de passer un message. Au-delà de l'information technique, c'est un clin d'œil adressé à un public averti ainsi qu'à la postérité.

Finalement, peu de gens lisent un livre de la première à la dernière page. Qui se soucient de regarder les crédits ? Il suffit de voir dans une salle de cinéma combien se lèvent dès les premières lignes du générique de fin. De même, les diffuseurs télévisuels ont pris la fâcheuse habitude d'utiliser cet espace pour nous abreuver d'annonces.

Il faut savoir lire entre les lignes. Prenons par exemple l'achevé d'imprimer du livre cité plus haut :

Mais qui donc est ce Christophorus Plantinus qui semble parrainer cet ouvrage ? Pour le savoir, il faut suivre son regard et se rapporter à la page précédente. Denis Vaugeois y présente une brève notice biographique de cet important Anversois et la manière dont il assure la survie de son atelier.

Une histoire mêlant livre, Belge, famille et succession, voilà de quoi il en retourne finalement !

Et aujourd'hui, nous en sommes à rédiger l'achevé d'imprimer qui clôturera notre monumental atlas de l'Amérique du Nord, La Mesure d'un continent. Avec deux éditions en deux langues, la rédaction est complexe. Je vous laisse le plaisir de le découvrir début octobre à la dernière page de cet ouvrage !

novembre 27, 2006

Sur les traces des Français d'Amérique

Ne manquez pas le second numéro de GEO-Histoire, un hors-série consacré à l'Amérique française. Du Québec à la Louisiane, le magazine dresse un bon portrait de l'histoire coloniale française et part à la recherche de ceux qui l'habitent encore et qui perpétuent son souvenir.

La revue est divisée en quatre chapitres. Les colons du Saint-Laurent, dans lequel on retrouve entre autres Raymonde Litalien qui revient sur la fondation du premier empire colonial français. Vers les « Pays d'en haut », un invitant voyage dans la région des Grands Lacs, dans lequel Gilles Havard explique comment le commerce des peaux de castors a engendré une société métisse. La conquête du Midwest nous amène sur les traces de Cavelier de La Salle le long du majestueux Mississippi jusqu'à Saint-Louis, cette ville française au coeur du continent américain. La Louisiane version française constitue la dernière étape du voyage de même qu'elle fut la dernière étape de la colonisation française en Amérique. Son bayou fut un terminus pour de nombreux déportés acadiens.

Comme à l'habitude, ce numéro est magnifiquement illustré de cartes anciennes et modernes, de dessins et tableaux ainsi que de très belle photographies actuelles. Un numéro incontournable pour les amateurs d'histoire.

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D'origine belge, Gilles Herman habite Québec depuis 1998, ville où il a pris racine. Son diplôme d'ingénieur industriel explique en partie son intérêt pour les technologies, dont le livre numérique.Fasciné par l'histoire, il conjugue ses deux passions aux éditions du Septentrion comme éditeur et directeur général. En septembre 2007, il était élu à la présidence de la section littéraire de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) où il siège, entre autre, au comité du numérique.

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