Le 28 août 2010 par Sophie Imbeault

Dix-sept siècles

La deuxième île que je tenais à voir pendant mes vacances est l'île Saint-Honorat. J'avais préparé ma visite des semaines à l'avance, en naviguant sur Internet. Qu'est-ce qu'il y a à voir? Tout. Les gens vont surtout pour s'y baigner dans les criques (à l'abri du regard des moines), ce que nous avons fait. C'est plus que bien, c'est sublissime. J'aimerais pouvoir y aller tous les jours. Vous Cannois, je vous envie, vous n'avez pas idée.

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On y trouve le monastère de Lérins habité depuis 1869 par des moines cisterciens de la congrégation de Sénanque. On aperçoit aussi l'ancien monastère fortifié, élevé en 1073 sur une pointe de la côte sud par l'abbé de Lérins, Adel'Dert, pour protéger les moines des pirates sarrasins. L'île a en effet été attaquée et pillée à de nombreuses reprises, notamment par les Espagnols.

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Le nom fut donné à l'île pour rappeler Honorat d'Arles (saint Honorat). Cherchant la solitude, entre 400 et 410, il choisit une des deux îles Lerinas. Là, il fonde un monastère qui figure parmi les plus réputés de la chrétienté. Depuis 17 siècles, à quelques décennies près, c'est donc un lieu de pèlerinage. Ça donne le vertige n'est-ce pas, 17 siècles!

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À mon sens, un des meilleurs restaurants de la Côte d'Azur s'y trouve. Dirigé par Christian Nevière, le restaurant La Tonnelle peut se vanter d'avoir un personnel irréprochable, charmant, qui n'en fait pas trop. On peut manger ou boire un mojito lérina les pieds dans le sable, sur des tables en bois, en admirant la mer. En tout cas, moi je me sentais vivre pleinement à l'ombre des jolis parasols avec ma mère et mon amie Carole. J'aurais aimé partagé ce moment avec tous ceux que j'aime, ça c'est sûr. Qu'est-ce que j'ai mangé? Pas la langouste à 175 euros pêchée dans la baie en tout cas. Du cabillaud, par contre, excellent, une entrée de melon aussi, qui s'imposait sous un soleil radieux.

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À l'île Saint-Honorat, on trouve de belles vignes qui sont exploitées par les moines pour en faire du vin ou des liqueurs. La distillerie est pilotée par le frère Giancardo, maître liquoriste. On me dit qu'il est le seul détenteur de la liste des plantes composant les liqueurs. Avant sa mort, il devra transmettre ses connaissances à un autre moine. Ils produisent la lérina jaune, une liqueur de mandarine, le lérincello, du marc, des vins blancs et rouges. Moi, j'ai retenu la lérina verte, qui contient environ 26 plantes aux arômes floraux intenses avec des notes de menthe, de verveine et d'anis. J'ai rapporté un petit flacon d'huile de lavande qui porte la marque «approuvé par les moines».

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On trouve plusieurs bâtiments, surtout d'anciennes chapelles, églises, et des fours à boulets construits sous Bonaparte. Fascinant pour l'historienne.

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Vingt-cinq moines y habitent aujourd'hui et leur quotidien est orienté en fonction du travail et de la prière. Allez voir la boutique virtuelle. Il y a la liqueur de verveine que je veux commander, je n'avais hélas plus de place dans ma valise...

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C'est splendide n'est-ce pas? Si c'est ça le paradis, moi je dis plus près de toi mon Dieu ahah!

Le 24 août 2010 par Sophie Imbeault

Les îles de Lérins - Sainte-Marguerite

Dernière note sur mon voyage je pense (mais non qu'est-ce que vous croyez, j'ai encore quelques trucs à raconter). C'est juste que tous ces spectacles à voir cet automne à Québec, ah seulement faire la liste me prend toute mon énergie.

Dans mes derniers billets, je me suis arrêtée surtout à Nice (normal, nous y avions un appartement). Mais je me suis baladée pour 1 euro dans plein de villages parfaits. Je suis allée à Cannes par exemple, où je ne me sentais pas jet-set du tout avec la transpiration (encore elle) qui baignait mes vêtements. Juste en face, à une quinzaine de minutes de bateau, il y a quatre îles, la nature à l'état brut, grandiose - les îles de Lérins. Deux peuvent être visitées.

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La plus grande, celle de Sainte-Marguerite, est remarquable. Protégée par l'État, on la visite pour ses bois, sa végétation surtout, dont une allée d'eucalyptus. J'avais mon idée de ce qu'est un eucalyptus mais là j'ai complètement été déjouée par ces arbres immenses. Et cette terre, rouge.

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L'île est aussi protégée par un mur et un fort, qui servit de prison d'État, édifiés sur les ordres du cardinal de Richelieu. Sur cette île, il y a des traces d'occupation aussi loin que le IIIe siècle av. J.-C. Vous imaginez! J'ai pu visiter la cellule du Masque de fer (celui-là même dont parle Alexandre Dumas dans ses romans), ainsi que celles dans lesquelles furent enfermés 6 pasteurs protestants français après la révocation de l'édit de Nantes. Je suis entrée dans ces petites cellules en pierre, sombres, et je me suis dit qu'avec cette chaleur ça ne devait pas être trop le bonheur pendant l'été, et que ça devait être particulièrement humide l'hiver.

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Je suis allée me tremper les pieds dans l'eau évidemment, elle était bien chaude, c'était quand même rafraîchissant après avoir failli défaillir dans ce qui m'apparaissait le désert. On marchait bien à l'ombre, quand il y en avait... Mais dans tout désert, la nature triomphe, ça demeure impressionnant. :-)

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C'est magnifique. On s'y sent bien.

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Le 15 août 2010 par Sophie Imbeault

Nice, ses douceurs

Il fait chaud, très chaud. Je n'arrête pas de m'éponger le visage et de m'asperger d'eau d'Avène. Rien n'y fait. Et j'ai soif, insatiablement soif. Nous nous baladons au rythme de l'escargot dans les rues de Nice quand soudain, est-ce un mirage? Une pâtisserie!

Au Seizième de Soupir, on peut repartir avec chocolats, macarons, pâtisseries, glaces, tout cela présenté de façon spectaculaire. Nous avons profité de notre état d'épuisement stade 4 pour nous arrêter au salon de thé, situé sur la rue Longchamp. Cette merveille d'établissement, peint en noir pour faire ressortir toutes les couleurs des desserts, est la propriété du pâtissier-chocolatier Patrick Mesiano, qui est aussi chef pâtissier à l'Hôtel Métropole de Monte-Carlo.

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Et j'ai beau être épuisée, ce n'est pas mon cerveau qui me joue des tours: les verres sont bel et bien croches. Ma pâtisserie aux framboises était divine, je l'ai mangé à un rythme d'escargot (c'est une habitude niçoise chez moi) pour en savourer chaque bouchée.

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Bon et comme nous voulions être certaines que c'était bien la meilleure pâtisserie de Nice, un deuxième arrêt s'imposait plus tard dans la semaine, cette fois pour déguster une glace au thé vert et abricots. Wow, crémeuse comme je les aime.

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*** Seizième de Soupir //


Bien remises en forme, la baignade dans la baie des Anges s'imposait.

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Le 8 août 2010 par Sophie Imbeault

Le Musée Masséna

Alors c'est parti pour les quelques notes sur mes vacances. L'an dernier, j'ai découvert la Provence, cette année, c'était la Côte d'Azur. Je ne le cacherai pas, je suis une fainéante et oui, j'ai fait de la plage, j'ai marché sans but et avalé de l'eau salée.

Mais parlons histoire, car elle est omniprésente à Nice, tout comme l'un des personnages les plus célèbres de France: Napoléon. Il est présent partout, à Grasse et surtout à Nice.

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Le Musée Masséna (Nice), qui porte le nom d'André Masséna, l'un des officiers de Napoléon 1er, est l'un des plus beaux musées que j'ai eu la chance de visiter. Il est situé sur la Promenade des Anglais, dans ce qui fut la Villa Masséna, et renferme objets, toiles, documents, sculptures.

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La collection napoléonienne vaut à elle seule le déplacement.

J'ai bien cru que j'allais m'évanouir lorsque je suis tombée, au détour d'une pièce, sur ce portrait de Napoléon peint par Gros.

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Et que dire du manteau de sacre de Joséphine et de sa couronne, de son portrait par Gros...

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La collection sur l'histoire niçoise aux XIXe et XXe siècles est tout aussi intéressante.

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Et le plus beau dans tout cela, l'accès est gratuit!

Le 3 août 2010 par Sophie Imbeault

Le cadeau

Je voulais vous parler du voyage magnifique que j'ai fait il y a quelques semaines de cela. Un voyage tout en galets, en ocre, en musées, en soleil, en mer. Le paradis point. Mais, mes plans ont changé en fin de semaine par la surprise qui m'attendait (car pour qui ne le sait, c'était mon anniversaire à moi).

Il y a des années que j'en rêve. Il y a longtemps que je l'attendais. Puisque la photographie est un de mes passe-temps préférés.

Alors aujourd'hui, c'est la présentation officielle.

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Mon nouveau Canon, cadeau précieux de mes parents chéris.

C'est ma vision du monde qui passera à travers lui. Wah, c'est pas rien ça? Notre avenir pas si lointain sera donc fait d'expérimentations , d'apprentissage, de contrées lointaines (j'espère) et de folles aventures.

Le 29 juin 2010 par Sophie Imbeault

Par une journée ensoleillée

Parlons franchement, c'est l'été, il fait bien chaud et on a soif, très soif (surtout que les lancements et 5 à 7 littéraires seront rarissimes pendant deux mois). La première idée qui vous viendra vraisemblablement en tête sera de partager une bonne sangria entre amis. Une évidence, que dis-je, une vérité de La Palice question alcool. Et vous aurez raison.

Pour ma part, j'adore la sangria blanche du Dos Caminos, à New York. Bon, je le reconnais, ça fait un peu cher et loin pour aller boire un pichet. Mais mon ami François a la solution toute trouvée: une recette dénichée sur Internet qu'il a adapté un peu.

La voici donc:

- 1 litre de vin blanc.
- 250 gr de sucre.
- 1 citron.
- 2 oranges.
- 1 lime.
- 2 pêches.
- 5 cl de liqueur Grand-Marnier.
- 1\2 bouteille de limonade pétillante.
- 1 cuillère à thé de poivre blanc moulu.

**** Nous, on n'a pas chauffé le vin blanc avec les épices, infusé 1 heure et laissé reposer pendant toute une journée. On avait soif vous dis-je, alors on a tout mélangé et savouré de suite. Recette pour 3 personnes et demi, la nôtre.

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Et comme je ne recule devant rien, je vous révèle sans me faire prier les ingrédients secrets: 3 clous de girofle et 3 bâtons de cannelle.

Bon été les amis!

Posologie maximale recommandée: 2 pichets (on a testé 3 pichets mais vous aurez alors besoin de Tylenol après et ça on n'aime pas).

Le 21 juin 2010 par Sophie Imbeault

Genève ou Sophie au pays des Helvètes

Il y a quelques semaines, j'ai eu la chance de mettre les pieds pour la première fois en Suisse. À Genève donc, pour le Salon du livre. Comme la ville est chargée d'histoire (Huguenots, Jean Calvin et la Réforme, orfèvres et marchands, les monnaies, Croix-Rouge), vous aurez compris que je m'y suis immédiatement sentie comme un poisson dans l'eau. Toujours un moment étrange pour moi, petite nord-américaine, de voir de mes yeux les lieux que j'ai étudié et connu dans les livres.

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Je me suis découvert un intérêt pour la Savoie et ses princes et j'ai eu une pensée pour tous ceux qui s'y sont exilés, comme Voltaire. Genève est un centre culturel important.

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Renseignez-vous un peu sur la ville, vous apprendrez rapidement des anecdotes aussi originales que fascinante: http://fr.wikipedia.org/wiki/Soupe_au_lait_de_Kappel.

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J'ai pu visiter deux musées. Et comme j'ai dépensé tout mon argent en restaurants, vous dire le bonheur de découvrir que la grande partie des musées de la ville, comme le transport en commun pour les touristes, est gratuit:

Le musée d'art et d'histoire. On y trouve beaucoup de peintures de la Renaissance dont plusieurs peintres suisses parmi lesquels figurent Ferdinand Hodler et Jean-Étienne Liotard. Son autoportrait m'a beaucoup surprise. Je ne me souviens pas avoir vu un portrait pour cette époque où les dents sont dévoilées sous un sourire radieux. Constatez par vous-même: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Jean-Etienne_Liotard_01.jpg. Les peintures, sculptures remontent donc plusieurs siècles en arrière et vont jusqu'à couvrir l'art contemporain. Il abrite aussi, outre les peintures, des objets archéologiques de l'Égypte, du Proche-Orient, de Grèce, de Rome. Le département des arts appliqués m'a beaucoup intéressé, particulièrement la collection d'armes. Un mur est d'ailleurs entièrement couvert d'anciens pistolets. Assez impressionnant. Enfin, l'édifice du musée vaut le coup d'oeil pour qui s'intéresse un peu à l'architecture.

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La Maison Tavel
. La Maison Tavel est un exemple de l’architecture civile médiévale en Suisse, le dernier témoin de cette période à Genève si je ne me trompe pas. Un incendie la détruit en 1334. Elle est reconstruite par les Tavel, famille noble genevoise, qui lui donnent le caractère que l'on connait aujourd'hui.

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Allez donc voir ce petit vidéo pour avoir une idée des collections. Elle est acquise en 1963 par la Ville de Genève, qui s'occupe de la restaurer.

Vous pouvez visiter la maison au complet, des caves aux combles. Vous découvrirez ses collections consacrées à l’histoire urbaine et à la vie quotidienne genevoise.

En parcourant la vieille ville, j'ai cru comprendre que les Genevois accordent beaucoup d'importance à leur patrimoine et à leur histoire si je me fie seulement au nombre incroyable de plaques commémoratives que j'ai aperçu un peu partout. C'est aussi le constat de mon accompagnatrice favorite.

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Jugez-en donc.

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Le 31 mai 2010 par Sophie Imbeault

À l'apéro

Continuons donc la présentation de mes amis extraordinaires, comme je l’affirme au môônde depuis quelques temps. Dans ce billet, PL nous parlera de vin. Grand amateur (et connaisseur) s'il en est (je ne connais personne d’autre qui va jusqu’à apporter ses propres verres à vin en pleine forêt), j’aime bien l’accompagner à la SAQ pour qu’il me conseille et me fasse part de ses découvertes. Nous avons en commun notre culte pour le pastis entre autres. Que de soirées mémorables nous avons passé ensemble!

Et lors de chaque voyage, nous faisons de petites trouvailles que nous nous plaisons à partager parmi nous. Cet été, je compte bien découvrir un ou plusieurs vignobles de Nice et ses vins de Bellet, la Lérina des moines des îles de Lérins.

Trève de blabla inutile, place à notre «expert» à nous [mais je ne serai jamais bien loin ne vous inquiétez pas surtout, han han!].

P.S. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

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Sophie&friends ou l'aventure du vin.

Il y a quelques semaines, Sophie m’a proposé de faire une note sur le vin! J’en suis tout honoré et tout horrifié… [ben là, horrifié, c’est un peu fort]. Seigneur, que vais-je dire pour satisfaire l’esprit sagace de cette jeune [mouais] historienne? Après avoir longuement réfléchi, l’angle pour aborder ce vaste sujet me vint grâce à un vieil ami. Je sais que malgré toute la finesse de sa personnalité [bon, tu as quelque chose à me demander?], Sophie entretient un rapport de simplicité [là tu vas en faire rire plusieurs] avec certains aspects de la vie dont celui des soupers entre amis. Quel bonheur, voilà ma délivrance! Chaque jour de la semaine, un endroit et des suggestions expliquées pour chacun des repas. Allons-y!

Lundi soir, je me rends chez AG et ce qu’elle me propose est une magnifique pizza Margherita [à ne pas confondre avec margarita, bon OK j’arrête]. Le basilic, l’origan, l’ail, la tomate, la mozzarella! Tout ça sent si bon, mais sur quel parfum jouer quelle molécule (clin d’œil à François P. [tu parles de celui qui a participé à la brève disparition de mon iPhone!])? Le Chardonnay GLEN CARLOU PAARL 2008 peut sembler un choix hasardeux, puisque le vin peut être à lui seul une aventure risquée [ouh, danger! J’aime ça]. Sa très belle balance fruitée, son acidité, donneront, je l’espère, un résultat agréable avec notre basilic. Et si on remplaçait la mozzarella par un fromage de brebis? À boire frais, à 11° C.

Pour être certain d’avoir un truc qui va plaire à tous, j’apporte aussi le FORNACE DI CERRETO MALGRA BARBERA D’ASTI SUPERIORE 2005 [plus on a de bouteilles, plus on rit]. Le muscat de cette région du Piémont est spécialement bon. Nous l’aimons en apéritif ou au dessert. Quant au barbera, il est très bien aussi. Il donne une belle souplesse et une belle fraîcheur.

Mardi midi, je passe manger sur le pouce avec LG. Elle veut partager son lunch avec moi. Œuf cocotte au jambon de parme, épinards et mascarpone. On ne peut plus simple? J’ai toujours du mal à choisir un vin quand il s’agit des œufs maléfiques. Bien entendu, on peut apprécier les cocos avec un champagne brut ou extra sec, mais c’est tout de même mardi midi. Bon d’accord, rien de trop beau pour LG! [eille, et moi je ne suis pas invitée?] Pour moi, ce n’est pas tant le goût des œufs qui cause problème, mais bien leur texture bancale qui donne un résultat désagréable avec des vins tanniques. Pour contourner le tout, Paul Buecher et Fils ont trouvé la solution. Le PINOT GRIS RÉSERVE PERSONNELLE PAUL BUECHER 2008. Tout simplement parfait! [je pensais qu’elle ne buvait que du Château Gigault, pfff!]

Mercredi soir, FP et JB offriront les fruits de leur chasse et de leur cueillette. Dans ce qui se trouve être le meilleur restaurant clandestin de la ville [miam! on y retourne quand], nous avons droit à une recette d’oie à la purée de marrons et de la perdrix aux chanterelles [fiou, pas d'écureuils au beurre en vue]. Il nous faut donc quelque chose de corsé. Un élégant SÉGLA MARGAUX 2004 sera de mise. Je connais l’amour que porte FP pour le pinot noir [moi c’est le Sancerre]. L’occasion est belle pour ouvrir une deuxième bouteille, un coulant STAETE LANDT 2008 qui, avec son nez de cerise et sa finale de poivre blanc, fera évoluer doucement le goût de la volaille!

Jeudi soir, un délice au restaurant Chez Soi. Comme d’hab (dirons-nous), avec nos dumplings vapeurs à la crevette, puis un plat de canard, de bœuf, les nouilles aux légumes… Je choisis un vin qui est peu tannique et qui me procurera une grande fraîcheur car il faut jouer avec l’aigre-doux. Pourquoi ne pas revisiter le barbera? Il viendra du Piémont une fois de plus, mais d’Alba cette fois: le MATTEO CORREGGIA 2006. Encore là un vin tout en finesse pour s’assurer de passer à travers ce mélange de plats et de saveurs.

Vendredi soir, Sophie reçoit chez elle [hein quand ça, chuis pas prête du tout]. L’odeur de la sauce à spaghetti de DoDo embaume l’appartement et, comme toujours, la maison est chaleureuse. J’aime la sauce à spaghetti parce que, d’une maman à l’autre elle est différente et pleine de surprise. Celle de maman JT est une merveille de simplicité, que cachera celle-ci? [moi je sais] Le sangiovese ou sang de Jupiter (sangue et Giove), principalement utilisé dans le chianti, serait probablement la clef du succès. Toutefois, j’aime sortir de l’ordinaire quand on parle de sauce à spaghetti puisqu’en fait, on se trompe rarement à cette occasion. BCRUX VALLE UCO 2004 ou, souvent, du Mendoza, un blanc tout en rondeur, le GRAN LURTON CORTE FRIULANO [soyez sages les enfants, il faut redescendre les trois étages après]. D’aucuns trouveront par contre qu’il manque de corps et qu’il est peu armé pour affronter la sauce. [une crème brûlée au chocolat noir pour terminer tout ça, ou la tarte au citron de CC, oui!]

Samedi on se réserve le droit, K2R et moi, de manger en amoureux à la maison. Nous aimons le poisson blanc, trempé dans l’aïoli pour elle et bien gras aux herbes pour moi. Le bon Bourgogne Aligoté est plutôt rare à la SAQ, dommage car il accompagne subtilement les poissons blancs et le fameux aïoli. Soit dit en passant, l’ail est un autre torture méninge pour moi. Pour se faire plaisir, CHÂTEAU LES VALENTINES CÔTES DE PROVENCE 2006. Un nez tout en épices et en fruits, un bel équilibre en bouche et une finesse dans la finale qui donne envie d’échanger d’amples baisers [hihi, les a-mou-reux] avec son partenaire de table. Peut-être vous surprendra-t-il.

Dimanche, je file sur mon île d’Orléans rejoindre les vieux Létourneau et compagnie. Pour bien accompagner cette soirée, il ne peut y avoir qu’une seule chose à manger: le ragoût de la tante, dont tous les ingrédients sont malheureusement secrets. Disons pour le bien de ce billet qu’il y aurait du porc et peut-être bien du bœuf, mais rien de certain… Un DOMAINE VALETTE MÂCON-CHAINTRÉ 2006, conduit en culture biologique, par son caractère minéral et son nez d’agrumes confits, accompagnera intimement la sauce onctueuse et fera exploser le goût de la viande sur le palet.

Au plaisir de partager la table avec vous prochainement.

Pour les services d’un sommelier passionné et dégourdi:
http://www.unsommelierpouremporter.com/

Blogues sympas sur le vin:
http://achacunsabouteille.wordpress.com/
http://palatepress.com/
http://www.drvino.com/
http://www.vinivino.com/blog-vin/

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Le 25 avril 2010 par Sophie Imbeault

Mon Alma Mater

Il y a de cela quelques années, je terminais une maîtrise en histoire à l'Université Laval. J'avais un but ensuite: obtenir l'un des postes de stagiaire à la Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Et je l'ai eu, sinon, ça ne servait à rien de vous raconter tout cela.

Le premier jour, quand je suis arrivée sur la colline pour aller prendre la photo de ma carte d'identité, je suis tombée face à face avec Bernard Landry, alors premier ministre, et tout son entourage. J'étais impressionnée et je me disais combien j'étais chanceuse de passer les prochains mois en compagnie de tous ces politiciens, à un moment où j'adorais littéralement la sphère politique.

Les premières semaines, nous (3 autres stagiaires avaient aussi eu le poste) avons eu un accueil très chaleureux. On a assisté à la période de questions dans le salon bleu, on a mangé au Parlementaire, on a eu une visite guidée des lieux. Puis, j'ai été occupée, pendant un peu plus de 18 mois, à reconstituer les sessions de 1946 et de 1956-1957. Pour plus de détails sur ce vaste projet historique piloté par Jocelyn Saint-Pierre, allez sur le site revampé, sous le direction d'un autre de mes amis: http://www.assnat.qc.ca/archives/Debats-reconstitues/reconstitution.html. Plusieurs sessions sont déjà disponibles sur Internet.

Je reviens là-dessus parce qu'il y a quelques semaines de cela, j'ai eu un appel de mon ami Christian pour me dire que, ça y était, mes deux sessions étaient publiées. Fête! Tout ce que j'y ai appris sur la petite et grande histoire politique québécoise grâce à Jocelyn et Gilles Gallichan, c'est complètement fou. Je ne leur en serai jamais assez reconnaissante.

Ces mois ont marqué ma carrière. J'y ai côtoyé quotidiennement, sur le papier, Duplessis, Godbout, Antonio Barette, Albiny Paquette, René Chaloult, André Laurendeau, Valmore Bienvenue. Ils m'ont fait rire, m'ont intéressé, ont soulevé mon indignation. La politique avec eux n'avait rien de banal.

La session de 1946, première année d'après-guerre, a été consacrée à toute sorte de questions, comme les «slot machines», les pouvoirs d'eau, le logement social, la tuberculose, le contrôle de la vente de la margarine, le communisme. Le 20 février, «selon le député de Rivière-du-Loup, Léon Casgrain, l'Union nationale oblige les hôteliers qui souhaitent obtenir un permis de vente d'alcool non seulement à verser une contribution dans les coffres du parti, mais encore à acheter un buste en plâtre de Duplessis. Au milieu des rires, une voix s'objecte : "C'est un beau buste!"» Les sessions contiennent une mine incroyable d'informations et j'invite tous les chercheurs, professeurs, journalistes, politiciens, étudiants à s'y abreuver, comme la devise de la verrière de la Bibliothèque nous l'indique «Je puise, mais n'épuise».

Le 10 mars 2010 par Sophie Imbeault

Fous de cuisine

Les foodistas. Bon, qu'est-ce que c'est que ça encore?

Eh bien, c'est moi, mais plus moi avec mes amis (parce que moi toute seule, j'ai plus tendance à m'alimenter de bols de céréales et d('excellent) chocolat). Barbecue, pique-nique improvisé, reste de bisque de homard, même le goûter en forêt est top qualité. Je me souviens d'un soir où, arrêtée porter un truc chez l'un d'entre eux avant de rentrer chez moi finalement, je me suis retrouvée à déguster un chili incroyable. Comment en arriver là?

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En fait, les foodistas, ce sont des dingues de bouffe. Parmi les critères qui les (nous) qualifient, il y a se fournir chez les meilleurs détaillants, tout faire soi-même (fabriquer son pain, faire ses sorbets), manger sainement et pointu, oublier les plats surgelés, traverser la ville pour aller chercher LA variété d'olives cassées, recevoir chez soi, pratiquer le name dropping culinaire (comme je le fais si bien avec les trucs que je rapporte de voyage comme le miel récolté sur les toits de l'Opéra de Paris acheté à la Grande Épicerie), demander à son père de demander à son ami chasseur de lui obtenir de la viande de cerf de Boileau (la meilleure au monde), récolter ses champignons et connaître son boucher par son nom.

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Quand je vois défiler ces caractéristiques et quand on parle de bouffe (comme la tourtière de maman), de soupers et tout, je pense tout de suite à quelqu'un en particulier. En fait, c'est un excellent prétexte pour introduire mon ami François, grand cuisinier s'il en est. Parmi les restos où il a exercé son art, il y a entre autres le Manoir des Érables à Montmagny, Le Cube à Montréal, L'Utopie et Le Cercle à Québec. Maintenant, il est au Canard Goulu.

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François est non seulement cuisinier, il chasse la perdrix, le lapin, les oiseaux migrateurs aussi, il pêche, il cueille les champignons (pendant que je suis perdue dans les framboisiers sauvages) et installe des tablettes quand je déménage. L'été, avec sa copine Judith (qui est l'amie fabuleuse dont je vous ai déjà parlé), il a une parcelle dans le jardin communautaire de Saint-Roch où il récolte fines herbes, roquette, pois mange-tout, oignons, tomates. D'ailleurs, vous devriez voir leur appartement, les herbes, citronniers et toutes sortes de plantes y poussent ou sèchent. En tant que cuisinier, il est super équipé bien sûr. Machine à pâtes, gaufrier, sorbetière (d'ailleurs on a comme plan un bar à sorbets cet été, hum! des glaces à la menthe...). Il improvise beaucoup, c'est normal, c'est son métier, mais il triche parfois en jetant un oeil sur un livre de recettes.

Parmi ses producteurs fétiches : L'Artisan et son pays, une super boutique de fromages sur Saint-Joseph. C'est Éric Proulx de la ferme Tourilli qui a démarré cela. Ne pas oublier aussi Eumatimi, où l'on va pour la viande. L'éleveur-boucher est littéralement un artisan du boeuf, il travaille son produit de A à Z et recherche la meilleure qualité possible. Si vous ne connaissez pas, allez-y et je parie que vous ne voudrez plus manger d'autres viandes.

Le point culminant de tout ça, ce sont les soupers entre amis, le fait maison, du brunch au souper, en pensant par les collations pré-spa. On a eu droit à une paëlla, des crêpes aux fruits de mer, du pain de maïs, quelques petits poulets, maints vins et fromages, mon gâteau de fête! Évidemment, on mêle à ça de l'excellent vin, quand ce n'est pas du porto blanc, ou de la Belle de Brillet, ou des gin tonic. Même que pendant ledit repas, on planifie le prochain. On me dit que ce sera un risotto au safran avec des grosses crevettes. Mium! Et en fin de semaine, ce sera churros notamment. Du coup, les restos se font plus rares (un jour, je vous dévoilerai mes bonnes adresses à Québec, Montréal, Paris, Marseille, etc.).

Et vous, êtes-vous des dingues de bouffe? Un jour, on m'a dit que ça allait me perdre. C'est déjà fait je crois :)

Questions en rafale à François Poulin:

Ce que tu n'aimes pas cuisiner?
Les pâtes expressément pour Judith (qu'il ne réussit jamais).

Ton mentor, ton inspiration?

Le blogue ideas and food, Martin Picard et Stéphane Modat.

Ta plus belle réussite culinaire?
L'événement avec François Chartier, i. e. le lancement de La Sélection Chartier 2009 à la Maison du Gouverneur à Montréal.

Le repas qui te fait le plus plaisir de manger?

En fait, un plat de riz aux légumes au Costa Rica, après une journée de randonnée.

Le plat qui t'a valu le plus de compliments?

Des raviolis au homard (ramené de Louisiane) et chanterelles ramassées quelque part dans la forêt. (ça c'est ma réponse, c'était divinement bon!)

D'ailleurs, voici quelques photos de ce bonheur:

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Les photos ne sont pas de moi, puisque j'étais trop occupée comme sous-chef.

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Vous ne verrez pas ma tarte au thé vert, recette trouvée sur B comme Bon, mon blogue culinaire préféré. Elle était très bonne, sauf que côté aspect, ce n'était pas très ragoûtant...

Qu'as-tu mangé aujourd'hui et que mangeras-tu demain?
Des pâtes aux crevettes, poivrons et mangue. Demain, une banane et des céréales, un café, bien tard après en soirée, sandwiches aux oeufs.

Tes instruments de cuisine fétiches?
La Microplane (râpe).

Ton restaurant préféré?

Il va souvent au Samouraï sur la rue Saint-Jean. Il aime bien, pour le concept, le Fat duck en Angleterre. François suggère aussi le llvre Natura du elBulli, ce sont des desserts inspirés de la nature. Fascinant! Quand la cuisine rejoint l'art! J'écoute le vidéo sans arrêt, il me faut ce livre!

J'ai un scoop tout à fait génial pour vous d'ailleurs. François aimerait démarrer un blogue de réflexions sur l'alimentation. Joie et bonheur! (je t'accompagnerai).

Mon plus grand rêve à moi, ce serait d'ouvrir un restaurant avec lui. Comment on voulait l'appeler déjà?

Sophie Imbeault
Diplômée de l’Université Laval, où elle a obtenu une maîtrise en histoire, Sophie Imbeault a notamment été boursière de la fondation Jean-Charles-Bonenfant à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec. Elle a également complété une maîtrise en administration publique à l’École nationale d’administration publique de Québec et occupe le poste d’éditrice au Septentrion.

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