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Le 11 janvier 2012 par Jean Laliberté

Les solutions de facilité

C’est un trait de la nature humaine que de rechercher les solutions les moins fastidieuses et les moins ardues. Ainsi, il est plus facile de regarder la télévision que de lire un livre, de manger du fast food plutôt que de préparer des repas équilibrés et de prendre sa voiture plutôt que de marcher pour de courts déplacements.

Dans le domaine politique, les gens ont tendance aussi à rechercher des solutions de facilité. Les réunions de l’Assemblée du peuple inventées par les Grecs anciens et les longs palabres auxquels s’adonnaient les Amérindiens rebuteraient maintenant la presque totalité des gens. La démocratie élective représente le triomphe de la facilité puisqu’elle n’appelle les citoyens à voter qu’une fois tous les trois ou quatre ans, les résultats étant valides même si seulement un petit pourcentage de gens exercent leur droit de vote.

Par contre, les gens ont la critique facile. Les reproches à l’égard des politiciens ne manquent pas. Certains trouvent là une excellente occasion de se défouler.

La démocratie participative est plus exigeante. Elle impose qu’un certain nombre de personnes s’intéressent activement à un domaine de politiques publiques, s’informent, échangent avec leurs concitoyens sur la base de fait avérés et recherchent des solutions aux problèmes. Certains prétendent qu’il est irréaliste d’imposer un pareil fardeau à des gens qui ont des obligations personnelles et professionnelles. S’ils ont raison et que seule une poignée de gens sont prêts à s’impliquer dans les Regroupements, il est évident que la démocratie participative ne pourra pas fonctionner.

J’estime à 10% la masse critique de participants dans une entité politique comme le Québec pour qu’un débat public puisse s’enclencher et permettre aux divers points de vue de se faire entendre. À partir de ce seuil critique, les délégués œuvrant dans les commissions de l’Assemblée nationale pourraient engager un véritable dialogue avec la population et s’assurer que les solutions mises de l’avant correspondent à l’intérêt général et bénéficient de l’appui d’une opinion publique informée.

Un dicton populaire affirme : «on a les gouvernements qu’on mérite». Si on laisse la politique entre les mains des bailleurs de fonds des partis et des groupes de pression, il ne faut pas se surprendre que l’intérêt général soit mal servi.

Je ne peux qu’espérer que les solutions de facilité ne constituent pas un critère primordial pour la réforme de nos institutions politiques.

Commentaires

Si nos institutions politiques permettaient aux gens de travailler concrètement à étudier les problèmes et à rechercher des solutions au lieu de les confiner à la critique négative, notre société serait pas mal mieux gouvernée.

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Jean Laliberté est né à Rimouski en 1944 et y a fait des études classiques. Il a ensuite obtenu une maîtrise en science politique de l’Université Laval. Par la suite, il a complété une année d’étude à l’ÉNA à Paris.

Il a commencé sa carrière comme administrateur stagiaire au sein de l’administration fédérale à Ottawa où il a œuvré une douzaine d’années, d’abord à la Commission de la fonction publique, ensuite au ministère de la Main-d’œuvre et de l’Immigration, puis au Secrétariat du Conseil du trésor. En 1979, il a accepté un poste au ministère de la Fonction publique du Québec. Cet organisme est ensuite devenu l’Office des ressources humaines. Il a aussi œuvré au ministère du Conseil exécutif et au ministère des Finances. En 2002, après 35 années au service des gouvernements, il a quitté la fonction publique pour travailler comme conseiller en gestion chez SoluConseil et chez CGI. Il a pris sa retraite en décembre 2006.

Il partage son temps entre Québec, son lieu de résidence habituel et Témiscouata-sur-le-Lac où il a sa résidence secondaire. Sa conjointe, Ginette Garon, est originaire de Notre-Dame-du-Lac.

Ouvrage de cet auteur publié au Septentrion

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