Nos livres font parler d'eux

Mesure d’un continent (La)

Ce n'est pas un atlas banal. Loin de là. Et pour ceux qui s'intéressent à l'histoire de près, au Salon du livre de Montréal cette fin de semaine comme en librairie en tout temps, voilà un livre qu'il faut au moins se donner la peine de voir une fois. La Mesure d'un continent propose, souvent pour la première fois, des documents cartographiques uniques, la plupart de réelles oeuvres d'art dessinées par des artistes dont les noms se sont parfois perdus dans la nuit des temps.

Avant les avancées de la numérisation, ces documents, colligés depuis vingt ans aux quatre coins du monde, n'auraient pas pu être reproduits et mis ainsi à la disposition d'un vaste public.

Mais outre l'exceptionnelle beauté de ces documents, que le travail d'un imprimeur québécois rend admirablement bien - chose d'ailleurs très rare désormais pour les «beaux livres» puisqu'on imprime le plus souvent en Chine -, quel intérêt y a-t-il à porter à un atlas historique pareil?

Les intérêts sont en vérité multiples, comme l'expliquent Raymonde Litalien, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois, qui ont mené de main de maître ce projet ambitieux et, sans l'ombre d'un doute, très onéreux. Les cartes reproduites dans La Mesure d'un continent traduisent en effet des ambitions à la fois de découvreurs, de géographes, de familles royales entières, de généraux, de conquérants et de rêveurs. Prendre la mesure de ce qu'elles signifient pour les gens qui les observent alors est déjà, en soi, une très vaste entreprise. En un mot, disons que ces cartes permettent d'envisager l'histoire de notre continent selon une trame géopolitique originale.

De plus, comment, devant des documents semblables, ne pas rêver au sort de l'Amérique qui se joue dans l'expression même de l'évolution de sa cartographie? Amérique indienne, française, hollandaise, espagnole, anglaise...

Tout en ne connaissant souvent que de façon approximative le Nouveau Monde, ses premiers cartographes parvenaient à en anticiper la mesure souvent sur la seule base de savoirs ou de ouï-dires antérieurs à leurs propres avancées terrestres.

Toutes ces cartes ici rassemblées sont nourries par des textes intelligents qui les expliquent autant qu'ils rendent compte d'un monde que les cartographes, au fond, tentaient eux aussi d'expliquer à leur façon.

La multitude de lieux, de rivières et de fleuves que s'emploient à situer tant bien que mal ces cartes ont tous été indexés. Ce vaste effort consenti par l'éditeur à donner des clés d'accès aux lecteurs, plusieurs pourraient s'en inspirer pour des projets autrement moins complexes.

À la toute fin de La Mesure d'un continent, le colophon se permet de manifester la joie de l'éditeur devant ce travail en effet remarquable. Ce livre, y lit-on, a été achevé d'imprimer, «pour le plus grand plaisir de Gilles Herman et Denis Vaugeois», dans la perspective du 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec, avec la «complicité des chefs Anadabijou, Tessouat, Capitanal et l'accueil fraternel des Etchemins, Montagnais, Algonquins et divers alliés de la coalition laurentienne, puis des innombrables nations indiennes de l'intérieur, avec lesquels Normands, Bretons, Malouins, Rochellois, Basques, vite rejoints par des Français du Perche, de la Saintonge et de l'Île-de-France, et combien d'autres, donneront naissance à un nouveau peuple».

Faut-il fermer ce livre que déjà nous reprend l'envie de le rouvrir au hasard, pour plonger au coeur du continent.

Jean-François Nadeau, Le Devoir

Ex Machina

Robert Lepage nous entraîne dans les fascinantes coulisses de sa compagnie. Des pistes de départ jusqu'à l'écriture finale des spectacles, le livre permet de découvrir, de l'intérieur, le processus de création unique d'Ex Machina.

Christian Saint-Pierre, Voir

Mesure d’un continent (La)

En ouvrant le magnifique atlas historique de l’Amérique du Nord que les éditions du Septentrion et les Presses de l’Université Paris-Sorbonne, en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec, viennent de faire paraître sous le titre La mesure d’un continent, je suis un peu retombé en enfance. Non seulement l’envie de partir parcourir ce monde s’est réveillée, mais j’ai soudainement eu envie de voyager dans le temps.

Ce livre magnifique, écrit et réalisé par Raymonde Litalien, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois, nous fait non seulement découvrir une panoplie de cartes magnifiques, les plus anciennes datant de 1500, mais il réécrit du même coup, à partir de ces lectures multiples du continent que les explorateurs qui l’ont cartographié proposent, l’histoire du Nouveau Monde. On sent les rapports entre Blancs et Amérindiens qui se déterminent de belle manière, alors que les uns revêtent aux yeux des autres une importance étonnante. S’y dessinent aussi les rapports de force entre les peuples conquérants venus d’Europe au fil de la connaissance et de la représentation qu’ils se sont faits du territoire à envahir.

La mesure du continent posé sur mes genoux, je rêve comme lorsque j’avais trois ou quatre décennies de moins. Les cartes m’emportent et me font errer, non seulement sur les routes qu’elles tracent, mais aussi sur une certaine vision qu’on avait du monde, il n’y a pourtant pas si longtemps.

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Michel Vézina, Ici

Mesure d’un continent (La)

C’est une splendeur... On ouvre ça et on sourit de bonheur. Un cadeau magnifique.

Vous pouvez écouter l’entrevue complète de Denis Vaugeois à Pourquoi pas dimanche

Joël Le Bigot, Première chaîne de Radio-Canada

Ex Machina

Rempli de photographies souvent inédites et d'informations méconnues concernant la mystérieuse création des oeuvres de Lepage, ce livre d'un peu plus de 80 pages permet à tous ses fans de faire une incursion dans l'idéal artistique de Lepage et de ses collaborateurs.

Rédigé par Patrick Caux et Bernard Gilbert, spécialistes de l'oeuvre de Lepage et respectivement journaliste culturel et collaborateur à la production des opéras mis en scène par le célèbre créateur, cet ouvrage aborde notamment l'utilisation des nouvelles technologies, la place donnée au hasard, la construction des spectacles solos, les opéras, le temps de la création, le vocabulaire scénique et, bien sûr, la genèse d'Ex Machina, compagnie de Lepage, et celle de La Caserne, lieu privilégié de création dont on célèbre cette année les dix ans.

Claudia Larochelle, Le Journal de Montréal

Mesure d’un continent (La)

Ce livre est spectaculaire!

Cet atlas historique est un livre de collection.

Mieux que toute autre source historique, la cartograhie rend compte de l’avancement de la connaissance de l’Amérique du Nord, de la mobilité des frontières, des enjeux économiques, politiques ou militaires auxquels ont été confrontés les principaux maîtres du continent.

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Didier Fessou, Le Soleil

Événement, identité et histoire

La démarche de Robert Lepage et de sa compagnie Ex Machina a été analysée, étudiée, disséquée. Par de nombreux critiques et théoriciens du théâtre. Ce qui est fort louable. Sauf que les principaux intéressés, les membres d'Ex Machina, n'ont jamais eu leur mot à dire dans ces écrits. Les auteurs Patrick Caux et Bernard Gilbert, avec l'ouvrage Ex Machina, Chantiers d'écriture scénique, donnent enfin la parole à Lepage et ses prolifiques collaborateurs.



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TEXTE DU LIEN

Sylvie St-Jacques, La Presse

Histoire d’un rêve brisé?

Pendant plus de trente ans, l'historien Yves Roby a étudié l'exode de centaines de milliers de Québécois vers les États-Unis. Son dernier ouvrage, Histoire d'un rêve brisé, constitue le point d'orgue de sa réflexion sur ce phénomène migratoire exceptionnel des 19e et 20e siècles.

Pascale Guéricolas, Au fil des évènements

Histoire d’un rêve brisé?

En juillet 1893, Harper's, l'un des magazines de la bonne société américaine, se plaisait à opposer deux dessins. L'un représentait un «habitant» miséreux portant la tuque et la ceinture fléchée à son arrivée en Nouvelle-Angleterre, l'autre, le même homme, vieilli mais américanisé, enrichi et très élégamment vêtu. Mais personne n'aurait imaginé que les Américains d'ascendance québécoise puissent symboliser l'échec du Canada.

C'est pourtant l'idée que l'un d'entre eux, Wilfrid Beaulieu, a diffusée en 1961 dans son petit hebdomadaire, Le Travailleur de Worcester (Massachusetts): «Nous, qui constituons la "Franco-Américanie", sommes une preuve vivante de l'inefficacité et de l'inaptitude de la Confédération canadienne, de même que de l'impuissance du Québec, au sein de cette Confédération.»

Dans son livre au titre révélateur, Histoire d'un rêve brisé? Les Canadiens français aux États-Unis, le chercheur québécois Yves Roby n'hésite pas à ranger Wilfrid Beaulieu (1900-1979) parmi ceux que l'on appelait «les fous de la race», c'est-à-dire les défenseurs les plus acharnés de la survivance culturelle et linguistique des leurs au sein de la société américaine. Sa belle folie, Beaulieu l'a manifestée sans relâche.

Le journaliste, né à Lowell, formé au Québec puis revenu définitivement en Nouvelle-Angleterre, incarne, comme Roby l'a très bien perçu, le rêve franco-américain dans sa version la plus pure et la plus élitiste. Il a fait partie des sentinellistes, ces Américains d'origine canadienne-française qui sont allés, dans les années vingt, jusqu'à se révolter contre Mgr William Hickey, l'évêque catholique de Providence, qu'ils jugeaient assimilateur.

Beaulieu sera, chez les Franco-Américains, le partisan presque solitaire de l'indépendance du Québec. Pour comprendre un engagement aussi étonnant, il faut, à l'exemple de Roby, remonter dans le temps.

En 1901, seulement 55 % de la population d'origine canadienne-française habitait au Québec! Le reste vivait dans les provinces anglophones du Canada et surtout dans le pays voisin.

Près d'un million de Canadiens français se trouvaient aux États-Unis, principalement en Nouvelle-Angleterre. Ceux qui avaient quitté le Québec pour s'installer dans une société beaucoup plus industrialisée l'avaient fait essentiellement pour fuir la pauvreté. Même si certains reviendront vivre dans la province natale, la plupart resteront dans leur pays d'adoption.

De 1840 à 1930, le mouvement migratoire des Canadiens français vers les États-Unis bouleverse l'histoire du Québec. En s'appuyant sur les études de Yolande Lavoie, Roby signale qu'à cause de cette saignée, le déficit démographique cumulé de la province atteint quatre millions d'habitants en 1980.

Même si la majorité de nos élites s'affligeait de l'exode, des gens influents ont pensé, à la suite d'Edmond de Nevers, que leurs compatriotes établis aux États-Unis, loin d'avoir abandonné la terre ancestrale, l'avaient agrandie! En 1892, Adolphe Chapleau, ancien premier ministre du Québec, voyait dans les émigrés «les sentinelles avancées de la patrie, le paratonnerre» fait pour protéger ceux qui étaient restés au pays.

Une idée aussi ahurissante s'explique par la vocation apostolique que l'on attribuait aux Canadiens français, peuple catholique, pauvre, sous-scolarisé, mais curieusement destiné à éclairer l'Amérique du Nord protestante. En 1887, au Québec, l'avocat et conférencier Charles Thibault déclare que ses compatriotes ont le devoir de remplir cette mission en Nouvelle-Angleterre. «Dans cinquante ans, notre fête nationale sera, prédit-il, célébrée à Boston, alors probablement le centre du Canada français.»

Loin de verser dans un tel délire triomphaliste, qui leur a peut-être effleuré l'esprit dans leur jeunesse, Wilfrid Beaulieu et un autre chantre franco-américain de la survivance, le père Thomas-Marie Landry, auquel Roby consacre un chapitre entier, finissent, après 1960, par penser que l'assimilation complète de leurs concitoyens d'ascendance québécoise est devenue inéluctable. Pour eux, la vie s'achève dans l'ombre de cette tragédie.

À l'opposé de la doctrine périmée de la survivance, Roby croit que les descendants des Canadiens français «qui ont délibérément choisi de se fondre dans la société américaine» représentent, à titre individuel, une réussite. Contester ce jugement reviendrait à condamner la condition humaine.

Il est déplorable toutefois que Roby ne mentionne pas l'écrivain qui a donné pour toujours un souffle québécois, si ténu soit-il, à la langue anglaise et à la culture américaine. À lui seul, Jack Kerouac, qui affirmait en 1964 que son oeuvre ne jaillissait pas du «credo beat» galvaudé, dont il regrettait la dégénérescence, mais de «la nature solitaire d'un catholique canadien-français de la Nouvelle-Angleterre», prouve que la longue et atroce expérience des Franco-Américains, en tant que phénomène collectif, n'aura pas été entièrement vaine.

Michel Lapierre, Le Devoir

Canadiens en Guyane

Un ouvrage qui se distingue par la profondeur et la qualité exceptionnelle de la recherche, la qualité linguistique, la méthodologie scientifique, le récit captivant et par son apport tant à l’histoire qu’à la généalogie.

, Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, vol. 58, n. 2, cahier 252

Canadiens en Guyane

Autant dire que c'est un vrai travail de chercheur, qui ne fait pas l'économie de "l'appareil critique" : bravo et grand merci !

Philippe Rossignol, Généalogie et Histoire de la Caraïbe

Nouvelle-France. English Colonies.

..décrit dans une langue savoureuse avec l’humour subtil de l’auteur, sans négliger pour autant cette culture historique et littéraire dont regorgent chaque page, chaque paragraphe et chaque chapitre.


La méthodologie est impeccable; la chronologie est soignée et précise; sur toutes les cartes, claires et efficaces, on retrtouve à la fois les noms français et anglais.

Réginald Hamel, Cap-aux-Diamants

Une histoire du Canada contemporain

Ce livre, Une histoire du Canada contemporain, ne prétend pas récrire l’histoire de ce pays compliqué. Cela a déjà été fait par d’autres. Alors, l’intérêt de ce livre ? L’auteur s’efforce d’expliquer que la naissance du Canada reposait sur une double espérance: 1. régler les problèmes de fonctionnement interne ; 2. établir de nouvelles relations avec la puissance tutélaire, le Royaume-Uni, et son très encombrant voisin, les États-Unis.


Ce qui aurait pu être un livre compassé et barbant à souhait se révèle un livre agréable à consulter et à lire. Cartes, graphiques, statistiques et illustrations facilitent grandement la compréhension du propos.


On peut dire que Jean-Pierre Charland ne ménage rien pour mâcher le travail de ses lecteurs. Qu’il en soit donc remercié !

Didier Fessou, Le Soleil

Exilés de l’anse à Mouille-Cul (Les)

Une lecture instructive qui tient en haleine. Plus intéressant qu’un roman, car chacun sait que la réalité dépasse la fiction!

Jean Lamarre, Les Cahiers de lecture de L’Action nationale

Fédéralisme d’ouverture (Le)

Même si on sent chez lui une sensibilité plutôt fédéraliste, Montpetit n’affiche jamais résolument ses couleurs politiques. Et c’est heureux. Ça empêche de classer son essai parmi les pamphlets.

Daniel Gomez, Les Cahiers de lecture de L’Action nationale