Dès le XVIIe siècle, les moulins à vent ne tardent pas à rivaliser avec les moulins à eau, qui remplaçaient eux-mêmes les moulins à bras apportés par les missionnaires et les premiers colons. Leur présence restera constante jusqu'à la fin du Régime français, d'où le rôle indéniable exercé par ces bâtiments durant plus d'une centaine d'années.
Des changements importants attendaient toutefois l'industrie de la farine. Les seigneurs canadiens et les hommes d'affaires anglophones chercheront alors davantage à perfectionner les moulins à eau, lesquels, grâce à la régularité et à la puissance du pouvoir hydraulique, s'avéreront plus rentables. Ceux-ci profiteront également du courant de recherche qui se développe aux États-Unis et en Angleterre vers 1780, afin de permettre aux moulins à eau de produire une farine de meilleure qualité et en plus grande quantité. Le moulin à eau devait finalement l'emporter.
Distancés par les progrès technologiques, les moulins à vent disparaîtront progressivement des campagnes, laissant les moulins hydrauliques sans concurrents jusqu'à l'arrivée de la vapeur. Les régions privées de cours d'eau au débit suffisant seront les dernières à ne pas pouvoir se passer de leur service. Au Québec, on abandonnera vers 1860 la construction de ces engins jugés dépassés. Ceux qui continuent de tourner après cette date cesseront définitivement leur activité au début du XXe siècle.
Dans cette étude abondamment illustrée, Gilles Deschênes propose une vue d'ensemble de la meunerie à vent au Québec, depuis le milieu du XVIIe siècle jusqu'au début du XXe siècle : du mécanisme et du mode de fonctionnement du moulin à vent au rôle du meunier, sans oublier les représentations de cet objet utilitaire dans l'art, la littérature et les traditions populaires.
À l'heure où les éoliennes sont de plus en plus nombreuses dans le paysage québécois, n'est-il pas opportun de se demander quel rôle le vent a joué dans le passé?
Titulaire d'une licence ès lettres et d'une maîtrise ès arts de l'Université Laval, Gilles Deschênes a exercé la profession d'enseignant durant de nombreuses années. Il a également occupé, de 1974 à 1979, un poste de planificateur en interprétation de l'histoire à Parcs Canada. Depuis 1971, il a réalisé avec son frère Gérald, architecte, divers travaux se rapportant aux moulins à vent du Québec et destinés à mettre en valeur cette partie importante du patrimoine industriel.
Catégorie : Histoire locale et régionale
312 pages« Pendant plus de 35 ans, Gilles Deschênes s'est attelé à une tâche énorme : écrire l'histoire des moulins à Québec. Il en résulte un ouvrage inusité qui intrigue et rappelle que les moulins ont aussi une histoire.... «
Raymond Lemieux, Québec science
« Courrez vite vous procurer ce magnifique livre ! Vous ne le regretterez pas, car vous y apprendrez tout ce qu'il faut savoir sur les moulins. Bien qu'il s'agisse d'un ouvrage scientifique rigoureux, ce livre est aussi destiné à un large public puisqu'il est écrit simplement. L'auteure de ces lignes est, de fait, passée de néophyte à passionnée des moulins à vent !... «
Lucie Ledoux, Planète Québec
« Voilà un livre que doivent lire ces citoyens qui grimpent aux barricades à la vue appréhendée d'éoliennes, alors que depuis des siècles tout le monde a apprécié, y compris au Québec, les bénéfices du vent et la beauté des moulins à vent. Au fond, harnacher le vent a constitué depuis des siècles, voire des millénaires avec la navigation à voile, une des principales sources d'invention humaine. Et le Québec, comme nous le fait deviner ce livre incroyable, n'est pas étranger à la règle, d'autant plus qu'ici, le vent fait partie de toutes nos saisons. Avec force et constance.... «
Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir
« Les éditions du Septentrion viennent de publier deux autres livres dignes d'intérêt. Le premier c'est Quand le vent faisait tourner les moulins. Une étude historique de Gilles Deschênes et à laquelle a participé son frère, l'architecte Gérald-M. Deschênes. Un livre de 314 pages généreusement illustré : photos, croquis, documents d'époque.... «
Didier Fessou, Le Soleil